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14 octobre 2018

Ouf !

Ouf, finis les réveils en sursaut à 6 heures du matin provoqués par les ripeurs manœuvrant nos poubelles sous nos fenêtres. Ouf, finie la corvée du dimanche soir pour descendre les poubelles. Ouf, finies les odeurs pestilentielles sur les bords des chemins. Ouf, fini de marcher dans des détritus semés par les chiens errants dans les rues. Ouf, finies les poubelles vides encombrants les trottoirs… Et vive les PAV (Point d’Apport Volontaire).

PAP Crolles Croix des Ayes.jpg

Oui, j’ai voté pour l’implantation des PAV en Conseil Communautaire du Grésivaudan et j’ai bien sûr voté pour les PAV en Conseil Municipal de Crolles. Certes, ce n’est pas la panacée, mais beaucoup d’arguments m’ont convaincu de prendre cette position. Les PAV sont beaucoup plus « propres » que nos vielles poubelles, les PAV sont beaucoup plus faciles et rapides à vider. les PAV sont beaucoup moins encombrants mais surtout les PAV sont beaucoup plus efficaces. Les premières communes à tester ce dispositif, celles de montagne, nous l’ont montré depuis qu’elles collectent les ordures ménagères dans leurs PAV. Et les chiffres nous le prouvent. Curieusement, ce sont les verres qui sont d’abord en progrès. A Revel, par exemple, les habitants en apportent de plus en plus dans les bacs. En fait, comme ils sont désormais obligés de trier et qu’ils ont des bacs pour tous leurs déchets, ils font de moins en moins d’erreurs. De plus, les Revelois faisant plus souvent leur compost, le bac dédié aux déchets organiques a de moins en moins de succès.

Certes, l’inconvenant de ce système est d’imposer 4 poubelles dans les cuisines. Et surtout, il faut faire un effort supplémentaire pour déposer ses ordures ménagères, non plus dans des poubelles disposées devant chez soi, mais dans les PAV situés à l’entrée du quartier. Ne pensez-vous pas que notre planète mérite ce petit geste ?

Claude Muller

Conseiller municipal de Crolles

Conseiller communautaire Le Grésivaudan

 

Sur le même sujet, lire aussi l'article de Jean-Paul Chollet : Des PAV et des PAP, mais pas des Panzanis - par Jean-Paul Chollet :

et l'article de Jean-François Comte : Les PAV, un truc de Ouf.

03 août 2018

L'été du BTP

La température monte, les entrepreneurs du BTP gardent la tête froide. La végétation souffre, les ruisseaux s’assèchent, les habitants qui le peuvent se réfugient dans les pièces encore un peu fraîches. Sur les routes, les forçats précaires des travaux publics suent et fondent au soleil. Dans leurs bureaux climatisés, dirigeants et actionnaires du BTP exultent. L’argent coule à flot et l’avenir s’annonce plantureux.

Echangeur La Batie - photo Le Grésivaudan - juillet 2018 428_149_DSC06169.jpgIci on construit un demi-échangeur d’autoroute, là on refait une avenue qui était pourtant correctement roulante. En Isère, le Préfet vient de signer la Déclaration d’Utilité Publique pour l’élargissement de l’A480 et l’aménagement du carrefour du Rondeau. Voilà 360 millions d’euros qui seront dépensés, dont la plus grande part pour favoriser le trafic routier et accélérer le réchauffement climatique. Quelques semaines auparavant, à Grenoble, la Métro avait donné son feu vert au projet Neyrpic, un immense centre commercial à construire, de beaux chantiers en perspective. Pour éviter les jaloux, on agrandira aussi le centre commercial Grand Place. A Paris, hier, la ministre chargée des Transports confirme la mise en œuvre d’un plan d’investissement autoroutier à 700 M€ qui s’ajoute au plan de relance autoroutier de 2 milliards d’euros de 2015. Partout, les projets de zones d’aménagements et de bases logistiques fleurissent, comme aux plus belles heures de la périurbanisation. Et là où il n’y a ni route ni habitation, on fera une digue.

