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19 juillet 2018

Les petits ruisseaux

Les petits ruisseaux enchantent le paysage. Ils ne font jamais seuls les grandes rivières, mais suscitent la curiosité et ouvrent des perspectives vers des flots lointains que chacun peut imaginer à son goût.

En voici un. Ce n'est pas vraiment un ruisseau, mais plutôt une oasis au milieu d'un encombrement automobile. C'est nouveau, appréciable. On espère que c'est un début. Jean-Paul l'a souvent rêvé, Gigi l'a fait.

Que demande le peuple ? De l'air, de l'eau, un banc...  Le bonheur est devant le Belledonne, hâtez-vous lentement.

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Damned ! Le photographe a manqué le banc !! et pourtant, il vous attend.

Francis Odier, 19 juillet 2018

17:55 Publié dans Déplacements | Lien permanent | Commentaires (0) |

10 juillet 2018

Aérodrome du Versoud candidat pour Aire de Grand Passage

Une concertation est ouverte pour le nouveau schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage pour la période 2018 – 2014. Le projet de schéma départemental est disponible sur le site web de la préfecture. C’est le moment de donner son avis et de faire des propositions. En préambule, rappelons le mot bien connu d’Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. », ce qui devrait nous inciter à l’innovation et à l’écoute des idées iconoclastes.

Le projet propose d’abandonner l’aire d’accueil de Saint-Ismier dont on sait qu’elle est très mal placée, à côté de la déchetterie. C’est une bonne nouvelle ! Bravo !

Pour le Grésivaudan, le projet prescrit la « Création d’un volume de places de 150 à 200 pour l’accueil du grand passage sur le territoire de l’intercommunalité ».

Les lecteurs de ce blog savent qu’il existe de belles possibilités d’accueil au parc Paturel à Crolles. D’autres sites sont disponibles dans le Grésivaudan. Voici l’aérodrome du Versoud – environ 30 ha, sans compter les bâtiments. Le site est bien placé, dans un environnement de verdure, au calme, proche de l’Isère, facilement accessible en voiture et en vélo. Le seul inconvénient pour un séjour estival est le manque d’arbres, mais il serait facile et peu couteux de pallier cette lacune.

crolles,le versoud

A l’écart de la ville du Versoud, le futur aérodrome-multi-usages pourrait recevoir des festivals musicaux et autres rassemblements qui demandent de l’espace, l’accès aux commodités (eau, énergie …) et qui ne craignent pas trop le piétinement.

Outre l'Aéroclub du Dauphiné, l’aérodrome héberge différents clubs de loisirs (ULM, Vol à Voile …) qui pourraient aisément suspendre leurs activités quelques semaines ou mois par an au bénéfice de l’accueil de gens du voyage ou autres groupes ou festivités. Il y a aussi une base d'hélicoptères de la Sécurité Civile et un peloton de gendarmerie de haute montagne qui n’utilisent qu’une partie de la surface et qui cohabiteront volontiers, j’en suis sûr, avec les gens du voyage. La proximité d’un peloton de gendarmerie sera rassurante pour les gens du voyage qui craindraient les habitants du Grésivaudan, ne connaissant pas leurs us et coutumes.

crolles,le versoudL’aéro club propose des baptêmes de l’air pour « voir d'un autre point de vue la beauté de notre environnement montagneux, le cheminement des vallées, l'organisation de la vie, les torrents et cascades... un moment de plaisir pur. » Ceux qui se préoccupent d’environnement, de sobriété dans la consommation et de respect des espaces communs ne seront pas choqués que je propose de confier la responsabilité des baptêmes de l’air aux moniteurs de parapente qui sont nombreux dans la vallée. Et depuis le merveilleux film Intouchables, nous savons que le vol en biplace est accessible à tous.

