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26 avril 2020

Urbanisme : et si on se souvenait du pourquoi du comment ?

Une émission passionnante rappelant l'origine de la transformation de Crolles, retrouvée sur le site de la bibliothèque municipale de Grenoble : sur ce lien

Merci Christiane !

 

Des précisions sur les auteurs de ce film : 

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E.Wormser, le 26 avril 2020

07 avril 2020

Et si le COVID nous invitait à réfléchir sur la vie... après lui ?

Tout est dans le titre !

Les pistes sont nombreuses et, parce qu'il est trop timide pour le faire lui-même, je vous invite pour ce faire à vous confronter au blog personnel de Francis Odier : il est rafraichissant d'optimisme sans écarter les questions de fond qui se posent sur ... l'après Covid.

Alors, voyagez en Edgarie : www.edgarie.fr

Bon confinement à tous

Emmanuel Wormser, le 7 avril 2020

18 mars 2020

Déconfinement intellectuel et social

Actualité oblige, calme plat à Crolles et dans le Grésivaudan, je m'échappe en Edgarie.

Le Crollois reste actif et ne manquera pas de vous donner des nouvelles du Grésivaudan dès que la politique locale reprendra de la vigueur.

Francis Odier, 18 mars 2020

10 mars 2020

Le quartier durable de Crolles n'est pas un écoquartier !

Notre blog s'est maintes fois fait l'écho des incidences environnementales des constructions prévues à proximité du Parc Paturel : ce vaste projet immobilier s'inscrit dans une zone humide caractéristique sans compenser d'aucune façon les atteintes qu'il porte à un écosystème qu'il fallait protéger.

C'est pourtant en raison de l'étalement urbain et des atteintes à des surfaces d'intérêt agricole que notre quartier durable perd son label Ecoquartier.

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Malgré l’âpre défense de nos zélés zélus devant les organes ad'hoc, la commission régionale puis la commission nationale de labellisation (étape 2) ont décidé d'ajourner la demande de la commune de se voir décerner cette précieuse appellation.

Leur compte-rendu, qui vient de m'être communiqué est accessible par ce lien.

Il va falloir rebaptiser le site communal dédié au projet !

En cette période pré-électorale, je m'abstiendrai de tout commentaire sur ce fiasco.

Emmanuel Wormser, le 10 mars 2020

 

20 février 2020

Intermède

En quittant Grenoble (la circulation est facile en ce moment), descendez l'Isère et remontez vers le nord-ouest. Vous arrivez à Voiron. Là, pour vous renseigner sur la vie politique locale, c'est ici : le témoignage d'Ingeborg. Je vous le recommande. La politique concrète et les mémoires d'une engagée. Ce dont nous avons besoin. 

Quand vous reviendrez en Grésivaudan, faîtes signe. Nous pourrons encore discutailler ensemble.

F0 - 22 mars 2020

 

 

02 février 2020

Le long terme - alibi de l'inaction

A long terme, nous sommes tous morts, avait coutume de dire Keynes prônant la politique budgétaire comme levier de régulation économique. Aujourd’hui encore, le long terme est l’alibi de l’inaction. Le gouvernement se donne bonne conscience écologique en fixant des objectifs pour 2040 (fin de la vente des voitures à essence ou diésel), 2050 (neutralité carbone) ou les calendes grecques : « zéro artificialisation nette des sols », objectif énoncé mais non daté dans le plan biodiversité 2018. Les collectivités locales sont sur un discours similaire : « demain, il y aura la nature en ville » ; en 2030 ou 2040, il y aura un nouveau tram » ; « un jour, la qualité de l’air sera conforme aux recommandations OMS ».

Dans les stations de ski confrontées à la baisse de l'enneigement, les aménageurs rivalisent d'ambition pour développer le tourisme 4 saisons ... en 2050. Ce discours étant posé pour se donner bonne conscience et anesthésier les critiques, ingénieurs et promoteurs prennent la relève et activent les projets, ici de retenue collinaire pour augmenter la neige de culture, là de nouvelle remontée mécanique pour agrandir le domaine skiable. Telle est la situation que nous constatons à Huez, les 2 Alpes, Chamrousse, Les 7 Laux, les stations du Vercors. Seule la contrainte économique, lorsque la débâcle financière est là ou toute proche, parvient efficacement à réfréner les ardeurs bétonnantes des collectivités.

