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10 juillet 2018

Aérodrome du Versoud candidat pour Aire de Grand Passage

Une concertation est ouverte pour le nouveau schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage pour la période 2018 – 2014. Le projet de schéma départemental est disponible sur le site web de la préfecture. C’est le moment de donner son avis et de faire des propositions. En préambule, rappelons le mot bien connu d’Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. », ce qui devrait nous inciter à l’innovation et à l’écoute des idées iconoclastes.

Le projet propose d’abandonner l’aire d’accueil de Saint-Ismier dont on sait qu’elle est très mal placée, à côté de la déchetterie. C’est une bonne nouvelle ! Bravo !

Pour le Grésivaudan, le projet prescrit la « Création d’un volume de places de 150 à 200 pour l’accueil du grand passage sur le territoire de l’intercommunalité ».

Les lecteurs de ce blog savent qu’il existe de belles possibilités d’accueil au parc Paturel à Crolles. D’autres sites sont disponibles dans le Grésivaudan. Voici l’aérodrome du Versoud – environ 30 ha, sans compter les bâtiments. Le site est bien placé, dans un environnement de verdure, au calme, proche de l’Isère, facilement accessible en voiture et en vélo. Le seul inconvénient pour un séjour estival est le manque d’arbres, mais il serait facile et peu couteux de pallier cette lacune.

crolles,le versoud

A l’écart de la ville du Versoud, le futur aérodrome-multi-usages pourrait recevoir des festivals musicaux et autres rassemblements qui demandent de l’espace, l’accès aux commodités (eau, énergie …) et qui ne craignent pas trop le piétinement.

Outre l'Aéroclub du Dauphiné, l’aérodrome héberge différents clubs de loisirs (ULM, Vol à Voile …) qui pourraient aisément suspendre leurs activités quelques semaines ou mois par an au bénéfice de l’accueil de gens du voyage ou autres groupes ou festivités. Il y a aussi une base d'hélicoptères de la Sécurité Civile et un peloton de gendarmerie de haute montagne qui n’utilisent qu’une partie de la surface et qui cohabiteront volontiers, j’en suis sûr, avec les gens du voyage. La proximité d’un peloton de gendarmerie sera rassurante pour les gens du voyage qui craindraient les habitants du Grésivaudan, ne connaissant pas leurs us et coutumes.

crolles,le versoudL’aéro club propose des baptêmes de l’air pour « voir d'un autre point de vue la beauté de notre environnement montagneux, le cheminement des vallées, l'organisation de la vie, les torrents et cascades... un moment de plaisir pur. » Ceux qui se préoccupent d’environnement, de sobriété dans la consommation et de respect des espaces communs ne seront pas choqués que je propose de confier la responsabilité des baptêmes de l’air aux moniteurs de parapente qui sont nombreux dans la vallée. Et depuis le merveilleux film Intouchables, nous savons que le vol en biplace est accessible à tous.

En fait, l’aérodrome est une survivance du passé, avant le perfectionnement de l’hélicoptère et l’invention du parapente et du drone. Faut-il conserver intact tout notre passé alors que le foncier aménageable se fait rare et que nos ressources doivent désormais être partagées ? Je ne le pense pas. On pourrait conserver en l’état la piste de l’aérodrome et l’utiliser quelques jours par an comme on ouvre le Moulin des Ayes ou le palais de l’Elysée lors des Journées du Patrimoine.

crolles,le versoudUne salle d’exposition serait aménagée en hommage aux pionniers locaux de l’aviation afin que les groupes accueillis au terrain du Versoud sachent à qui ils sont redevables du stationnement de leurs caravanes et de leurs chapiteaux ... et rien n'interdirait d'organiser une fois par an un meeting aérien aussi spectaculaire que bruyant.

La réalisation de cette aire d’accueil de grand passage au Versoud peut être très rapide et peu couteuse, alors que le besoin est exprimé et que la collectivité ne parvient pas à le satisfaire depuis des années, bientôt 20 ans ! Il s’agit de la loi du 5 juillet 2000 …

L’environnement serait gagnant. La culture populaire bénéficierait aussi d’un nouveau site ouvert, modulable. L’opération serait exemplaire, montrant qu’il n’y a pas de manque de foncier en Grésivaudan mais seulement des concurrences d’usage que la collectivité doit réguler.

