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04 février 2017

RLP - Pas facile

La commune de Crolles engage une concertation en vue de l’élaboration de son Règlement Local de Publicité. L’initiative est excellente, lecrollois.fr l’a déjà saluée dans un article du 2 janvier, il s’agit de se doter d’un outil pour contrôler (un peu) le paysage urbain.

Une réunion publique était organisée le 17 janvier. Elle m’a permis d’entrer dans un sujet pointu auquel je ne m’étais jusqu’alors jamais intéressé. Nous avons poursuivi la discussion avec Trait d’Union. Je commence à sortir du brouillard. L’affaire est plus compliquée qu’on pourrait le penser. Voici une première réflexion sur les verrous intellectuels qu’il faut surmonter pour se lancer vraiment dans les propositions sur le futur RLP de Crolles.

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Pour commencer, il faut préciser de quoi il s’agit, sans euphémisme. L’intérêt d’un règlement est de limiter la publicité. Il s’agit donc de réduire, et parfois d’interdire, la publicité. Bien sûr, la commune pourra discourir sur l’idée que l’on veut mieux tenir compte du contexte local, préserver la qualité visuelle, améliorer l’équité entre les commerces … mais, en pratique, personne n’est dupe, un règlement de publicité n’a de sens que s’il interdit, freine, limite, contraint …

C’est ainsi le premier obstacle à surmonter : accepter de fixer des règles moins permissives que l’existant ou le possible. Or, ce n’est pas si facile dans un pays pétri de liberté, de libéralisme et d’individualisme.

Ensuite, il faut se demander qui fait de la publicité et qui va « bénéficier », si j’ose dire, du nouveau règlement. Ce sont surtout les commerçants. Immédiatement, surgit la deuxième objection : il faut bien vendre ! Depuis des siècles, la société et les villes, au moins en Europe, se sont construites sur le commerce et sur des formes de mercantilisme. Les princes, et nos élus d’aujourd’hui, s’appuient (entre autres) sur les commerçants. Et voilà qu’on voudrait les brider alors que des mouvements politiques puissants revendiquent en permanence la libération des énergies, des forces vives ! Ce deuxième obstacle est redoutable et je sais que bien des citoyens ne le franchiront pas : pour faire le règlement local de publicité, il faut accepter de mécontenter quelques commerçants, se convaincre et argumenter que la limitation de la publicité sera sans effet significatif sur les ventes. Or, nous avons une peur bleue d’entraver l’activité économique.

A ceux qui sont toujours là, qui ont vaillamment franchi les deux premières haies, j’ai le regret d’annoncer que le plus difficile est encore devant nous. Le troisième obstacle sera parfois un véritable mur infranchissable. Un mur comme il en existe dans nos têtes et que nous ne voulons pas voir. Revenons à l’essentiel, à la finalité. Il s’agit de la qualité visuelle de nos rues, il s’agit de la beauté. Edicter un règlement de publicité, c’est aussi trier et choisir entre le beau et le laid, ou entre l’agréable et le vulgaire. Je vous rassure, l’affaire ne sera sans doute pas présentée ainsi. Mais pourtant, en est-on si loin ? Qu’on le veuille ou non, nos règles véhiculeront des jugements de valeur, des avis esthétiques.

Pour aborder cet ultime obstacle, il faudra nous délester de décennies de relativisme et d’aquoibonisme qui entravent nos capacités de jugement. Non, toutes les couleurs ne se valent pas ! Oui, une petite enseigne en bois d’un mètre de côté est plus belle qu’un panneau flashi de deux mètres de long ! Voilà les avis subjectifs et arbitraires qu’il faudra partager durant cette concertation …

Résumons. Ecrire le règlement local de publicité exige que l’on renonce, au moins ponctuellement, au libéralisme, au mercantilisme et au relativisme esthétique ! Ce n’est pas gagné d’avance.

Pour entrer dans une dynamique positive, il vaut mieux retourner la conclusion : participer à l’écriture du règlement local de publicité sera un excellent exercice intellectuel et politique pour cultiver son esprit de contemplation et construire du bien commun. Perspective enthousiasmante.

