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21 juin 2012

Cherchez l'erreur

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C’est dommage, ils avaient tout juste dans le journal municipal de mars dernier. Dans leur dossier sur le logement social, il ne manquait pas une virgule, les superlatifs étaient en bonne place, les photos étaient bien exposées, cela donnait envie d’y croire mais... patatras. Lors de ma ballade dominicale, je suis tombé sur ce magnifique panneau. Je me suis immédiatement dit, ils sont très forts à Crolles, ils créent des logements sociaux sur un emplacement d'exception ! Et puis en approchant, j’ai lu qu’il s’agissait de logements de grand standing... Et c’est à ce moment-là que je me suis mis à douter ! Est-ce que le journal municipal ne nous dit pas tout ? Pourquoi la municipalité laisse-t-elle construire de tels bâtiments sur un des plus emblématiques espace du patrimoine Crollois ? Ce panneau est posé à l’angle de la rue Jean Jaurès et de la rue du Fragnès. Alors, je me suis renseigné, j’ai vu que le projet de ce promoteur comportait 9 appartements, 9 garages et 9 parkings... Mais pas un de plus... Alors, je me suis demandé où vont se garer les visiteurs de ces gens aux standing si grand ? Sûrement pas dans les rues adjacentes, elles sont trop étroites ! Alors, j’ai pensé que cette histoire allait finir comme dans la rue du Brocey avec son impasse des Buis. La municipalité laissera les promoteurs privés imposer leur loi aux habitants de cet autre quartier du Crolles historique !
Claude Muller

15 juin 2012

Zones humides du Grésivaudan : le siège crollois d'une communauté de communes.... contre-exemplaire ?

 

Les zones humides sont tout à la fois réservoir de biodiversité, protection naturelle contre les inondations, réserves d'eau en période de sècheresse et filtre de dépollution. Parées de si belles qualités, elles sont en danger au niveau mondial : elles sont d'ailleurs un enjeu majeur de la protection de la nature comme le rappelle ce rapport récent du ministère. Plus près de chez nous, une émission de Radio-Grésivaudan leur a été réservée en novembre dernier.

 

Malgré les très nombreuses dispositions visant à les protéger -la convention internationale de Ramsar, la directive-cadre sur l'eau européenne, la loi sur l'eau et, plus localement, le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et le schéma directeur de la région grenobloise- leur destruction progressive se poursuit, au grand dam de tous ceux qui s'intéressent à la préservation de notre environnement.

 

On pourrait espérer que les collectivités qui s'engagent dans des démarches d'agenda 21 et de contrat local de l'eau soient exemplaires, surtout quand elles réalisent un bâtiment nouveau qui doit abriter leur administration.

 

Las, trois fois las encore, alors qu'un projet qu'elle relance difficilement s'est fait récemment épingler pour une atteinte équivalente, notre communauté de communes remet le couvert pour l'érection de son siège social : prévu à proximité du centre nautique intercommunal, cette construction doit s'implanter  en partie sur une zone humide typique puisqu'il s'agit d'une roselière bordée d'un fossé parfaitement visible sur la dernière photo de ce document extrait du dossier de permis de construire :

SAVE0005.JPG

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le fossé assurant l'approvisionnement en eau de cette roselière est même décrit sur les plans du permis de construire :

SAVE0006.JPG

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Parfaitement informés de cette zone à protéger, les promoteurs du projet pouvaient le mettre en oeuvre en respectant les dispositions qui visent, notamment, à vérifier que l'atteinte portée à ces biotopes était inévitable -mesures d'évitement- et a été compensée -mesures de réparation.

 

Et bien non !

La communauté a bien déclaré des travaux au titre de la loi sur l'eau et les services de l'Etat ont autorisé cette opération par un récepissé rappelant la règlementation applicable. Si elle a bien décrit des "Installations, ouvrages, remblais dans le lit majeur d'un cours d'eau", elle a tout simplement omis de signaler les zones humides détruites qui relevaient de la rubrique 3.3.1.0.

Surtout, avec ou sans procédure, le SDAGE imposait une double-compensation des surfaces détruites qui n'a pas été mise en oeuvre.

Les photos prises sur le chantier ne laissent planer aucun doute sur la destruction de la roselière :

 

SAM_0766.JPG

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

Faut-il en rajouter ?