Francis Odier, 10 juillet 2018

 

Sur le même sujet :

Héritage encombrant et mémoire sélective - juin 2018

Le rapport compliqué de représentants du peuple avec la vérité - mai 2018

 

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11 juin 2018

Charte du Développement Durable en Grésivaudan

Le sujet n'est pas neuf, mais il reste d'actualité. Ou plutôt, il serait souhaitable qu'il le soit. A l'occasion de la préparation du projet de territoire du Grésivaudan, nous avons le plaisir de remettre en ligne des documents maintenant historiques qui permettront à chacun de se faire une idée sur le bilan du Grésivaudan, d'abord en tant que "pays", puis en tant que communauté de communes, et sur le chemin parcouru depuis une dizaine d'années.

En juin 2009, six mois après sa création, le Grésivaudan adopte sa charte de développement durable. Il ne s'agit pas d'un engagement gratuit, mais d'un point de passage obligé vers un contrat de développement durable avec la région Rhône-Alpes, contrat qui ouvre la porte à des subventions pour des actions contributives au développement durable. C'est une mécanique institutionnelle complexe comme nous aimons bien en France : des textes généreux et généraux en préalable à des espèces sonnantes pour des actions que l'on espère non trébuchantes.

Dans son avis, le Conseil de Développement, qui n'est pas naïf, insiste lourdement : ce que l'on veut, c'est une politique de développement vraiment durable. La plaquette réalisée par le Conseil de Développement reprend ce leitmotiv : il y a "nécessité d'engager résolument le Grésivaudan dans un développement vraiment durable en s'appuyant sur plus de participation des habitants afin d'économiser les ressources et réduire la pauvreté et les inégalités".

C'est là que l'on voit qu'il y a loin de la coupe aux lèvres ... La participation des habitants est épisodique, lacunaire, partielle ... En un mot : absente. Quant à la pauvreté et aux inégalités, ce sont des enjeux bien éloignés des préoccupations d'une collectivité territoriale accaparée d'un côté par les soucis quotidiens de la gestion, de l'autre par des réflexions très théoriques sur les politiques à mener.

Sans doute avons nous eu tort de nous complaire dans des déclarations incantatoires, trop ambitieuses pour être réalistes, tellement floues qu'elles en deviennent vide de sens. Avec le recul, je m'interroge : la charte a-t-elle fait progresser le développement vraiment durable ? Je crains l'inverse. La charte a masqué l'inertie et la continuité des politiques réellement menées, elle a fait illusion, retardant les prises de conscience, contribuant à l'égarement collectif.

A l'époque, plusieurs signaux auraient dû attirer l'attention. La charte a été élaborée avec des erreurs grossières de méthode.

L'histoire commence toujours avant ce que l'on croit. Le texte de 2009 est la mise à jour d'une version initiale adoptée en 2003 (lire : Parties I et II et Partie III). Mais en 2009, le conseil communautaire est pressé ; il ne procède à aucune évaluation du texte précédent ; il oublie ainsi l'histoire récente. Il ignore aussi la géographie : le diagnostic est donné en seconde partie, après les orientations en première partie. Les deux parties du document ne sont pas articulées. La charte se veut volontariste sur le développement, mais sans poser correctement les problèmes auxquels elle souhaite répondre.

La charte est donc hors du temps, hors sol, elle plane. Irréelle, elle est insensible à la pesanteur et à la tragédie du monde. Dans 10 ans, nous pourrons voter à l'unanimité une version 3 après avoir modifié quelques adjectifs et déplacé deux ou trois virgules.

Peut-être suis-je sévère, mais comment ne pas l'être et comment ne pas être déçu quand on se souvient des espoirs placés, ces années là, dans la continuité du Grenelle de l'Environnement, dans le développement durable qui devait renouveler, en même temps, le contenu des politiques, avec une meilleure prise en compte de l'environnement, et les méthodes mises en œuvre en se fondant sur la participation citoyenne ? 

Alors, quels enseignements en tirer pour notre projet de territoire ? J'en appelle surtout à la simplicité. Que le projet s'appuie sur un diagnostic, qu'il soit concret et centré sur les compétences de la communauté de communes. Pas besoin de nous faire rêver, ce n'est ni l'heure ni le lieu de s'assoupir.

