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21 septembre 2017

Les mots presque justes du Grésivaudan

Quelques erreurs se sont glissées dans le numéro de septembre 2017 de GL’Info, le journal du Grésivaudan. Soucieux de la rigueur d’information de nos concitoyens, lecrollois.fr se fait un devoir de précision, ce qui nous conduira à explorer l’avenir de la vallée.

GL info sept 2017.png

Page 3, il est écrit que « (la déchetterie de Crolles) bénéficie du nouveau dispositif d’accès depuis le 1er juillet ». En réalité, les usagers de la déchetterie de Crolles subissent la contrainte du nouveau dispositif. Je rappelle que le contrôle d’accès par badge à la déchetterie n’a pas été réclamé par les habitants. Comment interpréter ce « bénéficie » ? Un trait d’humour, au 2ème degré, du rédacteur en chef corrigeant une première version du texte insuffisamment positive ? Un excès de zèle ou une écriture routinière de l’agence de communication chargée de la réalisation du journal ? Nul ne sait … les voies du Grésivaudan sont impénétrables …

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04 août 2017

Accueil tout public

Au pays de Marianne, Liberté, Egalité, Fraternité, un bon critère pour apprécier la qualité d’un équipement public est la diversité des usagers et des usages. Lutter contre les discriminations et promouvoir la diversité ne sont que deux facettes du même objectif : l’hospitalité, la reconnaissance et l’accueil de l’autre dans toutes ses singularités. C’est pourquoi je me réjouis de voir les Gens du Voyage temporairement installés au Parc Paturel.

Gens du Voyage 4.jpg

Il faut dire que le lieu se prête admirablement à un séjour estival : de l’espace, de grandes prairies, des arbres encore jeunes mais qui offrent déjà des plages d’ombre, un paysage magnifique, des commerces à proximité, des occasions de rencontre avec les habitants du cru.

Certes, les Gens du Voyage n’ont pas été formellement invités. A l’inverse, ils ont reçu un ordre ou une demande d’expulsion. Mais la coutume est celle-ci : la République est tolérante… connaît les rapports de force et la vraie loi n’est pas la même pour tous. Christine Lagarde en sait quelque chose, elle qui fut exemptée de peine en raison de sa notoriété et des services rendus à l’économie mondiale.

Imaginez une seconde qu’il me prenne la fantaisie de planter ma tente sous un arbre du Parc Paturel. Très vite, alerté par les réseaux de veille qui traversent la commune, un policier municipal serait venu me faire les gros yeux, et la plus débutante des douces gendarmettes m’aurait fait décamper illico presto.

Pour nos hôtes de ce mois de juillet 2017, c’est différent. Ils ont la loi avec eux, la loi Besson du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. Cette loi est si mal fagotée et appliquée avec tant de travers qu’elle légitime maints écarts au droit. Telle est la démocratie : l’aspiration à la justice résiste aux artifices de la légalité. Le Grésivaudan ne respecte pas ses obligations en matière d’aménagement d’aires d’accueil. L’aire de grand passage de Crolles est utilisée à mauvais escient, avec des séjours bien plus longs que les « quelques semaines » prévues par le législateur. Les emplacements retenus par les collectivités pour (soi-disant) accueillir les gens du voyage sont, bien souvent, notamment à Crolles, sur des sites exposés à toutes sortes de nuisances et dont personne ne veut.

A Saint-Ismier, une aire d’accueil a été aménagée au prix de nombreuses irrégularités, à proximité de la déchetterie. Elle est en fait destinée à favoriser la sédentarisation, ce qui nous ramène à une problématique de logement et ne devrait pas relever de la réglementation des gens du voyage, sauf à accepter un principe de discrimination à leur égard.

L’esprit de la loi est dévoyé, les collectivités territoriales ne respectent pas les exigences préfectorales issues de la loi, et on voudrait que les gens du voyage respectent les interdictions de séjourner qui leur sont faites sur des terrains disponibles et idéalement appropriés à l’habitat mobile et temporaire ?!

