Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 avril 2016

Nos friches numériques

On ne félicitera jamais assez le Grésivaudan d’agir avec continuité pour la revalorisation des friches industrielles (voir Journal du Grésivaudan, mars 2016). La friche, terre laissée à l’abandon, témoigne d’une fuite en avant et d’une négligence collective coupable.

Brignoud vue aérienne - photo IRMA.jpg

                                                                                                                                       Photo IRMA / Sébastien Gominet

Comme le randonneur malotru, heureusement en voie de disparition, qui avait la force de monter aux alpages et vers les cimes avec son repas et la flemme minable d’en redescendre les reliefs, nous voici constructeurs invétérés, mais démolisseurs aux abonnés absents. La plus grande honte du pays est la friche dite TOTAL, ATOFINA (qui se cache aujourd’hui sous le nom de friche FREDET), sur les communes de Froges et Villard-Bonnot.

Honte à nous, citoyens, dont la passivité a donné champ libre aux pollueurs pour décamper sans emporter leurs restes. Maintenant, il y a prescription, ou tout comme. Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes, c’est la base du capitalisme. Nous y sommes. Grésivaudan, retrousse-toi les manches et sort le chéquier. Faut banquer. C’est dommage, mais faut banquer. Le terrain est bien placé, près du train électrique, sans risque d’être gêné par le bruit (les trains ne sont pas si nombreux).

J’espère que nos zones commerciales démesurées ne tourneront pas trop vite en friche. J’avoue que je le crains un peu.

Mais plutôt que de s’inquiéter, mieux vaut apprécier à sa juste valeur la portée immense de la notion de friche. Le passif abandonné qui s’incruste, végète, occupe l’espace et revit sous des formes surprenantes, sordides et créatives. Pensons à Tchernobyl avec ses friches inégalées, au moins jusqu’à la prochaine fois, l’aventure nucléaire n’est pas finie … 

Oublions l’industrie, élargissons le propos. Nous sommes, paraît-il, à l’ère du numérique. Et ça ne fait que commencer !

Que sont nos friches numériques ? J’en ai fait la cruelle expérience récemment. Un lecteur indésirable trouva sur ce blog une surprise, de quoi déclencher son ire à mon égard. Si les détails sont secondaires, l’anecdote est éclairante. Le texte exploité par mon bourreau est de peu d’intérêt en lui-même. Mais il tissait un lien (c’est le propre de la toile) dont on pouvait tirer une preuve comme le font si bien les complotistes. Voilà la friche : un amas, un fatras de textes et d’images accumulés au cours des ans, jamais nettoyés et qui font le terreau de toutes les cultures, curieuses, philanthropes ou mafieuses.

Depuis bientôt 5 ans, nous avons publié plus de 300 notes sur www.lecrollois.fr. Que vont-elles devenir ? Comment peuvent-elles fructifier sans polluer ou rancir ? Alors, bibliothèque, jachère ou friche ? La frontière est ténue.

Le problème de l’infobésité est connu. C’est une affaire de flux. Mais la question du stock va aussi devenir critique. Même combat que pour le logement. Le regard est porté sur le flux de constructions neuves, mais on ferait bien de jeter un œil aussi sur l’ancien qui décrépit et tourne à la zone. La friche, c’est le vent qui masque la forêt. Nous vivons une époque moderne, nous aimons le mouvement, le changement. L’actu chasse l’actu. Alors, s’occuper de l’ancien, tu parles !

Dans cette nasse, je ne suis pas seul avec les compères du crollois. Autour de moi, je vois bien que la mise à jour n’est pas le fort des webmasters.

Choisissons au hasard un site de bonne facture, réputé et à l’audience établie. Qui peut me garantir que www.ville-crolles.fr n’est pas peuplé de minuscules friches, invisibles pour l’habitué mais qu’un œil averti détecte aisément ?

J’ai déjà cité, dans un billet récent, le DICRIM (document d’information communale sur les risques majeurs) qui nous annonce des travaux devant être lancés prochainement pour la digue du Fragnès, prochainement « en 2010 » … Au titre des friches naissantes, il y a surtout l’agenda 21, figé en 2012. Nous avions donc raison, c’était l’agenda 12. Avec le recul on peut le dire, nous l’avons pris comme souffre-douleur pendant quelques mois. Nous n’étions pas vraiment gentils camarades. Le voilà qui s’enfonce dans l’oubli, les fichiers sont maintenant endommagés. Je n’irai pas jusqu’à le réhabiliter, il est encore trop tôt, mais l’oublier, jamais ! Et si le maitre du web de la ville s’avisait de le faire disparaître, nous serions là pour en transmettre la mémoire aux générations futures.