Quelques mots encore pour ne pas rester sur l'impression (fausse) que rien ne change. En 2003 et 2009, concernant la qualité de l'air, c'est surtout la pollution par le trafic automobile qui inquiétait. Aujourd'hui, les connaissances sont plus précises et le chauffage au bois est sur la sellette. En 2009, le diagnostic évoquait, à plusieurs reprises, l'évasion commerciale vers l'agglomération grenobloise. Ce sujet était soigneusement oublié des orientations figurant dans la charte ... mais il a été pris en compte dans les politiques réelles menées, comme on le voit avec la croissance considérable de la grande distribution à Crolles.

Enfin, je ne peux être exhaustif, mais je vous recommande la lecture de cette charte du développement durable du Grésivaudan. Chacun y trouvera des lignes en écho à ces centres d'intérêt. Tiens, voilà les risques naturels, dans la partie Diagnostic : "la géomorphologie induit la présence de risques naturels importants et quasi omniprésents sur le territoire : éboulements, voire écroulements rocheux sur les parties basses des piémonts qui limitent l'urbanisation des parties hautes des communes (...)". On croirait ce texte dicté par François Brottes pensant très fort à la digue du Fragnès qu'il voulait construire à Crolles. Vous pourrez lui dire que le chantier avance bien, il sera fini, ou presque, en 2019, dix après la charte. Le sujet n'était pas mentionné dans les orientations du développement durable, mais il a été pris en compte dans la politique de développement-tout-court.

En ce printemps 2018, le développement durable ne fait plus recette. Comme les agendas 21 échoués dans les friches numériques, il peut rejoindre le musée des modes et vagues qui ont envahi temporairement l'espace public, laissant des traces ici ou là, semant malgré tout des graines qui germeront si les écosystèmes restent suffisamment ouverts et libres.

Pourtant, qu'elles étaient belles ces orientations : Gérer l'espace et les ressources de manière économe, Assurer l'équité, Développer les synergies, Maintenir le lien social, Faire vivre le patrimoine, Encourager les solidarités, Diversifier l'activité et l'emploi, Conforter l'économie agricole, ... J'adore !

Francis Odier, 29 mai 2018

22 janvier 2018

Hommage au Père Alloua

Le père Alloua, ancien curé de Crolles et grande figure locale, vient de nous quitter.

En hommage, nous vous invitons à relire l'article que Claude Muller lui avait consacré en avril 2013, alors qu'il venait de prendre sa retraite.

Soyons reconnaissants au père Alloua de sa vie au service des autres, et en particulier de son rôle décisif dans la création de l'Abri sous la Dent

 

L'église de Crolles et le père Alloua, notre père...

Le père Alloua, comme les Crollois avaient pris l'habitude de l'appeler depuis plus de 40 ans, était leur curé. Il vient de prendre une retraite bien méritée. C'est pour le Crollois, l'occasion d'ouvrir un dossier sur notre église et de tracer le portrait de notre père.

Un curé de village, le père Alloua
Il est né en 1926. "Heureusement, ma santé m'a permis de rester longtemps en activité" A 80 ans, il logeait encore dans la cure il y a peu et occupait sa retraite en lisant des livres d'histoire. Il remplaçait encore le curé de la paroisse en cas de besoin et surtout s'occupait des malades. Albert Alloua est né d'un père Ardéchois et d'une mère Dauphinoise. Il a passé toute son enfance à Villeurbanne. C'est à cette époque qu'il a acquis "sa conviction chrétienne" et a "choisi sa voie". Albert Alloua 300.jpgCurieusement, cette banlieue de Lyon dépendait du diocèse de Grenoble. Alors, plus tard, il a rejoint le séminaire de Voreppe. "Dans la promotion précédente, j'avais un camarade beaucoup plus fervent et pieux que moi" nous a raconté le père Alloua," c'était Paul Jargot". Le jeune Albert s'inscrit ensuite au grand séminaire de la Tronche. "Tout au long de ma vie d'étudiant, je n'ai jamais douté de ma foi, mais il m'est arrivé de remettre en question mon engagement de prêtre". Il se demandait si cette voie répondrait à ses aptitudes. "J'étais parfois attiré par d'autres choix personnels et professionnels". Il cherchait sa place dans la société. Fallait-il opter pour un autre métier "comme tout le monde, dans le laïc". Finalement, il choisit de "servir Dieu". Il est ordonné prêtre en 1953. Le père Alloua exerce son premier apostolat à Grenoble, en tant que vicaire entre 1954 et 1960. Puis, il est trois ans curé de trois petites communes du Chambaran. En 1963, lorsque le Vicaire général lui propose de venir exercer son ministère à Crolles, il n'imagine pas que ce pays deviendrait "son pays".

