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12 juillet 2017

Avis sur la digue du Fragnès

Ce n'est qu'un projet et j'espère que nous en resterons là. Mais la municipalité voit les choses autrement et persiste à vouloir construire une digue pare-blocs dans le secteur du Fragnès, au pied des coteaux de Crolles.

Même les sangliers et les chevreuils ont été informés de l'enquête publique. Alors, il fallait entrer dans l'avis.

Voici le texte complet remis au nom de Trait d'Union au Commissaire Enquêteur.

Faut-il une digue pour protéger cette prairie ?

Prairie du Fragnès.jpg

En résumé :

L’utilité d’un ouvrage de protection de l’habitat existant dans le secteur du Fragnès n’a rien d’évidente car le relief joue un rôle protecteur sur une bonne partie du tracé.

Le tracé alternatif montre que le linéaire de la digue pourrait être limité au merlon Nord et une partie du Merlon Sud, soit environ 500 m maximum. Le projet est donc trop étendu d’un facteur 2 à 3.

Il n’y a pas eu d’étude de variantes de localisation. Les solutions de substitution ont été étudiées sur le seul positionnement défini depuis le début du projet, au début des années 2000, voire 1990.

Le projet répond à une prescription du PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels, établi par le Préfet), sans informer le public sur les enjeux d’urbanisation portés par le PPRN. Les enjeux liés à l’urbanisation sous la digue sont étrangement absents du dossier d’enquête publique.

Le dossier d’enquête est trompeur sur la rigueur scientifique et technique du projet.

Les effets paysagers sont largement sous-estimés.

Les compensations prévues pour les atteintes à l’environnement ne sont pas à la hauteur des dommages prévisibles.

A l'échelle de Crolles, nous faisons face à un grand projet inutile, couteux et dégradant pour l'environnement.

Francis Odier

24 avril 2016

Montagnes croulantes : mais que font les experts ?!

Il y a quelque chose de comique dans l’éboulement du Granier qui a fait grand bruit en début d’année. C’est notre ligne Maginot, ligne bleue des Vosges en Grésivaudan : on surveillait l’Est, et c’est le Nord-Ouest qui est tombé ; il y avait des capteurs pour détecter le moindre mouvement, mais les rochers sont partis sans crier gare. Ah, quelle indisciplinée, cette nature !

Eboulement du Granier - 9 janvier 2016 - photo FranceTV.jpg                                                       Eboulement du Granier, 9 janvier 2016. Photo FranceTV

Voilà nos experts pris en défaut.

Alors, sous les coteaux de Crolles, que faire ? Comment se protéger alors que nous sommes menacés, en permanence, jour et nuit, par « des éboulements en masse de plusieurs milliers de m3 dans les secteurs où la fissuration due à la tectonique est plus marquée » ? L’affaire est sérieuse, ce sont les experts de SAGE qui le disent : « les blocs unitaires issus de ces éboulements pourraient atteindre des volumes de l’ordre de 150 à 200 m3 pour la falaise supérieure du Tithonique et au maximum 20 m3 pour la falaise inférieure du Séquanien ». Sacré Tithonique ! On le croyait dur comme le granit, on le découvre aussi fragile et périssable que le Titanic.

Heureusement, la commune nous protège. Voici un extrait du DICRIM, Document d’Information Communal sur les RIsques Majeurs, dans la version en ligne par un jour pluvieux d’avril 2016 : « Afin de protéger les habitants, la commune a réalisé sur les coteaux des digues pare-blocs qui ont pour objectif de piéger les blocs et d’éviter qu’ils ne rebondissent jusqu’aux habitations ». Voilà pour les blocs. Et pour les éboulements en masse ? Inch’Allah ! Le risque est grand mais la protection est petite, dirait le bon Raffarin s’il venait en visite dans nos contrées.

Dormez en paix, habitants du Fragnès. D’abord, selon le document en ligne aujourd’hui, « pour compléter le dispositif de digues, la construction de la liaison entre les secteurs du Fragnès et du Brocey est prévue prochainement. Les travaux sont programmés début 2010 ». Voilà qui est dit, clair, net et précis : « début 2010 … ». La digue prendrait-elle le chemin de la déviation, soi-disant indispensable et longtemps promise, mais superflue et jamais construite ? Nous verrons. Prochaine réunion sur le sujet : 26 avril 2016, commission Cadre de Vie élargie au comité de suivi du projet de digue du Fragnès.

Coteaux de Crolles - février 2016.jpgOui, citoyennes, citoyens, dormez en paix. Les experts veillent, surveillent la falaise et se préparent à intervenir en cas de mouvement suspect de bloc. C’est l’état d’urgence. Ayez confiance !