En fait, l’aérodrome est une survivance du passé, avant le perfectionnement de l’hélicoptère et l’invention du parapente et du drone. Faut-il conserver intact tout notre passé alors que le foncier aménageable se fait rare et que nos ressources doivent désormais être partagées ? Je ne le pense pas. On pourrait conserver en l’état la piste de l’aérodrome et l’utiliser quelques jours par an comme on ouvre le Moulin des Ayes ou le palais de l’Elysée lors des Journées du Patrimoine.

crolles,le versoudUne salle d’exposition serait aménagée en hommage aux pionniers locaux de l’aviation afin que les groupes accueillis au terrain du Versoud sachent à qui ils sont redevables du stationnement de leurs caravanes et de leurs chapiteaux ... et rien n'interdirait d'organiser une fois par an un meeting aérien aussi spectaculaire que bruyant.

La réalisation de cette aire d’accueil de grand passage au Versoud peut être très rapide et peu couteuse, alors que le besoin est exprimé et que la collectivité ne parvient pas à le satisfaire depuis des années, bientôt 20 ans ! Il s’agit de la loi du 5 juillet 2000 …

L’environnement serait gagnant. La culture populaire bénéficierait aussi d’un nouveau site ouvert, modulable. L’opération serait exemplaire, montrant qu’il n’y a pas de manque de foncier en Grésivaudan mais seulement des concurrences d’usage que la collectivité doit réguler.

Francis Odier, 10 juillet 2018

 

Sur le même sujet :

Héritage encombrant et mémoire sélective - juin 2018

Le rapport compliqué de représentants du peuple avec la vérité - mai 2018

 

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29 juin 2018

Des Pif, des PAF et des PAV à venir

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A l'occasion du dernier conseil communautaire du Lundi 25 Juin 2018, la délibération N° 12 concernait " la modification du zonage de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (OM ) ".

Le déploiement des PAV (Point d'Apport Volontaire) s'est retrouvé aux centres des débats par une remarque d'un élu des Balcons de Belledonne.

Cet élu se fait écho de ses concitoyens : "les communes de montagne ont  des PAV et ceux de la plaine auront les deux collectes ou flux , PAV  pour  le " Tri "et collecte des bacs OM en porte à porte toutes les quinzaines.

 " La plaine est encore favorisée " 

A une question orale, les élu(e)s passent du mode  veille ou endormi à un silence total. On attend la réponse du président qui est toujours immédiate, argumentée, rigueur toute professionnelle.

" Nous avons voté une délibération en ce sens le 6 Mars 2017 ". On doit s'y conformer ". 

Sauf que la réponse n'est pas suffisante, le débat continue …. et le président énumère au fil des échanges l'essentiel de la délibération que je mentionne avec peut-être quelques approximations :

- Les communes devront avant Septembre faire le choix des PAV aériens, semi-aériens  ou intégrés.

- St Nazaire bénéficie d'un report jusqu'en 2020

-Crolles , Bernin, Villard Bonnot , Froges seront les premières communes  équipées après délibération communales.

(A ce titre, des PAV aériennes  sont livrées  à ce jour par semi-remorque et stockées entre autre à la déchèterie de Crolles).

- Si une commune fait le choix d'une double collecte, la TEOM sera différenciée en fonction de services ...

- Une colonne semi-enterrée coutera 4 000 euros de plus, une colonne enterrée 6 000 euros, à la charge des communes. 

(Ces chiffres sont quant même en contradiction avec la délibération 2016-0010 du 29 Fev 2016, qui validait l''hypothèse de budget  à 10 M d'euros pour 718 colonnes semi-enterrées soit 14 000 euros pour une borne  pas franchement déco!!!! Si une commune souhaite la version enterrée, ce sera  1800 euros  à sa charge ).

 

Malgré les délibérations votées, il reste beaucoup d'incertitude sur le déploiement des PAV et leur cout financier . 

L'objectif national est de réduire le tonnage des déchets et aussi de valoriser ceux triés, y compris les déchets  verts ou fermentescibles, en phase (positive) de  test sur des communes de la METRO  pour  une méthanisation sur la plate-forme à Murianette.

Le hasard ou pas du calendrier fera que le déploiement des PAV et les élections municipales  (2020)se dérouleront de façon concomitante.

JP Chollet 

Ambiance des conseils communautaires du Grésivaudan

Vu des chaises réservées au public, on peut faire quelques commentaires sur la tenue des conseils communautaires du Grésivaudan.