D’ailleurs, si la procédure d’expulsion se déroule à petite vitesse, si la commune et la communauté de communes mettent en place, vaille que vaille, les services minimums pour héberger les gens du voyage (convention provisoire, électricité, ramassage des poubelles…), c’est bien que les autorités sont gênées aux entournures et reconnaissent une forme de légitimité à cette occupation dite sauvage, mais qui apparaît très paisible au promeneur de passage.

En citoyen curieux de la chose publique, j’ai l’intuition, comme beaucoup de mes congénères, qu’il n’est pas très sain de conserver ainsi de tels écarts entre le droit et la réalité, entre le légal et le légitime. Est-il bien raisonnable de donner à voir, et même d’organiser, une situation irrégulière où la collectivité se déclare incapable de faire appliquer les règles qu’elle a édictées ? La réponse est dans la question.

J’ai déjà proposé des alternatives : corriger la loi Besson (principe de réalité), faire entrer les gens du voyage dans le droit commun (principe d’égalité et de simplicité réglementaire), les accueillir de manière décente dans des lieux adaptés (principe de fraternité) comme le Parc Paturel, le jardin du Château (dans la partie achetée par la commune et pourquoi pas de temps en temps sur les terrains privés du châtelain), la prairie du Fragnès, l’aérodrome du Versoud (que l’on pourrait fermer un mois par an), les parkings de Casino et de Carrefour (chaque grande surface étant mise à contribution deux ou trois semaines par an) ….

Dans cette affaire, il semble bien que le problème ait deux origines qui relèvent du non-dit : la société française (qui s’exprime via ses représentants) ne veut pas vraiment organiser l’accueil hospitalier des gens du voyage ; le principe sacro-saint de la propriété privée et du respect des avantages acquis interdit d’imaginer des solutions temporaires qui seraient infiniment plus favorables aux premiers intéressés et moins couteuses pour la collectivité.

Pour finir, je voudrais souligner les effets bénéfiques qui irrigueraient la société toute entière si nous décidions l’accueil non discriminant des gens du voyage. La confiance dans nos institutions, dans la justice, serait renforcée, et Dieu sait combien nous en avons besoin. Chacun, en tant que particulier, membre d’une association ou entrepreneur, pourrait jouir des nouvelles libertés ainsi créées : la liberté de camper au Parc Paturel ou d’y organiser un événement, à condition d’en demander l’autorisation à la mairie ayant en charge la régulation des usages et l’harmonieuse cohabitation des usagers.

La discrimination (fut-elle positive) des gens du voyage affaiblit la démocratie, alors que le partage des espaces la fait grandir.

Francis Odier, 24 juillet 2017

 

Nb : l'accueil non sollicité des gens du voyage n'est pas une spécialité crolloise. En cet été 2017, la presse nous signale des situations similaires au Touvet et à Brezins ... et je ne prétends pas faire un recensement exhaustif. La récurrence du sujet (il y a une loi votée en 2000 pour répondre à un problème qui était déjà ancien à l'époque) pose question sur le cadre réglementaire et, surtout, sur l'approche retenue. D'où la proposition d'abandonner la discrimination positive (emplacements réservés et dédiés) et de revenir au droit commun (utilisation occasionnelle de lieux publics partagés avec d'autres usagers).

 

Nos précédents articles sur l’accueil des gens du voyage :

Février 2015 - une aire d'accueil mal accueillie à Saint-Ismier

Aout 2009 - à propos de l'aire de grand passage de Crolles

 

20 juillet 2017

Plus vite que prévu

Je ne pensais pas que ce serait si rapide. Au 1er juillet, le Grésivaudan a mis en place un contrôle d'accès par carte à la déchetterie de Crolles. Aujourd'hui, je trouve un dépôt sauvage non loin de la piscine, au début de la toute nouvelle piste cyclable qui va vers la ferme d'Antan.

