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11 décembre 2017

Etat de l'Environnement dans l'agglomération grenobloise

C’est en ouvrant le robinet pour boire un verre que j’y ai pensé : Crolles, Grenoble, nos destins sont liés.

Réseau eau potable. Source : www.eauxdegrenoblealpes.fr

carte réseau Eau.png

Sorti dans la rue de bon matin, j’ai croisé un camion poubelle. Dès sa tournée finie, il s’en ira livrer son chargement au centre de traitement Athanor, à La Tronche. Là, mes déchets produiront de l’énergie pour l’hôpital voisin – et il n’est pas impossible, hélas, que des enfants des écoles de Grenoble respirent des poussières et particules fines provenant de la maison Odier.

Pendant la nuit, la pluie est tombée drue. Avec l’expérience, je mesure la quantité de précipitation au grondement du Craponoz tout proche. Petit ruisseau est temporairement devenu torrent boueux. Il va grossir l’Isère et ses eaux traverseront Grenoble dans quelques heures.

J’arrive à l’arrêt de bus, Croix des Ayes. 5 h 10, c’est l’heure du changement d’équipe chez ST. D’un coup, les voitures défilent à vive allure, les travailleurs se répandent partout dans la région, autosolistes en masse qui apportent leur contribution à l’effet de serre, à l’environnement sonore, à la pollution de l’air. Encore 10 minutes et nous voilà chez ST. L’Express se remplit rapidement. En ce moment, l’usine tourne bien. Les intérimaires, surtout des hommes, plutôt jeunes, sont nombreux. Quelques habitués de la nuit aussi. Ils échangent des nouvelles, de tout de rien, décontractés, un jour après l’autre, profitant de cet instant de répit organisé par le Département que l’on connaît ici sous le nom de TransIsère. Correspondances à Sablons, mairie de Grenoble, Chavant, Victor Hugo, gares … Le trajet commencé en Grésivaudan s’achève quelque part dans la Métropole ou en pays voironnais.

Les flux s’entrecroisent et bougent sans cesse. Faudrait-il figer les frontières de nos collectivités territoriales ? Certains le pensent, au motif qu’il ne faut pas changer trop souvent. Je n’en suis pas si convaincu, mais peu importe, il n’y a pas d’urgence à rejoindre administrativement l’agglo. L’environnement, lui, se moque de nos structures et de nos sigles et acronymes qui remplissent des pages de glossaire.

Voilà quel était mon état d’esprit quand j’ai reçu une invitation à lire l’Etat de l’environnement dans l’agglomération grenobloise – Les défis à relever. Jacques WIART, Editions Campus Ouvert, 2017.

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17:17 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

26 novembre 2017

Grande distribution - revenons aux faits

Autant il est riche en photos et disert sur bien des sujets agréables, autant le bilan du mi-mandat est taiseux sur le développement récent de la grande distribution à Crolles. Oubli fort regrettable et injuste car de nombreux élus ont œuvré, de diverses manières selon leur fonction, pour favoriser l’installation de nouvelles grandes surfaces.

Revenons aux faits et rappelons quelques dates clefs qui mériteraient d’être publiées en gros caractères dans le journal municipal :

  • Commission Départementale d’Aménagement Commercial (CDAC) du 14 janvier 2016 : vote Pour du représentant de la commune sur le projet Carrefour ;

    CDAC janvier 2016 - titre.png

    CDAC janvier 2016 - liste des votes Pour.png

  • CDAC du 23 février 2016 : vote Pour du représentant de la commune sur le projet Lidl ;

    CDAC février 2016 - liste des votes Pour.png

  • Commission Nationale d’Aménagement Commercial (CNAC) du 12 mai 2016 : le directeur des Services Techniques de Crolles intervient Pour le projet Carrefour (voir en annexe), lequel obtient un vote favorable unanime.

