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24 octobre 2018

Les PAV - un truc de Ouf

Le remplacement de la collecte des déchets en porte à porte par des Points d’Apports (dits) Volontaires (PAV) est une véritable saga en plusieurs épisodes. Première offensive en 2015. Suite à la bronca des populations et au succès inédit d’une pétition, le Grésivaudan bat en retraite … mais ce n’est qu’un repli stratégique. En 2017, le Grésivaudan repart à la charge par les montagnes où les communes ont droit à leur PAV début 2018. Puis, la bataille se déplace en plaine où les communes sont sollicitées les unes après les autres. Le discours se fait autoritaire et place élus et habitants devant un faux dilemme : choisir entre les PAV et une augmentation de la fiscalité (la taxe d’enlèvement des ordures ménagères). On fait peur : attention, les coûts explosent !

Pendant ce temps, autour de Pontcharra, 17 communes restent tranquillement à l’écart de ce tohu-bohu. Elles relèvent du Syndicat Intercommunal du Bréda et de la Combe de Savoie dont les coûts de fonctionnement sont presque moitié moindre que ceux des 27 autres communes où les déchets sont directement gérés par la communauté de communes.

L’histoire n’est pas achevée, loin de là. Car un autre projet dantesque se profile : reconstruire Athanor, l’incinérateur et le centre de tri La Tronche, des investissements chiffrés pour l’instant à 160 M€ , le Grésivaudan devra mettre au pot … en espérant que les PAV auront permis de dégager des économies.

Voici l'histoire ...

*   *

Je ne suis peut-être pas un écocitoyen exemplaire mais je me soigne ! Et, comme beaucoup, j’aimerais que la quantité de déchets diminue et ma TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) ... aussi !

C’est bien un problème personnel, économique et collectif. Sur le plan personnel, j’ai déjà éliminé les déchets verts ou putrescibles. J’ai investi, je broie et je composte. Ensuite je trie. Ou du moins j’essaie ! Le verre, ça va. Avec les gros cartons et le papier, je préfère les porter directement à la déchetterie, les bacs locaux (précurseur des PAV) étant souvent pleins. Il paraît que c’est une question de paramétrage des capteurs mais que ça va bientôt être réglé (réunion publique du 2 octobre à Bernin). Comme je ne procède pas à la pesée systématique de mes déchets, je ne peux que faire une estimation. Ce que je sais c’est que je sors très rarement mes bacs et j’attends que la quantité soit suffisante. Avec la chaleur, un peu plus souvent.

Pour les emballages c’est plus compliqué.

Sur le site de ma commune, Bernin : rien ! https://www.bernin.fr/index.php?idtf=376#par1432

Sur le site de la commune voisine, il y a des infos qui me semblent dater : http://www.ville-crolles.fr/vues/pages/services-et-demarches/particuliers/crolles-pratique-tri-dechets.php

On y apprend par exemple ceci :

« Les PAV, points d’apport volontaire : La collecte des déchets ménagers en Points d’Apport Volontaire, sous la forme de conteneurs semi-enterrés, ne sera développée que dans les communes de montagne et les zones d’habitat collectif (sous réserve d’une cohérence de tournée des véhicules pour éviter les ruptures de charge). La décision a été prise par les élus communautaires lors du conseil du 29 février dernier suite à la présentation de nouveaux éléments chiffrés. A suivre ». (journal G l’info n° 27 – juin 2016).

Lors de la réunion du 2 octobre dernier à Bernin, plusieurs intervenants se sont plaints de cette mauvaise information de la part de la communauté de communes du Grésivaudan.

Et sur leur site ? Voilà : https://www.le-gresivaudan.fr/55-gestion-des-dechets.htm

Rien !!!

Mais depuis 2015, on nous l’assure, avec les PAV, plus de soucis ! C’est ce que m’avait répondu un adjoint de Bernin, suite à de nombreux dysfonctionnements dans l’organisation des tournées.

En fait la décision avait été prise par le Grésivaudan dès 2013. Et ceci avait été précédé par une étude (coût ?) effectuée par un bureau du même nom.

