Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 juillet 2016

Une ferme en T.R.O.P.

C’est la surprise de l’été. Vous pensiez connaître le Théâtre sous la Dent, pilier de l’éducation populaire en Grésivaudan, connu pour ses spectacles en plein air. Et vous voilà dans une création loufoque et grave, moderne comme jamais, d’actualité vitale même si l’histoire se passe il y a quelques années.

Vache.JPGDe prime abord, il s’agit d’agriculture. En fait, c’est beaucoup plus profond. Poules, vaches, cochon … et quelques humains nous interpellent sur le sens de la vie. Nous voilà chez Kafka, avec aussi Camus et l’absurde, en compagnie des Monty Python. L’Europe n’est jamais loin. Je n’en dirai pas plus.

Le spectacle est joué à Crolles, près de la Marelle, à 21 h, jusqu’au 16 juillet. Pour tout public, cela s’impose.

On rit de bon cœur. Vous verrez des acteurs connus, beaucoup de nouveaux, tous prometteurs. Un régal engagé, une soirée vivifiante.

Francis Odier, 3 juillet 2016

Tracteur.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfants.JPG

Poules.JPG

Photos : Sylvain Odier

02 juillet 2016

Carrefour : le "ouf !" de la commune

Ouf ! doivent se dire les zélés élus de la commune qui ont soutenu le projet d'une nouvelle grande surface commerciale à Crolles : le projet a passé le cap de la CNAC malgré les efforts de deux concurrents... Le permis de construire va enfin pouvoir être accordé.

Nous avions décrit, et , ce projet parfaitement contraire à toutes les promesses électorales du maire et de "son" conseil municipal (joke!) de favoriser les petits commerces.

Après l'avis favorable de la Commission départementale d'aménagement commercial, deux concurrents ont fait appel : Lidl de Crolles et Super-U de Biviers. Le premier s'est désisté -tiens ?- et le second est allé au bout de l'exercice.

carrefourMarket.jpgLa commune, toujours convaincue de l'excellence de ce projet et alors qu'elle pouvait, très simplement, ne pas intervenir dans cette procédure, a envoyé son directeur des services techniques pour défendre le dossier : accompagné par l'avocat de la société, il a su convaincre la commission nationale. Le 12 mai dernier, elle rendait un avis favorable qui vient d'être publié au registre des actes administratifs de la préfecture.

Ouf donc ! Le permis de construire peut maintenant être accordé et rencontrer, si certains décident de le mettre en cause, de nouvelles contestations, devant le juge administratif cette fois, que ce soit par les concurrents de l'enseigne... ou par les voisins du terrain et -pourquoi pas ?- les associations environnementales locales !

Chiche ?

Emmanuel Wormser

29 juin 2016

ECOPLA vivra (peut-être)

C’est un dossier sur lequel tout le monde est d’accord : l’usine doit vivre et rester à Saint-Vincent de Mercuze. Un collectif de salariés se mobilise. Le Grésivaudan a voté une motion de soutien. L’Union Régionale des SCOP appuie le projet. Wauquiez écrit à Macron. Le patronat (Union Des Industries Métallurgiques, Electriques et Connexes) et la CGT font cause commune, le financement participatif (via la plateforme Ulule) s’annonce fructueux … et pourtant, rien n’est sûr, nous aurons peut-être un nouveau sinistre industriel.

logo Ecopla.jpgEn attendant, je vous invite à contribuer au financement du redémarrage de la production, le délai a été prolongé d’une semaine, jusqu’au 6 juillet : https://fr.ulule.com/ecopla-veut-devenir-une-scop/

A quoi va se jouer la pérennité – ou non – d’Ecopla ?

Vu de loin, c’est une question d’économie, le marché, la concurrence, la compétitivité, les résultats financiers etc. Quand on se renseigne, on apprend vite que le dépôt de bilan n’avait rien d’inéluctable, mais qu’il est probablement la conséquence d’errements industriels et / ou de choix financiers des actionnaires au détriment du site de Saint-Vincent de Mercuze. « Revendue plusieurs fois après sa sortie du groupe Pechiney en 1996, Ecopla est victime de ponctions de trésorerie de son actionnaire, au détriment de la satisfaction rapide des demandes des clients » écrit la CGT dans un communiqué.