Une telle constance dans l’avis finit par payer. Voilà la grande distribution triomphante, ce qui est fort dommage pour le développement durable. Tout ceci résulte d’un travail collectif entamé dès 2007 par François Brottes et son équipe qui présentèrent en réunion publique des projets d’hypermarché, travail poursuivi durant le mandat 2008 – 2014 où fut préparé et voté le PLU, poursuivi encore en 2015 lors de la modification n° 1 du PLU qui autorisait les surfaces commerciales jusqu’à 3000 m2, poursuivi toujours en 2016 lorsque les avis favorables ont été donnés en commissions d’aménagement commercial.

En 2017, les chantiers sont lancés et menés tambour battant. C’est l’aboutissement d’efforts de longue date, de plusieurs municipalités, en faveur de la grande distribution.

Ce qui est fait est fait. Oublions le mi-mandat.

Autour de Crolles, le monde a changé. Les requins et les exilés fiscaux ne sont plus bienvenus. Maintenant, il s’agit de favoriser l’économie locale et les circuits courts.

Revenons aux faits. Il existe à Crolles et dans le Grésivaudan une offre abondante de commerçants indépendants, souvent petits, parfois moyens, qui donnent un nombre infini d’opportunités de favoriser une économie à taille humaine telle que nous en avons besoin pour faire société.

Je ne suis pas doué pour le commerce et je n’ai pas la naïveté de Montesquieu, inspirateur du libéralisme, qui écrivait : « c’est presque une règle générale, que partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce, et que partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces » et « L’effet naturel du commerce est de porter à la paix ».

Mais je crois beaucoup à l’adage « Dis-moi comment tu achètes, je te dirai qui tu es ».

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Le mi-bilan du mi-mandat

Mardi 28 novembre à Crolles, 20 h, nous sommes invités à une réunion publique sur le bilan du mi-mandat.

Le commune publie 8 pages de bilan dans le Magazine de Crolles, avec des éléments détaillés sur le site web de la ville. Le tout est clair, informatif, agréable à lire, illustré, souvent factuel. Au fil de la lecture, on voit combien nous sommes heureux de vivre dans une commune si bien gérée et continument aménagée.

C'est d'ailleurs une opinion que je ne manque pas de partager quand, ici ou ailleurs, on en vient à parler de Crolles : le cadre de vie est magnifique, la commune est prospère et a construit de nombreux équipements publics de qualité. Du point de vue de la démocratie locale, la situation s'améliore et devient meilleure qu'au précédent mandat.

Peut-on aller plus loin dans le bilan ? La question soulève immédiatement le caractère inachevé du "bilan" proposé par la municipalité : c'est un plaidoyer sur ce qui a été fait. Il manque un bilan centré sur les besoins des habitants et la manière dont la commune y a répondu. Il manque un regard critique sur les choix qui ont été faits, sur ce qui n'a pas été fait mais aurait pu l'être. Il manque l'avis des élus qui ne sont pas aux manettes. Il manque ce que les élus (au suffrage direct) ont fait de leur mandat dans les nombreuses instances où ils siègent (élus au suffrage indirect), en commençant par la communauté de communes ...

Faire le bilan d'une instance, d'un exécutif, d'une politique, d'une action, d'un mandat collectif ou individuel ... est éminemment complexe. On peut dire que c'est un métier. Il existe d'ailleurs des centaines de professionnels expérimentés en évaluation des politiques publiques.

Je ne sais pas si le conseil municipal a discuté, voire délibéré, sur la démarche à mettre en œuvre pour réaliser ce bilan de mi-mandat. Ce serait bien qu'il le fasse au 1er semestre 2019, pour réaliser un bilan sérieux qui serait utile à tous au moment de la prochaine campagne électorale.

En attendant, avec les amis du crollois.fr, nous sommes bons élèves : la commune nous invite à faire des propositions, alors nous en avons fait sur : http://www.ville-crolles.fr/bilan/vos-propositions/#ppt-2

Au plaisir de poursuivre la discussion avec vous, 

Francis Odier, 25 novembre 2017

 

Contribution au bilan du mi-mandat - Berges de l'Isère, novembre 2017

Depot sauvage - berges de Isère.JPG

19 novembre 2017

Inondation dans le Grésivaudan : chez le voisin oui, mais pas chez moi !

