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28 novembre 2020

Sols pollués par des métaux lourds lors d'un incendie : culte du secret et incompétences respectives

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Notre blog a déjà relaté l'incendie accidentel de Hager, le 10 juillet 2019, pour déplorer le défaut de communication de l'administration à son sujet. Deux recours au tribunal plus tard, nous en savons plus sur les pollutions du sol générées et sur l'absence de réaction de l'administration communale... La pollution est importante et personne ne veut que ça se sache !

 

I Devoir saisir le tribunal pour être informé de plein droit

La législation de l'environnement impose, en résumé, que doit être communiquée à toute personne qui le demande toute information relative à des déversements et autres rejets susceptibles d'avoir des incidences sur l'environnement...

Bien sûr, il y a des informations qu'on préfèrerait cacher sous le tapis, mais en cette matière particulière et en application d'une directive européenne (2003/4/CE), aucun refus de communiquer ces informations ne peut être opposé, sauf pour des motifs de sécurité publique.

Nos administrations n'en ont cure : nos édiles sont peu sensibles à l'application de ces dispositions législatives et conventionnelles, alors que le droit d'accès aux documents administratifs a reçu l'onction de nos plus hautes juridictions ; le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat qualifient ensemble ce droit pour tous de garantie fondamentale constitutionnellement protégée, en regard de l'article 34 de la Constitution, de l'article 15 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, et de l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; rien de moins !!!

Petit rappel des faits pour illustrer ce mépris des administrés :

  • le 25 août 2019, j'ai demandé au maire de Crolles de me communiquer des études de sols commandées par la commune pour mesurer les pollutions consécutives à l'incendie de l'usine Hager.
  • le 25 septembre, pas de réponse : le silence vaut refus !
  • le 7 octobre 2019, j'ai renouvelé la demande
  • le 7 novembre, pas de réponse : le silence vaut refus !
  • j'ai donc saisi la CADA, le 8 novembre 2019
  • le 8 janvier 2020, la commune confirmait tacitement son refus (R343-4 CRPA)
  • le 9 janvier 2020, je saisissais le tribunal administratif et la commune en était informée : pas de réaction
  • le 28 avril 2020, la CADA confirmait -sans surprise- la communicabilité de ces informations et en informait la commune ; le tribunal l'en informait également
  • le 9 juin 2020, par un courrier reçu le 22 juin -décidément, la Poste n'est plus ce qu'elle était ?-, la commune communiquait enfin ces documents... sachant qu'elle avait un mois pour le faire à compter de la première demande formulée 10 mois plus tôt  !

Intrigué par les informations reçues, j'interrogeais la commune le même jour et, après une relance le 11 juillet 2020 -décidément...- le courrier qu'elle m'a adressé en retour entraînait de nouvelles recherches, auprès de la DREAL cette fois.

Et là, rebelote !

  • le 24 juillet 2020, demande adressée à la DREAL d'avoir copie des échanges annoncés par le maire dans son courrier du 16 juillet 2020.
  • le 25 août 2020, pas de réponse : le silence vaut refus !
  • j'ai donc saisi la CADA le 25 août 2020
  • le 26 août 2020, la CADA informait les services de l'Etat qu'elle était saisie d'une demande d'avis (R343-1 CRPA) : pas de réaction
  • le 19 octobre 2020, la CADA confirmait sans surprise la communicabilité de ces informations et en informait l'administration par un avis daté du 8 précédent : pas de réaction
  • le 26 octobre 2020, je saisissais le tribunal administratif
  • le 10 novembre 2020, le tribunal informait l'administration de ce recours
  • le 23 novembre enfin, la DREAL répondait enfin à ma demande sachant qu'elle avait un mois pour le faire à compter de la première demande formulée 4 mois plus tot  !

Sa réponse, apparemment creuse, est très riche d'enseignements !

Bilan de ces premières courses : le droit d'accès aux informations environnementales est largement confirmé... mais il faut passer par un tribunal pour en bénéficier...