 

Emmanuel Wormser

16:47 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) |

28 mai 2012

Voies publiques, voies privées : Crolles dans l'impasse ?

Le récent article de Claude Muller publié dans nos colonnes méritait une petite enquête...

A défaut d'élucider précisément le mystère de cette voie désormais fermée à la circulation générale, les recherches engagées par nos fins limiers mettent en lumière de bien étonnantes pratiques locales.

Qu'on en juge !


Voies privées,voies communales, voies ouvertes à la circulation générale

Une voie peut soit appartenir à un ou plusieurs propriétaires privés -en général, les riverains organisés en indivision, en copropriété, en système de servitudes réciproques ou en ASL de lotissement- soit être détenue par la commune ; dans ce cas, elle peut être "privée communale" -c'est le cas des chemins ruraux- ou publique communale -les autres !-.

La qualification d'ouverture à la circulation générale est un simple constat de fait : on peut y circuler librement en véhicules motorisés.

Dans une voie publique communale, la collectivité réalise l'entretien du revêtement, assure l'éclairage, prend en charge la réalisation de réseaux en tréfonds, notamment les réseaux d'eaux usées. Le maire y règlemente librement la circulation et le stationnement.

Dans une voie privée non communale, c'est le contraire... théoriquement, puisque la commune ne doit pas mettre à charge de ses administrés l'entretien et la gestion d'un bien purement privatif, au profit exclusif de quelques uns.

Il existe essentiellement trois procédures permettant de transformer une voie privée non communale en voie publique communale :

  • l'expropriation,
  • l'accord amiable des propriétaires,
  • et le transfert d'office après enquête publique, possible uniquement lorsque la voie est ouverte à la circulation générale, par application de l'article L318-3 du Code de l'urbanisme, dont la constitutionnalité a été récemment confirmée à l'occasion d'une QPC très commentée.

En posant, à l'entrée de leur rue, un panneau qui a surpris certains, les propriétaires de l'impasse des Buis vont pouvoir limiter la circulation des riverains -ça c'est très secondaire- mais surtout interdire le stationnement public devant chez eux et enfin empêcher la commune de transférer cette voie -qu'elle a peut-être entretenue- dans le patrimoine communal.

Pourquoi un panneau maintenant ?

Une double actualité locale pourrait expliquer l'apparition soudaine d'un panneau dans cette rue qui existe depuis des années.

La première est, évidemment, le besoin accru de stationnements lié à l'érection de deux immeubles à proximité : en pleine contradiction avec la réalité d'un quartier ancien où l'étroitesse des voies interdit tout stationnement sur le domaine public, le PLU approuvé par la commune, rédigé à la "va-comme-j'te-pousse", a autorisé dans ce secteur une densification importante du bâti... En prévoyant des règles simplement normales de nombre de places à créer pour les constructeurs mais sans créer de parc public de stationnement à proximité, garer sa voiture pour une courte visite devient un défi. C'est évidemment la densité autorisée qui est en cause ici, puisque l'étroitesse des rues et l'impossible création de transports collectifs rendent absurde la densité et inutile la réalisation de places publiques de stationnement qui ne seraient qu'emplâtre sur jambe de bois !

La seconde tient certainement à l'actualité du Conseil municipal qui semble soudain pris d'une frénésie de transfert de voies dans le domaine public...

Quatre voies transférées récemment !

Force est en effet de s'interroger quand on lit le compte-rendu du dernier conseil municipal du 2 avril 2012 : les propriétaires de l'impasse des Buis auraient-ils été approchés, comme d'autres, par nos élus locaux ? Ce sont en effet quatre voies qui ont été acquises et classées dans le domaine public par quatre délibérations successives du même jour.

Pour la première délibération, il s'agit d'acquérir, le long du tracé de la rue Saint Sulpice, ce que la commune a pudiquement nommé "délaissé de voirie"... au moment même où de gros travaux d'enfouissement et de rénovation des réseaux sont en cours : la commune s'est vraisemblablement rendu compte qu'il était souhaitable -d'aucuns diraient indispensable, mais bon...- de régulariser des empiètements de la voie publique sur des propriétés privées. Là, l'intérêt général n'est pas discutable : sans cette acquisition, les propriétaires pouvaient à tout moment déplacer les clôtures pour clore en limite de leur propriété, réduisant d'autant la largeur de la voie, ou interdire qu'on réalise chez eux des travaux publics... On saluera ici leur esprit citoyen puisqu'ils ont bien voulu nous -le "nous" collectif  des administrés crollois- faire cadeau sans aucun intérêt pour eux -ou alors on le découvrira plus tard- de ces portions de terrain dont ils avaient été expropriés de fait et sans indemnité.