Petit verbatim, partiel et partial.

La séance commence à l'heure, marque d'autorité du président qui ne répète pas trois fois "mesdames, messieurs veuillez gagner vos places …."

La séance décline l'ordre du jour, les délibérations sont votées : "qui s'abstient ?, qui est contre ?, merci " l'affaire est dans le sac ….

Mais si un élu pose une question sur un ton posé, calmement, sans polémique, alors brusquement c'est le silence complet. Chaque élu(e) arrête de brasser ses documents administratifs, le téléphone est posé sur la table, un ange passe, on attend la  prise de parole du président qui ne tarde pas  …

Sa réponse   est nette, tranchée, vive, argumentée, parfois une petite (fausse) colère pimente ses propos ….

Démonstration : M. Picchioni demande à poser une question en début de séance.

Réponse :  "les questions diverses seront abordées en fin de séance".

Autre question  pendant un débat, toujours de M. Picchioni  : "Pourrait-on mettre dans le compte rendu de  séance, un résumé des échanges de la délibération en cours ?"

Réponse : "Je n'ai pas le personnel ".

Un autre élu insiste , relève que la proposition est pleine de sens , argumente et parle même de démocratie !!!!

Grand silence de la salle ….,  longues secondes d'attente , on attend  le scud….

Réponse éclair du  président,  Jupiter bis, "je propose d'accorder trois lignes de commentaires à  rédiger  de l'intervenant, elles seront jointes au compte-rendu de la délibération" .

La réponse est vive, constructive, non dispendieuse et pleine de consensus.

Après deux exposés, on attaque l'ordre du jour; il y a 49 délibérations, un vrai marathon.

La délibération n°1 porte sur l'approbation des comptes ; exposé du VP des finances ; des graphiques, des histogrammes, des camemberts, un peu d'humour noir pour dire  que "les noisettes sont bientôt épuisées",  pour les dépenses et investissements, futurs  il faudra faire des choix ".

Cette présentation est un résumé des 400 à 450 pages remises aux élu(e)s,  a priori rédigée par une personne de la comptabilité de la CCPG, information donnée par le président, les moyens  administratifs sont limités …. Il y a quant même 541 personnes (exercice 2017 - source site de la CCPG).

Un élu demande quels sont les premiers postes de dépenses  ?

Réponse du président :  "les versements/dotations aux communes : 33 M  d'euros  soit 40% du budget , la moyenne nationale est à 20% !!!!!  " .  

S'en suit d'autres comparaisons avec des communautés comparables à la notre. La CCPG serait un organisme riche mais ces versements aux communes  sont " historiquement injustes et inégalitaires".  

Le projet de Territoire dans la moulinette devra mettre de l'ordre à tout cela. Les élu(e)s devront quand même intégrer  que les dépenses de la CCPG sont l'affaire de tous ….

Ex : 50 000 euros pour l'achat d'un véhicule neuf  " équipé " pour échanger des documents entre les  médiathèques et son conducteur muté du pole des OM ( 30 K euros …) 

Le 2 éme poste est le "fonctionnement des services et des équipements ", 26 M. d'euros, dont 16 M d'euros en  salaires chargés (estimation).

A 20h48 , la délibération N°12 est votée.

Je n'ai pas la patience d'attendre la délibération N°42 : " attribution d'une subvention à la commune de Laval pour le test de vélos électriques …."

Il reste 37 délibérations…...

JP Chollet

17 juin 2018

Cet été, mettez les gilets orange pour randonner en montagne !

Au risque de choquer mes amis environnementalistes, je confesse sans honte aucune que j'aime le gibier à ma table, je respecte la chasse et, comme diraient certains à qui l'on reprocherait leur racisme latent, j'ai même un ami chasseur.

Pour autant, un arrêté préfectoral récent m'a ... surpris, désarçonné, effrayé même.