Quelle perte de temps pour tout le monde !

 

II Une pollution grave du sol et une incompétence difficile à admettre

Les analyses de sol reçues montrent une pollution grave du sol liée à l'écoulement des eaux d'extinction de l'incendie dans le milieu naturel.

En voici un résumé sur les éléments les plus préoccupants :

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Les concentrations en éléments aussi "sympathiques" que le mercure, l'arsenic, le cadmium, le plomb explosent littéralement à l'aval de l'incendie.

Interrogée sur les suites qu'elle comptait donner à ce constat, la commune indique :

  • qu'aucune nouvelle analyse n'a été réalisée, la DREAL et l'ARS ne l'ayant pas suggéré;
  • qu'aucune mesure de dépollution du sol n'a été mise en œuvre pour réduire les taux élevés de polluants dans les boues;
  • qu'aucune disposition n'a été prise depuis en matière de rétention des eaux d'incendie pour qu'une telle pollution des milieux naturels ne puisse pas se reproduire et que cette question n'est pas à l'ordre du jour;
  • et surtout, que tout ça ne serait pas du ressort de la commune dès lors que le suivi des mesures de gestion des risques serait de la compétence de la DREAL.

Bien sûr, en retour, la DREAL indique que l'unité en cause dans l'incendie (le stockage) ne relevant pas des installations classées, elle n'a pas compétence à agir sur cet incendie.

Et rien n'est plus vrai : en matière de sécurité, le Préfet, par la DREAL, est compétent pour les sites qui relèvent de la législation des installations classées pour la protection de l'environnement, et uniquement elles...

Pour les autres, c'est bien le maire qui doit agir, d'une part au titre de ses propres pouvoirs de police de la sécurité et de la salubrité publiques et, d'autre part, dans le cadre des prescriptions qu'il peut imposer aux industriels en application des dispositions de l'article R.112-2 du Code de l'urbanisme, lorqu'est instruite tout simplement une demande de permis de construire.

Mais le maire de Crolles, si intéressé à l'implantation d'entreprises sur le territoire communal, ne veut dresser aucun  obstacle à leurs projets alors qu'il relève bien de sa compétence, au sens juridique du terme, de le faire.

Ainsi, alors que l'incompétence juridique de la DREAL est ici incontestable, les limites des compétences...techniques de nos zélés zélus semblent atteintes.

Parfois, mettre le singe sur l'épaule du  patron, ça ne suffit pas !

 

 

III Un Bilan ?

Les secrets de famille finissent toujours par sortir et c'est souvent douloureux.

Il est scandaleux que les administrations affichent sans vergogne un tel mépris souvent infantilisant pour les administrés, en les privant d'accès à des informations qu'il est indispensable de communiquer.

Par les temps qui courent, il y a surement d'autres besoins à satisfaire avec les deniers publics en communiquant sans barguiner au public les infos qu'il a le droit d'obtenir sans le forcer à mobiliser la CADA puis les juridictions pour que soit confirmé ce droit bien connu en matière environnementale.

L'incendie du bâtiment de stockage a eu des conséquences graves pour l'environnement : il n'est plus permis de le cacher.

Il appartient à la commune de prendre des mesures préventives pour que ce type d'évènement n'ait plus, à terme, les mêmes conséquences : il est donc urgent qu'à Crolles -et ailleurs- les compétences techniques rejoignent les compétences juridiques.

 

Emmanuel Wormser, le 28 novembre 2020

 

 

 

21 novembre 2020

Zéro artificialisation nette : et si on tentait le coup, près de chez nous ?

 

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Le "zéro artificialisation nette", c'est l'objectif ambitieux affiché par le gouvernement pour, d'une part, mettre fin à la gangrène qui ronge nos sols agricoles et nos espaces naturels et, d'autre part, pousser les opérateurs fonciers à valoriser les friches industrielles abandonnées et à densifier celles qui sont actives.