 

rue St Sulpice - cadastre.jpg

(cliquez pour agrandir, extrait cadastral... plus d'infos sur www.cadastre.gouv.fr)

Les deux suivantes concernent des voies sans issue : l'impasse de la Perrade et l'impasse de la Cotinière. Quand on cherche ces rues sur un plan, on peut seulement constater que l'intérêt général d'un tel classement n'est pas évident puisqu'elles sont en impasse -comme leur nom l'indique!- et ne desservent que quelques propriétés, précisément celles de leurs propriétaires avant cette décision...

impasse perrade-coti.jpg

(cliquez pour agrandir, Cotinière en rouge, Perrade en jaune)

La dernière vise aussi une rue sans issue : l'impasse des Martinets.

impasse martinets.jpg

(cliquez pour agrandir, Martinets en bleu)

Sur les deux premières impasses, rien ne vient préciser dans la délibération l'intérêt de cette démarche... Pour cette troisième, une piste -calembour- se dessine : on nous dit que la cession intervient notamment "dans le cadre des travaux de confortement des berges du Craponoz". Ce motif ne tient pourtant pas longtemps à l'examen : une loi ancienne - du 29 décembre 1892 !- permet à la puissance publique de pénétrer ponctuellement dans les propriétés privées pour réaliser des travaux publics d'intérêt général... et le Conseil constitutionnel a même récemment affirmé la régularité de cette disposition dans une autre "QPC".

Mais alors d'où vient cette volonté soudaine d'intégrer dans le domaine public des voies jusqu'à présent privées ?

  • Pouvoir y passer des canalisations pour desservir d'autres terrains ? Difficile à croire au vu de la géographie des lieux.
  • Créer de nouvelles circulations routières pour désenclaver des secteurs mal desservis ? Cette option ne semble pas plus sérieuse.
  • Régulariser des travaux publics passés ayant permis de faire financer par les contribuables crollois des réseaux d'intérêt purement privé ? On n'ose le croire.
  • Permettre le stationnement des véhicules de nouveaux arrivants dans des secteurs où la densification autorisée par le PLU rend la circulation impossible au premier mariage venu ? C'est possible.
  • Prévoir d'autoriser de nouvelles constructions le long de ces voies que leur statut antérieur rendaient inconstructibles à cause d'un article 6* du règlement de PLU particulièrement mal rédigé ? On peut le craindre.

Gageons que, fidèles à la transparence qu'ils professent, les élus qui nous lisent sauront nous éclairer par leurs commentaires avertis : Mesdames et Messieurs, à vos plumes !

 

Emmanuel Wormser


* : l'article 6 du règlement de PLU règlemente l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques. Il dispose particulièrement que "l'implantation des constructions est autorisée à l’alignement ou la limite de fait entre le terrain et la voie et jusqu’à 5 mètres en retrait de cet alignement ou de cette limite de fait." Mais il précise que "les voies entrant dans le champ d’application du présent article sont les voies publiques, les chemins ruraux et les voies privées ouvertes à la circulation générale ainsi que les espaces publics (places….)" : il exclut donc de son dispositif les voies privées fermées à la circulation générale, interdisant de facto -et très maladroitement- toute construction sur les terrains desservis exclusivement par ces voies !

22 mai 2012

Voie privée, à Crolles

prive.jpgLors de ma ballade dominicale, quelle n'a pas été ma surprise à la vue de ces panneaux quelque peu contradictoires. Ils sont plantés à l'angle de l'impasse des Buis et de la rue du Brocey. Soit cette impasse est municipale comme l'indique le panneau de rue "Impasse des Buis", malgré l'arrachage grossier de l'autocollant "Ville de Crolles", soit cette voie est privée comme l'indique le panneau circulaire rouge, mais à ma connaissance cela ne peut être les deux !
L
'impasse des Buis existe pourtant bien ! Alors, que signifient ces panneaux ? Qu'est ce qui pousse des propriétaires à fermer ainsi une voie pourtant dénommée par la commune ? La crainte du bruit des manoeuvres de voitures ?
Alors, doit-on laisser "dormir en paix" des promoteurs qui sont à l'origine même de besoins nouveaux de stationnement dans le quartier ?
En tout cas, grâce à ces 2 panneaux, je comprends mieux l’obstination de la Commune à imposer, coûte que coûte, la construction de parkings publics sur le moindre terrain "libre" du quartier du Brocey !

