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13 mars 2012

Partie de poker au Casino de Crolles

On le sait, la commune de Crolles a beaucoup aidé l'installation de grandes surfaces commerciales sur son territoire : Grand Frais, Satoriz, Gifi ou Besson sont les étapes les plus récentes de cette démarche fragilisant l'équilibre ténu des petits commerces dans toute la vallée et ses balcons et  créant de nouveaux besoins de déplacements sans diminuer les trajets pendulaires vers l'agglomération grenobloise... Cette politique assidument poursuivie permettrait maintenant à l'entrée de notre ville d'être un candidat sérieux au concours de la France moche.

Les ateliers du PLU avaient été l'occasion de présenter un projet grandiose de transformation de Casino en hypermarché doté d'une galerie marchande. La levée de bouclier des quelques participants avait alors été un premier signal d'alarme pour les élus communaux. La question de l'ouverture de Grand Frais le dimanche et de ses conséquences probables sur l'achalandage du marché dominical venaient confirmer cette sensibilité locale des électeurs.

commerce 3.jpg

Et puis, il fallait faire oublier les petits arrangements mis en oeuvre pour d'autres enseignes -procédure "accélérée" pour autoriser la reconstruction de Grand Frais, cécité et surdité sur la dépollution du sol du terrain UGIMAG, implantation de l'éco-centre hors zone dédiée aux grands commerces par le SCOT ...

Alors quelle meilleure cible, quelle victime expiatoire plus visible pouvait-on trouver que ce bon vieux Casino déjà montré du doigt lors des ateliers PLU ? Surprise que l'enseigne ait mis fin à l'accord passé pour l'utilisation d'une partie du parking en parc-relais, la commune se lançait dans une guerre d'usure avec le groupe stéphanois.

L'opposition aux autorisations d'aménagement commercial

Lorsque Casino a présenté en commission départementale une demande d'autorisation d'agrandissement, la commune, suivie par les autres membres de la commission -c'est une tradition- s'est opposée au projet. Las, trois fois las, l'enseigne emportait la mise en commission nationale, structure d'appel de la décision départementale. La commune a alors délibéré pour engager un recours devant le Conseil d'Etat contre cette nouvelle décision... Les insuffisances du dossier d'instruction en CNAC et du texte de la décision permettent d'espérer une issue favorable à la commune dans ce recours -on ne peut pas perdre à chaque fois- grâce à l'évolution de la jurisprudence depuis la loi de modernisation de l'économie de 2008.

Nul doute que Casino attend avec impatience la décision du Conseil d'Etat pour déposer un dossier enrichi sur les points que la haute juridiction aura retenu pour annuler, le cas échéant, la décision du 27 avril 2011 -essentiellement des informations relatives à la prise en compte des principes du développement durable dans le projet, si les motifs ressortent de ceux habituellement retenus en pareilles circonstances.

Et maintenant le permis de construire

Et la guerre de tranchée connait aujourd'hui un nouveau champ de batailles : c'est cette fois à la demande de permis de construire le bâtiment agrandi que la commune a opposé un refus... La lecture de l'arrêté de refus est édifiante : l'insuffisance des places de stationnement réservées aux cycles est le seul motif que la commune ait pu opposer à l'enseigne !Casino 3.jpg

Pourquoi un motif, aussi...mesquin ? Parce que soucieuse d'y garder les "mains libres", la commune a sous-règlementé le plan local d'urbanisme dans ce secteur du territoire communal et qu'à force de vouloir éviter d'être elle-même confrontée à des contraintes d'urbanisme pour ses propres projets, elle n'a rien de plus solide à opposer au groupe de commerce.

Là encore, la suite fait peu de doutes... L'enseigne va modifier son projet -il s'agit, à l'échelle d'un tel programme, d'une correction pour le moins mineure!-, déposer une nouvelle demande de permis de construire et, vraisemblablement l'obtenir.