 

 

 

 

Alors, en recevant la pétition que je vous signale simplement, je me suis immédiatement dit : et pourquoi pas chez nous ?

Car tel est bien l'enjeu !

Avec le collectif de citoyen-ne-s les P’tits tissages, nous venons d’initier une action pour demander l’arrêt du dossier de création d’une Zone d’Activités Economiques sur les terrains agricoles de Grignon. Après la délibération prise en 2019, la vente de ces parcelles communales à la communauté de Communes le Grésivaudan est à l’ODJ du CM de ce jeudi 26 novembre !

Quelle urgence à bétonner encore nos sols communs ?

Il existe de nombreuses friches industrielles à rénover, des zones comme la gâche où il reste de la place…

Il apparait nécessaire, indispensable même, de maintenir des ceintures maraichères, d’arrêter d’artificialiser les sols…, comme le montre le travail de la convention citoyenne pour le Climat, et leur rapport adopté en juin 2020.

Pour signer, cliquez là : preservons-grignon-en-agricole.unepetition.fr...

Faites passer !

 

E.Wormser, le 21 novembre 2020

21 octobre 2020

Documents d'urbanisme à Crolles : un cabinet des merveilles... dans les juridictions ?

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Décidément, Crolles a bien du mal à vivre son urbanisme ébouriffant.

C'est du moins ce qui semble ressortir d'un bref rappel de ses aventures devant les juridictions...

On me dira qu'un sort funeste s'acharne sur la commune : je répondrai que la transgression du droit semble être l'opium de certains zélés zélus...toujours en place.

On me dira aussi que certaines procédures ont quand même pu aboutir (notamment les modification n°1 et 3 du PLU) mais quand même, quel accumoncellement :

  • Le 18 juin 2003, le tribunal administratif de Grenoble annule partiellement la modification n°4 du plan d'occupation des sols (POS), l'ancêtre de notre plan local d'urbanisme (PLU).

  • Le 22 septembre 2004, le tribunal administratif de Grenoble annule la modification n°5 du POS par voie de conséquence de la précédente décision.

  • Le 12 avril 2011, la Cour administrative d'appel de Lyon annule une  révision simplifiée du POS.

  • Le 23 octobre 2013, le Conseil d'Etat saisi par la commune confirme cette annulation ; à cette occasion, Crolles entre encore une fois dans le saint des saints de la jurisprudence administrative par une mention au Recueil Lebon, le détournement de pouvoir étant exceptionnellement retenu et la Haute juridiction profitant de cette rare opportunité pour préciser l'étendue de son contrôle en la matière.

  • Le 11 avril 2013 le tribunal administratif de Grenoble annule partiellement le PLU approuvé entre-temps.

  • Le 29 avril 2013, quelques jours plus tard, le tribunal administratif de Grenoble annule pour partie la délimitation du périmètre de protection des monuments historiques annexée au PLU.

  • Le 4 septembre 2019, le tribunal administratif de Grenoble annule la modification n°2 du PLU.

  • Le 13 octobre 2020, par un arrêt particulièrement lapidaire, la Cour administrative d'appel de Lyon rejette l'appel de la commune et confirme l'annulation de cette deuxième modification.

Précisons ici que chacune de ces annulations était prévisible, annoncée même, puisque la commune a chaque fois été informée, pendant l'enquête publique, des irrégularités entachant la procédure qu'elle avait initiée : comme le rappelle parfaitement un adage accroché à nos terres : "on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif".

Le suspens est donc total : la commune parviendra-t-elle à sauver sa quatrième modification du PLU ? Connaitra-t-elle un sort identique à celui de la cinquième modification du POS pour la même raison ?

Affaire à suivre... au tribunal, bien sûr !

E.Wormser, le 21 octobre 2020

28 août 2020

A visage découvert

La mémoire courte inhibe le discernement et nous condamne à subir la pression de l'instant. D'où ce petit rappel à une loi qui n'est pas si lointaine et qui fut assez consensuelle.  