Francis Odier, 23 avril 2016

 

A lire : le billet de Jean-Paul Chollet sur la formation sur les risques rocheux.

12 avril 2016

Formation " risques rocheux dispensée par le PARN

Le  Mardi 8 Mars 2016 , il  a été dispensé une formation aux "  Risques Rocheux " dans les locaux de l'OSUG ( Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble) hébergeant le PARN ( Pôle Alpin d'Etudes et de la Recherche pour la prévention des Risques Naturels).

Initialement cette formation était proposée aux élu(e)s ; Mme N. Gros leur a demandé de l'ouvrir dans la limite des places disponibles, aux personnes du comité de pilotage du projet des digues du Fragnés à Crolles. A ce titre, deux citoyens de Crolles ont pu suivre ces exposés.

Je vous propose mes notes personnelles, partielles et partiales.

Le secrétariat du PARN a donné l'ensemble des présentions sur le lien :

 http://risknat.org/journee-risque-rocheux/        

Ce bâtiment héberge 6 laboratoires : LGGE, ISTerre, LTHE, IPAG, LEGI et LECA .... Ces laboratoires travaillent aussi avec des bases de données de l'IGN et des RTM.

 

Durant la matinée, 6 exposés ont été présenté de façon synthétique et accessible ; ils émanaient essentiellement des laboratoires d'ISTerre et IRSTEA, plus un bureau d'études.

Tous ces laboratoires travaillent  avec leur spécificité et  compétence sur essentiellement  l'acquisition puis modélisation des falaises du ST Eynard qui correspondent aux states géologiques des falaises de Crolles.

   P1080498.JPG                 

 

 

 

 

 

 

Site du Luisset 29/Nov./2012

 

Il a été noté que 40 éboulements de plus de 10m3, sur cette falaise du St Eynard, ont été comptabilisé entre 2000 et 2016 soit 1 éboulement de >10 m3, soit un caillou de  >2 mètres de diamètre par kilomètre de falaise litée ( celle de "Crolles").

Un site collaboratif est en cours de construction afin que tout un chacun puisse renseigner ( date, heure, aspect , lieu,  etc ....)  des événements passés et futurs. Tous les acteurs scientifiques  estiment la puissance de la richesse de telles données pour enrichir leur modèle.

Le rôle de la forêt, comme absorbeur  de blocs, est  connu et reconnu pour son efficacité.

Les par-bloc avec amortisseurs base pneus n'ont plus la cote ; les pentes amont et aval  des merlons et leur hauteur doivent être correctement établies.

Lorsqu'un bureau d'étude est  missionné, il est important que ses avis soient échangés avec la compétence de ces laboratoires.

Le recul de la falaise du St Eynard  est estimé à 2 mètres par siècle, très en gros ...... voir beaucoup moins ..... 

Tous reconnaissent humblement  que l'éboulement du Granier ( face Ouest  en Janvier 2016 ( 170 000 M3" !!!!! soit 85 m* 185 m) n'était pas sous surveillance alors que la face Nord  est bardée de très nombreuses capteurs .

L'éboulement du sud de la Dent de Crolles ( 23/10/2010), non négligeable quant même, présente les mêmes caractéristiques (étage géologique, fragilité non prévue, fragilité connue juste à coté -surplomb massif .....).

La rencontre d'événements mobiles ( chute de bloc et déplacement  de personnes)  ne sont pas des événements rares !!!!!

Une présentation de D. Hantz d'ISTerre mentionne une approche statistique des événements en regard des risques liées à l'espérance de vie pour différentes classes de vie pour 'homme.

La question est donc posée à quel moment  et à quel cout, devons -nous sécuriser un parcours potentiel de chute de blocs ?

JP Chollet

17 mai 2015

Guide pratique des Versants rocheux

Enfin ! Nous en avions besoin, j’en avais rêvé, deux établissements publics l’ont fait ! Voici le Guide pratique – Versants rocheux. Phénomènes, aléas, risques et méthodes de gestion, publié par l’INERIS et le CEREMA.

Je vous recommande cet ouvrage de vulgarisation, sérieux et limpide, sur les chutes de blocs.

Le livre donne quelques clefs pour comprendre mes désaccords et ceux de Trait d’Union avec la municipalité concernant le projet de digue du Fragnès.

En résumé, pour aller à l’essentiel : alors que le risque est très hétérogène, différencié d’un secteur à l’autre, au sein du périmètre visé par le projet de digue, la municipalité propose un ouvrage linéaire, une protection uniforme, en prétendant qu’aucune autre alternative n’est possible.