Depot sauvage 2 - proche piscine.jpg

Evidemment, une proximité temporelle ne prouve pas une causalité. Mais elle suffit pour justifier un billet de blog et rappeler que le contrôle d'accès à la déchetterie, décidé pour d'obscures raisons technocratiques, est résolument contraire au bon sens citoyen. Le coût complet du dispositif "collecte des déchets" va augmenter car il faut gérer le contrôle d'accès et corriger les effets collatéraux (il faudra bien aller nettoyer un jour les dépôts sauvages), sans aucun effet sur le volume des déchets. Dans le meilleur des cas, le Grésivaudan peut espérer reporter une partie des couts sur l'agglo grenobloise ou sur les communes.

Mieux vaudrait miser sur la simplicité (qui est le meilleur gage d'économie) et préserver la gratuité d'accès.

Francis Odier, 20 juillet 2017

 

Pour mémoire, nos précédents articles sur ce feuilleton :

http://www.lecrollois.fr/archive/2017/04/30/echec-des-pav-les-coupables-il-vaut-mieux-les-choisir-que-le-3091518.html

http://www.lecrollois.fr/archive/2017/04/08/crolles-controle-aux-frontieres-3090562.html

Dépot sauvage 1.jpg

21 juin 2017

Randonnée militante sur la véloroute des Préalpes - 13 au 17 juillet 2017

On nous signale et nous communiquons avec plaisir !

AF3V : association française du véloroute et voies vertes -  

Randonnée sur la véloroute des Préalpes - 13 au 17 juillet 2017

Du 13 au 17 juillet 2017
 
Une randonnée touristique et militante à vélo…

Randonnée touristique et militante de l’AF3V pour la promotion de la véloroute des Préalpes

Du 13 au 17 juillet 2017 (250 km)

Roue Libre, relais local AF3V en Savoie, organise, avec le soutien de la Délégation régionale de l’AF3V une randonnée pour demander l’aménagement dans sa totalité de la Véloroute des Préalpes / Sillon Alpin ou V62 - V63 (itinéraire principal Annecy - confluence de l’Isère et du Rhône) qui traverse 4 départements et rejoint ViaRhôna.

Aujourd’hui la Véloroute est ouverte entre Annecy et Grésy-sur-Isère (Savoie), Saint-Nazaire-les-Eymes et Saint-Gervais (Isère), Saint-Nazaire-en-Royans jusqu’à la confluence du Rhône (Drôme).

L’objectif est de faire la promotion d’une véloroute en cours d’aménagement.

Les cyclo-randonneurs interpelleront les élus, soutenus par les clubs cyclo et les cyclistes urbains des villes traversées et pourront également découvrir les territoires par des visites culturelles ou rencontres d’artisans, d’agriculteurs.

  • Départ : 13 Juillet à Annecy
  • Arrivée : 17 Juillet à Valence

Randonnée de 250 km en 5 étapes de 40 à 65 km par jour.

  • Villes-étapes :
    • Albertville
    • Montmélian
    • Grenoble
    • Saint-Nazaire-en-Royans

Hébergement proposé en camping avec possibilité pour ceux qui le veulent d’un hébergement plus confortable à leur convenance.

La randonnée passe à Crolles le samedi 15 juillet et ceux qui le souhaitent peuvent venir à sa rencontre et rouler en direction de Grenoble (le parcours sera précisé).

Ce sera une randonnée conviviale, facile. Familles, enfants et ados bienvenus !

Contact pour tout renseignement : Catherine Bonne
Relais local AF3V pour la Savoie / Roue Libre
savoie@af3V.org
06.77.11.52 67

Inscription sur le formulaire : http://framaforms.org/inscription-randonnee-af3v-juillet-...

15 juin 2017

Election, enjeu local

On dit souvent que voter est un devoir. Je préfère rappeler que c'est un droit, une liberté. Il y a mieux encore que voter : proposer des candidats, voire même se porter candidat. Alors, je salue tous les candidats, quel que soit leur score, ils peuvent être heureux de leur contribution à la vie collective.