"Nul ne peut dans l'espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage". Loi du 11 octobre 2010, article 1er.

Alors, on peut discuter. Les circonstances ont changé et la loi d'un jour tombe en désuétude sans que le parlement ne s'en émeuve, signe que cette loi de 2010 n'était pas si nécessaire. Le masque, le fameux masque qui était inutile et qui devient obligatoire, n'est pas "destiné" à dissimuler le visage, mais il en a l'effet. 

Voilà donc l'intention érigée en guide suprême de nos règles de vie. Si l'intention est bonne (ici : limiter la propagation du virus), alors la règle n'est pas contestable et peu importe sa pertinence et ses effets. Décevante politique où la fin souhaitée emporte toute réflexion sur les moyens. Nous nous croyons modernes, nous restons superstitieux. 

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Francis Odier, 28 août 2020 

20 février 2020

Intermède

En quittant Grenoble (la circulation est facile en ce moment), descendez l'Isère et remontez vers le nord-ouest. Vous arrivez à Voiron. Là, pour vous renseigner sur la vie politique locale, c'est ici : le témoignage d'Ingeborg. Je vous le recommande. La politique concrète et les mémoires d'une engagée. Ce dont nous avons besoin. 

Quand vous reviendrez en Grésivaudan, faîtes signe. Nous pourrons encore discutailler ensemble.

F0 - 22 mars 2020

 

 

02 février 2020

Le long terme - alibi de l'inaction

A long terme, nous sommes tous morts, avait coutume de dire Keynes prônant la politique budgétaire comme levier de régulation économique. Aujourd’hui encore, le long terme est l’alibi de l’inaction. Le gouvernement se donne bonne conscience écologique en fixant des objectifs pour 2040 (fin de la vente des voitures à essence ou diésel), 2050 (neutralité carbone) ou les calendes grecques : « zéro artificialisation nette des sols », objectif énoncé mais non daté dans le plan biodiversité 2018. Les collectivités locales sont sur un discours similaire : « demain, il y aura la nature en ville » ; en 2030 ou 2040, il y aura un nouveau tram » ; « un jour, la qualité de l’air sera conforme aux recommandations OMS ».

Dans les stations de ski confrontées à la baisse de l'enneigement, les aménageurs rivalisent d'ambition pour développer le tourisme 4 saisons ... en 2050. Ce discours étant posé pour se donner bonne conscience et anesthésier les critiques, ingénieurs et promoteurs prennent la relève et activent les projets, ici de retenue collinaire pour augmenter la neige de culture, là de nouvelle remontée mécanique pour agrandir le domaine skiable. Telle est la situation que nous constatons à Huez, les 2 Alpes, Chamrousse, Les 7 Laux, les stations du Vercors. Seule la contrainte économique, lorsque la débâcle financière est là ou toute proche, parvient efficacement à réfréner les ardeurs bétonnantes des collectivités.

Il fut un temps où je pensai que le rôle des associations environnementalistes était surtout de travailler dans le temps long, d’anticiper les effets lents, diffus et accumulés qui ne sont visibles que dans la durée. Mais aujourd’hui, la donne a changé. Pour le long terme, nous avons gagné la bataille des idées : tout le monde, sauf quelques excentriques voulant faire parler d’eux, sait désormais que l’on va dans le mur pour le climat, la biodiversité et nos conditions de vie si on ne change pas significativement le modèle agricole, les modes de production et de consommation, les véhicules et infrastructures de transport, les politiques d’urbanisation … Maintenant, c’est le sentiment d’urgence qui doit nous guider.

Agir, sans attendre la prochaine sécheresse, pour la préservation des ressources en eau – et pour cela protéger les captages et les zones humides, limiter l’irrigation, arrêter la neige de culture, renaturer … 

Dans les villes, réserver, très vite, des voies et même des rues pour les vélos, sans attendre des années de réflexion ...

Les exemples sont légion. 

Misons sur la simplicité, et le futur se conjuguera au présent.