Je n’ai pas vu les comptes, alors je vais rester prudent, sans avis direct sur la situation. Le fort consensus autour du projet de SCOP donne confiance dans la validité du projet. Je suppose que les services économiques du Grésivaudan et de la Région Auvergne Rhône-Alpes ont étudié le dossier. C’est d’ailleurs ce qui donne du sens aux motions de soutien.

Au fil de l’actualité, la survie d’Ecopla dépend d’une décision de justice (gestion d’une défaillance d’entreprise, choix du repreneur) : le procureur fera-t-il appel de la décision « honteuse » du tribunal de commerce en faveur du groupe Cuki qui propose de payer les dettes sociales et fiscales, de reprendre les machines … et de fermer le site ?

Le procureur dépend du gouvernement, la viabilité de la SCOP dépend du soutien des pouvoirs publics et des collectivités territoriales …. Oublions l’économie, l’affaire est surtout politique. On en revient vite à l’essentiel : quelles ressources sommes-nous prêts à consacrer aux activités productives ? à l’industrie ? à l’emploi ? au travail ?

La compétence économique est partagée entre la communauté de communes, la région, l’état. Un coup d’œil au budget du Grésivaudan (adopté à l’unanimité des suffrages exprimés, avec 5 abstentions, le 4 avril 2016) montre le montant significatif des aides versées à ST (principal employeur privé de la vallée) : 6,5 M€ en 2016, presque 1000 euros par emploi direct. A noter aussi : 650 k€ pour des entreprises labellisées par les pôles de compétitivité Minalogic et Tennerdis. Nous avons déjà parlé dans le Crollois.fr des actions de réhabilitation des friches. Ajoutons 800 k€ pour le secteur touristique (dont une partie pour compenser l’inévitable déclin lié à la baisse de l’enneigement … Sisyphe et les Shadocks en télésiège).

Voilà, nous avons fait le tour de la contribution économique « au service de l’emploi ». Ce n’est pas rien. C’est considérable. C’est bien sûr trop peu pour nourrir une politique de vitalisation industrielle.

Il faudra bien, un jour, mettre le frein sur les dépenses de loisirs et investir encore plus dans la localisation de la production, en acceptant de prendre des risques et de s’endetter. Les collectivités locales ont un fort pouvoir d’entraînement. Chaque euro investi par la puissance publique favorise l’investissement privé. Dans le cas de Grési21 (Centrales Villageoises du Grésivaudan, pour la production locale d’énergie), les personnes privées ont apporté environ 120 k€ et les collectivités 30 k€. Si les collectivités avaient boudé le projet, la mobilisation citoyenne n’aurait pas eu cette ampleur.

Pour Ecopla, les besoins financiers ne sont pas énormes à l’échelle du Grésivaudan. Il manque peut-être 2 M€ si on se place en pure comparaison avec le groupe Cuki, beaucoup moins si les processus de décision (SCOP # cession et fermeture) prenaient en compte les avantages et inconvénients sociétaux de chaque solution.

La proposition conclusive s’impose : créer un fonds d’investissement public, sous l’égide de la communauté de communes, ayant comme vocation de prendre (si possible, à froid, avant toute défaillance économique) des participations minoritaires dans des entreprises du territoire, avec comme principe d’action de susciter des effets d’entraînement sur les investisseurs privés.

Francis Odier, 29 juin 2016

 

Pour mémoire : relire l’idée n° 34 - Idée de politique économique : privatiser et collectiviser, 26 janvier 2014.

Lire la suite

21 juin 2016

Minuscules brèves

La sobriété est notre avenir (tôt ou tard, qu’on le veuille ou non). Autant commencer tout de suite. Voici quelques minuscules brèves éclairantes sur notre démocratie encalminée.