Allez, encore une friche sympathique, peu connue, difficile d’accès : http://www.ville-crolles.fr/vie-municipale/arretes.php.... Jetez-y un œil. Vous verrez que le maire, en 2009, a pris un arrêté d’interdiction de camping sauvage sur le skatepark et le parc Jean-Claude Paturel de la commune de Crolles. C’est l’arrêté le plus récent … mais n’allez pas croire que le maire ne fait plus rien depuis 2009 !

La friche numérique, on l’aime ou on la quitte, elle survit et se transforme, rebelle.

Francis Odier, 25 avril 2016

14 avril 2015

En mémoire d'Alexis et Matthieu - Les jeunes, l'avenir loin des départementales

Chers amis crollois et de partout qui avez témoigné par votre présence votre affection, votre émotion … et tous ces sentiments indicibles que l’on ressent face au vide laissé par un être aimé que l’on espérait plein d’avenir.

A vous qui partagez le goût de la politique, au sens de l’engagement dans des communautés humaines, avec comme point de rassemblement l’ambition de se mettre au service des autres,

Avec vous, en pensées reconnaissantes pour vos gestes apaisants durant notre deuil,

Je viens d’écrire un épilogue à un texte récent, à peine retouché, inspiré dans un moment de solitude par des réflexions confuses où j’associais le commentaire électoral, mes enfants, leurs copains. 

Douloureusement, avec gratitude,

Francis

Orpin - Mercantour 2013.JPG

Lire la suite

15 mars 2015

Retours à la raison

Retours à la raison

Ce sont des nouvelles plaisantes à entendre et qui ragaillardissent le militant. En quelques mois, deux projets inutilement dispendieux ont été abandonnés ou reportés aux calendes grecques. La déchetterie sera maintenue sur place, Crolles ne financera pas les tennis couverts de Bernin.

Les esprits chagrins regretteront que ces nouvelles ne soient pas claironnées comme elles devraient l’être. Oyez Oyez braves gens, nous avons changé d’avis, nos contradicteurs n’avaient pas tort !

Hier encore, la majorité était Pour - à l’exception notable de Vincent Gay qui avait exprimé son opposition aux tennis couverts. Et aujourd’hui, en voici, ingénus, qui affirment avoir toujours pensé que déménager la déchetterie serait stupide, que les tennis seraient trop couteux vus l’état de nos finances.

Concernant la déchetterie, le conseil communautaire avait approuvé à l’unanimité, par deux fois, une opération estimée à 3,7 M€ (cf les délibérations du 30 janvier 2012 et du 23 septembre 2013). Le conseil municipal de Crolles s’était aussi prononcé à l’unanimité le 20 décembre 2013.

En 2015, retour à la raison. Ouf !

Déchetterie - après travaux mise en sécurité.jpg

Que s’est-il passé ? Ce qu’une assemblée fait, une autre peut le défaire, même si elle est (presque) identique. Qu’est ce qui a changé entre 2012, 2013 … et 2015 ? De mémoire, je crois me souvenir … il y a eu des élections, et le maire a changé, et la municipalité a changé. 

L’ancien maire avait une idée fixe : faire de Crolles un pôle rayonnant sur le Grésivaudan. Il voulait développer des grandes surfaces commerciales. En 2007, il n’avait pas hésité à présenter en réunion publique des projets grandioses d’hypermarché. En 2012, l’hypermarché avait disparu, mais pas l’envie d’installer de nouveaux commerces. Mais il fallait d’abord déplacer la déchetterie. Le projet fut habillé avec un discours sur les contraintes de sécurité et emballé avec des promesses sur la multifonctionnalité du futur quartier qui pourrait être aménagé dans cette zone de Crolles Sud.

Heureusement, le pire n’est jamais sûr. Et notre président-maire-député-et-autres-mandats, dont l’autorité n’était pas contestée dans sa majorité, a dû renoncer au cumul. Alors, je fais l’hypothèse que, peu à peu, la réflexion collective s’est ouverte, des interactions nouvelles se sont mises en place entre les élus, des chapes de plomb se sont fissurées … et la noosphère a repris vie. 

Ces projets inutiles étaient probablement, pour une large part, la conséquence d’un excès de discipline au sein de la majorité. 

Vous comprenez maintenant pourquoi je milite pour la liberté d’expression !