Mais la guerre pourrait ne pas s'arrêter là : Casino pourrait, parallèlement, engager un recours contre le refus qui lui a été opposé -la commune aurait pu prescrire tout simplement la réalisation des places de vélo  manquantes, ce qui n'était pas irréalisable- et, en cas de succès, engager la responsabilité financière de la collectivité qui l'a privé de juteuses recettes en usant de procédés détournés pour s'opposer à l'agrandissement du magasin.

Nous payerons alors tous, avec nos impôts et en espèces sonnantes et trébuchantes, l'imprévision des élus qui ont rédigé ce règlement d'urbanisme en creux...

 Emmanuel Wormser

12 décembre 2011

Un gros couac

Quartier des MusiciensCes Crollois vivaient heureux dans le quartier des musiciens. Entre la rue Mozart et la rue Chopin la vie semblait douce, loin des bruits de la ville. Ils habitaient dans des lotissements très bien organisés. Un accès par la rue pour les voitures et un agréable cheminement pour les piétons. Ces sentiers serpentaient en traçant un trait d'union entre leurs coquets pavillons. Des parcelles avaient été aménagées en aires de jeux pour leurs enfants. Avec tout ça, une belle ambiance régnait dans ce quartier de Crolles.
Insouciant, ces musiciens se sentaient bercés par le doux ronron des publications municipales. Mois après mois, elles leur soufflaient une douce comptine au creux de l'oreille : "dormez tranquille, on s'occupe de tout".

Avenue Joliot Curie juste après les 2 sapins, sur le bord de la D1090Nos mélomanes avaient bien vu que le POS s'était transformé en PLU. Cela ne les inquiétait pas du tout, car cela ne les concernait pas. Rien de grave ne pouvait troubler leur belle sérénade. Mais, quand ils se sont aperçus qu'avec ce changement, leur partition seraient bourrée de fausses notes, il était déjà trop tard. Elles étaient déjà gravées dans les délibérations du conseil municipal. Leurs beaux terrains de jeux étaient devenus constructibles ! Les promoteurs, eux, le repèrent immédiatement. Et on peut leur faire confiance pour aller illico chanter l'info dans les oreilles des proprios...« Votre terrain vaut de l'or ». Certains ont aussitôt cédé à la tentation et posé un panneau annonçant un lotissement à l'entrée d'un terrain de jeux. Mais, les lotisseurs avaient un gros souci : l'accès par la route leur avait été refusé par les services du département. Qu'à cela ne tienne leur ont répondu les urbanistes en herbe de la commune.

De l'autre coté de votre terrain, ce chemin piétonnier, Allee pietonne.jpgon va le transformer en voie d'accès pour votre lotissement. « Ni vu, ni connu, je t'embrouille », un coup de gomme sur le plan et vos voitures peuvent entrer.
Lorsque les pelles mécaniques ont commencé à creuser leurs allées fleuries, nos musiciens se sont réveillés. "Il y a trop de fausses notes dans ce concert. Il faut agir et vite, sinon l'harmonie de notre quartier sera entièrement chamboulé".
"Qu'est ce qu'on peut faire ?" C'est alors qu'ils se sont retournés. Mais les apprentis urbanistes leur ont fait le coup du déni. Tels des gamins, ils ont sorti un mot d'excuse (c'est pas ma faute...) et les promoteurs leur ont lu le règlement (c'est pas moi, c'est ma sœur...).
Nos musiciens sont pour l'instant abasourdis en écoutant ce mauvais vent souffler au-dessus de leurs têtes. Ils ne peuvent qu'assister à la saignée de leur chemin, pleurer devant leur beau sapin et se battre la coulpe en écoutant ce mauvais refrain.
Il faut vous mettre à leur place. Il n'est pas facile de prendre conscience de la
couardise de nos élus municipaux, de la voracité de nos promoteurs et de l'avidité de certains de nos voisins, mais néanmoins propriétaires fonciers.
Claude Muller

 

26 octobre 2011

Au revoir UGIMAG

Ugimag demolition1.jpg

En rentrant de vacances, vous avez tous remarqué les travaux de démolition des anciens bâtiments situés à droite de l'Avenue Ambroise Croizat en remontant, face au supermarché Lidl. Et vous êtes-vous demandé quels étaient ces locaux que les bulls démolissaient consciencieusement ?
C'était l'ancienne usine UGIMAG, cela ne vous dit toujours rien ? Alors je vais essayer d'éclairer votre lanterne magique.