Je lis GL’Info, le Journal du Grésivaudan, juin 2016. Dans sa catégorie d’organe officiel d’une collectivité territoriale,  c’est un bon journal, plein d’infos. Il faut le lire attentivement.

Le changement est radical. Il est page 9. « Bientôt une maison de service au public » (MSAP). Elle remplace une Maison de Service Public (MSP). Et ce n’est pas un gag !

Plusieurs pages sont consacrées à TouGo, le « nouveau réseau de transport urbain du Grésivaudan ». Irrésistiblement, je pense au Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Le visuel, le visage, les noms et la numérotation des lignes … tout change. Il faut attendre le dernier petit paragraphe pour voir enfin écrit ce qui devrait être l’évidence guidant la réflexion : « L’organisation des transports à l’échelle de l’agglomération grenobloise élargie s’impose ». Alors, quelle réponse envisagée face à ce constat : « Grenoble-Alpes Métropole, le Pays Voironnais et le Grésivaudan ont l’ambition de créer une structure juridique adéquate pour mieux travailler ensemble sur la coordination des offres, la billettique, l’information des usagers ». Oui, vous avez bien lu. Ils ont l’ambition, mais pour l’action, on verra un autre jour. Là où il faudrait simplifier, ils veulent compliquer et créer une structure juridique. Et quand la structure sera créée, on pourra réfléchir sur comment mieux travailler ensemble …. A ce rythme, je comprends que les élus aient souvent envie de faire plusieurs mandats ...

Lacan, en plein discours professoral :

lacan.jpg

Le PAV, Point d'Apport Volontaire, était moribond, le voilà cantonné aux communes de montagne et aux zones d’habitat collectif (sous réserve …). Qui a dit que les gouvernants n’écoutent pas le peuple ? La mobilisation citoyenne a été fructueuse. La prochaine fois, peut-être que les élus s’intéresseront aux « éléments chiffrés » et à l’avis de la population avant de voter.

Voici le mode d’emploi des déchetteries (page 14). Il est parfaitement clair. Je me permets deux précisions. Il est écrit « les particuliers ont l’interdiction de brûler leurs végétaux à l’air libre ». Hélas, il faut compléter : les agriculteurs bénéficient du droit de cette combustion qui « dégage de nombreuses substances polluantes et néfastes pour l’environnement ». C’est le Préfet qui délivre ce droit à empoisonner l’atmosphère. Avec quelques camarades crollois, nous avions donné notre avis lors de l’enquête publique sur le Plan de Protection de l’Atmosphère  … mais le Préfet est passé outre. La participation à l’enquête sur le PPA avait été minuscule, limitée surtout à quelques associations et militants environnementalistes.  Les agriculteurs sont bien mieux organisés.

L’avertissement de bas de page mérite qu’on s’y arrête un instant : « L’amiante n’est acceptée dans AUCUNE déchetterie du territoire ». Et alors, on fait comment pour le fibrociment qui est encore si répandu sur les toitures de bâtiments construits dans les années 60 ? On cherche une déchetterie en dehors du Grésivaudan, et on peste contre cette faille dans l’esprit de service public de notre communauté de communes.

Pour conclure, une petite dernière, minuscule brève. C’est un mot, un seul mot qui en dit plus long que bien des discours. Ce n’est pas dans le journal, ce n’est pas une correspondance privée, ce n’est pas un mot volé. Ça se passe à Crolles. Et c’est le maire qui écrit aux associations. Ce qu’il dit est tout à fait banal, mais néanmoins important. Il donne le programme du forum des associations, le 3 septembre prochain. Un puriste dirait qu’il y a une petite incohérence dans le texte. La lettre est signée par le maire, mais à un moment, ce n’est plus lui qui parle. Ou bien, il fait comme Jules César, il dit « lui » à la place de « je ». Peut-être est-ce les romains qui nous ont légué la monarchie. En tout cas, nous avons du mal à nous en débarrasser. On le dit souvent, et encore plus maintenant que l’élection présidentielle se rapproche, beaucoup de nos concitoyens veulent avoir un chef, comme s’ils regrettaient le roi.