Première offensive en 2015 : réunions publiques à Crolles, un article dans « Crolles à vivre » titre Points d’apport volontaires (PAV) : ce sera pour 2016.

A Bernin le maire convoque le conseil municipal le 20 mai 2015 avec ce point à l’ordre du jour : « Approbation du changement du mode de collecte des ordures ménagères et de la mise en place de points d’apport volontaire par la communauté de communes du Pays du Grésivaudan.

On lit bien « approbation » !

Les avis des conseillers étant partagés, le maire invite Christophe Borg, vice-président délégué à la gestion des déchets ménagers à la communauté de communes du Grésivaudan. Cette interruption de séance dure environ une heure. Les explications de M. Borg ont dû être décisives car on peut lire dans le compte-rendu :

Le conseil municipal, après en avoir délibéré, et à l’unanimité des membres présents et représentés :

En l’état actuel du dossier, affirme son opposition à la mise en place de la collecte des déchets ménagers (ordures ménagères résiduelles et tri sélectif) en points d’apport volontaire sur son territoire communal, pour les principaux motifs suivants :

  • Absence de réelle étude économique
  • Absence de communication en direction de la population
  • Absence de politique incitative à la réduction des déchets
  • Absence de possibilité d’envisager un système mixte de collecte

Lors de la réunion publique du 2 octobre 2018, j’ai demandé au maire ce qui avait changé depuis cette date, en concédant qu’il y avait eu un effort de communication pour sensibiliser la population à la réduction des déchets. Réponse : pas de réponse !

En 2015, une pétition part de Crolles et circule partout dans le Grésivaudan, elle recueille 1851 signatures, dont 654 pour la seule commune de Crolles.

Vous pouvez voir les informations concernant cette pétition sur ce site : https://www.petitions24.net/contre_la_suppression_de_collecte_dordures_crolles__gresivaudan

Lors des réunions publiques, les habitants font part de leurs réticences et les objections sont nombreuses : choix des emplacements, hygiène, coût des nouveaux équipement et de l’entretien, problèmes des personnes à mobilité réduite, risques de dégradation, etc,L’association Bernin 2020 a organisé une réunion publique sur ce thème : http://bernin2020.blogspot.com/ 

Le Crollois a publié entre 2015 et 2018 au moins 8 articles concernant ce sujet directement ou indirectement. Pas d’opposition aux critiques formulées.

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14 octobre 2018

Ouf !

Ouf, finis les réveils en sursaut à 6 heures du matin provoqués par les ripeurs manœuvrant nos poubelles sous nos fenêtres. Ouf, finie la corvée du dimanche soir pour descendre les poubelles. Ouf, finies les odeurs pestilentielles sur les bords des chemins. Ouf, fini de marcher dans des détritus semés par les chiens errants dans les rues. Ouf, finies les poubelles vides encombrants les trottoirs… Et vive les PAV (Point d’Apport Volontaire).

PAP Crolles Croix des Ayes.jpg

Oui, j’ai voté pour l’implantation des PAV en Conseil Communautaire du Grésivaudan et j’ai bien sûr voté pour les PAV en Conseil Municipal de Crolles. Certes, ce n’est pas la panacée, mais beaucoup d’arguments m’ont convaincu de prendre cette position. Les PAV sont beaucoup plus « propres » que nos vielles poubelles, les PAV sont beaucoup plus faciles et rapides à vider. les PAV sont beaucoup moins encombrants mais surtout les PAV sont beaucoup plus efficaces. Les premières communes à tester ce dispositif, celles de montagne, nous l’ont montré depuis qu’elles collectent les ordures ménagères dans leurs PAV. Et les chiffres nous le prouvent. Curieusement, ce sont les verres qui sont d’abord en progrès. A Revel, par exemple, les habitants en apportent de plus en plus dans les bacs. En fait, comme ils sont désormais obligés de trier et qu’ils ont des bacs pour tous leurs déchets, ils font de moins en moins d’erreurs. De plus, les Revelois faisant plus souvent leur compost, le bac dédié aux déchets organiques a de moins en moins de succès.