int eglise 300.jpgLe père Alloua, un curé pour Crolles
"Comme vous avez bien connu Paul Jargot au séminaire, vous serez bien accueilli à Crolles.". Ce sont les mots du vicaire général en 1963 au père Alloua. Il faut dire que les rapports entre "la communauté paroissiale et la commune avaient connu quelques passages difficiles" et que plusieurs prêtres avaient refusé le ministère. Mais le père Alloua accepte. "Les communautés se sont bien accordées, par la suite" nous a-t-il raconté. "Je me suis toujours bien entendu avec Paul Jargot". Malgré les opinions communistes du maire et du sénateur qu'il était devenu, "Paul a toujours gardé la foi chrétienne". Albert Alloua se plait à Crolles, "dans cette ville où il fait bon vivre". S'il ne devait retenir que deux actions parmi toutes celles qui ont marquées cette période, il raconterait d'abord la création de l'Abri sous la Dent. "Je recevais et j'hébergeais dans la cure des routards ou des gens de passage. Je les aidais assez souvent." Lorsqu'il a exprimé le désir que la collectivité organise un lieu pour les accueillir, "j'ai vu avec plaisir se monter cette association. Elle a commencé très modestement. Aujourd'hui, elle est devenue un centre très organisé et fonctionnel." La deuxième action qui a marqué cet infatigable homme de paix et de dialogue, ce sont les réunions de jeunes. Elles étaient organisées à Crolles et à Bernin à partir des années 1970. "Elles sont devenues des lieux d'échanges très riches avec les jeunes ménages". On y parlait des problèmes de la vie avec des intervenants documentés, éducateurs, médecins… "Monseigneur Gaillot est même venu deux fois à Bernin". D'autres réunions de jeunes foyers ont contribué à la création du noyau très actif de cette communauté.

creche 550.jpg

Claude Muller

Publié le 3 avril 2013

http://www.lecrollois.fr/archive/2013/04/02/l-eglise-de-crolles-et-le-pere-alloua-notre-pere.html

26 avril 2016

Nos friches numériques

On ne félicitera jamais assez le Grésivaudan d’agir avec continuité pour la revalorisation des friches industrielles (voir Journal du Grésivaudan, mars 2016). La friche, terre laissée à l’abandon, témoigne d’une fuite en avant et d’une négligence collective coupable.

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                                                                                                                                       Photo IRMA / Sébastien Gominet

Comme le randonneur malotru, heureusement en voie de disparition, qui avait la force de monter aux alpages et vers les cimes avec son repas et la flemme minable d’en redescendre les reliefs, nous voici constructeurs invétérés, mais démolisseurs aux abonnés absents. La plus grande honte du pays est la friche dite TOTAL, ATOFINA (qui se cache aujourd’hui sous le nom de friche FREDET), sur les communes de Froges et Villard-Bonnot.

Honte à nous, citoyens, dont la passivité a donné champ libre aux pollueurs pour décamper sans emporter leurs restes. Maintenant, il y a prescription, ou tout comme. Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes, c’est la base du capitalisme. Nous y sommes. Grésivaudan, retrousse-toi les manches et sort le chéquier. Faut banquer. C’est dommage, mais faut banquer. Le terrain est bien placé, près du train électrique, sans risque d’être gêné par le bruit (les trains ne sont pas si nombreux).

J’espère que nos zones commerciales démesurées ne tourneront pas trop vite en friche. J’avoue que je le crains un peu.

Mais plutôt que de s’inquiéter, mieux vaut apprécier à sa juste valeur la portée immense de la notion de friche. Le passif abandonné qui s’incruste, végète, occupe l’espace et revit sous des formes surprenantes, sordides et créatives. Pensons à Tchernobyl avec ses friches inégalées, au moins jusqu’à la prochaine fois, l’aventure nucléaire n’est pas finie … 

Oublions l’industrie, élargissons le propos. Nous sommes, paraît-il, à l’ère du numérique. Et ça ne fait que commencer !