Sans plus attendre, voici le lapsus commis par un fonctionnaire territorial qui, à son insu, se fait le propagandiste de la tentation autocratique contre laquelle il nous faut chaque jour résister. Lisez bien. Pesez les mots. Souvenez-vous de Lacan, toute parole est signifiante. Etes-vous prêt ? Allez-vous sursauter comme je l’ai fait, lisant, relisant et soulignant cette preuve de la présence insidieuse et persistante de l’esprit seigneurial que j’abhorre ? Ce mot en trop n’est pas un intrus. Il est dans le texte comme chez lui, vautré dans le consensus dominant, désignant par trois lettres la mal démocratie qui nous mine.

« 12 h : tous les responsables d’associations sont conviés à la Marelle à l’apéritif d’ouverture en présence du Maire et de son conseil municipal ».

Diantre, diront certains ! Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat ! L’expression est usuelle : le maire et son conseil municipal. Alors, il nous reste à renverser les tables, à mettre les choses à l’endroit et la démocratie debout. S’il faut un possessif, nous devons l’inverser : le conseil municipal et son maire, voilà qui correspondrait mieux à ce que prévoient les textes. 

Le son est bref, mais il résonne longuement. Renversons le son, voici nos qui apparaît, comme une promesse de collectif. Nos élus nous invitent à notre forum des associations. Approprions nous la ville, la politique, nos biens communs.

Francis Odier, 18 juin 2016.

Le courrier aux associations : Invitation forum association 2016 - courrier du 3 juin 2016.jpg

25 mai 2016

Loup Patou Tabou

Les voyages forment la jeunesse, a dit le professeur. Alors, j’ai pris le baluchon et je suis parti. Chez nos cousins sardes. Ce que j’ai vu est stupéfiant. J’étais comme euphorisé. Les chèvres en liberté peuplent la montagne. Les moutons vaquent en paix. Sur cette île autrefois connue pour ses brigands, le loup est inconnu. Chèvre sarde.JPG

Alors, tout est prêt pour le cercle vertueux. Pas de loup, pas de patou. Pas de menace, pas d’agression, pas de conflit. Bergers, ovins et randonneurs cohabitent paisiblement, pour le plus grand bien de tous. Quel contraste avec nos montagnes et nos alpages ! Ici, troupeaux et bergeries sont gardés en permanence par des molosses vigilants qui ont à cœur de signaler leur présence à l’intrus.

patou-©-J_L_-Borelli-FERUS.jpg

 Nous voulions les loups ? Nous avons les patous et le sujet est tabou.

Lire la suite

18 mai 2016

Le 10 juin prochain, Bernin 2020 organise une conférence sur la collecte des déchets

2016 04 05 Tract OM V4c.jpg

 

12 mai 2016

CR du Samedi Citoyen du 2 Avril " Comment se déplacer autrement "

 

En attendant le CR sur le site de la marie  de ce "Samedi Citoyen" du 2 Avril , nous sommes le 2 Mai ...., je vous propose quelques  informations échangées.

N'ayant pas pris de note, j'étais confiant dans le CR officiel, alors je fais travailler ma mémoire.

Présents 9 crollois et 8 élus  presque tous les conseillers dont monsieur le maire et 2 personnes  des services techniques.

Donc pas facile de faire sortir les crollois de leur tanière malgré les 40 appels téléphoniques pour motiver des personnes tirées au hasard. 

Je retiendrai une remarque forte et synthétique d'un Crollois  " j'aime ma rue  rue Jean Jaurés  ; elle est calme , elle est fréquentée pas tous les modes de transports ( voitures et modes doux ).

Elle résume parfaitement le devenir souhaitable pour valoriser les quartiers et les liaisons quartier- centres de commerce et de vie.