Certes, l’inconvenant de ce système est d’imposer 4 poubelles dans les cuisines. Et surtout, il faut faire un effort supplémentaire pour déposer ses ordures ménagères, non plus dans des poubelles disposées devant chez soi, mais dans les PAV situés à l’entrée du quartier. Ne pensez-vous pas que notre planète mérite ce petit geste ?

Claude Muller

Conseiller municipal de Crolles

Conseiller communautaire Le Grésivaudan

 

Sur le même sujet, lire aussi l'article de Jean-Paul Chollet : Des PAV et des PAP, mais pas des Panzanis - par Jean-Paul Chollet :

et l'article de Jean-François Comte : Les PAV, un truc de Ouf.

13 septembre 2018

Nous voulons des coquelicots

L'appel est collectif et nous espérons qu'il prendra de l'ampleur. C'est un appel au changement et il devrait être entendu dans le Grésivaudan et la Région de Grenoble qui se targuent d'être "Terres d'innovations". Il s'agit de remplacer l'agriculture fondée sur la chimie par l'agro-écologie. Dit autrement, il s'agit de se libérer des pesticides comme l'ont déjà fait les agriculteurs convertis au bio et les techniciens d'espaces verts dans nos communes, comme le font aussi chaque jour des millions de paysans dans le monde qui n'ont pas les moyens de nourrir les firmes chimiques.

Rester empesté par les pesticides - ou en sortir : c'est un choix collectif sur lequel chacun est invité à donner son avis, sa préférence.

Bien sûr, le changement ne se fera pas en un jour. On ne quitte pas un modèle industriel en un claquement de doigt, on ne guérit pas d'une addiction sans accompagnement. Mais il faut bien commencer, et pour cela se fixer un objectif, et édicter quelques principes. Tel est le but de cet appel.

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Le Crollois, 13 septembre 2018

 

Nous voulons des coquelicots - Appel à la résistance pour l'interdiction de tous les pesticides

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.

Pour signer, rendez-vous sur : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

En Isère, l'appel est soutenu par la FRAPNA.

 

En complément sur l'agroécologie :

Le principe de l'agroécologie est l'utilisation intensive des processus naturels comme la photosynthèse,  la fixation symbiotique de l'azote et la mise en place d'une diversité  culturale et paysagère. L'objectif est de créer un agrosystème plus résiliant. On ne raisonne pas par pesticide, mais par association culturale ou bio-contrôle pour répondre à un problème sanitaire;  de quelle façon retrouver un équilibre qui rende inopérant un prédateur ou un parasite des cultures...

Il est temps pour les agronomes de revenir à plus de modestie, et de valider par leur science, les exemples des paysans qui ont trouvé le bon équilibre. Pour ma part, j'ai reçu la leçon dans les années 80, en observant les paysannes du KIVU... Manioc, soja, maïs, haricots, plantain, sorgo, etc... 25 plantes différentes cultivés sous les bananiers. Dés qu'une plante est arrachée, elle est remplacée par une graine, sans aucun alignement, ce désordre apparent est une anarchie féconde. Dans cette exubérance de végétation, c'est d'une agriculture  très intensive qu'il s'agit, mais elle n'utilise que des énergies renouvelables, le soleil, l'eau et le carbone de l'air pour la photosynthèse et la fabrication des sucres, les légumineuses fixent l'azote de l'air pour la fabrication des protéine. Sans aucun intrant chimique, avec un outillage rudimentaire et des gestes simples, ces femmes  nourrissent une population de 400 habitants au Km2.

Pour le volet économique, l'agriculture n'a pas besoin de main d’œuvre gratuite, mais d'une juste répartition des marges. La baguette ordinaire vaut en moyenne 3,5 € le kg, le blé payé à l'agriculteur représente moins de 0,15€, les cours du blé sont ce matin à 0,190€ le kg. Dans la pâte, le boulanger ajoute 40% d'eau, son coût dans le pain que vous achetez représente environ 10 fois part qui revient à l'agriculteur...