Que sont nos friches numériques ? J’en ai fait la cruelle expérience récemment. Un lecteur indésirable trouva sur ce blog une surprise, de quoi déclencher son ire à mon égard. Si les détails sont secondaires, l’anecdote est éclairante. Le texte exploité par mon bourreau est de peu d’intérêt en lui-même. Mais il tissait un lien (c’est le propre de la toile) dont on pouvait tirer une preuve comme le font si bien les complotistes. Voilà la friche : un amas, un fatras de textes et d’images accumulés au cours des ans, jamais nettoyés et qui font le terreau de toutes les cultures, curieuses, philanthropes ou mafieuses.

Depuis bientôt 5 ans, nous avons publié plus de 300 notes sur www.lecrollois.fr. Que vont-elles devenir ? Comment peuvent-elles fructifier sans polluer ou rancir ? Alors, bibliothèque, jachère ou friche ? La frontière est ténue.

Le problème de l’infobésité est connu. C’est une affaire de flux. Mais la question du stock va aussi devenir critique. Même combat que pour le logement. Le regard est porté sur le flux de constructions neuves, mais on ferait bien de jeter un œil aussi sur l’ancien qui décrépit et tourne à la zone. La friche, c’est le vent qui masque la forêt. Nous vivons une époque moderne, nous aimons le mouvement, le changement. L’actu chasse l’actu. Alors, s’occuper de l’ancien, tu parles !

Dans cette nasse, je ne suis pas seul avec les compères du crollois. Autour de moi, je vois bien que la mise à jour n’est pas le fort des webmasters.

Choisissons au hasard un site de bonne facture, réputé et à l’audience établie. Qui peut me garantir que www.ville-crolles.fr n’est pas peuplé de minuscules friches, invisibles pour l’habitué mais qu’un œil averti détecte aisément ?

J’ai déjà cité, dans un billet récent, le DICRIM (document d’information communale sur les risques majeurs) qui nous annonce des travaux devant être lancés prochainement pour la digue du Fragnès, prochainement « en 2010 » … Au titre des friches naissantes, il y a surtout l’agenda 21, figé en 2012. Nous avions donc raison, c’était l’agenda 12. Avec le recul on peut le dire, nous l’avons pris comme souffre-douleur pendant quelques mois. Nous n’étions pas vraiment gentils camarades. Le voilà qui s’enfonce dans l’oubli, les fichiers sont maintenant endommagés. Je n’irai pas jusqu’à le réhabiliter, il est encore trop tôt, mais l’oublier, jamais ! Et si le maitre du web de la ville s’avisait de le faire disparaître, nous serions là pour en transmettre la mémoire aux générations futures.

Allez, encore une friche sympathique, peu connue, difficile d’accès : http://www.ville-crolles.fr/vie-municipale/arretes.php.... Jetez-y un œil. Vous verrez que le maire, en 2009, a pris un arrêté d’interdiction de camping sauvage sur le skatepark et le parc Jean-Claude Paturel de la commune de Crolles. C’est l’arrêté le plus récent … mais n’allez pas croire que le maire ne fait plus rien depuis 2009 !

La friche numérique, on l’aime ou on la quitte, elle survit et se transforme, rebelle.

Francis Odier, 25 avril 2016

14 avril 2015

En mémoire d'Alexis et Matthieu - Les jeunes, l'avenir loin des départementales

Chers amis crollois et de partout qui avez témoigné par votre présence votre affection, votre émotion … et tous ces sentiments indicibles que l’on ressent face au vide laissé par un être aimé que l’on espérait plein d’avenir.

A vous qui partagez le goût de la politique, au sens de l’engagement dans des communautés humaines, avec comme point de rassemblement l’ambition de se mettre au service des autres,

Avec vous, en pensées reconnaissantes pour vos gestes apaisants durant notre deuil,

Je viens d’écrire un épilogue à un texte récent, à peine retouché, inspiré dans un moment de solitude par des réflexions confuses où j’associais le commentaire électoral, mes enfants, leurs copains. 

Douloureusement, avec gratitude,

Francis

Orpin - Mercantour 2013.JPG

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15 mars 2015

Retours à la raison

Retours à la raison

Ce sont des nouvelles plaisantes à entendre et qui ragaillardissent le militant. En quelques mois, deux projets inutilement dispendieux ont été abandonnés ou reportés aux calendes grecques. La déchetterie sera maintenue sur place, Crolles ne financera pas les tennis couverts de Bernin.

Les esprits chagrins regretteront que ces nouvelles ne soient pas claironnées comme elles devraient l’être. Oyez Oyez braves gens, nous avons changé d’avis, nos contradicteurs n’avaient pas tort !