Il fut un temps où je pensai que le rôle des associations environnementalistes était surtout de travailler dans le temps long, d’anticiper les effets lents, diffus et accumulés qui ne sont visibles que dans la durée. Mais aujourd’hui, la donne a changé. Pour le long terme, nous avons gagné la bataille des idées : tout le monde, sauf quelques excentriques voulant faire parler d’eux, sait désormais que l’on va dans le mur pour le climat, la biodiversité et nos conditions de vie si on ne change pas significativement le modèle agricole, les modes de production et de consommation, les véhicules et infrastructures de transport, les politiques d’urbanisation … Maintenant, c’est le sentiment d’urgence qui doit nous guider.

Agir, sans attendre la prochaine sécheresse, pour la préservation des ressources en eau – et pour cela protéger les captages et les zones humides, limiter l’irrigation, arrêter la neige de culture, renaturer … 

Dans les villes, réserver, très vite, des voies et même des rues pour les vélos, sans attendre des années de réflexion ...

Les exemples sont légion. 

Misons sur la simplicité, et le futur se conjuguera au présent.

Francis Odier, 2 février 2020

27 janvier 2020

Une idée blanche

C'est la période des vœux. Un industriel bien connu de la région grenobloise m'envoie son rapport annuel et de performance durable, ainsi que son riche catalogue d'innovations. Incontournable chimie ! Elle permet maintenant de concrétiser facilement l'idée grecque publiée par nos soins en janvier 2014 durant la campagne électorale. 

J'adresse volontiers, à nouveau, la proposition aux futurs élus locaux : pour protéger vos administrés de la chaleur, autorisez le blanc, non seulement le vote blanc, mais aussi la peinture blanche, y compris sur les toits. Je ne sais pas où a été conçue cette résine extrêmement résistante qui peut blanchir nos habitations et nos bureaux, ni où elle sera fabriquée, ni même quels sont les dangers qu'elle véhicule pour l'environnement, mais je sais que le réchauffement climatique nous impose de nous adapter et de sortir de nos habitudes. Si la chimie peut y aider … pourquoi pas.

Francis Odier, 27 janvier 2020

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21:08 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

Des voeux surprenants

Invité au nom de mon association, j’ai eu l’honneur d’assister aux vœux conjoints des plus hautes autorités départementales, le préfet et le président du conseil départemental. La cérémonie s’est tenue, comme il se doit, en préfecture, non loin de nos locaux de la Maison de la Nature et de l’Environnement. Le buffet était très correct, sans être luxueux. J’ai amorcé quelques conversations, préludes, j’espère, d’autres rencontres. Un ancien repris de justice s’était incrusté dans l’assistance, prétendant avoir oublié de répondre à l’invitation. Ayant purgé sa peine et souhaitant retrouver sa situation ancienne, il parut cependant très seul, mais nul ne s’apitoya sur son sort.

Mais là n’est pas l’essentiel. Je dois surtout rendre compte des discours solennellement prononcés à partir de textes écrits, et sans doute préparés avec l’aide des cabinets respectifs, car ils témoignent directement de la vision de la République promue par nos autorités. Abordant la soirée avec la candeur du novice et mes a priori sur ce que j’allais entendre, je dois dire que je fus surpris.

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Les deux discours étaient construits presque sur les mêmes registres, signe de la proximité intellectuelle et politique du représentant de l’Etat et de celui du Département, chacun conservant ses spécificités.

Le premier registre était celui de la République une et indivisible, avec les mots que l’on devait déjà entendre au 19ème siècle. Après les longues salutations protocolaires, chacun remercia ses services et se félicita de l’excellente coopération entre l’Etat et le Département. Les forces de l’ordre, nos gendarmes, nos policiers, la sécurité civile, les pompiers, les agents de l’équipement furent publiquement honorés et applaudis. Le préfet promit qu’il serait inflexible et d’une très grande vigilance pour sanctionner les chauffards et, ainsi, garantir la sécurité sur les routes.