Digue Fragnès.jpg

La liste est longue, et je pourrais continuer à l’infini à égrener nos contradictions : le matin, tel ministre ou tel élu local signe une autorisation d’aménagement conduisant à l’artificialisation de terres agricoles ou naturelles, ou une décision d’investissement pour une infrastructure routière ; le soir il exhorte ses concitoyens à se mobiliser contre le réchauffement climatique.

C’est l’été du BTP. Il dure depuis des années. Alors, il reste le lancer des bouteilles à la mer, cris d’alerte pour qu’au moins nul ne puisse dire qu’il ne savait pas ou qu’il n’y avait pas d’alternative.

Francis Odier, 3 aout 2018

 

PS : il n'y a rien à reprocher aux professionnels du BTP qui répondent aux besoins de leurs clients. Le sujet est strictement politique. Plutôt que construire des routes, d'aménager des zones commerciales ou des digues inutiles, mieux vaudrait mobiliser les compétences du BTP pour aménager des itinéraires cyclables, réhabiliter les friches urbaines et l'habitat existant dans nos villes et nos bourgs. L'économie s'en porterait tout aussi bien et l'environnement bien mieux. A ceux qui pensent que je suis dans le Yaka, je réponds que je ne fais que reprendre, sans originalité aucune, les avis et préconisations écrites dans des centaines de rapports, dont beaucoup "officiels" à la demande de nos autorités ou de nos élus. 

Tout le monde est pour la transition écologique, même le ministre éponyme. Il faudra bien, un jour, que cela se traduise dans nos choix d'investissement. On pourrait commencer dans le Grésivaudan où le nombre de croyants est grand parmi les citoyens et les élus, ce qui est déjà un terrain favorable pour changer les pratiques.

Manival et engin - 2.jpg

Vallon du Manival, mars 2018, photo Jean-François Comte

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10 juillet 2018

Aérodrome du Versoud candidat pour Aire de Grand Passage

Une concertation est ouverte pour le nouveau schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage pour la période 2018 – 2014. Le projet de schéma départemental est disponible sur le site web de la préfecture. C’est le moment de donner son avis et de faire des propositions. En préambule, rappelons le mot bien connu d’Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. », ce qui devrait nous inciter à l’innovation et à l’écoute des idées iconoclastes.

Le projet propose d’abandonner l’aire d’accueil de Saint-Ismier dont on sait qu’elle est très mal placée, à côté de la déchetterie. C’est une bonne nouvelle ! Bravo !

Pour le Grésivaudan, le projet prescrit la « Création d’un volume de places de 150 à 200 pour l’accueil du grand passage sur le territoire de l’intercommunalité ».

Les lecteurs de ce blog savent qu’il existe de belles possibilités d’accueil au parc Paturel à Crolles. D’autres sites sont disponibles dans le Grésivaudan. Voici l’aérodrome du Versoud – environ 30 ha, sans compter les bâtiments. Le site est bien placé, dans un environnement de verdure, au calme, proche de l’Isère, facilement accessible en voiture et en vélo. Le seul inconvénient pour un séjour estival est le manque d’arbres, mais il serait facile et peu couteux de pallier cette lacune.

crolles,le versoud

A l’écart de la ville du Versoud, le futur aérodrome-multi-usages pourrait recevoir des festivals musicaux et autres rassemblements qui demandent de l’espace, l’accès aux commodités (eau, énergie …) et qui ne craignent pas trop le piétinement.

Outre l'Aéroclub du Dauphiné, l’aérodrome héberge différents clubs de loisirs (ULM, Vol à Voile …) qui pourraient aisément suspendre leurs activités quelques semaines ou mois par an au bénéfice de l’accueil de gens du voyage ou autres groupes ou festivités. Il y a aussi une base d'hélicoptères de la Sécurité Civile et un peloton de gendarmerie de haute montagne qui n’utilisent qu’une partie de la surface et qui cohabiteront volontiers, j’en suis sûr, avec les gens du voyage. La proximité d’un peloton de gendarmerie sera rassurante pour les gens du voyage qui craindraient les habitants du Grésivaudan, ne connaissant pas leurs us et coutumes.

crolles,le versoudL’aéro club propose des baptêmes de l’air pour « voir d'un autre point de vue la beauté de notre environnement montagneux, le cheminement des vallées, l'organisation de la vie, les torrents et cascades... un moment de plaisir pur. » Ceux qui se préoccupent d’environnement, de sobriété dans la consommation et de respect des espaces communs ne seront pas choqués que je propose de confier la responsabilité des baptêmes de l’air aux moniteurs de parapente qui sont nombreux dans la vallée. Et depuis le merveilleux film Intouchables, nous savons que le vol en biplace est accessible à tous.