Publié au registre des actes administratifs le 14 juin dernier, il règlemente les dates d'ouverture de la chasse. Un communiqué de presse avait annoncé son contenu quelques jours auparavant

Après une consultation du public organisée du 26 avril au 22 mai derniers, dont la synthèse et l'indication des propositions du public dont il a été tenu compte n'ont pas été rendues publiques en violation de l'article L.123-19-1 du Code de l'environnement, cet arrêté dispose notamment que la chasse au grand gibier démarre ... le 1er juillet prochain et se poursuivra cet automne pendant la période de chasse habituelle.

L'insuffisance des prélèvements d'individus adultes, susceptibles d'opérer d'importants dégats dans les cultures comme en milieu naturel en raison de leur nombre, explique certainement cette politique iséroise.

Mais les chasseurs eux-même semblent peu convaincus de l'adéquation de cette mesure à la surpopulation des sangliers, notamment : dans un communiqué publié dans le Dauphiné, ils indiquent que le prélèvement estival ne représenterait pas plus de 2% du prélèvement annuel et n'hésitent pas affirmer "Chasser douze mois sur douze, non merci !"

Reste que des chasseurs sont bien autorisés, à titre dérogatoire, à tirer pendant l'été sur du grand gibier.

 

En Isère pourtant, les activités de pleine nature constituent une part importante de l'activité économique: doit on, dans ces conditions, y favoriser la naissance de conflits d'usage entre randonneurs et chasseurs, en plein été ?

Car des conflits, il y en aura nécessairement entre des chasseurs gênés par des randonneurs bruyants et des promeneurs craignant le passage d'une balle perdue -on parle bien ici de chasse au grand gibier.

 La galinette cendrée des inconnus est une caricature d'un monde de la chasse qu'on ne connait pas dans les ACCA -associations communales de chasse agréées- que je cotoie. Pour autant, on rencontre parfois, dans les équipages qui louent à la journée un territoire de chasse, des profils de rurbains "viandards" qui ne s'en éloignent que trop peu.

Alors, pour ne pas sombrer dans la caricature mais pouvoir se promener en toute sécurité, cet été, sortez couverts !

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E.Wormser, le 17 juin 2018

12 juin 2018

Gens du voyage : héritage encombrant et mémoire sélective... un "secret de famille"

"La vérité est à manier avec précautions. Mais chacun a le droit de connaître ce qui touche à ses origines et à son devenir. Ces informations lui appartiennent. (...) L’existence d’un secret toxique se manifeste de façon plus insidieuse. Les faits sont souvent masqués par des " mythes " de substitution dont on pressent bien qu’ils ne sont pas tout à fait vrais."

Ces mots sont extraits d'un article -parmi beaucoup d'autres traitant du sujet- publié dans le magazine Psychologie.

Il n'est pas contestable qu'ils ne s'appliquent pas seulement aux secrets de famille et fournissent également une grille d'analyse précieuse pour comprendre les carabistouilles qu'on nous sert dans l'éditorial du dernier journal municipal.

Un extrait de ce texte illustre particulièrement sa prégnance dans le comportement de certain représentant :

"trouver d’autres solutions, telles que la remise en état d’un terrain communal situé près de la déchetterie. Ce site pourrait offrir une réelle alternative en cas de nouvelle tentative d’installation dans le parc. Cette initiative, je l’ai prise alors que Crolles remplit déjà ses obligations légales."

On sait comme certaines collectivités sont convaincues de l'attirance des gens du voyage pour les déchetteries : Hergé n'était pas un grand humaniste mais il dénonçait pourtant cet a priori dans les dessins déjà repris dans notre article du mois dernier. Las, ces caricatures n'ont pas suffi à éviter qu'on installe les "bohémiens" des Bijoux de la Castafiore à quelques mètres des bacs de la déchetterie de Saint Ismier ou qu'on décide d'exploiter une centrale de compostage à proximité de leurs habitations à Villard-Bonnot.

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A Crolles, l'idée n'est pas neuve, loin s'en faut... Et elle constitue apparemment un secret toxique qu'il est utile de réveler alors que certains semblent l'oublier, l'enfouir même tel un secret de famille !