A l'ordre du jour du dernier Conseil communautaire du Grésivaudan figurait notamment ce sujet :

GEMAPI : présentation des priorités d’aménagement des cours d’eau du territoire

Screenshot-2017-10-25 Accueil - Communauté de Communes Pays du Grésivaudan.png

Le sujet est brûlant dans l'actualité parlementaire, les collectivités locales mesurant seulement maintenant, soit quatre ans après la loi, qu'au 1er janvier 2018, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations relèveraient de leurs compétences obligatoires.

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Des projets et propositions de lois en tous sens fleurissent actuellement au parlement pour reporter cette date, les établissements de coopération intercommunale ne s'étant manifestement pas préparés à cette "nouveauté". Une synthèse des échanges en cours est disponible sur cet article de Localtis.

 

Il faut donc saluer les élus du Grésivaudan qui semblent s'être sérieusement saisis du sujet.

Pour autant, les échanges qui ont eu lieu en conseil de communauté ne manquent apparemment pas de ... piquant et méritent d'être signalés. Dans un article paru dans l'édition du 18 octobre 2017 du Dauphiné Libéré, Céline Ferrero en dresse un compte-rendu que je cite intégralement: 

"Plus regrettable est l'absence de souffle politique lors de la présentation, soumise au vote, de deux zones d'intérêt stratégique qui peuvent être urbanisées, malgré le risque d'inondation, à condition qu'elles soient attachées à un projet économique.

L'enjeu est de taille et ce n'était pas gagné d’avance ! Car il a fallu plus de 18 mois de travail avec les services de l'Etat pour dégager un peu de souplesse dans la réglementation et "sauver" des zones situées derrière les digues jusque-là déclarées inconstructibles.

Comme l'a rappelé la vice-présidente Valérie Petex, dans une assemblée davantage préoccupée d'en finir pour aller se restaurer (dommage), « le développement économique est fortement contraint par les risques d'inonda­tion, en particulier dans les zones de risque d'aléa moyen (zones violettes) et d'aléa fort (rouges) où de nombreuses entreprises se sont implantées avant l'approbation du PPRI (Plan de prévention du risque inondation) et où des terrains encore non bâtis ne sont plus constructibles depuis l'approbation du PPR1 et l'instauration d'une bande de précaution ».

Au regard de ces enjeux, le Grésivaudan a demandé que deux zones d'intérêt stratégique soient retenues comme prioritaires : la première à Crolles, en prolongement du site de STMicroelectronics, la seconde à Pontcharra dans la zone d'activités de Pré Brun, dont le développement est « totalement figé »."

Ces demandes sont confirmées dans le texte de la délibération approuvée.

 

Qu'en retenir ?

  • Un  peu de tristesse pour le fonctionnement de la démocratie locale, si nos représentants peuvent laisser croire qu'ils sont plus attentifs au buffet qu'à un enjeu aussi crucial que celui de la sécurité des populations et des biens.

Heureusement, le compte-rendu de la réunion que la communauté de communes a bien voulu me transmettre - même s'il n'est pas en ligne sur son site web malgré l'exigence législative qu'il y soit - ne laisse rien transparaitre de cette ambiance !

 

  • Un peu de lassitude à voir encore Crolles concentrer toute la richesse économique locale au lieu de proposer l'implanter sur l'autre rive d'une partie de l'activité industrielle "propre", là où les communes ne semblent plus accepter qu'on ne leur laisse que les activités de tri des déchets (voir là le dossier SAFIMET)

 

  • Un peu de frayeur devant cette "négociation" engagée avec les services de l’État: toute imperméabilisation du sol pour bâtir en zone inondable a deux conséquences :
    • on expose les constructions nouvelles à un risque que la solidarité nationale devra indemniser ;
    • on réduit les zones dans lesquelles l'eau est stockée en cas d'inondation, donc on augmente le risque d'inondation des territoires situés à l'aval.