Hier encore, la majorité était Pour - à l’exception notable de Vincent Gay qui avait exprimé son opposition aux tennis couverts. Et aujourd’hui, en voici, ingénus, qui affirment avoir toujours pensé que déménager la déchetterie serait stupide, que les tennis seraient trop couteux vus l’état de nos finances.

Concernant la déchetterie, le conseil communautaire avait approuvé à l’unanimité, par deux fois, une opération estimée à 3,7 M€ (cf les délibérations du 30 janvier 2012 et du 23 septembre 2013). Le conseil municipal de Crolles s’était aussi prononcé à l’unanimité le 20 décembre 2013.

En 2015, retour à la raison. Ouf !

Déchetterie - après travaux mise en sécurité.jpg

Que s’est-il passé ? Ce qu’une assemblée fait, une autre peut le défaire, même si elle est (presque) identique. Qu’est ce qui a changé entre 2012, 2013 … et 2015 ? De mémoire, je crois me souvenir … il y a eu des élections, et le maire a changé, et la municipalité a changé. 

L’ancien maire avait une idée fixe : faire de Crolles un pôle rayonnant sur le Grésivaudan. Il voulait développer des grandes surfaces commerciales. En 2007, il n’avait pas hésité à présenter en réunion publique des projets grandioses d’hypermarché. En 2012, l’hypermarché avait disparu, mais pas l’envie d’installer de nouveaux commerces. Mais il fallait d’abord déplacer la déchetterie. Le projet fut habillé avec un discours sur les contraintes de sécurité et emballé avec des promesses sur la multifonctionnalité du futur quartier qui pourrait être aménagé dans cette zone de Crolles Sud.

Heureusement, le pire n’est jamais sûr. Et notre président-maire-député-et-autres-mandats, dont l’autorité n’était pas contestée dans sa majorité, a dû renoncer au cumul. Alors, je fais l’hypothèse que, peu à peu, la réflexion collective s’est ouverte, des interactions nouvelles se sont mises en place entre les élus, des chapes de plomb se sont fissurées … et la noosphère a repris vie. 

Ces projets inutiles étaient probablement, pour une large part, la conséquence d’un excès de discipline au sein de la majorité. 

Vous comprenez maintenant pourquoi je milite pour la liberté d’expression !

 

Francis Odier, 15 mars 2015

 

A lire :

Le procès verbal du 22 novembre 2013 où a été votée la convention avec Bernin 

La déchetterie qui avait la rage - juillet 2012

Les alternatives au déménagement de la déchetterie - juillet 2012

 

21 février 2015

Merci Berthold !

A tous les militants du monde qui se heurtent contre des murs, s'enlisent dans des bourbiers, s'épuisent dans des luttes inégales dont ils voient trop bien l'issue, s'indignent en vain ... j'adresse ces quelques mots puisés sur un tract gisant sur mon bureau en désordre :

"Nos défaites ne prouvent rien si ce n'est que nous sommes trop peu nombreux à lutter pour la dignité et que ceux qui nous regardent en spectateurs devraient avoir honte".

Berthold Brecht

L'objet de mon spleen n'est ni la pluie froide du jour, ni la réunion chaude et glaciale d'hier en mairie, mais cet article désespérant : "Le gouvernement donne des gages aux agriculteurs : Avant le Salon de l'agriculture, les pouvoirs publics promettent d'alléger les contraintes environnementales" (Le Monde, 19 février 2015).

Pour protéger l'environnement, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces.

Certains rêvent de transformer le Grésivaudan en bio-valllée. Pourquoi pas ?! Au moins, cette utopie aurait le mérite de tracer une ligne constructive et mobilisatrice.

A court terme, de manière très concrète et réaliste, un impératif est d'être vigilant pour préserver les espaces qui ont échappé jusqu'ici à l'urbanisation et à l'agriculture industrielle, en particulier les coteaux.