 

Francis Odier, 15 mars 2015

 

A lire :

Le procès verbal du 22 novembre 2013 où a été votée la convention avec Bernin 

La déchetterie qui avait la rage - juillet 2012

Les alternatives au déménagement de la déchetterie - juillet 2012

 

21 février 2015

Merci Berthold !

A tous les militants du monde qui se heurtent contre des murs, s'enlisent dans des bourbiers, s'épuisent dans des luttes inégales dont ils voient trop bien l'issue, s'indignent en vain ... j'adresse ces quelques mots puisés sur un tract gisant sur mon bureau en désordre :

"Nos défaites ne prouvent rien si ce n'est que nous sommes trop peu nombreux à lutter pour la dignité et que ceux qui nous regardent en spectateurs devraient avoir honte".

Berthold Brecht

L'objet de mon spleen n'est ni la pluie froide du jour, ni la réunion chaude et glaciale d'hier en mairie, mais cet article désespérant : "Le gouvernement donne des gages aux agriculteurs : Avant le Salon de l'agriculture, les pouvoirs publics promettent d'alléger les contraintes environnementales" (Le Monde, 19 février 2015).

Pour protéger l'environnement, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces.

Certains rêvent de transformer le Grésivaudan en bio-valllée. Pourquoi pas ?! Au moins, cette utopie aurait le mérite de tracer une ligne constructive et mobilisatrice.

A court terme, de manière très concrète et réaliste, un impératif est d'être vigilant pour préserver les espaces qui ont échappé jusqu'ici à l'urbanisation et à l'agriculture industrielle, en particulier les coteaux.

Francis Odier, 21 février 2015

 

bertolt-brecht.jpgLa citation exacte et in extenso : http://www.fabriquedesens.net/Nos-defaites-ne-prouvent-rien

Nos défaites ne prouvent rien/ Bertolt Brecht

Quand ceux qui luttent contre l’injustice
Montrent leurs visages meurtris
Grande est l’impatience de ceux
qui vivent en sécurité.
De quoi vous plaignez-vous ? demandent-ils
Vous avez lutté contre l’injustice !
C’est elle qui a eu le dessus,
Alors taisez-vous
Qui lutte doit savoir perdre !
Qui cherche querelle s’expose au danger !
Qui professe la violence
N’a pas le droit d’accuser la violence !
Ah ! mes amis
Vous qui êtes à l’abri
Pourquoi cette hostilité ? Sommes-nous
Vos ennemis, nous qui sommes les ennemis de l’injustice ?
Quand ceux qui luttent contre l’injustice sont vaincus
L’injustice passera-t-elle pour justice ?
Nos défaites, voyez-vous,
Ne prouvent rien, sinon
Que nous sommes trop peu nombreux
À lutter contre l’infamie,
Et nous attendons de ceux qui regardent
Qu’ils éprouvent au moins quelque honte.

15 décembre 2014

Paul Jargot, les 30 glorieuses en Grésivaudan

Paul Jargot était-il précurseur ? C’est la thèse de Claude Muller, le fil conducteur qui donne le titre de ce long entretien qu’il vient de publier récemment. Les arguments ne manquent pas pour nourrir ce point de vue et vous les trouverez aisément dans ce morceau d’histoire enregistré en 1992 – 1993.

couverture-livre-Paul-Jargot-le-précurseur-du-Grésivaudan-e1416332930287.jpgMais avec le recul, une autre lecture, complémentaire, se propose. Certes, elle est moins glorieuse tant pour l’oncle Paul, comme on pourrait le nommer ici, que pour les crollois qui l’ont accompagné et si souvent élu.

C’est le récit qui reste à écrire. Ou qui a déjà été écrit mais pas ici. La campagne remembrée, qui se péri-urbanise. Un jeune plein de force et d’enthousiasme généreux qui épouse les combats du moment, se fait notable et bataille jour et nuit pour capter au bénéfice de sa commune sa part de développement.

A vrai dire, c’est tout cela que j’ai trouvé si attachant dans le livre : un témoignage de première main, vivant et sans fioritures, sur ces 30 glorieuses qui ont transformé nos campagnes et nos bourgs.

On l’oublie dans notre pays vieillissant tenu par des quinquas, hauts fonctionnaires ou fortunés poudrés qui se piquent de culture : il n’en a pas toujours été ainsi. Après-guerre, le pouvoir a été saisi par la jeunesse, parfois pistolet au poing, comme Gaston Deferre à Marseille ou Chaban à Bordeaux. Jargot, quelques années plus tard, est dans cette lignée de ceux qui n’ont peur de rien et n’attendent pas l’autorisation du parti avant de se lancer.