Tant du point de vue du contribuable local que du citoyen, voilà une position qui surprend.

 

Emmanuel Wormser

 

11 novembre 2017

Obsolescence et métamorphose du commerce

Pendant que Crolles se prépare à accueillir de nouvelles et abondantes surfaces commerciales, les commerçants de la zone de Comboire, en bordure de Grenoble, s’interrogent sur leur survie. C’est le journal en ligne PlaceGrenet qui nous en informe (9 octobre 2017) :

« C’est un phénomène de société. Le consommateur se déplace de moins en moins pour faire ses achats, préférant la facilité que lui procure l’achat en ligne depuis chez lui et la livraison à domicile. Les zones commerciales périphériques, éloignées des habitations, ont par conséquent du souci à se faire. »

Nos futures grandes surfaces ne seront certes pas éloignées des habitations, mais les crollois seront-ils assez nombreux et assoiffés d’achat pour justifier les rayons pléthoriques et les parkings agencés au cordeau qui leur seront généreusement offerts ?

J’imagine que les études de marché rassurent les investisseurs.

J’imagine qu’il se trouvera bien des dirigeants associatifs pour saisir l’aubaine que pourrait constituer l’arrivée d’un nouveau sponsor s’auto-glorifiant de sa responsabilité sociale et environnementale.

Et je rêve qu’un jour le commerce sera un mélange savoureux de lien, échange et confiance.

Parking Casino - au cordeau.jpg

Pourtant, alors que les chantiers crollois se déroulent conformément aux plannings des ingénieurs et au plan local d’urbanisme, alors qu’ici, faute d’idéal, le capital et parfois l’évasion fiscale gouvernent, L’élefan a ouvert à Grenoble :

« L’éléfàn n’est pas un autre supermarché, ce n’est pas un nouveau lieu sélectif réservé à une certaine tranche de la population… C’est une extension de nos salons, un lien vers les fermes environnantes et le monde. Il s’agit d’un lieu de convivialité appartenant à l’ensemble des adhérents, issus de tous les coins de Grenoble et de son agglomération.

Là, nous travaillerons ensemble à construire un supermarché idéal : abordable, éthique, qualitatif, joyeux » -  https://lelefan.org/

Logo carin long-epais-blanc-bord-1-1.png encore, des militants défrichent, sèment et expérimentent une monnaie locale sur le bassin de vie grenoblois et le sud Isère. Voici le cairn, bientôt en Grésivaudan - http://www.cairn-monnaie.com/

 

Dans ce capharnaüm sociétal, chacun tire à hue et à dia, cherchant sa voie au milieu des lessives, des commissions thématiques et des rayons de fruits et légumes. La diversité est là, le soleil pour tout le monde, les champignons quand c’est la saison, le loup dans la montagne et les embouteillages soir et matin au Rafour.

Francis Odier, 18 octobre 2017

28 octobre 2017

Quartier durable : que d'eau, que d'eau, mais quelle compensation ?

Le quartier durable s'implantera en zone humide : où trouvera t'on des surfaces de compensation ?

Même si elle n'est que la préfiguration d'un changement climatique qu'il faut craindre dans nos régions à échéance d'une vingtaine d'année, la météo du 25 octobre dernier était particulièrement propice aux promenades.

Alors, j'en ai profité... pour faire le tour de deux "grands projets" menés par nos zélés zélus sur la commune.

Avant de rejoindre le Fragnès où le débardage va bon train sur l'emprise des digues -il doit impérativement être interrompu le 31 octobre prochain au titre de la mesure R4 de l'arrêté que le préfet a pris récemment-, j'ai rejoint les chantiers de constructions de nos nouvelles grandes surfaces commerciales, le temps de découvrir avec consternation que la charpente métallique de la galerie de Carrefour est une structure légère, certes facile à démonter en fin d'exploitation mais sans doute pas dimensionnée pour accueillir une toiture alourdie par des installations photovoltaïques ou une terrasse végétalisée...