Ce qui permet à tout un chacun qui n'est pas au chômage de financer des tensions géostratégiques meurtrières. Pour aller en vacance dans les caraïbes ou payer le gaz russe qui sert à fabriquer les engrais azotés. La dépendance aux énergies fossiles génère ou laisse perdurer de nombreux conflits, (à commencer par l'Irak) qui n'ont pas d'issues diplomatiques.

Marc Peyronnard

 

A lire aussi :

 

L'agroécologie peut nourrir l'Europe en 2050

L'agriculture européenne peut se passer de pesticides tout en garantissant la sécurité alimentaire des Européens, selon l'Iddri. Cela passe par un changement de régime alimentaire et une reterritorialisation du modèle agricole.

 https://www.actu-environnement.com/ae/news/agriculture-pe...

 

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24 juillet 2018

Nature en ville

Je vous passe les détails et je développerai l'argumentaire un autre jour, mais une chose est sûre : nous avons besoin de nature en ville. Il y a des parcs et des jardins publics, mais cela ne saurait suffire. La nature, c'est l'air, l'eau, la biodiversité, il en faut partout. Dès que l'on sort dans la rue, voir un oiseau et s'en enchanter. Surprendre un insecte et s'en réjouir. Découvrir une fleur et l'identifier pour mieux la connaître et la respecter. Comment protéger la nature si on ne la goute pas ? Comment aimer la terre si elle reste une abstraction ? Avez-vous remarqué comme l'herbe incite à la paix et la violence s'épanouit dans le béton ?

Depuis plusieurs années, c'est magnifique, la commune a renoncé aux herbicides pour "entretenir" nos rues et nos trottoirs. Ce qui devait arriver est maintenant visible, surtout en été : la végétation réapparaît là où elle avait disparu.

Millerpertuis commun 20180717_104326.jpg

On devrait en féliciter nos élus et les agents municipaux chargés des espaces verts. Mais les esprits chagrins ne sont jamais loin et j'entends dire, ici et là, que la mairie ne fait pas son travail ! Car voilà,  les plantes sont vigoureuses, encombrent l'espace, gênent le cheminement et perturbent le regard des partisans de l'ordre.

Onagre fatigué.jpgAlors, que faire ? Comment protéger en même temps le piéton qui a droit à son passage et le millepertuis radieux que nul jardinier, aussi doué soit-il, aurait réussi à planter dans ce mur encore en bon état ?

Qui doit couper ces laitues sauvages et fatiguées qui débordent sur la rue ?

La canicule est proche, c'est donc l'hiver qui nous donne une réponse. Que chacun déneige son trottoir, nous dit l'usage. Oui, le plus simple est de confier aux riverains le plaisir d'observer leur environnement et la décision d'agir quand ils en verront le besoin.

Subsidiarité, proximité du terrain, responsabilité, collégialité ... la nature  nous éduque à la démocratie.

D'ailleurs,  certains n'attendent pas que la commune intervienne. Ici, les voisins ont pris l'initiative, montrent l'exemple et le trottoir est redevenu minéral, à leur souhait :

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Ils y sont allés fort, le lotier n'a pas survécu ! Peu importe, il reviendra, l'espèce est abondante.

Francis Odier, 24 juillet 2018

Lotier corniculé urbain 20180717_175441.jpg

 

 

17 juin 2018

Cet été, mettez les gilets orange pour randonner en montagne !

Au risque de choquer mes amis environnementalistes, je confesse sans honte aucune que j'aime le gibier à ma table, je respecte la chasse et, comme diraient certains à qui l'on reprocherait leur racisme latent, j'ai même un ami chasseur.

Pour autant, un arrêté préfectoral récent m'a ... surpris, désarçonné, effrayé même.