Un dossier emblématique est la grande affaire de l’époque : le remembrement. Cet exemple seul suffirait à briser le mythe du grand homme. Dans ces années-là, je le sais depuis l’école primaire, des milliers de maires en France et en Navarre ont remembré. Où est le précurseur ? Peut-être dans l’art de la communication et du story stelling …

Maintenant que me voilà chaud et transgressif, je vais continuer sans vergogne à déboulonner la statue. L’animal politique ne dédaignait pas la manœuvre. Le voilà à Paris, cultivant ses réseaux, profitant de sa camaraderie avec le ministre pour obtenir un financement nécessaire suite à une gestion imprudente et mettre fin au conflit enlisé sur le péage de Crolles. Le voilà chez le Préfet pour forcer le destin, tordre le bras au représentant de l’Etat et prendre quelques libertés avec la légalité.

Et tout ça pour quoi ? Précurseur comme aujourd’hui Edouard Martin à Florange : « On voyait évoluer les choses, les grosses entreprises de la rive gauche allaient disparaître. On s’est battu là-dessus ». L’impuissance de l’élu local face à aux mutations économiques … l’histoire, inlassablement, se répète. 

Jargot voulait la zone industrielle, il construisit aussi l’avenue Ambroize Croisat et la zone commerciale, paradis des voitures, bourreau des commerces de proximité. En 120 pages d’entretien, pas un mot sur l’abandon du centre village à son triste sort.

Allons, pas de nostalgie !

Créateur du SIERPUMG, partisan de l’intercommunalité à taille humaine, il contribua, comme d’autres, au maintien des frontières artificielles entre le Grésivaudan et l’agglomération. « Il faut se dire, qu’à l’époque, la municipalité de Grenoble avait très bien compris qu’il ne fallait pas faire un grand Grenoble. Les autres communes autour ne se sont pas laissé faire, heureusement ».

Attaché à la modernité, Jargot resta jusqu’à la fin de sa carrière dans le mouvement, dans l’air du temps. Alors, en conclusion, au soir de sa vie, il épouse le discours entrepreneurial qui émerge en ces années 1990 : « Le maire est chef d’une entreprise communale. Enfin, moi je vois les choses comme ça maintenant. La commune, c’est une entreprise (…) ».

Non, Paul, avec tout le respect que nous te portons, la commune n’est pas une entreprise ! A l’époque, Bernard Tapie était au sommet de sa carrière et pas grand monde ne voyait que nous étions à l’aube d’une dérive délétère, l’envahissement par l’idéologie gestionnaire.

Mais, crollois je suis, crollois je veux rester. Alors, je suis heureux de vous signaler deux sujets où Jargot a été vraiment visionnaire avec peut-être un siècle d’avance sur ses contemporains, deux thèmes d’actualité permanente, deux projets à engager, deux marottes qui ne me quittent pas … vous les connaissez …

Crolles – Brignoud. A propos des années 1970, de la création du SIERPUMG et du schéma d’aménagement de la vallée, voilà ce que disait notre édile regretté : « Crolles n’était plus le centre de ce pôle, c’était Crolles – Brignoud et on avait même prévu un deuxième pont. Ce qui n’était pas idiot … ». Paul, encore un peu de patience, d’ici une vingtaine d’année, nous l’aurons le 2ème pont, il sera pour les piétons et les vélos !

Crolles – Bernin. C’est Jargot qui a créé le FCCB, Footbal Club Crolles, Bernin. Jargot encore qui « voulait faire une école vers la Croix des Ayes qui serait devenue un pôle entre les deux communes de Crolles et Bernin ».

Dans 20 ans, le jour du mariage, nous boirons un coup à la santé de l’oncle Paul, bon maire heureux en sa vallée.

Francis Odier, 14 décembre 2014

 

L'article en pdf : Paul Jargot - les 30 Glorieuses en Grésivaudan.pdf

Un article de 2004 - très critique sur la politique d'aménagement du territoire à l'époque de Jargot : Grésivaudan et Grenoble - comment_on_nous_detruit - 2004.pdf

27 octobre 2014

Le livre "Paul Jargot, le précurseur du Grésivaudan" bientôt dans les bacs....