Souvenez vous, en 2007, Crolles accueille déjà les gens du voyage "derrière la déchetterie" dans une aire "transitoire". En novembre de la même année, le Conseil municipal reconnait de graves problèmes de "salubrité" et finit par admettre que des travaux s'imposent en attendant l'ouverture de l'aire de grand passage de l'autre coté de l'autoroute.

En septembre 2008, le Conseil municipal constate que l'aménagement de l'aire de grand passage est bloqué -mais sans dire que c'est parce que le projet est illégal, tout simplement : de méchants environnementalistes empêchent qu'on mette fin à l'utilisation de l'aire transitoire qui, pourtant, "n’est pas conçue pour offrir des conditions d’accueil dignes et décentes aux gens du voyage". Le journal municipal du même mois reprend cette antienne : "Dés l'ouverture de cette aire de grand passage, l'aire provisoire située à proximité du SICIOM a vocation à fermer."

La même année, le maire de l'époque a expliqué à la presse que "certains veulent mettre les choses à feu et à sang pour des grenouilles".

On retrouve dans ces déclarations deux thèmes repris dans le journal municipal de juin 2018 : en substance, "on va faire une installation seulement transitoire derrière la déchetterie" et "c'est pas la fôte à la commune" : il y a dix ans déjà qu'un mythe se construit, un mythe de substitution !

En 2009, branle-bas de combat à la mairie : l'association France Liberté Voyage fait part au maire des conditions exécrables d'accueil des gens du voyage sur la commune... Reprenant les deux branches du mythe de substitution qu'il élabore patiemment, le maire répond, dans un courrier du 23 avril : en résumé, le projet d'aire de grand passage est bloqué par la FRAPNA -en fait, il est bloqué parce qu'il est illégal- et les reproches formulés par les représentants des gens du voyage sont malvenus puisque tout ça n'est pas la fôte à la commune.

En juin 2010, le conseil municipal donne son avis sur le projet de schéma départemental d'accueil des gens du voyage... L'occasion pour le maire de Crolles de mettre le singe sur l'épaule de la communauté de communes... qu'il dirige (!)..., de rappeler que la commune n'est pour rien dans le retard pris pour réaliser l'aire de grand passage et... d'informer que si ladite aire n'est pas réalisée ou exploitée conformément aux termes du schémas, la commune devra réaliser une aire d'accueil de passage ou de séjour.

 

En juin 2018, poursuivant le grand œuvre de son illustre prédécesseur, le maire de Crolles indique, au sujet des travaux qu'il va engager "près de la déchetterie", que la commune remplit ses obligations légales.

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Mais la commune l'aurait alors fait en mettant le singe sur l'épaule de l'intercommunalité, ne l'oublions pas... et que le singe était bien malade depuis sa naissance !

Et surtout, Crolles remplit-elle ses obligations en 2018 ? Non, comme l'annonçait déjà François Brottes dix ans plus tot.

 

Philippe Lorimier omet en effet de rappeler ici que la situation décrite dans notre article du mois dernier n'est que l'héritage de décisions parfaitement irrégulières prises d'abord par la commune de Crolles, par l'Etat mais à la demande de la première et par la communauté de commune présidée par un élu crollois...

Il oublie également de préciser le projet initialement prévu d'une aire de grand passage proche de l'autoroute, en zone inondable, avec des assainissements insuffisants, non conforme au SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux), et dont les incidences environnementales n'ont jamais été correctement compensées.

Il oublie enfin de mentionner que l'aire de grand passage finalement aménagée est déjà occupée -et inutilisable pour les grands passages- parce que l'intercommunalité n'a pas réalisé l'aire de séjour qu'elle devait construire pour accueillir ceux qui y sont déjà installés.

Tout s'est donc passé comme l'annonçait le maire de Crolles en 2010, dans ses prévisions les plus pessimistes !

 

Dans un article presqu'aussi ancien que les faits rappelés précédemment, notre blog s'interrogeait sur l'héritage que le maire actuel de Crolles revendiquerait après son élection : force est de constater que nos espoirs se sont avérés vains... La pratique de la menterie et de l'approximation avec les faits objectifs se poursuit : on nous prend décidément pour des poissons rouges.