Claude Muller

16:17 Publié dans , Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) |

12 avril 2012

Sols pollués à Crolles : c'est pas moi, c'est l'autre

Nous en avions parlé fin 2011 sur le blog : de grands commerces allaient ouvrir à Crolles sans qu'on sache si les sols de leur terrain d'implantation avaient été dépollués.
L'association Trait d'Union a, elle, mené l'enquête pendant deux ans.
Dans un communiqué de presse reproduit ci dessous, elle propose une explication de texte complète de ce qui a été fait... et surtout de ce qui n'a pas été fait.

Sols pollués à Crolles : c'est pas moi c'est l'autre !

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Photo MichaelMaggs

L'immobilisme des administrations compétentes pour contrôler la dépollution de l'ancien terrain UGIMAG est patent.

Situé à Crolles à l'angle de la rue Charles de Gaule et de l'avenue Ambroise Croizat, cette zone a abrité pendant plus de 30 ans une usine de fabrication d'aimants. Cette production industrielle était polluante et le terrain est identifié "pollué" dans le recensement national Basol.


Trait d'Union, association environnementaliste, a bien sûr suivi attentivement ce projet. Ce faisant, elle voulait simplement s’assurer que toutes les mesures de dépollution de ce site industriel seraient bien prises et qu'un contrôle administratif ad'hoc serait mis en œuvre. Malheureusement, aujourd'hui, elle a épuisé tous les recours possibles. Elle se doit de tirer la sonnette d'alarme.


Suite à toutes ces démarches, Trait d'Union constate que, malgré les engagements des uns et des autres, les études indispensables à garantir ensemble la protection de l'environnement et de la nappe phréatique et la sécurité des riverains, des clients et des salariés des commerces n'ont fait l'objet d'aucun contrôle administratif. Pourtant, les enseignes commerciales Gifi et Besson Chaussures y ont ouvert leurs portes dès la fin du mois de mars 2012.

Terrain Ugimag 28 fevrier 2012.jpgPhoto Claude Muller

Comment en est-on arrivé là ? Qui est responsable de cet état de fait ? Qui aurait dû dépolluer ce site ? Qui aurait dû s'assurer que cette dépollution était effective ? Quel risque pour la population ? Comment le Maire de la commune en est-il arrivé à occulter de tels risques ? Quelles démarches avons-nous effectuées ?

Trait d'Union met à la disposition de tous sur son site son analyse des faits et tous les documents concernant cette affaire. Ils devraient vous permettre d'en comprendre les enjeux.
D’ores et déjà, vous pouvez consulter ici la réponse de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) à sa requête. : "la société Finexel n'avait pas transmis à l'administration d'analyses de sol dans le cadre des travaux qu'elle réalise"... et si vous voulez approfondir le sujet, tous les documents du dossier sont accessibles sur demande adressée à l'association.

Emmanuel Wormser

13:41 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) |

07 avril 2012

La naissance des États Généraux de Crolles

Etats generaux 2.jpgUne ambition démocratique
Les Etats Généraux de Crolles ne se sont pas toujours déroulés de la même manière. Ils ont évolué avec le temps et les habitudes de débats, mais Paul Jargot leur a toujours donné la même ambition : "débattre avec la population des évolutions de la commu­ne". La première année, en 1953, il n'y avait que 4 personnes. Pour rendre les Etats Généraux plus concrets, les années sui­vantes, un thème central est choisi.
Crolles dans le noir pour un soir

En 1954, les débats porte sur l'éclairage public. Toutes les lumières de Crolles sont éteintes la veille. Petite provo­cation pour attirer la population. Les années suivantes une lettre est adressée aux Crollois pour leur permettre de préparer leurs interven­tions : "Si vous voulez avoir satisfaction de vos deman­des, alors venez les dire aux Etats Généraux."
Simple et passionnant