Francis Odier, 2 février 2020

27 janvier 2020

Des voeux surprenants

Invité au nom de mon association, j’ai eu l’honneur d’assister aux vœux conjoints des plus hautes autorités départementales, le préfet et le président du conseil départemental. La cérémonie s’est tenue, comme il se doit, en préfecture, non loin de nos locaux de la Maison de la Nature et de l’Environnement. Le buffet était très correct, sans être luxueux. J’ai amorcé quelques conversations, préludes, j’espère, d’autres rencontres. Un ancien repris de justice s’était incrusté dans l’assistance, prétendant avoir oublié de répondre à l’invitation. Ayant purgé sa peine et souhaitant retrouver sa situation ancienne, il parut cependant très seul, mais nul ne s’apitoya sur son sort.

Mais là n’est pas l’essentiel. Je dois surtout rendre compte des discours solennellement prononcés à partir de textes écrits, et sans doute préparés avec l’aide des cabinets respectifs, car ils témoignent directement de la vision de la République promue par nos autorités. Abordant la soirée avec la candeur du novice et mes a priori sur ce que j’allais entendre, je dois dire que je fus surpris.

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Les deux discours étaient construits presque sur les mêmes registres, signe de la proximité intellectuelle et politique du représentant de l’Etat et de celui du Département, chacun conservant ses spécificités.

Le premier registre était celui de la République une et indivisible, avec les mots que l’on devait déjà entendre au 19ème siècle. Après les longues salutations protocolaires, chacun remercia ses services et se félicita de l’excellente coopération entre l’Etat et le Département. Les forces de l’ordre, nos gendarmes, nos policiers, la sécurité civile, les pompiers, les agents de l’équipement furent publiquement honorés et applaudis. Le préfet promit qu’il serait inflexible et d’une très grande vigilance pour sanctionner les chauffards et, ainsi, garantir la sécurité sur les routes.

Par la grâce de l’élection ou la vertu de la nomination, nos deux hôtes sont représentants du peuple. Alors, ils exprimèrent avec conviction l’idéologie dominante, socle commun des élites depuis plusieurs décennies, par-delà les alternances. En trois mots : croissance, attractivité, croissance. Ces propos idéologiques, courts et intenses, eurent la vertu de me rappeler mon identité de minoritaire. Je tiquai, car il n’est jamais agréable d’entendre quelque chose que l’on désapprouve, mais le discours avait sa légitimité. Le pouvoir porte ses valeurs sans les cacher.

Jusque-là, tout allait bien.

Pour le deuxième temps de son discours, annoncé comme la séquence bilan de l’année écoulée, le président du département égrena longuement les réalisations de sa collectivité. J’ai d’abord cru qu’il lisait un rapport d’activité. Nous étions dans le registre de la communication, peu éloigné, comme souvent, du plaidoyer pro-domo. Quant au préfet, il n’eut pas la tâche facile, mais il accomplit sa mission courageusement et avec abnégation : donner un coup de projecteur sur la politique inclusive de l’Etat et ses réussites méconnues en faveur de la justice sociale, ouvrir des chemins d’espérance pour la jeunesse qui peut maintenant s’engager citoyennement via le Service national universel.

J’étais venu pour les vœux, j’ai compris que la campagne électorale est permanente, même pour un haut fonctionnaire qui ne craint ni les changements de ministres, ni les renversements de majorité.

A mon gout, il aurait été convenable d’en rester là. Mais je ne suis pas préfet. Mais je ne suis pas président du département. Eux, sont combatifs. Ils ne craignent pas les dérives car ils les contrôlent. Ils connaissent la vérité, ils savent s’en accommoder. Voilà le troisième registre, peu glorieux, que mon rôle de sentinelle de l’environnement m’interdit de passer sous silence.