Bonjour la zone industrielle

Paul JargotDans les années 1960, Crolles est exsangue. Malgré cela, Paul Jargot, maire de Crolles de 1953 à 1986, propose aux Crollois rassemblés en États Généraux, d'endetter la commune (cf J’ai mal à ma dette) et d'investir dans une zone industrielle flambant neuve. "Elle sera traversée par une grande avenue". Il a convaincu la population avec cet argument imparable : "c'est pour que vos enfants trouvent du travail".
Au début, c'est dur. Seules quelques entreprises acceptent de jouer le jeu. UGIMAG est l'une des premières à oser s'implanter à Crolles. Cette filiale de Pechiney construit un centre de recherche et de production d'aimants. Avec le développement des nouveaux moteurs électriques, le marché est porteur et les aimants de Crolles acquièrent vite une grande renommée.

Au revoir les aimants, bonjour ST

Mais comme vous le savez, la microélectronique arrive. (ST aussi, mais c'est une autre histoire). Elle supplante rapidement les moteurs électriques et, dans les années 2000, Crolles doit mettre au rencart ses aimants. Et les locaux ? Ils restent vides... Jean-Claude Paturel, le nouveau maire de Crolles, espère que la commune pourra les racheter pour les transformer en gare d'arrivée du Train Tram. Ce projet dont il rêvait, pour résoudre les problèmes de circulation dans la vallée...

Ugimag chantier11.jpgBonjour Gifi

Vous connaissez la triste suite ... et puis une nouvelle équipe s'installe à la mairie et de nouveaux choix s’opèrent. Résultat, les bâtiments d'UGIMAG, toujours vides, changent de propriétaire 100 fois pour atterrir entre les mains de promoteurs inconnus. Ils décident finalement de les démolir en catimini cet été. Aujourd'hui, ils ont de grands projets pour ce terrain vite aplani. C'est là qu'ils veulent implanter un tout nouveau, tout beau, tout neuf centre commercial. Il abritera Besson chaussures et Gifi, bravo dit le dindon...

Mais, il y a un hic...

Vous vous doutez bien que ne vous ai pas raconté cette histoire uniquement pour vous endormir, mais pour attirer votre attention sur un petit souci...qui peut devenir gros.
Vous savez tous comment on fabrique des aimants 
? Je vous résume quand même pour ceux qui avaient un billet d'absence le jour de ce cours de sciences. On utilise et donc on stocke des métaux réduits en poudre très très fine du genre fer, cobalt, nickel et même des terres rares portant des noms bizarres. Et normalement, c'est là que vous vous demandez : lors de la démolition de cette usine, que sont devenus tous ces matériaux très volatiles ? Ils avaient dû polluer ce terrain ? Vous vous dites immédiatement : ces promoteurs sont des gens sérieux, ils ont dû effectuer des analyses et dépolluer le sol. Eh bien non, que nenni, rien, zob, que dalle, pas l'ombre d'un début d'une précaution n'a été prise cet été pour dépolluer ce site industriel.

Ugimag demolition22.jpgJeu de main, jeu de v...

Et comme toujours dans ces cas-là, les décideurs se renvoient la balle consciencieusement et finissent par botter en touche. C'est à la Commune de le faire... c'est à l'ancien propriétaire... c'est au nouvel acquéreur... les pollueurs sont les payeurs... et comme toujours qui trinque ? En tout cas, moi je n'irai acheter ni mes chaussures, ni mon linge de maison dans un magasin implanté sur un terrain super pollué. Et vous ?

Ugimag chantier2.jpgClaude Muller