En 1962, la formule change. L'assemblée est divisée en deux. Lors de la première séance chacun expose ses critiques et suggestions. Elles sont toutes écrites au tableau. Il y en avait environ soixante. Puis, elles sont envoyées dans chaque boite à lettres, avec le budget prévisionnel. Lors de la deuxième séance toutes ces suggestions sont clas­sées. D'abord, qu'est-ce qui est d'intérêt général et qu'est ce qui est d'intérêt particu­lier ? Ensuite dans ce qui est d'intérêt général, qu'est-ce qui est le plus important :
la priori­té. En cas de désaccord, un vote est organisé. Puis toutes les autres propositions sont classées. Enfin, budget en main, l'assemblée décide jusqu'à quelle suggestion, elle peut aller. "A la fois très simple et passionnant", concluait Paul Jargot.
Claude Muller

 

15 mars 2012

Les vestiaires de la fédération de foot

Le chantier des nouveaux vestiaires de Crolles est presque fini.

crolles,normes,post-démocratieA La Marelle, les ouvriers ont démonté les équipements de skate encore récemment fréquentés par des enfants en trottinettes ou en tricycles qui profitaient du départ des grands ados vers le skate park du gymnase Guy Bolès.

crolles,normes,post-démocratieCe projet pèse financièrement lourd : autour de 200 ou 250 milliers d'euros (à vérifier, le cout complet du chantier n’a pas encore été publié dans le journal municipal). Pourquoi donc cette nouvelle construction ? Est-ce que l’on manquait de vestiaires, le gymnase Léo Lagrange et la Marelle étant à deux pas ? Que nenni !

Voici ce qu’en dit le procès-verbal du conseil municipal de Crolles, 20 janvier 2012, qui a autorisé le maire à déposer un permis de construire : « Les vestiaires actuellement utilisés par le Football club Crolles Bernin accolés au gymnase Léo Lagrange ne sont plus aujourd’hui adaptés aux besoins de la fédération de foot tant en termes de taille que de localisation. C’est pourquoi, il est prévu la création de nouveaux vestiaires en complément de ceux utilisés à la Marelle et conformes aux normes de la Fédération Française de Football ».

Oui, vous avez bien lu ! La motivation du projet n’est pas de répondre aux besoins des joueurs de foot, mais aux besoins de la fédération de foot. Incroyable, mais vrai. Il s'agit de passer sous les fourches caudines de la fédération qui a édicté une norme selon laquelle, pour un terrain de la catégorie que revendique le Football Club Crolles-Bernin (FCCB), il ne doit pas y avoir de route ou de rue entre le stade et le vestiaire.

La fédération a dit : "on ne traverse pas la rue en short". Alors, les élus ont dit : « oui, chef », et débloqué les crédits nécessaires.

C’est ce qu’on appelle la tyrannie des normes, la société post-démocratique où on ne réfléchit plus aux besoins de la population mais où on applique des règlements technocratiques et, bien souvent, corporatistes.

La décision de principe ayant été prise, ces vestiaires auraient pu donner un beau chantier participatif, incitant les joueurs de foot à mettre la main à la pâte, avec l’aide des citoyens volontaires. Dans cette affaire, il n’y a pas de calendrier à tenir absolument, le bâtiment à construire est plutôt simple. Il y avait une occasion en or, pédagogique, pour expérimenter publiquement des matériaux innovants et écologiques tels que botte de paille,  blocs de chanvre, terre de paille, terre massive comme on en fait dans les Terres Froides, et le tout avec une ossature en bois de Chartreuse.

Ce bâtiment, s’il a le malheur d’être chauffé, sera un gouffre énergétique, en opposition complète avec une politique de maitrise de la consommation. 

 L’intégration du vestiaire dans le paysage est déconcertante et de très mauvais gout. Face à tant de laideur, il ne reste plus qu’à souhaiter que le blanc algeco se transforme vite sous le pinceau créatif des artistes en herbe qui sont nombreux à Crolles comme on peut le voir sur le kiosque juste à côté. crolles,normes,post-démocratie

C’eut été une occasion de faire ensemble … Occasion manquée … Peut-être pour une autre fois.

Il faut croire que l’agenda 21 qui dit vouloir « accentuer la participation citoyenne » et « Utiliser des matériaux innovants dans l’aménagement et l’entretien de l’espace public » ne concerne pas les vestiaires de la fédération de foot.


Crolles, 15 mars 2012

Jean-Paul Chollet (amateur de paille et de chantier participatif) et Francis Odier (pourfendeur des normes anti-démocratiques), avec la contribution de Denis David (spécialiste du développement vraiment durable).