Extraits du Guide pratique des Versants rocheux – page 12

Aléas et risque - chute de bloc.jpg

Dans le cas du Fragnès, l’évaluation du risque a été réduite à la portion congrue : au constat que des blocs tombent de temps de temps et parviennent à proximité des zones habitées. Il n’y a pas eu de priorisation des actions : la réponse unique est de construire un merlon sur l’ensemble du linéaire. Lors d’une réunion récente de la commission Cadre de Vie consacrée à la digue (février 2015), l’adjointe chargée du dossier a pleinement revendiqué la dimension « subjective » du risque, renonçant ainsi, de facto, à l’évaluer avec méthode. 

Pour autant, le projet actuel est parfaitement réfléchi, rationnel. Il s’inscrit dans la logique des années 1990 et 2000 où la digue avait comme vocation de rendre constructible les terrains situés en aval. Aujourd’hui, cette constructibilité n’est plus d’actualité et n’est pas prévue dans le PLU … mais le projet n’a pas été modifié pour autant ... et tout le problème est là.

Cher lecteur, je te sens impatient de partir en exploration de ce guide des Versants rocheux. Tu as raison, mille fois raison. Tu trouveras une cerise sur le gâteau. Signe d’une ouverture immense, l’ouvrage évoque des lieux et des événements  du Sud-Ouest, et même du Lot-et-Garonne. Bien sûr, les coteaux de Crolles et ses blocs voltigeurs ne sont pas absents. Comment pourraient-ils l’être ?! Mais qui connaissait Nérac, la Baïse, la vallée d’Aspe, ces lieux enchanteurs où j’ai découvert la pleine nature qui n’est pas sans risque ? 

Les versants rocheux sont des champs de surprise. Protégeons-les.

Francis Odier, 15 mai 2015

Nb : le dossier n'est pas clos. Nous y reviendrons. En particulier pour proposer quelques alternatives.

30 avril 2015

L'avis de Trait d'Union

L’association Trait d’Union a pour vocation de défendre le cadre de vie des habitants de Crolles, en particulier en matière de paysage, d’environnement et d’urbanisme. Suite à deux réunions en mairie en janvier et février 2015, l’association a résumé sa position sur des dossiers communaux en cours.

Nous publions ici le courrier de Trait d’Union et la réponse de Monsieur le Maire.

Photo TU.jpg

Les dossiers évoqués sont notamment les suivants :

Le château et son parc : Trait d’Union milite pour le maintien de la protection du château dans son périmètre historique, ce qui suppose de conserver le parc non constructible.

Le projet de digue du Fragnès : Trait d’Union milite pour la qualité des paysages et le développement de la valeur écologique, et s’oppose au projet de merlon tel qu’il est actuellement conçu.

Le projet de création d’une Association Foncière Agricole (AFA) dans les coteaux : Trait d’Union propose de donner la priorité au maintien de la biodiversité, à la polyculture, en prohibant l’usage des pesticides. Trait d’Union propose d’inclure dans le périmètre de l’AFA les terrains non construits en aval du projet actuel de digue du Fragnès.

Les discussions continuent ... nous y reviendrons.

Francis Odier, 28 avril 2015

05 juillet 2014

Digues : apprendre à lire un arrêt du juge administratif

Dans le dernier éditorial du Journal Municipal, notre nouveau maire informe la population que le projet de digue du Fragnès n'est pas remis en cause, que son utilité publique n'est pas contestable, et que de nouvelles études permettront qu'il voit enfin le jour.

Manifestement, il ne sait pas lire un arrêt du juge administratif...

Petite leçon de lecture donc, pour le bénéfice de tous j'espère !

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16 mai 2014

Faut-il vraiment leur confier la sécurité nucléaire française ?

Après l'accident de Fukushima et au moment où la France est confrontée à la douloureuse question de la fermeture de ses centrales nucléaires vieillissantes (notamment Fessenheim) et du stockage des matériaux de leur déconstruction (Cigeo à Bure dans la Meuse, ICEDA dans l'Ain), l'Assemblée nationale a créé le 11 décembre 2013 une commission d'enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire, à la durée d'exploitation des réacteurs et à divers aspects économiques et financiers de la production et de la commercialisation de l'électricité nucléaire de trente membres, conformément au chapitre IV de son Réglement.

Cette commission est présidée par le député Brottes. Lors des auditions réalisées, celui-ci a fait un rapprochement pour le moins hasardeux entre le risque nucléaire et un risque qu'il connait bien à Crolles: celui des chutes de blocs.