En fait, l’aérodrome est une survivance du passé, avant le perfectionnement de l’hélicoptère et l’invention du parapente et du drone. Faut-il conserver intact tout notre passé alors que le foncier aménageable se fait rare et que nos ressources doivent désormais être partagées ? Je ne le pense pas. On pourrait conserver en l’état la piste de l’aérodrome et l’utiliser quelques jours par an comme on ouvre le Moulin des Ayes ou le palais de l’Elysée lors des Journées du Patrimoine.

crolles,le versoudUne salle d’exposition serait aménagée en hommage aux pionniers locaux de l’aviation afin que les groupes accueillis au terrain du Versoud sachent à qui ils sont redevables du stationnement de leurs caravanes et de leurs chapiteaux ... et rien n'interdirait d'organiser une fois par an un meeting aérien aussi spectaculaire que bruyant.

La réalisation de cette aire d’accueil de grand passage au Versoud peut être très rapide et peu couteuse, alors que le besoin est exprimé et que la collectivité ne parvient pas à le satisfaire depuis des années, bientôt 20 ans ! Il s’agit de la loi du 5 juillet 2000 …

L’environnement serait gagnant. La culture populaire bénéficierait aussi d’un nouveau site ouvert, modulable. L’opération serait exemplaire, montrant qu’il n’y a pas de manque de foncier en Grésivaudan mais seulement des concurrences d’usage que la collectivité doit réguler.

Francis Odier, 10 juillet 2018

 

Sur le même sujet :

Héritage encombrant et mémoire sélective - juin 2018

Le rapport compliqué de représentants du peuple avec la vérité - mai 2018

 

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12 juin 2018

Gens du voyage : héritage encombrant et mémoire sélective... un "secret de famille"

"La vérité est à manier avec précautions. Mais chacun a le droit de connaître ce qui touche à ses origines et à son devenir. Ces informations lui appartiennent. (...) L’existence d’un secret toxique se manifeste de façon plus insidieuse. Les faits sont souvent masqués par des " mythes " de substitution dont on pressent bien qu’ils ne sont pas tout à fait vrais."

Ces mots sont extraits d'un article -parmi beaucoup d'autres traitant du sujet- publié dans le magazine Psychologie.

Il n'est pas contestable qu'ils ne s'appliquent pas seulement aux secrets de famille et fournissent également une grille d'analyse précieuse pour comprendre les carabistouilles qu'on nous sert dans l'éditorial du dernier journal municipal.

Un extrait de ce texte illustre particulièrement sa prégnance dans le comportement de certain représentant :

"trouver d’autres solutions, telles que la remise en état d’un terrain communal situé près de la déchetterie. Ce site pourrait offrir une réelle alternative en cas de nouvelle tentative d’installation dans le parc. Cette initiative, je l’ai prise alors que Crolles remplit déjà ses obligations légales."

On sait comme certaines collectivités sont convaincues de l'attirance des gens du voyage pour les déchetteries : Hergé n'était pas un grand humaniste mais il dénonçait pourtant cet a priori dans les dessins déjà repris dans notre article du mois dernier. Las, ces caricatures n'ont pas suffi à éviter qu'on installe les "bohémiens" des Bijoux de la Castafiore à quelques mètres des bacs de la déchetterie de Saint Ismier ou qu'on décide d'exploiter une centrale de compostage à proximité de leurs habitations à Villard-Bonnot.

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A Crolles, l'idée n'est pas neuve, loin s'en faut... Et elle constitue apparemment un secret toxique qu'il est utile de réveler alors que certains semblent l'oublier, l'enfouir même tel un secret de famille !

Souvenez vous, en 2007, Crolles accueille déjà les gens du voyage "derrière la déchetterie" dans une aire "transitoire". En novembre de la même année, le Conseil municipal reconnait de graves problèmes de "salubrité" et finit par admettre que des travaux s'imposent en attendant l'ouverture de l'aire de grand passage de l'autre coté de l'autoroute.