 

Addendum - 16 mars 2012 : Je reçois le compte-rendu de la commission Sport Culture vie Associative et Patrimoine (SCAP) du 10 février 2012. Extrait : "Echange sur les projets sportifs en 2012 - Projet sur les équipements sportifs : Pour sécuriser les déplacements entre les vestiaires et les terrains, des vestiaires de football seront mis en place d'ici fin mars 2012 sur l'ancien skatepark. Cet aménagement répond à une norme fédérale qui impose que les vestiaires foot soient dans l'enceinte du stade pour prétendre à disposer d'un terrain homologué. Ces structures modulaires seront décorées par du graph ou une fresque".

Commentaires : les élus sont informés alors que le projet est bouclé, prêt à être mis en oeuvre. Non seulement il n'y a pas de concertation avec les habitants, mais même les élus ne sont pas vraiment impliqués. Oui, la décoration par une fresque sera bienvenue. 

Je réitére une proposition que j'ai déjà faite moultes fois : les comptes-rendus des commissions municipales devraient être publiés. Il n'y a rien qui justifie la confidentialité dans ces comptes-rendus.

F. Odier

13 mars 2012

Partie de poker au Casino de Crolles

On le sait, la commune de Crolles a beaucoup aidé l'installation de grandes surfaces commerciales sur son territoire : Grand Frais, Satoriz, Gifi ou Besson sont les étapes les plus récentes de cette démarche fragilisant l'équilibre ténu des petits commerces dans toute la vallée et ses balcons et  créant de nouveaux besoins de déplacements sans diminuer les trajets pendulaires vers l'agglomération grenobloise... Cette politique assidument poursuivie permettrait maintenant à l'entrée de notre ville d'être un candidat sérieux au concours de la France moche.

Les ateliers du PLU avaient été l'occasion de présenter un projet grandiose de transformation de Casino en hypermarché doté d'une galerie marchande. La levée de bouclier des quelques participants avait alors été un premier signal d'alarme pour les élus communaux. La question de l'ouverture de Grand Frais le dimanche et de ses conséquences probables sur l'achalandage du marché dominical venaient confirmer cette sensibilité locale des électeurs.

commerce 3.jpg

Et puis, il fallait faire oublier les petits arrangements mis en oeuvre pour d'autres enseignes -procédure "accélérée" pour autoriser la reconstruction de Grand Frais, cécité et surdité sur la dépollution du sol du terrain UGIMAG, implantation de l'éco-centre hors zone dédiée aux grands commerces par le SCOT ...

Alors quelle meilleure cible, quelle victime expiatoire plus visible pouvait-on trouver que ce bon vieux Casino déjà montré du doigt lors des ateliers PLU ? Surprise que l'enseigne ait mis fin à l'accord passé pour l'utilisation d'une partie du parking en parc-relais, la commune se lançait dans une guerre d'usure avec le groupe stéphanois.

L'opposition aux autorisations d'aménagement commercial

Lorsque Casino a présenté en commission départementale une demande d'autorisation d'agrandissement, la commune, suivie par les autres membres de la commission -c'est une tradition- s'est opposée au projet. Las, trois fois las, l'enseigne emportait la mise en commission nationale, structure d'appel de la décision départementale. La commune a alors délibéré pour engager un recours devant le Conseil d'Etat contre cette nouvelle décision... Les insuffisances du dossier d'instruction en CNAC et du texte de la décision permettent d'espérer une issue favorable à la commune dans ce recours -on ne peut pas perdre à chaque fois- grâce à l'évolution de la jurisprudence depuis la loi de modernisation de l'économie de 2008.

Nul doute que Casino attend avec impatience la décision du Conseil d'Etat pour déposer un dossier enrichi sur les points que la haute juridiction aura retenu pour annuler, le cas échéant, la décision du 27 avril 2011 -essentiellement des informations relatives à la prise en compte des principes du développement durable dans le projet, si les motifs ressortent de ceux habituellement retenus en pareilles circonstances.