Et en chemin, je suis "tombé sur ça" :

20171025_134741.jpg

Le lieu est facile à identifier : c'est le premier terrain non bâti de la rue Charles de Gaulle, à droite quand on quitte la rue de Belledonne.

Que voit-on sur la photo ?

  • un agent d'un bureau d'étude en géotechnique -Kaena- étudiant la terre excavée d'une petite fosse réalisée par un buldozer
  • au premier plan, la terre brune formant la couche supérieure du sol, sur une trentaine de centimètres
  • et derrière le bras de la pelleteuse, une argile grise gorgée d'eau, formant une épaisseur conséquente sous la couche d'humus.

Et alors, me direz vous ?

Et bien ce type de sondage permet de caractériser sans coup férir la présence d'une zone humide dans un secteur où il n'existe plus de végétation spontanée -ici, une prairie de fauche. Une note récente du ministère le précise sans détour.

Doit-on être surpris ?

Certainement pas !

Non seulement tout le secteur s'inscrit dans une vaste zone humide liée à la présence des anciens marais de l'Isère avant son endiguement -le nom de la rue des Tuileries, toute proche, rappelle d'ailleurs ce passé récent- mais surtout, nos zélés zélus n'ont certainement pas oublié les difficultés rencontrées pour construire le gymnase Guy Bolès dont la dalle flottait littéralement sur ce substrat visqueux.

Quels sont les projets de la commune dans ce secteur ?

Ce terrain est l'un des premiers qui sera construit dans le cadre du projet "Quartier durable", longuement présenté sur le site web de la commune :

Screenshot-2017-10-25 Quartier durable, ville de Crolles.jpg

Au delà des difficultés que rencontrera le maitre d'oeuvre à "poser" des immeubles dans un tel secteur, la présence d'une zone humide, ici de grande dimension, est une contrainte que la commune doit prendre en charge pour réaliser le projet : ce point avait d'ailleurs été relevé par le bureau d'étude Soberco lors de la présentation du projet le 31 mars 2016.

Les zones humides doivent être préservées et le SDAGE prévoit leur protection

Il n'est sans doute pas nécessaire de revenir ici sur l'importance des zones humides, notamment pour leur rôle dans la préservation de la ressource en eau d'une part et la prévention des risques d'inondation d'autre part. Pour tout savoir, parcourez ce site remarquable :

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/

Screenshot-2017-10-25 Zones Humides.png

Un schéma régional de gestion de l'eau, le SDAGE, prévoit notamment que lorsqu'elle n'a pas pu être évitée, toute atteinte à une zone humide doit être compensée selon des règles décrites dans la mesure 6B-04 (page 213-214) :

Cette compensation doit viser une valeur guide de 200% de la surface perdue selon les règles suivantes:

*ƒ ƒune compensation minimale à hauteur de 100% de la surface détruite par la création ou la restauration de zone humide fortement dégradée, en visant des fonctions équivalentes à celles impactées par le projet. (...)

ƒƒ* une compensation complémentaire par l’amélioration des fonctions de zones humides partiellement dégradées, situées prioritairement dans le même sous bassin ou dans un sous bassin adjacent (...)

Le projet "Quartier durable" a entièrement les pieds dans la zone humide

Le projet a été présenté au public comme poursuivant un engagement d'exemplarité environnementale. A défaut d'atteindre cet ambitieux objectif, le projet devra à tout le moins respecter la loi.

Entièrement situé dans une zone humide dont il va totalement détruire les fonctionnalités, ce vaste aménagement devra être accompagné d'une autorisation spéciale, au titre de la loi sur l'eau, prévoyant une compensation importante dans les proportions rappelées plus haut.

Je ne doute pas que telle est bien l'intention de nos zélés zélus, mais ont-ils les moyens de leurs ambitions ?

Qui vivra verra.

Emmanuel Wormser

16:21 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) |

26 octobre 2017

RTE au Rafour : "Le temps de la concertation est passé" ? Et ben non !