A moins, à moins .... que le poids du secret de famille et la honte qui l'accompagne soient une explication plausible de cette mémoire sélective. Une telle interprétation rendrait acceptable -parce qu'incoercible- cette posture qui, fondée sur un "mythe de substitution", fait fi à la fois:

  • de la continuité politique avec les mandats précédents revendiqués par les candidats aux élections municipales aujourd'hui majoritaires
  • et du principe de continuité du service public qui impose qu'à l'occasion d'un changement d'équipe, l'exécutif nouveau n'abandonne pas brutalement l’œuvre de ses prédécesseurs.

E.Wormser, le 12 juin 2018

11 juin 2018

Charte du Développement Durable en Grésivaudan

Le sujet n'est pas neuf, mais il reste d'actualité. Ou plutôt, il serait souhaitable qu'il le soit. A l'occasion de la préparation du projet de territoire du Grésivaudan, nous avons le plaisir de remettre en ligne des documents maintenant historiques qui permettront à chacun de se faire une idée sur le bilan du Grésivaudan, d'abord en tant que "pays", puis en tant que communauté de communes, et sur le chemin parcouru depuis une dizaine d'années.

En juin 2009, six mois après sa création, le Grésivaudan adopte sa charte de développement durable. Il ne s'agit pas d'un engagement gratuit, mais d'un point de passage obligé vers un contrat de développement durable avec la région Rhône-Alpes, contrat qui ouvre la porte à des subventions pour des actions contributives au développement durable. C'est une mécanique institutionnelle complexe comme nous aimons bien en France : des textes généreux et généraux en préalable à des espèces sonnantes pour des actions que l'on espère non trébuchantes.

Dans son avis, le Conseil de Développement, qui n'est pas naïf, insiste lourdement : ce que l'on veut, c'est une politique de développement vraiment durable. La plaquette réalisée par le Conseil de Développement reprend ce leitmotiv : il y a "nécessité d'engager résolument le Grésivaudan dans un développement vraiment durable en s'appuyant sur plus de participation des habitants afin d'économiser les ressources et réduire la pauvreté et les inégalités".

C'est là que l'on voit qu'il y a loin de la coupe aux lèvres ... La participation des habitants est épisodique, lacunaire, partielle ... En un mot : absente. Quant à la pauvreté et aux inégalités, ce sont des enjeux bien éloignés des préoccupations d'une collectivité territoriale accaparée d'un côté par les soucis quotidiens de la gestion, de l'autre par des réflexions très théoriques sur les politiques à mener.

Sans doute avons nous eu tort de nous complaire dans des déclarations incantatoires, trop ambitieuses pour être réalistes, tellement floues qu'elles en deviennent vide de sens. Avec le recul, je m'interroge : la charte a-t-elle fait progresser le développement vraiment durable ? Je crains l'inverse. La charte a masqué l'inertie et la continuité des politiques réellement menées, elle a fait illusion, retardant les prises de conscience, contribuant à l'égarement collectif.

A l'époque, plusieurs signaux auraient dû attirer l'attention. La charte a été élaborée avec des erreurs grossières de méthode.

L'histoire commence toujours avant ce que l'on croit. Le texte de 2009 est la mise à jour d'une version initiale adoptée en 2003 (lire : Parties I et II et Partie III). Mais en 2009, le conseil communautaire est pressé ; il ne procède à aucune évaluation du texte précédent ; il oublie ainsi l'histoire récente. Il ignore aussi la géographie : le diagnostic est donné en seconde partie, après les orientations en première partie. Les deux parties du document ne sont pas articulées. La charte se veut volontariste sur le développement, mais sans poser correctement les problèmes auxquels elle souhaite répondre.

La charte est donc hors du temps, hors sol, elle plane. Irréelle, elle est insensible à la pesanteur et à la tragédie du monde. Dans 10 ans, nous pourrons voter à l'unanimité une version 3 après avoir modifié quelques adjectifs et déplacé deux ou trois virgules.