 

couv Jargot crollois.jpg"On voit naître la terre" dit-il dans l'enthousiasme des premiers travaux d'assainissement de la plaine de l'Isère, dans le Grésivaudan. C'est Paul Jargot élu maire de Crolles à 28 ans qui parle ainsi. "C'est pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail" que pendant 16 ans, il va persuader de multiples propriétaires d'accepter le remembrement de la plaine. "C'est pour nos enfants que l'on va créer des emplois", et c'est pour eux qu'il convainc les paysans de réserver des terres à la création d'une zone industrielle. "C'est pour que nos enfants trouvent un toit", c'est avec ces mots qu'il va persuader les Crollois d'accepter des logements sociaux au cœur du village. Ce précurseur va inventer beaucoup d'autres choses. Il va élaborer le premier schéma d'urbanisme. Il va aussi construire la première Maison des Jeunes et de la Culture en zone rurale, le premier Foyer Régional d’Éducation Permanente, le premier Centre de Formation pour les Élus Locaux, l'un des premiers Syndicats de Développement Intercommunal (SIERPUMG)...

Mais ce que nous voulons surtout retenir, c'est son idée de la démocratie locale. Il imagine et crée cette grande réunion publique annuelle que sont les États Généraux. "C'est pour vous l'occasion de faire vos critiques sur tout ce que nous avons fait et de nous suggérer tout ce qu'il faudrait faire" dit-il aux Crollois, dès son élection en 1953.

Claude Muller

14 mai 2014

La compagnie Stéphane dans la Résistance

 

Le Capitaine Stephane.jpgLes 23, 24 et 25 août prochain, nous commémorerons les 70 ans de la Libération du Grésivaudan puis de Grenoble. Mais dès ce 8 mai, il faut se souvenir de ceux qui ont permis cette délivrance. Le Capitaine Stéphane est l'un d'eux. Nous en avions tracé le portrait dans le livre les 101 personnages célèbres du Grésivaudan. Il est temps de relire le parcours de cet homme de courage.

 

Lire la suite

14 avril 2014

Bon voyage, Daniel Dumas

Les Miserables 550.jpg

Daniel,
de ton dernier séjour au Sénégal, tu étais revenu quelque peu paralysé. Alors, nous étions quelques uns à venir te lire des histoires dans ta chambre d’hôpital. C'était pour moi une expérience enrichissante. D'abord, raconter des histoires à un conteur né constitue un beau challenge. Tu m'impressionnais, comme tu avais toute ta tête, tu ouvrais grands tes yeux curieux pour découvrir la suite de l’aventure. Je choisissais des nouvelles qui racontent la montagne, La "butte rouge" ou l'Afrique...tes passions. Et comme je devais parler fort, très rapidement, j'avais un large public...

Daniel  150.jpgDe temps en temps, tu m'interrompais pour me demander "quel jour on est ?" et invariablement, lorsque je te donnais la date, tu me disais.... "bon, dans x jours, on sera dimanche et dimanche, je pars... au Sénégal."

Et invariablement, je pensais que la vie de Daniel est une histoire à elle toute seule. Il faudra qu'un jour un conteur la narre.

Elle commence pendant la guerre dans un petit village des Monts du Forest. Daniel y garde le maigre troupeau de la ferme familiale.

Ensuite, il faut évoquer le travail à la "Manu" de St Etienne et très rapidement le goût de Daniel pour le spectacle vivant. C'est l’époque de la décentralisation théâtrale et il est aux avant-postes. Il fait sienne cette maxime de Jean Dasté. "Il s’agit de renouer chez nous ce besoin du théâtre aussi essentiel que celui du pain et du vin."

Chanson d'un gas qu'à mal tourné 150.jpgC'est ainsi qu'il se retrouve directeur du centre culturel de la Ricamarie. Et c'est là qu'un certain Paul Jargot vient le chercher pour créer des "pièces vivantes" à Crolles. Tous deux partagent la même conviction, "seule la culture peut réunir toute une population". Et la grande aventure du Théâtre sous la Dent commence au début des années 1980. Pour Daniel, il est important de raconter l'histoire de la vallée, alors il créé "Houille Blanche, c'est dimanche" au pays de Bergès. De cette pièce, il dira "C'est une expérience riche... une comédie humaine, dans laquelle les comédiens ont su communiquer leur chaleur aux personnages". Daniel n'oublie pas que le spectacle passe aussi par la chanson, la poésie et l'amitié, alors avec ses complices Pascale Odier, Christiane Oriol, Yves Ramu,Gérard Chaignaud, Marcel Oude et bien d'autres, il crée "La chanson d'un gars qu'a mal tourné", sur des textes de Gaston Couté. Ils joueront ce spectacle plus de 700 fois en France et à l’étranger et qui sait si ...