Publié au registre des actes administratifs le 14 juin dernier, il règlemente les dates d'ouverture de la chasse. Un communiqué de presse avait annoncé son contenu quelques jours auparavant

Après une consultation du public organisée du 26 avril au 22 mai derniers, dont la synthèse et l'indication des propositions du public dont il a été tenu compte n'ont pas été rendues publiques en violation de l'article L.123-19-1 du Code de l'environnement, cet arrêté dispose notamment que la chasse au grand gibier démarre ... le 1er juillet prochain et se poursuivra cet automne pendant la période de chasse habituelle.

L'insuffisance des prélèvements d'individus adultes, susceptibles d'opérer d'importants dégats dans les cultures comme en milieu naturel en raison de leur nombre, explique certainement cette politique iséroise.

Mais les chasseurs eux-même semblent peu convaincus de l'adéquation de cette mesure à la surpopulation des sangliers, notamment : dans un communiqué publié dans le Dauphiné, ils indiquent que le prélèvement estival ne représenterait pas plus de 2% du prélèvement annuel et n'hésitent pas affirmer "Chasser douze mois sur douze, non merci !"

Reste que des chasseurs sont bien autorisés, à titre dérogatoire, à tirer pendant l'été sur du grand gibier.

 

En Isère pourtant, les activités de pleine nature constituent une part importante de l'activité économique: doit on, dans ces conditions, y favoriser la naissance de conflits d'usage entre randonneurs et chasseurs, en plein été ?

Car des conflits, il y en aura nécessairement entre des chasseurs gênés par des randonneurs bruyants et des promeneurs craignant le passage d'une balle perdue -on parle bien ici de chasse au grand gibier.

 La galinette cendrée des inconnus est une caricature d'un monde de la chasse qu'on ne connait pas dans les ACCA -associations communales de chasse agréées- que je cotoie. Pour autant, on rencontre parfois, dans les équipages qui louent à la journée un territoire de chasse, des profils de rurbains "viandards" qui ne s'en éloignent que trop peu.

Alors, pour ne pas sombrer dans la caricature mais pouvoir se promener en toute sécurité, cet été, sortez couverts !

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E.Wormser, le 17 juin 2018

12 juin 2018

Gens du voyage : héritage encombrant et mémoire sélective... un "secret de famille"

"La vérité est à manier avec précautions. Mais chacun a le droit de connaître ce qui touche à ses origines et à son devenir. Ces informations lui appartiennent. (...) L’existence d’un secret toxique se manifeste de façon plus insidieuse. Les faits sont souvent masqués par des " mythes " de substitution dont on pressent bien qu’ils ne sont pas tout à fait vrais."

Ces mots sont extraits d'un article -parmi beaucoup d'autres traitant du sujet- publié dans le magazine Psychologie.

Il n'est pas contestable qu'ils ne s'appliquent pas seulement aux secrets de famille et fournissent également une grille d'analyse précieuse pour comprendre les carabistouilles qu'on nous sert dans l'éditorial du dernier journal municipal.

Un extrait de ce texte illustre particulièrement sa prégnance dans le comportement de certain représentant :

"trouver d’autres solutions, telles que la remise en état d’un terrain communal situé près de la déchetterie. Ce site pourrait offrir une réelle alternative en cas de nouvelle tentative d’installation dans le parc. Cette initiative, je l’ai prise alors que Crolles remplit déjà ses obligations légales."

On sait comme certaines collectivités sont convaincues de l'attirance des gens du voyage pour les déchetteries : Hergé n'était pas un grand humaniste mais il dénonçait pourtant cet a priori dans les dessins déjà repris dans notre article du mois dernier. Las, ces caricatures n'ont pas suffi à éviter qu'on installe les "bohémiens" des Bijoux de la Castafiore à quelques mètres des bacs de la déchetterie de Saint Ismier ou qu'on décide d'exploiter une centrale de compostage à proximité de leurs habitations à Villard-Bonnot.

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A Crolles, l'idée n'est pas neuve, loin s'en faut... Et elle constitue apparemment un secret toxique qu'il est utile de réveler alors que certains semblent l'oublier, l'enfouir même tel un secret de famille !