Par la grâce de l’élection ou la vertu de la nomination, nos deux hôtes sont représentants du peuple. Alors, ils exprimèrent avec conviction l’idéologie dominante, socle commun des élites depuis plusieurs décennies, par-delà les alternances. En trois mots : croissance, attractivité, croissance. Ces propos idéologiques, courts et intenses, eurent la vertu de me rappeler mon identité de minoritaire. Je tiquai, car il n’est jamais agréable d’entendre quelque chose que l’on désapprouve, mais le discours avait sa légitimité. Le pouvoir porte ses valeurs sans les cacher.

Jusque-là, tout allait bien.

Pour le deuxième temps de son discours, annoncé comme la séquence bilan de l’année écoulée, le président du département égrena longuement les réalisations de sa collectivité. J’ai d’abord cru qu’il lisait un rapport d’activité. Nous étions dans le registre de la communication, peu éloigné, comme souvent, du plaidoyer pro-domo. Quant au préfet, il n’eut pas la tâche facile, mais il accomplit sa mission courageusement et avec abnégation : donner un coup de projecteur sur la politique inclusive de l’Etat et ses réussites méconnues en faveur de la justice sociale, ouvrir des chemins d’espérance pour la jeunesse qui peut maintenant s’engager citoyennement via le Service national universel.

J’étais venu pour les vœux, j’ai compris que la campagne électorale est permanente, même pour un haut fonctionnaire qui ne craint ni les changements de ministres, ni les renversements de majorité.

A mon gout, il aurait été convenable d’en rester là. Mais je ne suis pas préfet. Mais je ne suis pas président du département. Eux, sont combatifs. Ils ne craignent pas les dérives car ils les contrôlent. Ils connaissent la vérité, ils savent s’en accommoder. Voilà le troisième registre, peu glorieux, que mon rôle de sentinelle de l’environnement m’interdit de passer sous silence.

Je ne sais pas s’ils s’étaient donnés le mot pour afficher leur harmonie. En tout cas, ils étaient en phase l’un avec l’autre pour dénoncer avec une extrême vigueur le dénigrement du monde agricole. Dans les salons de la préfecture, on a le bon goût d’éviter le globish, ce fut donc haro contre le dénigrement. Ont-ils lu récemment Umberto Eco « Construire l’ennemi » ? L’ennemi, si utile pour souder la communauté et resserrer les rangs des fidèles, et peu importe s’il est virtuel.

Pour conclure et tempérer son allocution, le président du département évoqua les trois piliers du développement durable. Rien n’est perdu, poursuivons le dialogue, me dis-je. Le préfet prit de la hauteur républicaine et retrouva le sens de la cohésion nationale que l’on attend de lui. Il remercia non seulement tous les maires et élus sortants, mais aussi tous les candidats, sans en exclure aucun. Malgré ses faiblesses et des égarements ponctuels que l’on voudrait passagers, l’administration reste parmi les piliers les plus solides de notre démocratie. Le préfet nous souhaita à tous une réussite économique et sociale, oubliant l’environnement. Bel étourdi ou fidèle serviteur de l’Etat ?

Après des applaudissements républicains parfaitement calibrés par l’assemblée, nous pûmes boire paisiblement un verre de champagne à la santé des forces vives du pays, passeurs d’avenir durable.

Francis Odier, 20 janvier 2020

A lire : Les supplétifs du « greenbashing », Stéphane Foucart, Le Monde du 20 janvier 2020

11 janvier 2020

Nouvel air

10 ans ! 10 ans que j'écris sur un blog, d'abord edgarie, puis notre bon crollois où, avec les compères, nous donnons les nouvelles de la ville, avec les éclairages sur les aspects sombres ou cocasses de politique locale que l'on cherche en vain dans la communication officielle.

Avec les détours que la vie réserve, mon horizon se transforme peu à peu et je rejoins d'autres champs à cultiver. Mon écriture crolloise se fait distante, non par manque de crolleries à raconter, le changement de maire et de quelques adjoints n'ayant pas tari les turpitudes municipales, mais par renouvellement de l'inspiration. 

L'habitude, qui nous joue des tours, me fera sans doute écrire des lignes sans surprise sur le bilan du mandat 2014 - 2020 de la municipalité. On en connaît les mots clefs, les faits et méfaits marquants que je vous épargne aujourd'hui pour faire durer l'esprit de Noël. Enjambant le diagnostic pour lequel je connais le peu d'appétence du public, j'en viens aux conclusions et donc à l'essentiel. Voici Dostoïevski : "La beauté sauvera le monde". En attendant, Crolles s'est perdue dans la laideur.