En septembre 2008, le Conseil municipal constate que l'aménagement de l'aire de grand passage est bloqué -mais sans dire que c'est parce que le projet est illégal, tout simplement : de méchants environnementalistes empêchent qu'on mette fin à l'utilisation de l'aire transitoire qui, pourtant, "n’est pas conçue pour offrir des conditions d’accueil dignes et décentes aux gens du voyage". Le journal municipal du même mois reprend cette antienne : "Dés l'ouverture de cette aire de grand passage, l'aire provisoire située à proximité du SICIOM a vocation à fermer."

La même année, le maire de l'époque a expliqué à la presse que "certains veulent mettre les choses à feu et à sang pour des grenouilles".

On retrouve dans ces déclarations deux thèmes repris dans le journal municipal de juin 2018 : en substance, "on va faire une installation seulement transitoire derrière la déchetterie" et "c'est pas la fôte à la commune" : il y a dix ans déjà qu'un mythe se construit, un mythe de substitution !

En 2009, branle-bas de combat à la mairie : l'association France Liberté Voyage fait part au maire des conditions exécrables d'accueil des gens du voyage sur la commune... Reprenant les deux branches du mythe de substitution qu'il élabore patiemment, le maire répond, dans un courrier du 23 avril : en résumé, le projet d'aire de grand passage est bloqué par la FRAPNA -en fait, il est bloqué parce qu'il est illégal- et les reproches formulés par les représentants des gens du voyage sont malvenus puisque tout ça n'est pas la fôte à la commune.

En juin 2010, le conseil municipal donne son avis sur le projet de schéma départemental d'accueil des gens du voyage... L'occasion pour le maire de Crolles de mettre le singe sur l'épaule de la communauté de communes... qu'il dirige (!)..., de rappeler que la commune n'est pour rien dans le retard pris pour réaliser l'aire de grand passage et... d'informer que si ladite aire n'est pas réalisée ou exploitée conformément aux termes du schémas, la commune devra réaliser une aire d'accueil de passage ou de séjour.

 

En juin 2018, poursuivant le grand œuvre de son illustre prédécesseur, le maire de Crolles indique, au sujet des travaux qu'il va engager "près de la déchetterie", que la commune remplit ses obligations légales.

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Mais la commune l'aurait alors fait en mettant le singe sur l'épaule de l'intercommunalité, ne l'oublions pas... et que le singe était bien malade depuis sa naissance !

Et surtout, Crolles remplit-elle ses obligations en 2018 ? Non, comme l'annonçait déjà François Brottes dix ans plus tot.

 

Philippe Lorimier omet en effet de rappeler ici que la situation décrite dans notre article du mois dernier n'est que l'héritage de décisions parfaitement irrégulières prises d'abord par la commune de Crolles, par l'Etat mais à la demande de la première et par la communauté de commune présidée par un élu crollois...

Il oublie également de préciser le projet initialement prévu d'une aire de grand passage proche de l'autoroute, en zone inondable, avec des assainissements insuffisants, non conforme au SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux), et dont les incidences environnementales n'ont jamais été correctement compensées.

Il oublie enfin de mentionner que l'aire de grand passage finalement aménagée est déjà occupée -et inutilisable pour les grands passages- parce que l'intercommunalité n'a pas réalisé l'aire de séjour qu'elle devait construire pour accueillir ceux qui y sont déjà installés.

Tout s'est donc passé comme l'annonçait le maire de Crolles en 2010, dans ses prévisions les plus pessimistes !

 

Dans un article presqu'aussi ancien que les faits rappelés précédemment, notre blog s'interrogeait sur l'héritage que le maire actuel de Crolles revendiquerait après son élection : force est de constater que nos espoirs se sont avérés vains... La pratique de la menterie et de l'approximation avec les faits objectifs se poursuit : on nous prend décidément pour des poissons rouges.


A moins, à moins .... que le poids du secret de famille et la honte qui l'accompagne soient une explication plausible de cette mémoire sélective. Une telle interprétation rendrait acceptable -parce qu'incoercible- cette posture qui, fondée sur un "mythe de substitution", fait fi à la fois:

  • de la continuité politique avec les mandats précédents revendiqués par les candidats aux élections municipales aujourd'hui majoritaires
  • et du principe de continuité du service public qui impose qu'à l'occasion d'un changement d'équipe, l'exécutif nouveau n'abandonne pas brutalement l’œuvre de ses prédécesseurs.