Mettons la beauté au cœur de nos villes.

Francis Odier, 4 février 2017

 

En complément, à propos de la réglementation locale de publicité:

La documentation publique est accessible ici : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prescriptions-re...

et ici http://www.developpement-durable.gouv.fr/Guide-pratique-s...

Emmanuel Wormser nous conseille aussi une très belle instruction technique : http://circulaires.legifrance.gouv.fr/pdf/2014/03/cir_381...

Enfin, signalons que la règlementation trouve en partie son origine dans la région grenobloise, où est née l'association "Paysages de France" dont la première action médiatisée a été de faire démonter la "raquette de Comboire" dont les plus anciens se souviennent certainement, et qui a été motrice dans l'élaboration d'une règlementation décentralisée : http://www.liberation.fr/societe/2001/01/10/panneau-inter...

30 novembre 2016

Coopération décentralisée en Colombie

Réflexions de François Gendrin, nouvel élu municipal de Crolles, à propos du projet de Coopération décentralisée en Colombie

La ville de Crolles se lance dans une coopération décentralisée avec la ville de Zapatoca, en Colombie. Les élus minoritaires avaient une autre proposition : un jumelage avec une ville européenne, ce qui aurait permis aux Crollois de vastes échanges et de faire connaissance avec une culture proche de la nôtre.

La délibération votée au conseil municipal du 28 octobre 2016 a été pour moi une vraie découverte.

En résumé grossier, il nous a été proposé d’accorder 42 000 euros de subvention en trois ans à deux associations (dont l’une est présidée par un conseiller municipal de la majorité, ancien adjoint à la culture) pour un travail de relation avec une commune inconnue de Colombie sans que cette action ne soit bénéfique en aucun cas aux habitants de Crolles, auxquels personne ne demande quoique ce soit.

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En tant qu’ancien dirigeant d’une entreprise publique, mais de droit privé, j’aurais proposé à mon conseil, lorsque j’étais en exercice, une telle mission aussi éloignée de l’objet social de l’entreprise que j’aurais été débarqué sur le champ ; d’autre part, à supposer que j’ai réussi à monter un tel projet, je serais certainement encore en prison aujourd’hui…

Alors vous comprenez ma stupéfaction à la lecture de ces projets de convention et je pensais aussitôt que nous risquions d’être attaqués en justice pour « abus de biens sociaux » ou plutôt en droit public pour « détournement de fonds publics » délit passible de 10 ans de prison et de 1000 000 euros d’amende !!

Or il semble que ce ne soit pas le cas ; rappelons un peu d’histoire juridique trouvée sur internet :

« La base légale des actions de coopération de coopération décentralisée avec les pays du Sud « avait été fragilisée par deux jugements récents (TA Poitiers du 18 novembre 2004 et TA de « Cergy-Pontoise du 25 novembre 2004) venus donner une interprétation restrictive à la « notion d'intérêt local ; ces décisions tendaient à remettre en cause la régularité de « nombreuses actions conduites par les collectivités locales.

« Une proposition de loi (dite « loi Thiollière ») a été votée le 2 février 2007 avec l'aval du « gouvernement, afin de sécuriser l'action de coopération décentralisée des collectivités « territoriales en autorisant explicitement ces dernières à mener des actions d'aide au « développement sans être limitées par leur domaine de compétences.

Il résulte du premier paragraphe que les juges de Poitiers et de Cergy-Pontoise avaient une opinion semblable à la mienne, exigeant que toute action de la municipalité respecte la notion d’intérêt local, c’est à dire pour nous l’intérêt des habitants de Crolles.

Le second paragraphe nous apprend que les élus de la République, mis en cause par ces décisions, ont alors voté une nouvelle loi de régularisation permettant aux collectivités territoriales de décider d’utiliser les fonds publics en s’affranchissant de l’intérêt local avec comme effet secondaire désastreux que ce nouveau texte permet de faire n’importe quoi.

Le résultat de cet imbroglio juridique, même s’il est fondamentalement scandaleux, a pour nous l’effet bénéfique de limiter le risque d’une accusation de détournement de fonds publics.