Francis Odier, 21 février 2015

 

bertolt-brecht.jpgLa citation exacte et in extenso : http://www.fabriquedesens.net/Nos-defaites-ne-prouvent-rien

Nos défaites ne prouvent rien/ Bertolt Brecht

Quand ceux qui luttent contre l’injustice
Montrent leurs visages meurtris
Grande est l’impatience de ceux
qui vivent en sécurité.
De quoi vous plaignez-vous ? demandent-ils
Vous avez lutté contre l’injustice !
C’est elle qui a eu le dessus,
Alors taisez-vous
Qui lutte doit savoir perdre !
Qui cherche querelle s’expose au danger !
Qui professe la violence
N’a pas le droit d’accuser la violence !
Ah ! mes amis
Vous qui êtes à l’abri
Pourquoi cette hostilité ? Sommes-nous
Vos ennemis, nous qui sommes les ennemis de l’injustice ?
Quand ceux qui luttent contre l’injustice sont vaincus
L’injustice passera-t-elle pour justice ?
Nos défaites, voyez-vous,
Ne prouvent rien, sinon
Que nous sommes trop peu nombreux
À lutter contre l’infamie,
Et nous attendons de ceux qui regardent
Qu’ils éprouvent au moins quelque honte.

15 décembre 2014

Paul Jargot, les 30 glorieuses en Grésivaudan

Paul Jargot était-il précurseur ? C’est la thèse de Claude Muller, le fil conducteur qui donne le titre de ce long entretien qu’il vient de publier récemment. Les arguments ne manquent pas pour nourrir ce point de vue et vous les trouverez aisément dans ce morceau d’histoire enregistré en 1992 – 1993.

couverture-livre-Paul-Jargot-le-précurseur-du-Grésivaudan-e1416332930287.jpgMais avec le recul, une autre lecture, complémentaire, se propose. Certes, elle est moins glorieuse tant pour l’oncle Paul, comme on pourrait le nommer ici, que pour les crollois qui l’ont accompagné et si souvent élu.

C’est le récit qui reste à écrire. Ou qui a déjà été écrit mais pas ici. La campagne remembrée, qui se péri-urbanise. Un jeune plein de force et d’enthousiasme généreux qui épouse les combats du moment, se fait notable et bataille jour et nuit pour capter au bénéfice de sa commune sa part de développement.

A vrai dire, c’est tout cela que j’ai trouvé si attachant dans le livre : un témoignage de première main, vivant et sans fioritures, sur ces 30 glorieuses qui ont transformé nos campagnes et nos bourgs.

On l’oublie dans notre pays vieillissant tenu par des quinquas, hauts fonctionnaires ou fortunés poudrés qui se piquent de culture : il n’en a pas toujours été ainsi. Après-guerre, le pouvoir a été saisi par la jeunesse, parfois pistolet au poing, comme Gaston Deferre à Marseille ou Chaban à Bordeaux. Jargot, quelques années plus tard, est dans cette lignée de ceux qui n’ont peur de rien et n’attendent pas l’autorisation du parti avant de se lancer.

Un dossier emblématique est la grande affaire de l’époque : le remembrement. Cet exemple seul suffirait à briser le mythe du grand homme. Dans ces années-là, je le sais depuis l’école primaire, des milliers de maires en France et en Navarre ont remembré. Où est le précurseur ? Peut-être dans l’art de la communication et du story stelling …

Maintenant que me voilà chaud et transgressif, je vais continuer sans vergogne à déboulonner la statue. L’animal politique ne dédaignait pas la manœuvre. Le voilà à Paris, cultivant ses réseaux, profitant de sa camaraderie avec le ministre pour obtenir un financement nécessaire suite à une gestion imprudente et mettre fin au conflit enlisé sur le péage de Crolles. Le voilà chez le Préfet pour forcer le destin, tordre le bras au représentant de l’Etat et prendre quelques libertés avec la légalité.

Et tout ça pour quoi ? Précurseur comme aujourd’hui Edouard Martin à Florange : « On voyait évoluer les choses, les grosses entreprises de la rive gauche allaient disparaître. On s’est battu là-dessus ». L’impuissance de l’élu local face à aux mutations économiques … l’histoire, inlassablement, se répète. 

Jargot voulait la zone industrielle, il construisit aussi l’avenue Ambroize Croisat et la zone commerciale, paradis des voitures, bourreau des commerces de proximité. En 120 pages d’entretien, pas un mot sur l’abandon du centre village à son triste sort.

Allons, pas de nostalgie !

Créateur du SIERPUMG, partisan de l’intercommunalité à taille humaine, il contribua, comme d’autres, au maintien des frontières artificielles entre le Grésivaudan et l’agglomération. « Il faut se dire, qu’à l’époque, la municipalité de Grenoble avait très bien compris qu’il ne fallait pas faire un grand Grenoble. Les autres communes autour ne se sont pas laissé faire, heureusement ».