Les élections sont ouvertes jusqu'au 23 juin, mais il est trop tard pour proposer des noms. J'en avais proposé deux, un seul a été retenu. On voit bien que le résultat de l'élection se joue beaucoup dans le secret des commissions électorales, mais ne nous dispersons pas. Pour ne pas influencer l'électeur, je ne donne pas le nom que j'ai proposé et qui a été retenu comme candidat du 2ème secteur du quartier durable de Crolles. Pour le 1er secteur, j'avais proposé, en toute simplicité, le quartier Jargot. J'ai cherché un nom que la population s'approprierait facilement.

Je suis impatient de voir les résultats.

En matière électorale, le résultat importe moins que le processus. On l'a bien vu à la présidentielle et aux législatives. Ce sont les primaires qui ont sorti les sortants, ensuite, ça déroule. Aux législatives, n'importe quelle vache avec un panneau "En Marche" accroché à la cloche était élue. Donc c'est la commission de choix des candidats qui fait 80 % du travail d'élection. 

Pour notre élection crolloise, c'est le processus qui m'intéresse : l'idée de voter, avec un dispositif alternatif, original. C'est une variante du vote d'adhésion, avec la possibilité de "rejeter" une option. Dans le vote d'adhésion pur, il n'y a pas de rejet, on incite à la tolérance ! J'aurais volontiers rejeté la possibilité de ce rejet, mais je n'ai pas eu l'occasion de le faire. Quoi qu'il en soit, je refuse rarement la possibilité de m'exprimer, alors j'ai voté sur le site de la ville de Crolles !

Vive la concertation ... et la lutte continue !

Francis Odier, 12 juin 2017

03 juin 2017

Qualité de l'air dans le Grésivaudan

Je fais  ( encore  ...) de la pub pour le site d'Air Rhône Alpes  ( http://www.air-rhonealpes.fr/donnees/acces-par-station).

Ce site est bien fait et complet. Il mérite d'ouvrir tous les onglets  pour connaître les mesures faites sur notre région.

Car il y a une petite nouveauté dans le Grésivaudan. La borne d'acquisition des  mesures des polluants située à Crolles se trouve doublée par une autre borne tout proche située à Brignoud.

A tel point que sur la carte générale, les deux icones balisant ces bornes se trouvent presque superposées !!!!! 

Il faut zoomer pour bien les identifier, cliquer dessus pour ouvrir et accéder aux mesures.

Hors sur celle implantée à Brignoud, référencée " Brignoud", on n'a accès seulement au suivi des PM 10.

Et pourquoi implanter une borne de mesure aussi prés que celle de Crolles, référencée " Est Grenoblois/ Grésivaudan". Avouez que c'est un peu tordu comme référence .... 

Pour mieux valider les simulations de la cartographie de la région Rhône Alpes, il eut été préférable de mieux répartir les bornes de mesure dont  les plus proches étant Grenoble et Chambéry,  données augmentées des sondages aériens ( température, vent, hydrométrie) à la verticale des aéroports locaux Chambéry/Le Bourget entre autre.

 

Il se pourrait  que cette nouvelle implantation à Brignoud très proche de celle de Crolles soit en rapport avec la poursuite du démantèlement de l'usine à Brignoud car des émanations de produits toxiques et volatils sont possibles  dont  des produits à base de mercure.

Soyons satisfaits  de ces protections supplémentaires mais il faudrait avoir accès aux acquisitions.

JP Chollet 

18 avril 2017

" Que d"eau , que d'eau que d'eau ", mais potable

Nous sommes deux citoyens du Grésivaudan (Michel Mandaroux de Revel et moi-même Jean-Paul Chollet de Crolles), à avoir repris l'idée généreuse  de l'Eco-Festival de Lumbin de créer un système pouvant fournir de l'eau potable à partir d'eau non sécurisée et douteuse.

Le cahier des charges étant  très contraignant et  bloqué ....  nous avons travaillé à notre façon et abouti à une fontaine produisant 700 L/ jours d'eau potable en limitant son fonctionnement à 4 heures / jours pour avoir une autonomie complète en énergie si le soleil est absent pendant 3 jours consécutifs.

Le consommable est évalué à quelques dizaines  d'euros  par an.