E.Wormser, le 12 juin 2018

31 mai 2018

Accueil des gens du voyage : les représentants du peuple ont-ils vraiment un rapport aussi compliqué avec la vérité ?

Dans son dossier publié le 26 mai dernier relatant l'installation des gens du voyage dans le parc Paturel et la réunion organisée par le maire de Crolles le 24 mai, la journaliste du Dauphiné rapporte que :

(...) l'aire de séjour de 50 places située à côté de la barrière de péage de Crolles, devait accueillir initialement 210 caravanes. Mais François Brottes, alors député de la 5è circonscription et maire de Crolles, avait fini par perdre devant la justice face à la Frapna.

Parce qu'il s'agissait d'une zone inondable, destinée à devenir un champ d'inondation contrôlée (pour les crues d'une fréquence trentennale), et aussi parce que c'était une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (Znieff)... Bref, si la construction avait pu se taire pour 210 caravanes, aujourd'hui, le Grésivaudan remplirait ses obligations en termes d'aire d'accueil de grand passage.

et plus loin :

"En juillet et août, le niveau de l'Isère ne monte pas, et les grands passages ont surtout lieu a cette période de l'armée », a plaidé le maire de Crolles, dépité que « la dimension environnementale prenne trop souvent le pas sur d'autres objectifs !'... Humains, sociaux et politiques bien évidemment.

Rien... n'est moins vrai !

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10 février 2018

Corolle de ville

La quête du centre-ville ne quitte pas les élus de Crolles depuis des années, des décennies. Temps perdu, fausse piste et vaine recherche ! Vous lirez ici, dans une libre approche d'urbanisme, un projet alternatif proposé par Trait d'Union.

Voici Crolles en portait chinois :  

Une image : la corolle

Un emblème : l’oeillet des Chartreux

Une utopie : un habitat désirable

Une figure géométrique inédite : le bi-pôle décentré dans un grand cœur cerclé à frontières floues et perméables  

Les maires fondateurs : Paul Jargot et Jean-Claude Paturel

Un aphorisme : l’urbanisme est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux urbanistes

Un cri : Au boulot !

 

Dessinons la ville,

Francis Odier, 9 février 2018

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04:57 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) |

03 février 2018

Journée mondiale des Zones Humides

C’est maintenant ! La journée mondiale des zones humides. Vite, se renseigner.  

En cet hiver 2017 – 2018, la pluviométrie a battu des records. Chacun a pu s’en rendre compte en sortant de chez lui, observant les ruisseaux, se promenant dans la plaine ou, hélas, dans certains villages du Grésivaudan, en constatant les dégâts provoqués par les inondations.

C’est le moment de rappeler l’utilité des zones humides. Je vous conseille une excellente brochure réalisée par le Cerema (disponible en téléchargement gratuit sur www.cerema.fr)

Concernant le quartier durable de Crolles, la question reste ouverte et sans réponse : comment la commune va-t-elle satisfaire l’obligation réglementaire de compenser les zones humides détruites ?

Episode pluvieux 20 janvier 2018 - compressé.jpg

                                                                  Crolles, "Quartier durable", 20 janvier 2018

Nous vous tiendrons informés.

Francis Odier, 2 février 2018

Schéma ZH selon Cerema.png

Cerema - "Intégrer les milieux humides dans l'aménagement urbain" - www.cerema.fr

19 novembre 2017

Inondation dans le Grésivaudan : chez le voisin oui, mais pas chez moi !

A l'ordre du jour du dernier Conseil communautaire du Grésivaudan figurait notamment ce sujet :

GEMAPI : présentation des priorités d’aménagement des cours d’eau du territoire

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Le sujet est brûlant dans l'actualité parlementaire, les collectivités locales mesurant seulement maintenant, soit quatre ans après la loi, qu'au 1er janvier 2018, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations relèveraient de leurs compétences obligatoires.

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Des projets et propositions de lois en tous sens fleurissent actuellement au parlement pour reporter cette date, les établissements de coopération intercommunale ne s'étant manifestement pas préparés à cette "nouveauté". Une synthèse des échanges en cours est disponible sur cet article de Localtis.