Et maintenant le permis de construire

Et la guerre de tranchée connait aujourd'hui un nouveau champ de batailles : c'est cette fois à la demande de permis de construire le bâtiment agrandi que la commune a opposé un refus... La lecture de l'arrêté de refus est édifiante : l'insuffisance des places de stationnement réservées aux cycles est le seul motif que la commune ait pu opposer à l'enseigne !Casino 3.jpg

Pourquoi un motif, aussi...mesquin ? Parce que soucieuse d'y garder les "mains libres", la commune a sous-règlementé le plan local d'urbanisme dans ce secteur du territoire communal et qu'à force de vouloir éviter d'être elle-même confrontée à des contraintes d'urbanisme pour ses propres projets, elle n'a rien de plus solide à opposer au groupe de commerce.

Là encore, la suite fait peu de doutes... L'enseigne va modifier son projet -il s'agit, à l'échelle d'un tel programme, d'une correction pour le moins mineure!-, déposer une nouvelle demande de permis de construire et, vraisemblablement l'obtenir.

Mais la guerre pourrait ne pas s'arrêter là : Casino pourrait, parallèlement, engager un recours contre le refus qui lui a été opposé -la commune aurait pu prescrire tout simplement la réalisation des places de vélo  manquantes, ce qui n'était pas irréalisable- et, en cas de succès, engager la responsabilité financière de la collectivité qui l'a privé de juteuses recettes en usant de procédés détournés pour s'opposer à l'agrandissement du magasin.

Nous payerons alors tous, avec nos impôts et en espèces sonnantes et trébuchantes, l'imprévision des élus qui ont rédigé ce règlement d'urbanisme en creux...

 Emmanuel Wormser

12 décembre 2011

Un gros couac

Quartier des MusiciensCes Crollois vivaient heureux dans le quartier des musiciens. Entre la rue Mozart et la rue Chopin la vie semblait douce, loin des bruits de la ville. Ils habitaient dans des lotissements très bien organisés. Un accès par la rue pour les voitures et un agréable cheminement pour les piétons. Ces sentiers serpentaient en traçant un trait d'union entre leurs coquets pavillons. Des parcelles avaient été aménagées en aires de jeux pour leurs enfants. Avec tout ça, une belle ambiance régnait dans ce quartier de Crolles.
Insouciant, ces musiciens se sentaient bercés par le doux ronron des publications municipales. Mois après mois, elles leur soufflaient une douce comptine au creux de l'oreille : "dormez tranquille, on s'occupe de tout".

Avenue Joliot Curie juste après les 2 sapins, sur le bord de la D1090Nos mélomanes avaient bien vu que le POS s'était transformé en PLU. Cela ne les inquiétait pas du tout, car cela ne les concernait pas. Rien de grave ne pouvait troubler leur belle sérénade. Mais, quand ils se sont aperçus qu'avec ce changement, leur partition seraient bourrée de fausses notes, il était déjà trop tard. Elles étaient déjà gravées dans les délibérations du conseil municipal. Leurs beaux terrains de jeux étaient devenus constructibles ! Les promoteurs, eux, le repèrent immédiatement. Et on peut leur faire confiance pour aller illico chanter l'info dans les oreilles des proprios...« Votre terrain vaut de l'or ». Certains ont aussitôt cédé à la tentation et posé un panneau annonçant un lotissement à l'entrée d'un terrain de jeux. Mais, les lotisseurs avaient un gros souci : l'accès par la route leur avait été refusé par les services du département. Qu'à cela ne tienne leur ont répondu les urbanistes en herbe de la commune.

De l'autre coté de votre terrain, ce chemin piétonnier, Allee pietonne.jpgon va le transformer en voie d'accès pour votre lotissement. « Ni vu, ni connu, je t'embrouille », un coup de gomme sur le plan et vos voitures peuvent entrer.
Lorsque les pelles mécaniques ont commencé à creuser leurs allées fleuries, nos musiciens se sont réveillés. "Il y a trop de fausses notes dans ce concert. Il faut agir et vite, sinon l'harmonie de notre quartier sera entièrement chamboulé".
"Qu'est ce qu'on peut faire ?" C'est alors qu'ils se sont retournés. Mais les apprentis urbanistes leur ont fait le coup du déni. Tels des gamins, ils ont sorti un mot d'excuse (c'est pas ma faute...) et les promoteurs leur ont lu le règlement (c'est pas moi, c'est ma sœur...).
Nos musiciens sont pour l'instant abasourdis en écoutant ce mauvais vent souffler au-dessus de leurs têtes. Ils ne peuvent qu'assister à la saignée de leur chemin, pleurer devant leur beau sapin et se battre la coulpe en écoutant ce mauvais refrain.
Il faut vous mettre à leur place. Il n'est pas facile de prendre conscience de la
couardise de nos élus municipaux, de la voracité de nos promoteurs et de l'avidité de certains de nos voisins, mais néanmoins propriétaires fonciers.
Claude Muller