Son fonctionnement est intuitif et simplissime : niveau requis bac - 20.

On appuie sur le robinet et l'eau coule !!!!! Si elle ne coule pas, les sécurités de fonctionnement  ont rempli leur rôle. ( pas d'eau, pas d'UV, hors plage horaire ).

Regardez la bête et les deux lascars facétieux  !!!!!!photo12.png

Après quelques mois  de test en interne (vent, pluie, neige, vent de sable etc....) et analyse de l'eau après traitement, la fontaine vient d'être donnée à ESF (Energie Sans Frontière) pour des tests finaux et expédition au Laos dans le cadre d'un projet humanitaire.

Après la mousson, nos intestins iront  tester l'eau produite et nous vous  ferons part de leur comportement.....

Voir en doc. jointe la plaquette de présentation :Dossier fontaine a eau - final.pdf 

 

J-Paul Chollet et Michel Mandaroux  (qui a tout fait  ...)

 

21 mars 2017

Begaiements techniques

Ce qu'un ingénieur a conçu, un autre ingénieur pourra le déconcevoir.

Voici la gare de Grenoble, pôle multimodal, récemment inauguré par les autorités civiles et ferroviaires de la métropole. Une idée était de chasser les voitures, en envoyant la dépose minute à Cuges. Alors les voitures encombrent la voie de Bus.

Gare de Grenoble - dépose minute.jpg

Pour abriter les voyageurs attendant un taxi, on a construit un abri. Mais on a mal calculé, et l'abri est trop bas. Les grands taxis ne passent pas, les moyens taxis ne peuvent pas ouvrir leur coffre sous l'abri, et les chauffeurs de taxi rigolent et se gaussent de ces techniciens qui n'ont pas le compas dans l'œil. L'abri sera refait dans un certain temps.

Gare de Grenoble - abri taxi.jpg

A Crolles aussi, la technique bégaie. Quelle est cette rafale de Bus qui s'annonce ? C'est la transe de Trans'Isère !

Croix des Ayes - begaiement techno.jpg

Allons, jeunes, étudiants et travailleurs,

Observez comme il reste du labeur.

Le sérieux des octets n'empêche pas de se marrer.

Le contrôle qualité laisse des trous dans le filet.

Ici on se gondole

loin de Fukushima.

 Francis Odier

19 mars 2017

Pas de miracle pour Ecopla - Crolles

La venue du Président de la République, samedi 18 mars à Crolles, a été l'occasion pour la commune de montrer le meilleur d'elle-même, et notamment la démocratie de convivialité. L'accueil a été chaleureux, et c'est bien normal s'agissant d'un haut personnage de l'Etat qui a contribué, avec le soutien au programme Nano 2017, à déverser des centaines de millions d'euros sur l'activité industrielle de ST et l'emploi local.

En revanche, le Président n'a pas eu le temps d'aller discuter "finances" avec le Groupe Cuki et avec les anciens salariés d'Ecopla. Pas de miracle donc, la nouvelle est tombée le lendemain de la visite hollandaise en Isère.

En vous souhaitant un agréable printemps,

Francis Odier

http://www.placegrenet.fr/2017/03/19/ecopla-la-collaborat...

04 février 2017

RLP - Pas facile

La commune de Crolles engage une concertation en vue de l’élaboration de son Règlement Local de Publicité. L’initiative est excellente, lecrollois.fr l’a déjà saluée dans un article du 2 janvier, il s’agit de se doter d’un outil pour contrôler (un peu) le paysage urbain.

Une réunion publique était organisée le 17 janvier. Elle m’a permis d’entrer dans un sujet pointu auquel je ne m’étais jusqu’alors jamais intéressé. Nous avons poursuivi la discussion avec Trait d’Union. Je commence à sortir du brouillard. L’affaire est plus compliquée qu’on pourrait le penser. Voici une première réflexion sur les verrous intellectuels qu’il faut surmonter pour se lancer vraiment dans les propositions sur le futur RLP de Crolles.