C'est en titrant "Le temps de la concertation est passé" que le Dauphiné Libéré du 22 octobre a rapporté certains échanges entre zélés zélus lors du dernier conseil municipal.

Que ce soit sur le local technique prévu pour le "noeud de raccordement optique", rue Léo Lagrange, ou sur les travaux que RTE afin d'enfouir la ligne électrique alimentant le site de STMicroélectronics, il faut s'y faire :

"A un moment donné, la concertation a ses limites"

"il n'y aura de nouvelle réunion puisque le projet est acté"

Quand bien même le titre du Dauphiné aurait quelque peu dépassé les propos exacts du conseil, la situation ne surprendra personne au fond : les crollois savent désormais le peu d’appétence de la majorité municipale pour une concertation utile...

Mais parfois, des procédures indispensables redonnent la parole au public...

Il reste donc deux étapes de participation du public avant que le projet RTE ne soit définitivement acté :

  • la seconde, dont certains ne comprennent toujours pas qu'elle est au nombre des outils de participation du public au sens de la Convention d'Aarhus, c'est l'éventuel contentieux qui pourrait être engagé si le projet est  ... "acté"... provisoirement.

Ne reste donc au public qu'à... participer !

Emmanuel Wormser

22 octobre 2017

Les déchets ménagers ménagés

La benne « Je trie » du local dans lequel nous jetons nos déchets ayant brûlé il y a quelques années et n’ayant pas été remplacée, nous avions le choix entre plusieurs solutions :

1.      Acheter notre propre benne « Je trie » (ou l’emprunter au Grésivaudan qui les met à disposition), mais comme on nous parlait de PAV, cela nous semblait aller à contre-bon-sens d’obliger les éboueurs à un arrêt supplémentaire.

2.      Ne plus rien trier et TOUT jeter dans les bennes grises (OM = Ordures Ménagères), mais cela n’est pas « citoyen ».

3.      Apporter nos déchets triés dans les bennes « publiques » les plus proches (dans le local à poubelles de l’école des Sources – Charmanches) .Cela reste la solution que nous privilégions, de même que quelques-uns de nos voisins.

4.      Tester le PAV le plus proche (à côté du gymnase Léo Lagrange)

J’ai donc testé la solution 4 et fait le détour par le gymnase.

Et là, j'ai vu qu'à Crolles, on ménage les déchets, surtout les déchets ménagers !

stationréservé.jpg

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 Laurence Gigon Veluzat

21:14 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

09 octobre 2017

La grande distribution triomphante

« Quand le bâtiment va, tout va ». Je n’en suis pas si sûr. Car la sagesse populaire ignore le développement durable et les circuits courts. Nous avons à Crolles en ce moment deux grands chantiers qui annoncent ce qui sera le fait majeur du mandat municipal 2014 – 2020 : le triomphe de la grande distribution.

Chantier Lidl.jpg

En quelques années, les surfaces de vente en grandes surfaces passeront, environ, de 3500 à 10 000 m2 « grâce » à l’ouverture d’un centre commercial Carrefour et à l’agrandissement de Lidl dont la surface de vente va tripler.

Panneau Carrefour.jpgCette croissance démesurée est d’autant plus absurde qu’elle intervient en plein contre-temps. Ailleurs en France, la grande distribution bataille et résiste, mais elle a reçu du plomb dans l’aile et recule par endroits. Plusieurs phénomènes sont à l’œuvre, même à Crolles et malgré ces chantiers désolants : la consommation stagne sous l’effet de la crise économique et de la montée des inégalités, les modes d’achat évoluent avec le commerce en ligne qui rend moins nécessaire ces horribles boites posées au milieu de parkings immenses, la prise de conscience progresse sur la nocivité de la grande distribution qui consomme des surfaces folles (alors qu’il faudrait économiser le foncier) et écrase les prix et surtout les petits fournisseurs. L’avenir est au retour des circuits courts, au commerce à taille humaine, aux magasins coopératifs.