 

01:25 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ville de crolles |

26 octobre 2011

Au revoir UGIMAG

Ugimag demolition1.jpg

En rentrant de vacances, vous avez tous remarqué les travaux de démolition des anciens bâtiments situés à droite de l'Avenue Ambroise Croizat en remontant, face au supermarché Lidl. Et vous êtes-vous demandé quels étaient ces locaux que les bulls démolissaient consciencieusement ?
C'était l'ancienne usine UGIMAG, cela ne vous dit toujours rien ? Alors je vais essayer d'éclairer votre lanterne magique.

Bonjour la zone industrielle

Paul JargotDans les années 1960, Crolles est exsangue. Malgré cela, Paul Jargot, maire de Crolles de 1953 à 1986, propose aux Crollois rassemblés en États Généraux, d'endetter la commune (cf J’ai mal à ma dette) et d'investir dans une zone industrielle flambant neuve. "Elle sera traversée par une grande avenue". Il a convaincu la population avec cet argument imparable : "c'est pour que vos enfants trouvent du travail".
Au début, c'est dur. Seules quelques entreprises acceptent de jouer le jeu. UGIMAG est l'une des premières à oser s'implanter à Crolles. Cette filiale de Pechiney construit un centre de recherche et de production d'aimants. Avec le développement des nouveaux moteurs électriques, le marché est porteur et les aimants de Crolles acquièrent vite une grande renommée.

Au revoir les aimants, bonjour ST

Mais comme vous le savez, la microélectronique arrive. (ST aussi, mais c'est une autre histoire). Elle supplante rapidement les moteurs électriques et, dans les années 2000, Crolles doit mettre au rencart ses aimants. Et les locaux ? Ils restent vides... Jean-Claude Paturel, le nouveau maire de Crolles, espère que la commune pourra les racheter pour les transformer en gare d'arrivée du Train Tram. Ce projet dont il rêvait, pour résoudre les problèmes de circulation dans la vallée...

Ugimag chantier11.jpgBonjour Gifi

Vous connaissez la triste suite ... et puis une nouvelle équipe s'installe à la mairie et de nouveaux choix s’opèrent. Résultat, les bâtiments d'UGIMAG, toujours vides, changent de propriétaire 100 fois pour atterrir entre les mains de promoteurs inconnus. Ils décident finalement de les démolir en catimini cet été. Aujourd'hui, ils ont de grands projets pour ce terrain vite aplani. C'est là qu'ils veulent implanter un tout nouveau, tout beau, tout neuf centre commercial. Il abritera Besson chaussures et Gifi, bravo dit le dindon...

Mais, il y a un hic...

Vous vous doutez bien que ne vous ai pas raconté cette histoire uniquement pour vous endormir, mais pour attirer votre attention sur un petit souci...qui peut devenir gros.
Vous savez tous comment on fabrique des aimants 
? Je vous résume quand même pour ceux qui avaient un billet d'absence le jour de ce cours de sciences. On utilise et donc on stocke des métaux réduits en poudre très très fine du genre fer, cobalt, nickel et même des terres rares portant des noms bizarres. Et normalement, c'est là que vous vous demandez : lors de la démolition de cette usine, que sont devenus tous ces matériaux très volatiles ? Ils avaient dû polluer ce terrain ? Vous vous dites immédiatement : ces promoteurs sont des gens sérieux, ils ont dû effectuer des analyses et dépolluer le sol. Eh bien non, que nenni, rien, zob, que dalle, pas l'ombre d'un début d'une précaution n'a été prise cet été pour dépolluer ce site industriel.

Ugimag demolition22.jpgJeu de main, jeu de v...

Et comme toujours dans ces cas-là, les décideurs se renvoient la balle consciencieusement et finissent par botter en touche. C'est à la Commune de le faire... c'est à l'ancien propriétaire... c'est au nouvel acquéreur... les pollueurs sont les payeurs... et comme toujours qui trinque ? En tout cas, moi je n'irai acheter ni mes chaussures, ni mon linge de maison dans un magasin implanté sur un terrain super pollué. Et vous ?

Ugimag chantier2.jpgClaude Muller