 

Il faut donc saluer les élus du Grésivaudan qui semblent s'être sérieusement saisis du sujet.

Pour autant, les échanges qui ont eu lieu en conseil de communauté ne manquent apparemment pas de ... piquant et méritent d'être signalés. Dans un article paru dans l'édition du 18 octobre 2017 du Dauphiné Libéré, Céline Ferrero en dresse un compte-rendu que je cite intégralement: 

"Plus regrettable est l'absence de souffle politique lors de la présentation, soumise au vote, de deux zones d'intérêt stratégique qui peuvent être urbanisées, malgré le risque d'inondation, à condition qu'elles soient attachées à un projet économique.

L'enjeu est de taille et ce n'était pas gagné d’avance ! Car il a fallu plus de 18 mois de travail avec les services de l'Etat pour dégager un peu de souplesse dans la réglementation et "sauver" des zones situées derrière les digues jusque-là déclarées inconstructibles.

Comme l'a rappelé la vice-présidente Valérie Petex, dans une assemblée davantage préoccupée d'en finir pour aller se restaurer (dommage), « le développement économique est fortement contraint par les risques d'inonda­tion, en particulier dans les zones de risque d'aléa moyen (zones violettes) et d'aléa fort (rouges) où de nombreuses entreprises se sont implantées avant l'approbation du PPRI (Plan de prévention du risque inondation) et où des terrains encore non bâtis ne sont plus constructibles depuis l'approbation du PPR1 et l'instauration d'une bande de précaution ».

Au regard de ces enjeux, le Grésivaudan a demandé que deux zones d'intérêt stratégique soient retenues comme prioritaires : la première à Crolles, en prolongement du site de STMicroelectronics, la seconde à Pontcharra dans la zone d'activités de Pré Brun, dont le développement est « totalement figé »."

Ces demandes sont confirmées dans le texte de la délibération approuvée.

 

Qu'en retenir ?

  • Un  peu de tristesse pour le fonctionnement de la démocratie locale, si nos représentants peuvent laisser croire qu'ils sont plus attentifs au buffet qu'à un enjeu aussi crucial que celui de la sécurité des populations et des biens.

Heureusement, le compte-rendu de la réunion que la communauté de communes a bien voulu me transmettre - même s'il n'est pas en ligne sur son site web malgré l'exigence législative qu'il y soit - ne laisse rien transparaitre de cette ambiance !

 

  • Un peu de lassitude à voir encore Crolles concentrer toute la richesse économique locale au lieu de proposer l'implanter sur l'autre rive d'une partie de l'activité industrielle "propre", là où les communes ne semblent plus accepter qu'on ne leur laisse que les activités de tri des déchets (voir là le dossier SAFIMET)

 

  • Un peu de frayeur devant cette "négociation" engagée avec les services de l’État: toute imperméabilisation du sol pour bâtir en zone inondable a deux conséquences :
    • on expose les constructions nouvelles à un risque que la solidarité nationale devra indemniser ;
    • on réduit les zones dans lesquelles l'eau est stockée en cas d'inondation, donc on augmente le risque d'inondation des territoires situés à l'aval.

Tant du point de vue du contribuable local que du citoyen, voilà une position qui surprend.

 

Emmanuel Wormser

 

28 octobre 2017

Quartier durable : que d'eau, que d'eau, mais quelle compensation ?

Le quartier durable s'implantera en zone humide : où trouvera t'on des surfaces de compensation ?

Même si elle n'est que la préfiguration d'un changement climatique qu'il faut craindre dans nos régions à échéance d'une vingtaine d'année, la météo du 25 octobre dernier était particulièrement propice aux promenades.

Alors, j'en ai profité... pour faire le tour de deux "grands projets" menés par nos zélés zélus sur la commune.

Avant de rejoindre le Fragnès où le débardage va bon train sur l'emprise des digues -il doit impérativement être interrompu le 31 octobre prochain au titre de la mesure R4 de l'arrêté que le préfet a pris récemment-, j'ai rejoint les chantiers de constructions de nos nouvelles grandes surfaces commerciales, le temps de découvrir avec consternation que la charpente métallique de la galerie de Carrefour est une structure légère, certes facile à démonter en fin d'exploitation mais sans doute pas dimensionnée pour accueillir une toiture alourdie par des installations photovoltaïques ou une terrasse végétalisée...