Vous avez compris que je ne pouvais approuver un tel projet qui m’aurait conduit directement en prison si je l’avais décidé dans mes anciennes fonctions.

D’autre part je considère que l’argent que nous gérons ne nous appartient pas et que nous devons le gérer au mieux des intérêts des habitants de Crolles ; je constate aujourd’hui que ce n’est pas ce que fait la majorité municipale qui a voté cette délibération.

J’ai donc voté CONTRE cette délibération autorisant le maire à signer une convention de partenariat avec les deux associations « opérateurs » de cette coopération, et engagé tous les élus fidèles à leur mandat au service de la ville de Crolles à faire de même.

La délibération a été votée par 14 voix Pour, 8 voix Contre et 5 abstentions. Le nombre de voix Contre a été exceptionnellement élevé, signe que cette convention est particulièrement controversée même dans les rangs de la majorité municipale.

François Gendrin

 

Pour aller plus loin :

Sur l’encadrement légal de la « coopération décentralisée », voir l’article L 1115-1 du Code Général des Collectivités Territoriales.

Sur la notion d’intérêt local – lire : pas_de_subvention_sans_interet_local.pdf 

Voir le Procès-Verbal du conseil municipal d’octobre - Délibération n° 096-2016 : Convention de partenariat pour la mise en œuvre du projet de coopération décentralisée Crolles-Zapatoca « Des Alpes aux Andes ».

Les deux associations avec lesquelles la commune a conclu le partenariat :

20 novembre 2016

Expérimentation sur le jugement majoritaire

Dans quelques heures, nous aurons les premiers résultats des "primaires de la droite et du centre". C'est le moment de rappeler que ces élections et le scrutin majoritaire à deux tours que nous connaissons en France sont vraiment primaires, dans tous les sens du terme. Il y a mieux : le "jugement majoritaire". Nous avons expérimenté, avec dépouillement et discussion en réunion publique le 4 novembre à Crolles.

logo écocitoyens du Grésivaudan.pngEn voici le compte-rendu.

Il n'y a pas de conclusion définitive : il faut poursuivre la réflexion et surtout, surtout, essayer, mettre en œuvre, pratiquer. Les cas potentiels d'application sont innombrables, dans nos communes, nos associations, nos écoles ... Daniel Calvignac, avec qui j'ai co-organisé cet événement, est disponible pour donner un coup de main à ceux qui voudraient, comme nous, appliquer concrètement la méthode du jugement majoritaire pour procéder à des choix démocratiques.

A suivre.

Merci à tous les participants et à ceux qui ont encouragé cette initiative.

Francis Odier, 20 novembre 2016

Nb : la documentation sur le jugement majoritaire est facile d'accès sur le web. Mots clefs "jugement majoritaire".

08 septembre 2016

L'inquiétante pyrale du buis

pyrale dans JM Crolles.pngPour tout savoir sur ce papillon envahissant, dont les chenilles dévorent nos buis, qui tournoie en nuages autour du moindre lampadaire, rendez-vous sur le site de la ville de Crolles. Tout y est dit. L’alerte était donnée dès le mois d’avril dans le journal municipal (cf ci-contre).

Terre Dauphinoise, dans son numéro du 28 mai 2016, nous mettait aussi en garde : « La menace de voir les buis succomber sous la dent de la pyrale se précise désormais en Isère ». Interrogé par cet Hebdomadaire d’information générale agricole et rural que je vous recommande, le responsable du service des espaces verts de la ville de Grenoble disait craindre une explosion à l’automne. Il avait raison, bravo pour la prévision !

Nous étions alertés, mais nous sommes démunis.

La montée à St Hilaire du Touvet par le chemin du Pal de Fer est devenue une épreuve... psychologique : les plus craintifs seront effrayés par les guirlandes de chenilles au milieu desquelles il faut zigzaguer et qui s'invitent dans leurs cheveux en pendant au bout de leur soie, les naturalistes se désoleront de la vision cataclysmique des arbres effeuillés dans la traversée des buis situés à l'amont du château de Montfort...