Les sondages officiels donnent pour notre région  : 83% des déplacements en voiture se font  entre 0 et 5 kilomètres. Quels fantastiques marges de progression pour les modes doux ( piétons, vélo, trottinette, roller. poussette ).

Pour cela il faut réduire la vitesse des véhicules et rendre  opérationnels pour les piétons et  2 roues les innombrables raccourcis entre les quartiers.

Les élus nous font part de leur projet de balisage ( temps d'accès pour un mode doux,  itinéraire ) pour un cout de 170 K euros !!!!! .

J'espère qu'il est inclus la suppression des entraves aux déplacements ( profils en " U") incompatible aussi pour les PMR !!!!) et aussi une bande de roulement autre que gravillons et  "tout venant" sur  tous les très nombreux raccourcis entre les  quartiers  afin qu'ils soient attractifs  pour les modes doux ?

A ma demande de passer " Crolles , ville 30", le mairie réponds " NON" ; alors qu'en faisant un petit effort , on y est presque !!!!! Manque la portion entre rond point des Ayes et La Poste où la vitesse des véhicules est élevée surtout les motos qui montent les régimes .... et une portion de l'autoroute urbaine entre GiFI/Lidl et rond du raffour ( portion qui aura bientôt une voie dédiée bus donc "30" peut-être).

 

Des propositions sont faites  pour marquer un temps fort afin de changer de paradigme :  expo de vélos pour tous les usages  , expo de matériel, kit de sécurité distribué aux usagers ( action largement positive sur un site industriel de la commune ...) , développer les PDE,PDA, PDEI. Et pourquoi mettre en place afin d'être progressiste  l'IKV (Indemnité Kilométrique Vélo) pour les agents publiques  ( loi votée à ce jour mais pour  le privé).

Un travail est en cours par des personnes du Service Civique pour faire écho des remarques des écoliers ( maternelles, collège, lycée).

En conclusion, on a entendu le programme en cours de élus  ( marque de fabrique des  "Samedi Citoyen"), les propositions des citoyens déboucheront-elles ?

Voir la page 13 du numéro de Mai 2016  et  page 11 du numéro d'Avril 2016 du " Magazine de Crolles" sur ce sujet des déplacements modes doux

 

JP Chollet

 

 

 

 

16:23 Publié dans Déplacements | Lien permanent | Commentaires (0) |

04 mai 2016

Engagement dans une période lumineuse

Le lancement réussi du projet Centrales Villageoises du Grésivaudan est une belle illustration de l’utopie politique du moment que l’on peut nommer, faute de mieux, la transition : « Ceux qui se reconnaissent dans le mot d’ordre de ‘transition !’ affirment s’inscrire dans un type d’engagement dont le pivot est le passage à l’action sur fond de réenchantement et de réappropriation de l’existence. Les ‘transitionneurs’ font le choix de faire bouger les organisations et institutions existantes sans prendre pied dans ces dernières » [Source : édito du dossier « La transition, une utopie concrète ? », Mouvement des idées et des luttes, 2013].

Certes, avec Grési21, nous ne sommes pas dans le cas de transitionneurs qui refusent de s’impliquer dans « le système ». J’en suis ravi car la recherche de pureté est l’apanage des nazis et des sectaires. Ici, c’est la mixité qui prévaut. Politiques et citoyens, inextricablement mêlés, montrent, à leur échelle, que l’avenir reste ouvert. Ils agissent en situation, comme le proposaient Miguel BENASAYAG et Angélique DEL REY dans un petit ouvrage qui m’avait enthousiasmé et ouvert de nouveaux horizons en 2012 (L’engagement dans une période obscure).

Depuis quelques années, les mouvements « alternatifs » pour la transition gagnent une nouvelle reconnaissance comme acteurs politiques à part entière, porteurs de projet et de changement

logo-collectif-2015-acteurs de la transition.jpg

Il faut se réjouir du discrédit des partis politiques et des gouvernants. Je ne rêve pas du grand soir, mais, avec Schumpeter, le prophète, et les libéraux, ses néo-disciples, reconnaissons-le : dans le processus de création et d’innovation, il est difficile de shunter la case destruction. Après l’incendie, parfois, foisonne la biodiversité.