Et en chemin, je suis "tombé sur ça" :

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Le lieu est facile à identifier : c'est le premier terrain non bâti de la rue Charles de Gaulle, à droite quand on quitte la rue de Belledonne.

Que voit-on sur la photo ?

  • un agent d'un bureau d'étude en géotechnique -Kaena- étudiant la terre excavée d'une petite fosse réalisée par un buldozer
  • au premier plan, la terre brune formant la couche supérieure du sol, sur une trentaine de centimètres
  • et derrière le bras de la pelleteuse, une argile grise gorgée d'eau, formant une épaisseur conséquente sous la couche d'humus.

Et alors, me direz vous ?

Et bien ce type de sondage permet de caractériser sans coup férir la présence d'une zone humide dans un secteur où il n'existe plus de végétation spontanée -ici, une prairie de fauche. Une note récente du ministère le précise sans détour.

Doit-on être surpris ?

Certainement pas !

Non seulement tout le secteur s'inscrit dans une vaste zone humide liée à la présence des anciens marais de l'Isère avant son endiguement -le nom de la rue des Tuileries, toute proche, rappelle d'ailleurs ce passé récent- mais surtout, nos zélés zélus n'ont certainement pas oublié les difficultés rencontrées pour construire le gymnase Guy Bolès dont la dalle flottait littéralement sur ce substrat visqueux.

Quels sont les projets de la commune dans ce secteur ?

Ce terrain est l'un des premiers qui sera construit dans le cadre du projet "Quartier durable", longuement présenté sur le site web de la commune :

Screenshot-2017-10-25 Quartier durable, ville de Crolles.jpg

Au delà des difficultés que rencontrera le maitre d'oeuvre à "poser" des immeubles dans un tel secteur, la présence d'une zone humide, ici de grande dimension, est une contrainte que la commune doit prendre en charge pour réaliser le projet : ce point avait d'ailleurs été relevé par le bureau d'étude Soberco lors de la présentation du projet le 31 mars 2016.

Les zones humides doivent être préservées et le SDAGE prévoit leur protection

Il n'est sans doute pas nécessaire de revenir ici sur l'importance des zones humides, notamment pour leur rôle dans la préservation de la ressource en eau d'une part et la prévention des risques d'inondation d'autre part. Pour tout savoir, parcourez ce site remarquable :

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/

Screenshot-2017-10-25 Zones Humides.png

Un schéma régional de gestion de l'eau, le SDAGE, prévoit notamment que lorsqu'elle n'a pas pu être évitée, toute atteinte à une zone humide doit être compensée selon des règles décrites dans la mesure 6B-04 (page 213-214) :

Cette compensation doit viser une valeur guide de 200% de la surface perdue selon les règles suivantes:

*ƒ ƒune compensation minimale à hauteur de 100% de la surface détruite par la création ou la restauration de zone humide fortement dégradée, en visant des fonctions équivalentes à celles impactées par le projet. (...)

ƒƒ* une compensation complémentaire par l’amélioration des fonctions de zones humides partiellement dégradées, situées prioritairement dans le même sous bassin ou dans un sous bassin adjacent (...)

Le projet "Quartier durable" a entièrement les pieds dans la zone humide

Le projet a été présenté au public comme poursuivant un engagement d'exemplarité environnementale. A défaut d'atteindre cet ambitieux objectif, le projet devra à tout le moins respecter la loi.

Entièrement situé dans une zone humide dont il va totalement détruire les fonctionnalités, ce vaste aménagement devra être accompagné d'une autorisation spéciale, au titre de la loi sur l'eau, prévoyant une compensation importante dans les proportions rappelées plus haut.

Je ne doute pas que telle est bien l'intention de nos zélés zélus, mais ont-ils les moyens de leurs ambitions ?

Qui vivra verra.

Emmanuel Wormser

16:21 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) |

18 juin 2017

Des rues à défendre

La concertation sur le Règlement Local de Publicité (RLP) entre prochainement dans une nouvelle phase avec une enquête publique prévue à l’automne ou début 2018.