Bien sûr il existe des traitements, y compris biologiques, mais (à ce stade de l’invasion) personne n’imagine inonder les coteaux du Bacillus thuringiensis que l’on peut se procurer aisément en jardinerie (une remarque préventive au passage : pas besoin d’agrandir nos magasins de bricolage, on y trouve tout ce dont on a besoin).

Nombreux semblent être les particuliers qui jettent l'éponge et qui mettent fin aux traitements qu'ils avaient engagés l'année dernière, découragés par la voracité des chenilles dont aucune vague de froid hivernale n'a permis de réguler le nombre cette année.

La situation ressemble étrangement à celle du moustique tigre : les bons gestes, les bons comportements individuels ne changent pas grand-chose à l’affaire. Chacun fait ce qu’il peut, et constate que les papillons n’ont jamais été aussi nombreux. Le phénomène nous dépasse. L’individualisme est mis en échec. Ce n’est pas la somme des actions citoyennes qui fera reculer la pyrale, mais, nous verrons, la nature qui se régulera d’elle-même, ou bien les chercheurs qui trouveront la parade grâce au programme collaboratif Save Buxus, ou bien la collectivité qui décidera de mesures radicales et peut-être coercitives de prophylaxie.

Homme qui te croyait tout puissant, te voilà humilié par un vulgaire papillon dont tu connais tout.

Je suis stupéfait de la vitesse à laquelle la pyrale du buis s’est propagée. En quelques années, des surfaces immenses sont infestées.

Il est fascinant, aussi, de constater comme l’alerte et la connaissance du phénomène sont peu utiles pour s’en prémunir. Finalement, la société ne bouge qu’en réaction, la prévention reste toujours illusoire, superficielle, trop tardive. Nous avons besoin d’être enveloppé, ennuagé par la pyrale pour nous en préoccuper.

Il en sera sans doute de même pour le réchauffement climatique : l’information coule à flot, les alertes sont quotidiennes, mais nous avons encore besoin de quelques bonnes catastrophes, bien scandaleuses et dramatiques, avec de l’émotion qui déborde, pour engager vraiment des changements de trajectoire.

Il faudra aussi informer les partisans du « moins d’Etat » de ce phénomène curieux : quand la pyrale prolifère, l’habitant inquiet appelle la mairie, et non le « marché ».

Francis Odier, 8 septembre 2016

 

Source  de l’encart « Contre la pyrale du buis » : Magazine d’information de la ville de Crolles, avril 2016.

A lire : http://www.ville-crolles.fr/news/getnews.php?file=n_1280.xml

20:34 Publié dans Actualités - culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : crolles |

22 novembre 2012

Une conférence époustouflante

agriculture,grésivaudan,crolles

Lundi 19 novembre 2012, à l’Espace Aragon, le Grésivaudan nous a offert une conférence époustouflante sur l’agriculture au XXIème siècle. Comment nourrir l’humanité ? Comment faire face aux grands problèmes de l’agriculture mondiale ?

Le compte-rendu en version audio et en musique - offert en cadeau par mon fils :   podcast

Lire la suite

15 mars 2012

Les vestiaires de la fédération de foot

Le chantier des nouveaux vestiaires de Crolles est presque fini.

crolles,normes,post-démocratieA La Marelle, les ouvriers ont démonté les équipements de skate encore récemment fréquentés par des enfants en trottinettes ou en tricycles qui profitaient du départ des grands ados vers le skate park du gymnase Guy Bolès.

crolles,normes,post-démocratieCe projet pèse financièrement lourd : autour de 200 ou 250 milliers d'euros (à vérifier, le cout complet du chantier n’a pas encore été publié dans le journal municipal). Pourquoi donc cette nouvelle construction ? Est-ce que l’on manquait de vestiaires, le gymnase Léo Lagrange et la Marelle étant à deux pas ? Que nenni !