Son intervention mérite d'être analysée : elle interroge sur de nombreux points, particulièrement importants dès lors que le rapport qui suivra jouera un rôle majeur dans les décisions que nos parlementaires prendront en matière de sécurité nucléaire pour les prochaines décennies.

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23 février 2014

Idée n° 56 : lancer des appels à projets

Depuis des années, la commune de Crolles poursuit des chimères, des projets inutiles ou mal conçus : la déviation, la digue du Fragnès, l'urbanisation du parc du Château. Tel Harpagon, la commune engrange et thésaurise des terrains dont elle n'a pas l'usage. De plus, les réserves foncières dans la zone industrielle sont surdimensionnées compte-tenu des friches industrielles qui existent dans la vallée.

Alors, voilà. Des terrains ont été acquis, par le dialogue, la ruse ou la pression, peu importe maintenant, c'est le passé. Regardons l'avenir. La question se pose : que faire des terrains réservés pour la déviation (qui ne sera pas construite), pour la digue du Fragnès (qu'il faudrait entièrement redessiner), pour les logements du parc du Château (qui n'est en fait pas constructible) ?

logo j aime crolles - petit.jpgLançons des appels à projets. Faisons en sorte que l'usage de ces terrains soit décidé collectivement, en transparence, après réflexion, dans l'intérêt général.

J'anticipe l'appel à projets et je livre ici mes propositions. Une approche globale est nécessaire pour la plaine et les coteaux. Négocions avec les agriculteurs pour remembrer les terrains et créer une ferme communale. En pied de coteaux, le terrain caillouteux est idéal pour la vigne. Dans la plaine, le maraîchage aurait toute sa place. Un partenaire potentiel pour la ferme communale est Terre de Liens.

Dans le parc du Château, au-dessus du chemin du Trait d'Union, il suffit d'installer quelques bancs, pas trop et pour l'usage préférentiels de promeneurs âgés, et jeux pour enfants avec quelques carrés de jardin partagé. Ainsi s'y mêleront dans la journée plusieurs tranches d'âge d'habitants du quartier de l'église.

Le foncier est une denrée rare. Le gaspiller serait fautif. Il y a pire encore : le gaspillage dans l'opacité.

Appel à projets, appel à idées ... construire la ville ... la terre est notre richesse quand elle est ouverte sur le collectif.

Francis Odier, 23 février 2014

vigne.jpg

03 novembre 2013

Le rire des contrebandiers

29 novembre 2012, un bel éboulement se produit depuis les falaises du Luisset, dans le secteur du Tambour. Le maire prend un arrêté d’interdiction d’accès au sentier du facteur qui est directement sous la zone d’éboulement et qui a été atteint par plusieurs blocs. Un an plus tard, les blocs n’ont pas bougé d’un pouce depuis le premier jour, l’arrêté est maintenu.

Je fréquente régulièrement ce sentier dit "du facteur", pour m’aérer l’esprit, étudier la géodynamique locale et l’urbanisation de la vallée. C’est un excellent site d’observation sur l’unité urbaine de Crolles – Bernin. Chemin faisant, je croise souvent des promeneurs, seuls ou en famille. Tous semblent insouciants face au risque. Cependant, ils connaissent le danger et bravent tranquillement l’interdiction d’accès. 

Aujourd’hui encore, j’en ai fait l’expérience. 

Chutes de blocs 2010 - 2013.jpg

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16 mars 2013

La digue la digue - Introduction

Ce n’est pas une histoire, mais une épopée géologique et humaine. Depuis des millénaires, les montagnes de Chartreuse et les falaises du Grésivaudan s’écroulent, jusqu’à donner son nom au village de Crolles. Les blocs débaroulent dans la vallée.

Pour se protéger de la nature et conquérir de nouveaux territoires, les villageois construisent des digues. Digue du coteau, digue du pied de Crolles, digue de la Vachère, digue du Brocey … A l’abri des ouvrages protecteurs, les lotissements poussent plus vite que les vignes d’antan.

A l’aune du 21ème siècle, le moment est venu d’achever l’édifice. Le chainon manquant, c’est la digue du Fragnès, un fin ruban de 1160 m qui déjà est esquissé sur les plans d’urbanisme et anticipé dans le Plan de Prévention des Risques. La commune lance une enquête publique, obtient une Déclaration d’Utilité Publique, achète à l’amiable, une à une, les parcelles qui couvrent l’emprise de l’ouvrage projeté, exproprie un propriétaire récalcitrant.

Tout est prêt. Il est temps. Le chantier n’a que trop tardé

 Bannière digue.jpg

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