Je rappelle en préambule que l’absence de RLP n’est pas seule responsable de la prolifération des enseignes, drapeaux et autres banderoles tapageuses que l’on déplore dans certains secteurs de la ville, en particulier sur l’avenue Ambroise Croizat. Il y a déjà un problème de non-respect du règlement national de publicité. Pour le moment, c’est le préfet qui a en charge la police de la publicité et qui est donc défaillant. Mais rien n’interdit à la commune, ou à une association, d’engager une action formelle auprès des services de l’Etat (de type mise en demeure ou recours en justice pour inaction) afin que le préfet fasse effectivement usage de ses pouvoirs de police.

Les deux ateliers (en février en avril) organisés par la commune pour préparer le RLP ont été exemplaires dans la méthode et le déroulement. Je ne dis pas que tout était parfait, mais on a franchi une marche par rapport à ce que nous avons connu jusqu’à présent en matière de concertation. Appel à volontaires, invitation d’une association extérieure à la commune mais connaissant bien le sujet, diagnostic préalable sans parti pris, diversité des participants (avec, pour schématiser, des pro-commerce et des pro-paysage), apport par la commune de connaissances juridiques, discussions libres et animées et globalement correctes, modération avec tact et doigté tout en ayant le souci d’avancer, essais d’utilisation de techniques de travail en groupes (jamais simple, mais il faut déjà se jeter à l’eau), équilibre entre le diagnostic et les propositions concrètes, compte-rendu diffusé dans un délai raisonnable … j’arrête là ce panégyrique, vous allez croire que j’exagère ou que je fais du second degré … non, j’ai juste été agréablement surpris.

Maintenant, j’espère que la proposition de RLP faite par la municipalité (qui garde la main et tient la plume sur le dossier) sera à la hauteur des enjeux. Rendez-vous à la réunion publique le 22 juin.

Trop, c’est trop

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Comme nous sommes encore au temps des propositions, je résume le point de vue que j’ai défendu. Il faut que le règlement contienne quelques clauses conduisant à des changements significatifs, visibles, simples à expliquer. Je fais trois propositions :

  • Interdire les panneaux, mâts et drapeaux scellés ou posés sur le sol, en rester aux enseignes (sur les bâtiments, beaucoup moins agressives) qui sont bien suffisantes pour assurer la visibilité.
  • Interdire les enseignes lumineuses et veiller à l’extinction des lumières après la fermeture des commerces comme le prescrit la réglementation nationale.
  • Définir des zones libres de publicité.

Voilà. Deux interdictions et un zonage.

Et pour sécuriser le règlement, prévoir une petite règle technique disant que tout ce qui n’est pas autorisé est interdit, car la créativité humaine est sans limite et il est prudent de se prémunir contre les tentatives de contournement.

Une rue à défendre

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 La loi ayant prévu un délai incroyablement long de mise en conformité (6 ans), la commune devrait se donner comme politique de mener des actions persuasives pour accélérer la mise en conformité. A cet égard, une taxe généreuse, abondante et appliquée avec enthousiasme, sur la publicité, comme la loi le permet, serait bienvenue.

Des choix, des actes. C’est un des plus beaux slogans de ces dernières années. Je me l’approprie sans vergogne. Pour que le règlement local de publicité ne soit pas une publicité fadasse, reportant aux calendes grecques une hypothétique embellie de notre ville.

Francis Odier, avril – juin 2017

 

Nos précédents articles sur le RLP :

Mars 2014, Campagne 100 idées pour Crolles, Idée n° 50 : Fixer des limites à la laideur des enseignes en entrée de ville - http://www.lecrollois.fr/archive/2014/02/09/idee-n-49-fixer-des-limites-a-la-laideur-des-enseignes-en-en-2993993.html

Janvier 2017, Entrée de ville moche, Crolles souffle le froid puis le chaud - http://www.lecrollois.fr/archive/2017/01/02/entree-de-ville-moche-crolles-souffle-le-froid-puis-le-chaud-3085606.html

Avril 2017, RLP pas facile - http://www.lecrollois.fr/archive/2017/02/04/rlp-crolles-pas-facile-3087345.html

 

Tournons le dos au cabillaud et libérons-nous de l’emprise visuelle de la publicité

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