Cette analyse sur l’évolution de la grande distribution n’a rien d’original ni de vraiment nouveau. En octobre 2010 déjà, dans une interview à la revue « Maires de France », François Brottes pronostiquai « La création d’hypermarchés, c’est probablement derrière nous. On est dans le contexte du développement durable. ». Pourtant, quelques semaines auparavant, il avait demandé à son conseil municipal d’approuver un PLU qui allait permettre l’installation d’un hypermarché camouflé sous le slogan pitoyable et qui ne trompe personne de « nouveau concept ».

Je ne vais pas m’appesantir sur l’histoire de l’urbanisme commercial crollois. Chacun a pris ses responsabilités en toute connaissance de cause car l’absence de concertation sur le règlement d’urbanisme et les faiblesses dudit règlement ont été signalées en temps et en heure au conseil municipal.

Dans cette affaire, les municipalités ont joué double jeu : approuvant l’objectif de développer le commerce de proximité et de développer des moyennes surfaces dans le sud de la commune, autorisant l’installation des géants de la distribution. On me dit qu’on ne pouvait pas empêcher Carrefour de s’installer ou Lidl de s’agrandir. Alors juste un mot, sans me lancer dans la chronologie du dossier : si une modeste association comme Trait d’Union a réussi à freiner pendant plusieurs années des projets comme l’urbanisation du parc du Château ou la construction de la digue du Fragnès, je peine à croire que la commune n’avait pas de levier d’action pour empêcher l’installation de commerces dont elle dit qu’ils ne sont pas bienvenus.

Maintenant, il faut passer à l’étape d’après. La responsabilité des citoyens est de limiter leurs achats dans les grandes chaînes commerciales. La responsabilité des élus est d’être plus vigilants sur les textes qu’ils votent.

Francis Odier, 9 octobre 2017

 

En complément :

Voir le documentaire Cash Investigation de France 2 sur les conditions de travail chez Lidl (26 septembre 2017).

Lire « Déconsommation, j’écris ton nom », Le Monde 17 et 18 septembre 2017. « Sous l’effet de la baisse de la fièvre acheteuse, le supermarché, lieu emblématique des trente glorieuses, sorte de corne d’abondance où tous les produits seraient entassés, est aujourd’hui une étoile pâlissante ».»

Se souvenir de Grand Frais dont l’ouverture, combat perdu de Trait d’Union, a été suivie assez rapidement par la fermeture d’un primeur à Crolles, puis d’un primeur à Bernin, la relation de cause à effet étant visible et relatée par les commerçants concernés. Actuellement, un fromager du marché est en liquidation judiciaire, en lien avec l’ouverture de Grand Frais le dimanche matin.

Relire nos précédents articles sur le sujet :

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/08/06/grands-commer...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/07/02/carrefour-le-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/14/lidl-l-arbre-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/11/encore-et-tou...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/30/oui-aux-grand...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/03/le-choix-de-l...

http://www.lecrollois.fr/archive/2015/12/10/carrefour-a-c...

21 septembre 2017

Les mots presque justes du Grésivaudan

Quelques erreurs se sont glissées dans le numéro de septembre 2017 de GL’Info, le journal du Grésivaudan. Soucieux de la rigueur d’information de nos concitoyens, lecrollois.fr se fait un devoir de précision, ce qui nous conduira à explorer l’avenir de la vallée.

GL info sept 2017.png

Page 3, il est écrit que « (la déchetterie de Crolles) bénéficie du nouveau dispositif d’accès depuis le 1er juillet ». En réalité, les usagers de la déchetterie de Crolles subissent la contrainte du nouveau dispositif. Je rappelle que le contrôle d’accès par badge à la déchetterie n’a pas été réclamé par les habitants. Comment interpréter ce « bénéficie » ? Un trait d’humour, au 2ème degré, du rédacteur en chef corrigeant une première version du texte insuffisamment positive ? Un excès de zèle ou une écriture routinière de l’agence de communication chargée de la réalisation du journal ? Nul ne sait … les voies du Grésivaudan sont impénétrables …

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