Peut-être suis-je sévère, mais comment ne pas l'être et comment ne pas être déçu quand on se souvient des espoirs placés, ces années là, dans la continuité du Grenelle de l'Environnement, dans le développement durable qui devait renouveler, en même temps, le contenu des politiques, avec une meilleure prise en compte de l'environnement, et les méthodes mises en œuvre en se fondant sur la participation citoyenne ? 

Alors, quels enseignements en tirer pour notre projet de territoire ? J'en appelle surtout à la simplicité. Que le projet s'appuie sur un diagnostic, qu'il soit concret et centré sur les compétences de la communauté de communes. Pas besoin de nous faire rêver, ce n'est ni l'heure ni le lieu de s'assoupir.

Quelques mots encore pour ne pas rester sur l'impression (fausse) que rien ne change. En 2003 et 2009, concernant la qualité de l'air, c'est surtout la pollution par le trafic automobile qui inquiétait. Aujourd'hui, les connaissances sont plus précises et le chauffage au bois est sur la sellette. En 2009, le diagnostic évoquait, à plusieurs reprises, l'évasion commerciale vers l'agglomération grenobloise. Ce sujet était soigneusement oublié des orientations figurant dans la charte ... mais il a été pris en compte dans les politiques réelles menées, comme on le voit avec la croissance considérable de la grande distribution à Crolles.

Enfin, je ne peux être exhaustif, mais je vous recommande la lecture de cette charte du développement durable du Grésivaudan. Chacun y trouvera des lignes en écho à ces centres d'intérêt. Tiens, voilà les risques naturels, dans la partie Diagnostic : "la géomorphologie induit la présence de risques naturels importants et quasi omniprésents sur le territoire : éboulements, voire écroulements rocheux sur les parties basses des piémonts qui limitent l'urbanisation des parties hautes des communes (...)". On croirait ce texte dicté par François Brottes pensant très fort à la digue du Fragnès qu'il voulait construire à Crolles. Vous pourrez lui dire que le chantier avance bien, il sera fini, ou presque, en 2019, dix après la charte. Le sujet n'était pas mentionné dans les orientations du développement durable, mais il a été pris en compte dans la politique de développement-tout-court.

En ce printemps 2018, le développement durable ne fait plus recette. Comme les agendas 21 échoués dans les friches numériques, il peut rejoindre le musée des modes et vagues qui ont envahi temporairement l'espace public, laissant des traces ici ou là, semant malgré tout des graines qui germeront si les écosystèmes restent suffisamment ouverts et libres.

Pourtant, qu'elles étaient belles ces orientations : Gérer l'espace et les ressources de manière économe, Assurer l'équité, Développer les synergies, Maintenir le lien social, Faire vivre le patrimoine, Encourager les solidarités, Diversifier l'activité et l'emploi, Conforter l'économie agricole, ... J'adore !

Francis Odier, 29 mai 2018

31 mai 2018

Accueil des gens du voyage : les représentants du peuple ont-ils vraiment un rapport aussi compliqué avec la vérité ?

Dans son dossier publié le 26 mai dernier relatant l'installation des gens du voyage dans le parc Paturel et la réunion organisée par le maire de Crolles le 24 mai, la journaliste du Dauphiné rapporte que :

(...) l'aire de séjour de 50 places située à côté de la barrière de péage de Crolles, devait accueillir initialement 210 caravanes. Mais François Brottes, alors député de la 5è circonscription et maire de Crolles, avait fini par perdre devant la justice face à la Frapna.

Parce qu'il s'agissait d'une zone inondable, destinée à devenir un champ d'inondation contrôlée (pour les crues d'une fréquence trentennale), et aussi parce que c'était une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (Znieff)... Bref, si la construction avait pu se taire pour 210 caravanes, aujourd'hui, le Grésivaudan remplirait ses obligations en termes d'aire d'accueil de grand passage.

et plus loin :

"En juillet et août, le niveau de l'Isère ne monte pas, et les grands passages ont surtout lieu a cette période de l'armée », a plaidé le maire de Crolles, dépité que « la dimension environnementale prenne trop souvent le pas sur d'autres objectifs !'... Humains, sociaux et politiques bien évidemment.