Souvenez vous, en 2007, Crolles accueille déjà les gens du voyage "derrière la déchetterie" dans une aire "transitoire". En novembre de la même année, le Conseil municipal reconnait de graves problèmes de "salubrité" et finit par admettre que des travaux s'imposent en attendant l'ouverture de l'aire de grand passage de l'autre coté de l'autoroute.

En septembre 2008, le Conseil municipal constate que l'aménagement de l'aire de grand passage est bloqué -mais sans dire que c'est parce que le projet est illégal, tout simplement : de méchants environnementalistes empêchent qu'on mette fin à l'utilisation de l'aire transitoire qui, pourtant, "n’est pas conçue pour offrir des conditions d’accueil dignes et décentes aux gens du voyage". Le journal municipal du même mois reprend cette antienne : "Dés l'ouverture de cette aire de grand passage, l'aire provisoire située à proximité du SICIOM a vocation à fermer."

La même année, le maire de l'époque a expliqué à la presse que "certains veulent mettre les choses à feu et à sang pour des grenouilles".

On retrouve dans ces déclarations deux thèmes repris dans le journal municipal de juin 2018 : en substance, "on va faire une installation seulement transitoire derrière la déchetterie" et "c'est pas la fôte à la commune" : il y a dix ans déjà qu'un mythe se construit, un mythe de substitution !

En 2009, branle-bas de combat à la mairie : l'association France Liberté Voyage fait part au maire des conditions exécrables d'accueil des gens du voyage sur la commune... Reprenant les deux branches du mythe de substitution qu'il élabore patiemment, le maire répond, dans un courrier du 23 avril : en résumé, le projet d'aire de grand passage est bloqué par la FRAPNA -en fait, il est bloqué parce qu'il est illégal- et les reproches formulés par les représentants des gens du voyage sont malvenus puisque tout ça n'est pas la fôte à la commune.

En juin 2010, le conseil municipal donne son avis sur le projet de schéma départemental d'accueil des gens du voyage... L'occasion pour le maire de Crolles de mettre le singe sur l'épaule de la communauté de communes... qu'il dirige (!)..., de rappeler que la commune n'est pour rien dans le retard pris pour réaliser l'aire de grand passage et... d'informer que si ladite aire n'est pas réalisée ou exploitée conformément aux termes du schémas, la commune devra réaliser une aire d'accueil de passage ou de séjour.

 

En juin 2018, poursuivant le grand œuvre de son illustre prédécesseur, le maire de Crolles indique, au sujet des travaux qu'il va engager "près de la déchetterie", que la commune remplit ses obligations légales.

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Mais la commune l'aurait alors fait en mettant le singe sur l'épaule de l'intercommunalité, ne l'oublions pas... et que le singe était bien malade depuis sa naissance !

Et surtout, Crolles remplit-elle ses obligations en 2018 ? Non, comme l'annonçait déjà François Brottes dix ans plus tot.

 

Philippe Lorimier omet en effet de rappeler ici que la situation décrite dans notre article du mois dernier n'est que l'héritage de décisions parfaitement irrégulières prises d'abord par la commune de Crolles, par l'Etat mais à la demande de la première et par la communauté de commune présidée par un élu crollois...

Il oublie également de préciser le projet initialement prévu d'une aire de grand passage proche de l'autoroute, en zone inondable, avec des assainissements insuffisants, non conforme au SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux), et dont les incidences environnementales n'ont jamais été correctement compensées.

Il oublie enfin de mentionner que l'aire de grand passage finalement aménagée est déjà occupée -et inutilisable pour les grands passages- parce que l'intercommunalité n'a pas réalisé l'aire de séjour qu'elle devait construire pour accueillir ceux qui y sont déjà installés.

Tout s'est donc passé comme l'annonçait le maire de Crolles en 2010, dans ses prévisions les plus pessimistes !

 

Dans un article presqu'aussi ancien que les faits rappelés précédemment, notre blog s'interrogeait sur l'héritage que le maire actuel de Crolles revendiquerait après son élection : force est de constater que nos espoirs se sont avérés vains... La pratique de la menterie et de l'approximation avec les faits objectifs se poursuit : on nous prend décidément pour des poissons rouges.