Je ne sais pas s’ils s’étaient donnés le mot pour afficher leur harmonie. En tout cas, ils étaient en phase l’un avec l’autre pour dénoncer avec une extrême vigueur le dénigrement du monde agricole. Dans les salons de la préfecture, on a le bon goût d’éviter le globish, ce fut donc haro contre le dénigrement. Ont-ils lu récemment Umberto Eco « Construire l’ennemi » ? L’ennemi, si utile pour souder la communauté et resserrer les rangs des fidèles, et peu importe s’il est virtuel.

Pour conclure et tempérer son allocution, le président du département évoqua les trois piliers du développement durable. Rien n’est perdu, poursuivons le dialogue, me dis-je. Le préfet prit de la hauteur républicaine et retrouva le sens de la cohésion nationale que l’on attend de lui. Il remercia non seulement tous les maires et élus sortants, mais aussi tous les candidats, sans en exclure aucun. Malgré ses faiblesses et des égarements ponctuels que l’on voudrait passagers, l’administration reste parmi les piliers les plus solides de notre démocratie. Le préfet nous souhaita à tous une réussite économique et sociale, oubliant l’environnement. Bel étourdi ou fidèle serviteur de l’Etat ?

Après des applaudissements républicains parfaitement calibrés par l’assemblée, nous pûmes boire paisiblement un verre de champagne à la santé des forces vives du pays, passeurs d’avenir durable.

Francis Odier, 20 janvier 2020

A lire : Les supplétifs du « greenbashing », Stéphane Foucart, Le Monde du 20 janvier 2020

28 octobre 2019

Tout vient à point à qui sait attendre

Ce que fait une assemblée, une autre assemblée peut le défaire. Nous en avons eu la preuve récemment au Grésivaudan. En juillet 2019, le conseil communautaire a pris une décision historique : demander son adhésion au SMTC – Syndicat Mixte des Transports en Commun de l’agglomération grenobloise. L’adhésion sera effective au 1er janvier 2020.

Cette décision n’a pas été prise à la légère, mais longuement réfléchie. Fallait-il créer une Autorité Organisatrice des Transports à l’échelle du Grésivaudan ? Le débat était posé avant même la création de la communauté de communes en 2009. A l’époque, les élus du Grésivaudan avaient cru bon, à la seule fin de lever un impôt supplémentaire (la taxe transport), de créer leur propre structure et leur réseau de transport. Ensuite, marketing oblige, nous avons eu droit à une marque locale, TouGo. Ici, comme ailleurs, la comm’ politque a couté cher aux contribuables, avec des résultats si médiocres qu’un retour à la raison a fini par s’imposer. Il était temps de mettre un terme à cette verrue dans l’organisation de nos transports publics.

En 2019, le débat est (presque) clôt. Des élus départementaux l’expriment ainsi (le DL, 9 octobre 2019) : "la nécessité de créer une seule autorité organisatrice des mobilités n'est plus à démontrer puisqu'en matière de déplacements, les limites administratives pénalisent souvent les usagers : selon que l'on habite dans le Voironnais, la Bièvre, le Pays viennois ou dans la métropole de Grenoble, les tarifs sont différents, et les modes de transports mal coordonnés [...] ».

Pourquoi a-t-il fallu tant et tant de temps pour que la politique daigne accorder de l’importance à la géographie ?

Sans doute est-ce, en partie, une question de psychologie, d’égo et de batailles de pré-carrés.

Espérons que cette histoire aidera à décider mieux et plus vite. Il paraît qu’il y a une urgence écologique.

Pour mémoire, voici quelques extraits de nos publications crolloises sur l’organisation de nos transports publics locaux.