Voici ce qu’en dit le procès-verbal du conseil municipal de Crolles, 20 janvier 2012, qui a autorisé le maire à déposer un permis de construire : « Les vestiaires actuellement utilisés par le Football club Crolles Bernin accolés au gymnase Léo Lagrange ne sont plus aujourd’hui adaptés aux besoins de la fédération de foot tant en termes de taille que de localisation. C’est pourquoi, il est prévu la création de nouveaux vestiaires en complément de ceux utilisés à la Marelle et conformes aux normes de la Fédération Française de Football ».

Oui, vous avez bien lu ! La motivation du projet n’est pas de répondre aux besoins des joueurs de foot, mais aux besoins de la fédération de foot. Incroyable, mais vrai. Il s'agit de passer sous les fourches caudines de la fédération qui a édicté une norme selon laquelle, pour un terrain de la catégorie que revendique le Football Club Crolles-Bernin (FCCB), il ne doit pas y avoir de route ou de rue entre le stade et le vestiaire.

La fédération a dit : "on ne traverse pas la rue en short". Alors, les élus ont dit : « oui, chef », et débloqué les crédits nécessaires.

C’est ce qu’on appelle la tyrannie des normes, la société post-démocratique où on ne réfléchit plus aux besoins de la population mais où on applique des règlements technocratiques et, bien souvent, corporatistes.

La décision de principe ayant été prise, ces vestiaires auraient pu donner un beau chantier participatif, incitant les joueurs de foot à mettre la main à la pâte, avec l’aide des citoyens volontaires. Dans cette affaire, il n’y a pas de calendrier à tenir absolument, le bâtiment à construire est plutôt simple. Il y avait une occasion en or, pédagogique, pour expérimenter publiquement des matériaux innovants et écologiques tels que botte de paille,  blocs de chanvre, terre de paille, terre massive comme on en fait dans les Terres Froides, et le tout avec une ossature en bois de Chartreuse.

Ce bâtiment, s’il a le malheur d’être chauffé, sera un gouffre énergétique, en opposition complète avec une politique de maitrise de la consommation. 

 L’intégration du vestiaire dans le paysage est déconcertante et de très mauvais gout. Face à tant de laideur, il ne reste plus qu’à souhaiter que le blanc algeco se transforme vite sous le pinceau créatif des artistes en herbe qui sont nombreux à Crolles comme on peut le voir sur le kiosque juste à côté. crolles,normes,post-démocratie

C’eut été une occasion de faire ensemble … Occasion manquée … Peut-être pour une autre fois.

Il faut croire que l’agenda 21 qui dit vouloir « accentuer la participation citoyenne » et « Utiliser des matériaux innovants dans l’aménagement et l’entretien de l’espace public » ne concerne pas les vestiaires de la fédération de foot.


Crolles, 15 mars 2012

Jean-Paul Chollet (amateur de paille et de chantier participatif) et Francis Odier (pourfendeur des normes anti-démocratiques), avec la contribution de Denis David (spécialiste du développement vraiment durable).

 

Addendum - 16 mars 2012 : Je reçois le compte-rendu de la commission Sport Culture vie Associative et Patrimoine (SCAP) du 10 février 2012. Extrait : "Echange sur les projets sportifs en 2012 - Projet sur les équipements sportifs : Pour sécuriser les déplacements entre les vestiaires et les terrains, des vestiaires de football seront mis en place d'ici fin mars 2012 sur l'ancien skatepark. Cet aménagement répond à une norme fédérale qui impose que les vestiaires foot soient dans l'enceinte du stade pour prétendre à disposer d'un terrain homologué. Ces structures modulaires seront décorées par du graph ou une fresque".

Commentaires : les élus sont informés alors que le projet est bouclé, prêt à être mis en oeuvre. Non seulement il n'y a pas de concertation avec les habitants, mais même les élus ne sont pas vraiment impliqués. Oui, la décoration par une fresque sera bienvenue. 

Je réitére une proposition que j'ai déjà faite moultes fois : les comptes-rendus des commissions municipales devraient être publiés. Il n'y a rien qui justifie la confidentialité dans ces comptes-rendus.