Le Grésivaudan s’attaque aux friches industrielles et investit des millions d’euros pour « donner un second souffle aux terrains désaffectés » (Journal du Grésivaudan, mars 2016). Prenons en exemple, sans attendre la fin pathétique que connaissent les établissements hospitaliers de Saint-Hilaire du Touvet. Préparons-nous à raser ou à restructurer quelques-unes de nos institutions autrefois glorieuses et attractives, mais usées par le temps, obsolètes même si cela n’était pas programmé. Qui aura enfin le courage d’ouvrir un musée des départements pour y mettre en valeur la mémoire d’une couche de millefeuille fossilisée ? Combien de mandats municipaux devrons-nous encore supporter avant que l’on constate que la coquille est presque vide, les compétences transférées, même si la bête bouge encore ?

Pour le département, l’acharnement institutionnel à le maintenir est pitoyable. La vente de VFD illustre tristement le bilan de la décennie écoulée. Au début des années 2000, faisant le constat de leur incapacité à manager ce qui était une régie de transport, les responsables du département, plutôt qu’avouer leur impuissance, ont fait le choix de briser les reins de VFD par la mise en concurrence. Les effets ont été douloureux, progressifs, mais le résultat est là. Une société en friche, ruinée, comme en faillite. Il n’y a plus qu’à démanteler.

Pour la commune, je milite pour poursuivre les transferts de compétences à la communauté de communes, en particulier l’urbanisme. Deux scénarios peuvent ainsi être esquissés.

Dans le premier, la commune devient un relais de proximité de la République et des autres collectivités territoriales, sans rôle décisionnel. Nous sommes déjà, parfois, dans cette situation. Par exemple, quand la commune a cru bon de relayer la décision du Grésivaudan de généraliser les PAV. L’histoire (avec l’abandon du principe de généralisation) a montré que cette posture n’était pas judicieuse, car elle a conduit les élus à se faire porte-parole d’un projet indéfendable, alors qu’ils auraient dû se voir comme organisateur de débat. Ainsi, pour être démocratiquement fondée, la commune devrait s’organiser pour être relais « dans les deux sens », donc pour représenter vraiment sa population.

Deuxième scénario, la commune lutte pour garder des compétences … et les exercer efficacement. C’est la voie des mariages de raison – en application de la loi bienvenue du 16 mars 2015 favorisant le regroupement communal : onze villes et villages de l’Isère se sont regroupés (lire : Isère Magazine, mars / avril 2016). Bernin, Lumbin, nos fiancées nous attendent, passons à l’acte.

Bien sûr, il y a un troisième scénario, peut-être le plus probable : on ne change rien !

Mon scénario préféré est le quatrième : et mieux que ou, une commune relais démocratique de proximité et mariée avec ses voisines pour se régénérer !

"Nur um der Hoffnungslosen willen ist uns die Hoffnung gegeben."

Francis Odier, 24 avril 2016

 

Nb : merci à l’ami Alain qui m’a fait découvrir la belle citation germanique dont je ne me lasse pas. L’espoir au fond de la désespérance, comment mieux dire la confusion qui étreint nos sociétés et dans laquelle je me débats ?

Liens:

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Schumpeter...

http://www.centralesvillageoises.fr/web/guest/actualitesg...

http://www.edgarie.fr/archive/2012/01/22/l-engagement-dan...

https://www.flickr.com/photos/bertrand-ranza/collections/...

26 avril 2016

Nos friches numériques

On ne félicitera jamais assez le Grésivaudan d’agir avec continuité pour la revalorisation des friches industrielles (voir Journal du Grésivaudan, mars 2016). La friche, terre laissée à l’abandon, témoigne d’une fuite en avant et d’une négligence collective coupable.