En 2011, je relatai une aventure administrative montrant, sur une expérience concrète que tout usager pouvait vivre, que la séparation des réseaux et de la billettique entre le Grésivaudan et l’agglo grenobloise conduisait à des situations kafkaïenne ou ubuesques (au choix) ayant une force dissuasive puissante. J’écrivais alors :

http://www.edgarie.fr/archive/2011/01/07/la-presque-gratuite-des-bus-une-aventure-administrative.html

En Ile de France, il y a une Autorité Organisatrice des Transports, le STIF. Petit jeu ! Ici, dans la région de Grenoble, nous avons toute une collection d’AOT : le Conseil Général, le Grésivaudan, le Pays Voironnais, la Métro …

Plutôt que créer une nième instance administrative, un syndicat mixte chargé de coordonner les AOT, mieux vaudrait dissoudre l’AOT du Grésivaudan et transférer son réseau (avec les ressources financières associées) au Conseil Général.

En 2014, à l’occasion des élections municipales, lecrollois.fr a publié 80 idées pour Crolles. L’idée n°73 portait sur le choc de simplification. Bien sûr, nous y parlions de transport :

Simplifions l’organisation des transports en commun, en commençant par dissoudre l’Autorité Organisatrice du Grésivaudan. Les bénéfices seront rapides sur la signalétique, la tarification, la billettique, l’information voyageurs, la conception des horaires, l’exploitation du réseau.

http://www.lecrollois.fr/archive/2014/03/17/idee-n-73-le-choc-de-complification-2998054.html

En 2015, Emmanuel Wormser revient sur le sujet :

http://www.lecrollois.fr/archive/2015/11/22/quand-les-usagers-veulent-se-deplacer-le-gresivaudan-s-occup-3060695.html

Promouvoir les déplacements sans voiture, ce n'est pas seulement mettre en place des lignes de bus : c'est proposer une offre de service complète permettant effectivement que les transports en commun soient attractifs.

Et une question qui devient de plus en plus cruciale au fil de nos articles (voir et par exemple) : l'AOTU du Grésivaudan est-elle vraiment un outil au service des usagers ou une médaille de plus accrochée au revers de la veste de nos élus ?

En aout 2018, nos grandes oreilles nous apprennent qu’on s’approche du but.

http://www.lecrollois.fr/archive/2018/08/28/tougo-la-communication-selective-3113655.html

En attendant (soyons patients) une autorité organisatrice unique pour les transports urbains de la région de Grenoble, je me réjouis de voir que la plaquette TouGo présente l’offre de transport sur le territoire du Grésivaudan, en intégrant les lignes Express gérées par TransIsère (le département par délégation de la région) et les lignes de l’agglo gérées par la Métro (notamment la ligne C1).

Tout vient à point à qui sait attendre.

Francis Odier, 10 octobre 2019

21 juillet 2019

On n'y croyait pas... mais elle bouge !

On n'y croyait pas.

chrysalide23.jpgIl est vrai que son soutien indéfectible à toutes les décisions municipales, y compris sur le budget, poussait à la plus grande circonspection mais ça y est, sortant de son épaisse chrysalide d'habitudes, l'opposition majoritaire semble bouger...enfin !

Pour la première fois dans l'histoire de Crolles depuis de nombreuses années -les "anciens" se souviendront surement de  la bataille homérique de la MJC....- , des voix discordantes se sont faites entendre au sein de la municipalité.

Je vous laisse découvrir tout ça dans un article publié à cette occasion : https://crolles2020.fr/coeur-de-ville-et-alternat-les-marches-dabord-la-concertation-ensuite/

Soyons optimiste et espérons que les mois qui restent avant les élections offriront à certains d'autres occasions de faire un véritable coming-out, seule épreuve susceptible de les dégager de la gangue de mensonge et de d'atermoiements dans laquelle ils se sont enfermés.

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Et chiche ?

Si on sortait des dossiers, des trucs sales : une opération mani pulite pour se racheter une honorabilité après des années de complicité ?

 

E.Wormser, le 21 juillet 2019

07 juillet 2019

Modification n°2 du PLU de Crolles : annulée...

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Le tribunal administratif de Genoble a, par une décision du 4 juillet 2019, annulé la délibération approuvant la modification n°2 du PLU de Crolles ; le motif d'annulation ne surprendra pas : défaut de caractère personnel des conclusions du commissaire-enquêteur

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