La beauté, source du bien, chemin du bon, sommet de l'idéal. 

Dans la Chine classique, si lointaine que les concepts et le réel s'y fondent dans les brumes, les lettrés nous donnent la voie d'un programme électoral désirable : la poésie et la peinture tiennent la place suprême de l'accomplissement humain, l'esthétique et l'éthique vivent en symbiose.

Plus proche de nous, Romain Gary approuve : "Je ne crois pas qu'il y ait une éthique digne de l'homme qui soit autre chose qu'une esthétique assumée de la vie".

Pour 2020, souhaitons que la complicité avec la nature, prélude à la vie belle, soit présente chaque jour.

Francis Odier, 11 janvier 2020

Lire : Cinq méditations sur la beauté, par François Cheng.

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09 décembre 2019

Deux communes - deux méthodes

Le principe fait largement consensus chez les urbanistes et les professionnels de l'aménagement urbain : pour économiser les sols et limiter l'étalement urbain, il faut reconstruire la ville sur la ville. Voilà pour la théorie.

Quand on passe aux situations concrètes, la réalité est nettement plus variée. Voilà deux communes voisines et presque sœurs, Crolles et Bernin, qui ont lancé en même temps les pelles mécaniques pour aménager des terrains en vue de construire des logements neufs.

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Bernin, bon élève, démolit avant de reconstruire. Crolles cultive sa distinction et détruit une zone humide (en bordure du parc Paturel) avant d'édifier de nouvelles maisons et de nouveaux immeubles.

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D'où vient cette différence de méthode d'aménagement ? L'hypothèse de l'opinion politique, partisane, au sens des clivages classiques, est peu vraisemblable : les deux municipalités sont mainstream (dans les courants dominants de leur époque), Bernin n'est pas plus écologique que Crolles.

L'économie donne une première clé : à Bernin, la ressource foncière constructible est rare ; à Crolles, elle est abondante. Nos deux communes sont soumises aux mêmes lois de l'économie, mais pas aux mêmes contraintes perçues. Dès lors, Bernin optimise ses terrains et construit peu, Crolles s'étale et construit beaucoup.

Il faut poursuivre le raisonnement et tirer les fils. La situation économique n'est pas une création naturelle, mais culturelle : elle résulte de l'histoire et de choix de société. C'est particulièrement le cas en matière d'urbanisme. L'abondance foncière crolloise est la conjonction de la géographie (une vaste commune avec beaucoup de terrains plats), de l'histoire (on a beaucoup construit et constitué des réserves foncières pour construire encore) et de la politique des dix dernières années : volonté de croitre, priorité au logement.

Au présent, les choix d'aménagement sont dictés par la configuration économique et réglementaire. En l'absence de terrains constructibles considérés comme gratuits (car achetés il y a plusieurs années), la municipalité de Crolles aurait sûrement trouvé d'autres solutions pour bâtir.  

Pour orienter les communes vers des choix vertueux en matière d'aménagement et de transition écologique, il faut donc des incitations extérieures pour modifier le cadre économique et réglementaire. Tel est le rôle de l'Etat. 

Hélas, ces problèmes d'étalement urbain, d'artificialisation des sols et de disparition des zones humides sont bien connus, mais l'Etat, qui dispose pourtant de moyens incitatifs et coercitifs de régulation, privilégie la décentralisation : il approuve presque toujours les décisions des communes. Surtout, l'Etat préfère le béton sec à la terre humide. Ce n'est pas la loi écrite, mais c'est la loi réelle apprise par les fonctionnaires en stage puis en parcours professionnel dans les préfectures ou les collectivités territoriales. C'est le primat de la croissance (au sens de celle que l'on mesure par le PIB) sur l'environnement.  

Militant qui conserve l'idéalisme nécessaire à l'engagement, je prône le respect de la réglementation avec ses nombreuses clauses en faveur du développement durable, en particulier pour la préservation des zones humides.

Mais en citoyen désenchanté, je constate que l'économie triomphante a encore de beaux jours devant elle.  

Francis Odier, 5 décembre 2019

Un beau chantier ... et adieu la zone humide ...

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10:06 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) |