A moins, à moins .... que le poids du secret de famille et la honte qui l'accompagne soient une explication plausible de cette mémoire sélective. Une telle interprétation rendrait acceptable -parce qu'incoercible- cette posture qui, fondée sur un "mythe de substitution", fait fi à la fois:

  • de la continuité politique avec les mandats précédents revendiqués par les candidats aux élections municipales aujourd'hui majoritaires
  • et du principe de continuité du service public qui impose qu'à l'occasion d'un changement d'équipe, l'exécutif nouveau n'abandonne pas brutalement l’œuvre de ses prédécesseurs.

E.Wormser, le 12 juin 2018

31 mai 2018

Accueil des gens du voyage : les représentants du peuple ont-ils vraiment un rapport aussi compliqué avec la vérité ?

Dans son dossier publié le 26 mai dernier relatant l'installation des gens du voyage dans le parc Paturel et la réunion organisée par le maire de Crolles le 24 mai, la journaliste du Dauphiné rapporte que :

(...) l'aire de séjour de 50 places située à côté de la barrière de péage de Crolles, devait accueillir initialement 210 caravanes. Mais François Brottes, alors député de la 5è circonscription et maire de Crolles, avait fini par perdre devant la justice face à la Frapna.

Parce qu'il s'agissait d'une zone inondable, destinée à devenir un champ d'inondation contrôlée (pour les crues d'une fréquence trentennale), et aussi parce que c'était une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (Znieff)... Bref, si la construction avait pu se taire pour 210 caravanes, aujourd'hui, le Grésivaudan remplirait ses obligations en termes d'aire d'accueil de grand passage.

et plus loin :

"En juillet et août, le niveau de l'Isère ne monte pas, et les grands passages ont surtout lieu a cette période de l'armée », a plaidé le maire de Crolles, dépité que « la dimension environnementale prenne trop souvent le pas sur d'autres objectifs !'... Humains, sociaux et politiques bien évidemment.

Rien... n'est moins vrai !

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07 mars 2018

Frédéric le moustique

Vous connaissez certainement la série des comptines pour enfants, Léon le bourdon, Mireille l'abeille, Oscar le cafard.

Frédéric, le moustique était l'invité d'une réunion commune de la ville Crolles Bernin ... (je rêve) ce jeudi soir 1er Mars.

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Deux intervenants de grandes qualités pédagogique et technique (le directeur de l'EID - Entente Interdépartementale pour le Démoustication - et le professeur JP. STHA chef de service au CHU de Grenoble), nous ont expliqué les moyens pour limiter la prolifération de ces bestioles et les risques endémiques et certains ! des maladies virales fort peu sympathiques consécutives, si l'insecte est infecté.

Cette réunion était une belle réussite et bien organisée ; 50 personnes ont été présentes sur les 2 communes.

Si le moustique tigre (aedes albopictus) diffère un peu dans sa technique de ponte des autres, toutes leurs larves ont besoin d'un lieu humide pour se nourrir, pour grandir et piquer de nouveau, pour nourrir les œufs qui vont grandir et piquer et pondre et .....

L'expansion est très difficile à contenir mais avec des actions de prévention de TOUT LE MONDE, il est possible de limiter fortement sa nuisance.

Si la commune de Crolles a toujours mené des campagnes d'action et de sensibilisation, Bernin ne conduit pas d'action. De nombreux citoyens ont montré cette incohérence car le moustique ignore les frontières administratives. 

Si les habitants ont des bons reflexes pour éviter de fournir le vivre et le couvert aux  larves (chasse intensives aux endroits parfois minuscules pouvant maintenir une forte humidité ), il a été évoqué les regards ou avaloires d'eau pluviales le long des voiries, tous les 50 à 100 mètres, hors champ d'action du citoyen.

En fond de cuve en béton, il y a une généreuse plaque d'eau qui stagne !!! Les moustiques nous sont  reconnaissant de cette délicate attention ....