Brignoud vue aérienne - photo IRMA.jpg

                                                                                                                                       Photo IRMA / Sébastien Gominet

Comme le randonneur malotru, heureusement en voie de disparition, qui avait la force de monter aux alpages et vers les cimes avec son repas et la flemme minable d’en redescendre les reliefs, nous voici constructeurs invétérés, mais démolisseurs aux abonnés absents. La plus grande honte du pays est la friche dite TOTAL, ATOFINA (qui se cache aujourd’hui sous le nom de friche FREDET), sur les communes de Froges et Villard-Bonnot.

Honte à nous, citoyens, dont la passivité a donné champ libre aux pollueurs pour décamper sans emporter leurs restes. Maintenant, il y a prescription, ou tout comme. Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes, c’est la base du capitalisme. Nous y sommes. Grésivaudan, retrousse-toi les manches et sort le chéquier. Faut banquer. C’est dommage, mais faut banquer. Le terrain est bien placé, près du train électrique, sans risque d’être gêné par le bruit (les trains ne sont pas si nombreux).

J’espère que nos zones commerciales démesurées ne tourneront pas trop vite en friche. J’avoue que je le crains un peu.

Mais plutôt que de s’inquiéter, mieux vaut apprécier à sa juste valeur la portée immense de la notion de friche. Le passif abandonné qui s’incruste, végète, occupe l’espace et revit sous des formes surprenantes, sordides et créatives. Pensons à Tchernobyl avec ses friches inégalées, au moins jusqu’à la prochaine fois, l’aventure nucléaire n’est pas finie … 

Oublions l’industrie, élargissons le propos. Nous sommes, paraît-il, à l’ère du numérique. Et ça ne fait que commencer !

Que sont nos friches numériques ? J’en ai fait la cruelle expérience récemment. Un lecteur indésirable trouva sur ce blog une surprise, de quoi déclencher son ire à mon égard. Si les détails sont secondaires, l’anecdote est éclairante. Le texte exploité par mon bourreau est de peu d’intérêt en lui-même. Mais il tissait un lien (c’est le propre de la toile) dont on pouvait tirer une preuve comme le font si bien les complotistes. Voilà la friche : un amas, un fatras de textes et d’images accumulés au cours des ans, jamais nettoyés et qui font le terreau de toutes les cultures, curieuses, philanthropes ou mafieuses.

Depuis bientôt 5 ans, nous avons publié plus de 300 notes sur www.lecrollois.fr. Que vont-elles devenir ? Comment peuvent-elles fructifier sans polluer ou rancir ? Alors, bibliothèque, jachère ou friche ? La frontière est ténue.

Le problème de l’infobésité est connu. C’est une affaire de flux. Mais la question du stock va aussi devenir critique. Même combat que pour le logement. Le regard est porté sur le flux de constructions neuves, mais on ferait bien de jeter un œil aussi sur l’ancien qui décrépit et tourne à la zone. La friche, c’est le vent qui masque la forêt. Nous vivons une époque moderne, nous aimons le mouvement, le changement. L’actu chasse l’actu. Alors, s’occuper de l’ancien, tu parles !

Dans cette nasse, je ne suis pas seul avec les compères du crollois. Autour de moi, je vois bien que la mise à jour n’est pas le fort des webmasters.

Choisissons au hasard un site de bonne facture, réputé et à l’audience établie. Qui peut me garantir que www.ville-crolles.fr n’est pas peuplé de minuscules friches, invisibles pour l’habitué mais qu’un œil averti détecte aisément ?

J’ai déjà cité, dans un billet récent, le DICRIM (document d’information communale sur les risques majeurs) qui nous annonce des travaux devant être lancés prochainement pour la digue du Fragnès, prochainement « en 2010 » … Au titre des friches naissantes, il y a surtout l’agenda 21, figé en 2012. Nous avions donc raison, c’était l’agenda 12. Avec le recul on peut le dire, nous l’avons pris comme souffre-douleur pendant quelques mois. Nous n’étions pas vraiment gentils camarades. Le voilà qui s’enfonce dans l’oubli, les fichiers sont maintenant endommagés. Je n’irai pas jusqu’à le réhabiliter, il est encore trop tôt, mais l’oublier, jamais ! Et si le maitre du web de la ville s’avisait de le faire disparaître, nous serions là pour en transmettre la mémoire aux générations futures.