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Pour commencer, il faut préciser de quoi il s’agit, sans euphémisme. L’intérêt d’un règlement est de limiter la publicité. Il s’agit donc de réduire, et parfois d’interdire, la publicité. Bien sûr, la commune pourra discourir sur l’idée que l’on veut mieux tenir compte du contexte local, préserver la qualité visuelle, améliorer l’équité entre les commerces … mais, en pratique, personne n’est dupe, un règlement de publicité n’a de sens que s’il interdit, freine, limite, contraint …

C’est ainsi le premier obstacle à surmonter : accepter de fixer des règles moins permissives que l’existant ou le possible. Or, ce n’est pas si facile dans un pays pétri de liberté, de libéralisme et d’individualisme.

Ensuite, il faut se demander qui fait de la publicité et qui va « bénéficier », si j’ose dire, du nouveau règlement. Ce sont surtout les commerçants. Immédiatement, surgit la deuxième objection : il faut bien vendre ! Depuis des siècles, la société et les villes, au moins en Europe, se sont construites sur le commerce et sur des formes de mercantilisme. Les princes, et nos élus d’aujourd’hui, s’appuient (entre autres) sur les commerçants. Et voilà qu’on voudrait les brider alors que des mouvements politiques puissants revendiquent en permanence la libération des énergies, des forces vives ! Ce deuxième obstacle est redoutable et je sais que bien des citoyens ne le franchiront pas : pour faire le règlement local de publicité, il faut accepter de mécontenter quelques commerçants, se convaincre et argumenter que la limitation de la publicité sera sans effet significatif sur les ventes. Or, nous avons une peur bleue d’entraver l’activité économique.

A ceux qui sont toujours là, qui ont vaillamment franchi les deux premières haies, j’ai le regret d’annoncer que le plus difficile est encore devant nous. Le troisième obstacle sera parfois un véritable mur infranchissable. Un mur comme il en existe dans nos têtes et que nous ne voulons pas voir. Revenons à l’essentiel, à la finalité. Il s’agit de la qualité visuelle de nos rues, il s’agit de la beauté. Edicter un règlement de publicité, c’est aussi trier et choisir entre le beau et le laid, ou entre l’agréable et le vulgaire. Je vous rassure, l’affaire ne sera sans doute pas présentée ainsi. Mais pourtant, en est-on si loin ? Qu’on le veuille ou non, nos règles véhiculeront des jugements de valeur, des avis esthétiques.

Pour aborder cet ultime obstacle, il faudra nous délester de décennies de relativisme et d’aquoibonisme qui entravent nos capacités de jugement. Non, toutes les couleurs ne se valent pas ! Oui, une petite enseigne en bois d’un mètre de côté est plus belle qu’un panneau flashi de deux mètres de long ! Voilà les avis subjectifs et arbitraires qu’il faudra partager durant cette concertation …

Résumons. Ecrire le règlement local de publicité exige que l’on renonce, au moins ponctuellement, au libéralisme, au mercantilisme et au relativisme esthétique ! Ce n’est pas gagné d’avance.

Pour entrer dans une dynamique positive, il vaut mieux retourner la conclusion : participer à l’écriture du règlement local de publicité sera un excellent exercice intellectuel et politique pour cultiver son esprit de contemplation et construire du bien commun. Perspective enthousiasmante.

Mettons la beauté au cœur de nos villes.

Francis Odier, 4 février 2017

 

En complément, à propos de la réglementation locale de publicité:

La documentation publique est accessible ici : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prescriptions-re...

et ici http://www.developpement-durable.gouv.fr/Guide-pratique-s...

Emmanuel Wormser nous conseille aussi une très belle instruction technique : http://circulaires.legifrance.gouv.fr/pdf/2014/03/cir_381...

Enfin, signalons que la règlementation trouve en partie son origine dans la région grenobloise, où est née l'association "Paysages de France" dont la première action médiatisée a été de faire démonter la "raquette de Comboire" dont les plus anciens se souviennent certainement, et qui a été motrice dans l'élaboration d'une règlementation décentralisée : http://www.liberation.fr/societe/2001/01/10/panneau-inter...