Rien... n'est moins vrai !

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26 mai 2018

Note de lecture - histoire industrielle Grenoble et Grésivaudan

Edité récemment, le livre d'Alain Spalanzani est une mine d'informations sur l'histoire industrielle locale : "Le Grésivaudan et la Région de Grenoble, Terres d'innovations".

Le plus passionnant n'est pas dans la somme de données et d'événements ici rassemblés et qui en font un ouvrage de référence. L'intérêt du livre est dans les clefs explicatives qu'il propose pour comprendre cette longue histoire industrielle, ce qui conduit à un diagnostic sans doute lucide : en matière d'innovation, d'attractivité, de dynamisme industriel, nous voilà désormais au milieu du peloton des métropoles, derrière des villes comme Lyon, Montpellier, Toulouse ou Bordeaux. Ainsi, les mythes ne durent pas éternellement.

Tout en reconnaissant l'influence heureuse et souvent décisive des hommes de talent dans l'innovation et le développement industriel, Alain Spalanzani montre, avec une argumentation sérieuse, l'importance de l'environnement : la géographie, les minerais, la montagne ... et le rôle des tragédies que furent les deux guerres mondiales dans la genèse puis la prospérité de nos usines. L'auteur a une belle expression sur l'influence extérieure : le hasard-malheureux-heureux.

Le livre appuie, consolide, et j'ai envie de dire bétonne, deux idées qui ne sont pourtant pas si communément admises. D'abord, on voit bien que sans l'Etat nous n'en serions pas là, ce qui devrait inciter à la prudence les libéraux de tout poil qui ressassent inlassablement que nous avons trop d'Etat, trop d'impôts. Ensuite, le titre du livre le signale clairement, l'histoire est celle du Grésivaudan et de la Région de Grenoble. Les deux zones ont toujours été fortement liées, associées, imbriquées, intriquées. Alors, quand on me parle du Grésivaudan et de son projet de territoire ... comprenez que je sois dubitatif.

Maintenant, à vous de lire. En vente (16 €) dans toutes les bonnes librairie du Grésivaudan et de Grenoble ou auprès de claude-muller38@orange.fr.

Francis Odier, 24 mai 2018

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24 mai 2018

Le Parc Paturel, lieu d'accueil

Cette année, ils sont venus au printemps, en mai plutôt qu'en juillet. Il faut dire que le site est idéal pour un accueil de groupe. C'est leur deuxième séjour, une nouvelle tradition est née.

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Les gens du voyage apprécient le parc Paturel, à Crolles. Je les comprend. Transgressant la règle qui voudrait les exclure de lieux magnifiquement adaptés à des courts séjours de grand passage, ils nous ouvrent les yeux et nous invitent à innover : plutôt que ronchonner contre des intrus, plutôt que chercher en vain à les reléguer dans les franges inhospitalières de nos territoires, élargissons les usages du parc à l'accueil de groupe. Les candidats ne manqueront pas, l'équité y gagnera, la commune pourra être fière de la diversité des rassemblements festifs, culturels ou conviviaux qui se tiendront sur ce bel équipement du cœur de ville.

Le parc est assez grand pour que la venue d'un groupe ne gêne en rien les promeneurs. J'en témoigne après ma visite d'aujourd'hui. Il y a l'eau courante, l'électricité, de grands espaces pour installer un chapiteau et laisser les enfants gambader en toute liberté.

 

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L'air du temps nous bassine sur le vivre ensemble. Le voilà qui s'invite parmi les arbres.

On lira dans le Dauphiné de ce jour un article sur les gens du voyage "installés sans autorisation sur le terrain de rugby" de Tullins ... Les séjours non autorisés des gens du voyage sont un marronnier. Quand un problème paraît insoluble, c'est souvent qu'il est mal posé. Tel est le cas ici. Au lieu de se lamenter, "les élus se sentent seuls", mieux vaudrait semer des graines de fraternité.

Voir aussi sur le même sujet : article de juillet 2017 "Accueil tout public".  

Francis Odier, 24 mai 2018