Allez, encore une friche sympathique, peu connue, difficile d’accès : http://www.ville-crolles.fr/vie-municipale/arretes.php.... Jetez-y un œil. Vous verrez que le maire, en 2009, a pris un arrêté d’interdiction de camping sauvage sur le skatepark et le parc Jean-Claude Paturel de la commune de Crolles. C’est l’arrêté le plus récent … mais n’allez pas croire que le maire ne fait plus rien depuis 2009 !

La friche numérique, on l’aime ou on la quitte, elle survit et se transforme, rebelle.

Francis Odier, 25 avril 2016

24 avril 2016

Montagnes croulantes : mais que font les experts ?!

Il y a quelque chose de comique dans l’éboulement du Granier qui a fait grand bruit en début d’année. C’est notre ligne Maginot, ligne bleue des Vosges en Grésivaudan : on surveillait l’Est, et c’est le Nord-Ouest qui est tombé ; il y avait des capteurs pour détecter le moindre mouvement, mais les rochers sont partis sans crier gare. Ah, quelle indisciplinée, cette nature !

Eboulement du Granier - 9 janvier 2016 - photo FranceTV.jpg                                                       Eboulement du Granier, 9 janvier 2016. Photo FranceTV

Voilà nos experts pris en défaut.

Alors, sous les coteaux de Crolles, que faire ? Comment se protéger alors que nous sommes menacés, en permanence, jour et nuit, par « des éboulements en masse de plusieurs milliers de m3 dans les secteurs où la fissuration due à la tectonique est plus marquée » ? L’affaire est sérieuse, ce sont les experts de SAGE qui le disent : « les blocs unitaires issus de ces éboulements pourraient atteindre des volumes de l’ordre de 150 à 200 m3 pour la falaise supérieure du Tithonique et au maximum 20 m3 pour la falaise inférieure du Séquanien ». Sacré Tithonique ! On le croyait dur comme le granit, on le découvre aussi fragile et périssable que le Titanic.

Heureusement, la commune nous protège. Voici un extrait du DICRIM, Document d’Information Communal sur les RIsques Majeurs, dans la version en ligne par un jour pluvieux d’avril 2016 : « Afin de protéger les habitants, la commune a réalisé sur les coteaux des digues pare-blocs qui ont pour objectif de piéger les blocs et d’éviter qu’ils ne rebondissent jusqu’aux habitations ». Voilà pour les blocs. Et pour les éboulements en masse ? Inch’Allah ! Le risque est grand mais la protection est petite, dirait le bon Raffarin s’il venait en visite dans nos contrées.

Dormez en paix, habitants du Fragnès. D’abord, selon le document en ligne aujourd’hui, « pour compléter le dispositif de digues, la construction de la liaison entre les secteurs du Fragnès et du Brocey est prévue prochainement. Les travaux sont programmés début 2010 ». Voilà qui est dit, clair, net et précis : « début 2010 … ». La digue prendrait-elle le chemin de la déviation, soi-disant indispensable et longtemps promise, mais superflue et jamais construite ? Nous verrons. Prochaine réunion sur le sujet : 26 avril 2016, commission Cadre de Vie élargie au comité de suivi du projet de digue du Fragnès.

Coteaux de Crolles - février 2016.jpgOui, citoyennes, citoyens, dormez en paix. Les experts veillent, surveillent la falaise et se préparent à intervenir en cas de mouvement suspect de bloc. C’est l’état d’urgence. Ayez confiance !

Francis Odier, 23 avril 2016

 

A lire : le billet de Jean-Paul Chollet sur la formation sur les risques rocheux.