Attaché à la modernité, Jargot resta jusqu’à la fin de sa carrière dans le mouvement, dans l’air du temps. Alors, en conclusion, au soir de sa vie, il épouse le discours entrepreneurial qui émerge en ces années 1990 : « Le maire est chef d’une entreprise communale. Enfin, moi je vois les choses comme ça maintenant. La commune, c’est une entreprise (…) ».

Non, Paul, avec tout le respect que nous te portons, la commune n’est pas une entreprise ! A l’époque, Bernard Tapie était au sommet de sa carrière et pas grand monde ne voyait que nous étions à l’aube d’une dérive délétère, l’envahissement par l’idéologie gestionnaire.

Mais, crollois je suis, crollois je veux rester. Alors, je suis heureux de vous signaler deux sujets où Jargot a été vraiment visionnaire avec peut-être un siècle d’avance sur ses contemporains, deux thèmes d’actualité permanente, deux projets à engager, deux marottes qui ne me quittent pas … vous les connaissez …

Crolles – Brignoud. A propos des années 1970, de la création du SIERPUMG et du schéma d’aménagement de la vallée, voilà ce que disait notre édile regretté : « Crolles n’était plus le centre de ce pôle, c’était Crolles – Brignoud et on avait même prévu un deuxième pont. Ce qui n’était pas idiot … ». Paul, encore un peu de patience, d’ici une vingtaine d’année, nous l’aurons le 2ème pont, il sera pour les piétons et les vélos !

Crolles – Bernin. C’est Jargot qui a créé le FCCB, Footbal Club Crolles, Bernin. Jargot encore qui « voulait faire une école vers la Croix des Ayes qui serait devenue un pôle entre les deux communes de Crolles et Bernin ».

Dans 20 ans, le jour du mariage, nous boirons un coup à la santé de l’oncle Paul, bon maire heureux en sa vallée.

Francis Odier, 14 décembre 2014

 

L'article en pdf : Paul Jargot - les 30 Glorieuses en Grésivaudan.pdf

Un article de 2004 - très critique sur la politique d'aménagement du territoire à l'époque de Jargot : Grésivaudan et Grenoble - comment_on_nous_detruit - 2004.pdf

27 octobre 2014

Le livre "Paul Jargot, le précurseur du Grésivaudan" bientôt dans les bacs....

 

couv Jargot crollois.jpg"On voit naître la terre" dit-il dans l'enthousiasme des premiers travaux d'assainissement de la plaine de l'Isère, dans le Grésivaudan. C'est Paul Jargot élu maire de Crolles à 28 ans qui parle ainsi. "C'est pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail" que pendant 16 ans, il va persuader de multiples propriétaires d'accepter le remembrement de la plaine. "C'est pour nos enfants que l'on va créer des emplois", et c'est pour eux qu'il convainc les paysans de réserver des terres à la création d'une zone industrielle. "C'est pour que nos enfants trouvent un toit", c'est avec ces mots qu'il va persuader les Crollois d'accepter des logements sociaux au cœur du village. Ce précurseur va inventer beaucoup d'autres choses. Il va élaborer le premier schéma d'urbanisme. Il va aussi construire la première Maison des Jeunes et de la Culture en zone rurale, le premier Foyer Régional d’Éducation Permanente, le premier Centre de Formation pour les Élus Locaux, l'un des premiers Syndicats de Développement Intercommunal (SIERPUMG)...

Mais ce que nous voulons surtout retenir, c'est son idée de la démocratie locale. Il imagine et crée cette grande réunion publique annuelle que sont les États Généraux. "C'est pour vous l'occasion de faire vos critiques sur tout ce que nous avons fait et de nous suggérer tout ce qu'il faudrait faire" dit-il aux Crollois, dès son élection en 1953.

Claude Muller

14 mai 2014

La compagnie Stéphane dans la Résistance

 

Le Capitaine Stephane.jpgLes 23, 24 et 25 août prochain, nous commémorerons les 70 ans de la Libération du Grésivaudan puis de Grenoble. Mais dès ce 8 mai, il faut se souvenir de ceux qui ont permis cette délivrance. Le Capitaine Stéphane est l'un d'eux. Nous en avions tracé le portrait dans le livre les 101 personnages célèbres du Grésivaudan. Il est temps de relire le parcours de cet homme de courage.

 

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