Daniel Dumas1983 gaston couté 200.jpg

 "Je suis parti sans savoir où,

Comme une graine qu'un vent fou,

Enlève et transporte, 

A la ville où je suis allé

J'ai langui comme un grain de blé

Dans la friche morte..."

 

Puis viennent le temps des grandes épopées humaines. "Quand la pluie reviendra" proposée et jouée à Crolles par 60 enfants est la première d'une longue série. "Ombre sur les Adrets", la grande saga du Baron des Adrets, à partir du livre de Gilbert Dalet, est jouée au centre du village, au pied de la montagne, dans la cour de la mairie de ce village niché au creux de Belledonne. "Dans les cheminées de Paris" est joué par 150 enfants, 5 classes et plus de 30 comédiens devant 400 spectateurs en plein air au centre de Crolles.

Montbonnot 1993 550.jpgDaniel debut 150.jpg

Daniel affectionne aussi les grandes fresques historiques... La guerre de Troie n'aura pas lieu, Barricades, Quatre-vingt-treize, Fracasse... Il ne dédaigne pas non plus de jouer des classiques : Georges Dandin, Notre Dame de Paris, Les Misérables, Le soleil des eaux, Jacquou le croquant...

Pour évoquer Daniel Dumas, il faut aussi parler du militant engagé auprès des forces progressistes. Dans son action culturelle, comme dans la vie, Daniel a toujours été un personnage entier qui ne faisait aucun compromis avec la vie.

Enfin, je voudrais évoquer ici un aspect peut être moins connu du personnage, mais ô combien important, Daniel est un amoureux des mots. Pour cela, il se fait conteur, narrateur, historien et écrivain.

couv101 100.jpgJe voudrais raconter ici les longs mois passés à travailler ensemble. Avec Daniel Dumas et Georges Salamand, nous avions entrepris des recherches historiques considérables, un travail de d’écriture important et un choix de mise en page draconien, pour aboutir au livre qui deviendra la bible de l'histoire de la vallée, "Les 101 personnages du Grésivaudan".

Barricades 1992 250.jpgDaniel est au aussi un conteur inspiré quand il écrit Toubaberies, un recueil de nouvelles que son continent d'adoption l'Afrique lui a inspiré.

La boucle est bouclée en évoquant le livre des 25 ans du Théâtre sous la Dent qu'il a tenu a fêter en l'an 2004.

"Quel jour on est ?" et invariablement, lorsque je te donne la date, tu me dis.... "bon, je pars... dimanche..." mais ce coup là, tu as dit vrai..

Salut l'Artiste.

Claude Muller

22 janvier 2014

Il était une fois....Crolles

Blason.jpgParce que je crois que "pour savoir où l'on va, il faut d'abord connaitre d'où l'on vient", je me permets cette petite intrusion historique dans la campagne des 101 idées pour Crolles...Claude Muller

Connaissez-vous la date de naissance de la ville de Crolles ? Pour répondre à cette "épineuse" question, je vous invite à vous souvenir que le Grésivaudan est une vallée glaciaire. L’Isère, la rivière qui a creusé son lit en son fond, est un torrent impétueux. Il a toujours erré de rive en rive au point de déborder presque tous les ans. Si bien que les habitants ont longtemps hésité à s’installer en ses terres...inhospitalières. Il faut attendre le milieu du siècle dernier pour que l'Isère soit complètement endiguée et que la plaine devienne fréquentable. Auparavant, de rares paysans s'étaient installés au pied de la Chartreuse dans le bourg du Fragnès. D'autres hameaux, le Brocey, le Pied de Crolles et Montfort accueillaient aussi quelques familles d'agriculteurs.

L'Abbaye aux Ayes face à la chaîne de Belledonne
abbayie des ayes.jpg

Lire la suite

06 janvier 2014

L'édification du château de Crolles à partir de 1334

Chateau Crolles 550.jpg

L'histoire du château de Crolles est d'abord liée à celle d'Amblard de Beaumont. Issu d'une vieille famille du Grésivaudan, il est protonotaire, c'est à dire, premier des notaires ou hommes de loi du Dauphin Humbert II. Tout au long du règne du dernier des Dauphins (1333 à 1349) il est aussi son chancelier, son contrôleur des finances, son conseiller et surtout son ami.

Lire la suite