Le mot clé de cette soirée est LA PREVENTION de tous  y compris de toutes les communes pour limiter les nuisances de ces petites bêtes ; leur faculté d'adaptation est colossale.

Les virus, les petits, les gros, les joufflus, les retro, les méga sont sources d'émerveillement et d'inquiétude aussi.

JP Chollet

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03 février 2018

Journée mondiale des Zones Humides

C’est maintenant ! La journée mondiale des zones humides. Vite, se renseigner.  

En cet hiver 2017 – 2018, la pluviométrie a battu des records. Chacun a pu s’en rendre compte en sortant de chez lui, observant les ruisseaux, se promenant dans la plaine ou, hélas, dans certains villages du Grésivaudan, en constatant les dégâts provoqués par les inondations.

C’est le moment de rappeler l’utilité des zones humides. Je vous conseille une excellente brochure réalisée par le Cerema (disponible en téléchargement gratuit sur www.cerema.fr)

Concernant le quartier durable de Crolles, la question reste ouverte et sans réponse : comment la commune va-t-elle satisfaire l’obligation réglementaire de compenser les zones humides détruites ?

Episode pluvieux 20 janvier 2018 - compressé.jpg

                                                                  Crolles, "Quartier durable", 20 janvier 2018

Nous vous tiendrons informés.

Francis Odier, 2 février 2018

Schéma ZH selon Cerema.png

Cerema - "Intégrer les milieux humides dans l'aménagement urbain" - www.cerema.fr

11 décembre 2017

Etat de l'Environnement dans l'agglomération grenobloise

C’est en ouvrant le robinet pour boire un verre que j’y ai pensé : Crolles, Grenoble, nos destins sont liés.

Réseau eau potable. Source : www.eauxdegrenoblealpes.fr

carte réseau Eau.png

Sorti dans la rue de bon matin, j’ai croisé un camion poubelle. Dès sa tournée finie, il s’en ira livrer son chargement au centre de traitement Athanor, à La Tronche. Là, mes déchets produiront de l’énergie pour l’hôpital voisin – et il n’est pas impossible, hélas, que des enfants des écoles de Grenoble respirent des poussières et particules fines provenant de la maison Odier.

Pendant la nuit, la pluie est tombée drue. Avec l’expérience, je mesure la quantité de précipitation au grondement du Craponoz tout proche. Petit ruisseau est temporairement devenu torrent boueux. Il va grossir l’Isère et ses eaux traverseront Grenoble dans quelques heures.

J’arrive à l’arrêt de bus, Croix des Ayes. 5 h 10, c’est l’heure du changement d’équipe chez ST. D’un coup, les voitures défilent à vive allure, les travailleurs se répandent partout dans la région, autosolistes en masse qui apportent leur contribution à l’effet de serre, à l’environnement sonore, à la pollution de l’air. Encore 10 minutes et nous voilà chez ST. L’Express se remplit rapidement. En ce moment, l’usine tourne bien. Les intérimaires, surtout des hommes, plutôt jeunes, sont nombreux. Quelques habitués de la nuit aussi. Ils échangent des nouvelles, de tout de rien, décontractés, un jour après l’autre, profitant de cet instant de répit organisé par le Département que l’on connaît ici sous le nom de TransIsère. Correspondances à Sablons, mairie de Grenoble, Chavant, Victor Hugo, gares … Le trajet commencé en Grésivaudan s’achève quelque part dans la Métropole ou en pays voironnais.

Les flux s’entrecroisent et bougent sans cesse. Faudrait-il figer les frontières de nos collectivités territoriales ? Certains le pensent, au motif qu’il ne faut pas changer trop souvent. Je n’en suis pas si convaincu, mais peu importe, il n’y a pas d’urgence à rejoindre administrativement l’agglo. L’environnement, lui, se moque de nos structures et de nos sigles et acronymes qui remplissent des pages de glossaire.

Voilà quel était mon état d’esprit quand j’ai reçu une invitation à lire l’Etat de l’environnement dans l’agglomération grenobloise – Les défis à relever. Jacques WIART, Editions Campus Ouvert, 2017.

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