F. Odier

01 février 2012

Transports du Grésivaudan : compte-rendu de la commission du 5 janvier 2012

logo_transports.pngCompte rendu : Commission transports Grésivaudan du 5 janvier 2012

La commission Transport de la communauté de communes du Grésivaudan s'interroge sur la fréquentation des bus du réseau du Grésivaudan. Plusieurs demandes et/ou perspectives d'amélioration du réseau sont présentées.
crolles,grésivaudan,transports en commun
Commentaires et propositions

Intuitivement, on perçoit bien l'utilité du réseau de Bus du Grésivaudan. Dans le même temps, les interrogations sur la fréquentation sont légitimes : chacun peut voir passer des bus quasi vides, l'argument selon lequel "la mise en oeuvre de bus en heure creuse contribue à l'attractivité du transport et à son utilisation y compris aux heures de pointe" ne peut pas suffire pour clore le débat.

En tant que citoyen, je suis donc demandeur, comme les membres de la commission Transport, de statistiques détaillées et régulières sur la fréquentation. De telles statistiques devraient être disponibles auprès du public, par exemple via le site du Grésivaudan. Nous pourrions aussi publier ces statistiques sur Le Crollois ... si elles nous étaient communiquées. 

La commission déplore la "déconnexion entre le développement du logement à Tencin et les réductions d'offre opérées sur le réseau TransIsère". Effectivement, on ne rappellera jamais assez que les questions d'urbanisme et de transports devraient être traitées en pleine cohérence.

Pour faciliter la coordination avec le réseau TransIsère, le mieux serait maintenant de transférer au Conseil Général de l'Isère le réseau du Grésivaudan, ce qui aurait le mérite de simplifier l'organisation des transports dans un but d'efficacité et d'amélioration des services.

Pour ne pas perdre l'avantage de la proximité, il faudrait bien sur maintenir la commission Transport en élargissant son champ d'action à l'ensemble du réseau de transports en commun du Grésivaudan (bus, transport à la demande, liaisons avec le réseau ferré, liaisons avec le réseau vélo).

Francis Odier

16 décembre 2011

Liaison Crolles - Brignoud : le câble est enterré

Le câble est enterré.

Il pourra transporter du courant électrique, mais pour les cycles et les piétons, il faudra construire une passerelle. C’est le retour en 2001, au moment où l’équipe municipale de Crolles décidait d’engager « un vaste programme de pistes cyclables sur la commune ». Le journal municipal publiait alors une carte avec les différents itinéraires envisagés pour une liaison piétons – cycles entre Crolles et Brignoud.

Telle est la conclusion, implicite mais néanmoins limpide, à laquelle est parvenue la réunion de concertation organisée le 15 décembre 2011 à l’Espace Aragon.

Sur environ 150 à 200 personnes présentes, nous avons eu deux témoignages en faveur  du câble. Un vice-président  de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble a indiqué, en se tournant vers François Brottes, que « votre projet » fait partie de ceux dont l’Isère a besoin pour résoudre les problèmes d’embouteillage et pour dynamiser l’économie. L’avocat de Poma, après s’être présenté comme « expert judiciaire » ce qui n’était pas la meilleure approche pour exprimer son empathie avec les habitants de Brignoud et de Crolles, a tenté un coup de bluff en suggérant que le chiffrage comparatif qui venait d’être projeté était faux, les couts d’exploitation, sur le même trajet, du bus étant très supérieurs à ceux du transport par câble. La salle n’a pas bronché.

Vous trouverez ultérieurement, dans d’autres articles du Crollois, les éléments techniques du dossier. Mais, d’ores et déjà, l’étude comparative présentée en introduction du débat par Francis Gimbert permet de conclure sans ambiguïté : un dispositif de type « passerelle pour les modes doux + restructuration des infrastructures pour les véhicules routiers + itinéraire aménagé pour les bus » pourrait répondre aux besoins de sécurisation et de fluidité avec un cout complet sur 20 ans bien moindre qu’un transport  par câble.  

Depuis des années, des doutes et des moqueries sont exprimés sur l’utilisation d’un transport par câble pour la liaison Crolles – Brignoud. Tout simplement car nous ne sommes ni à New-York, ni à Medellin qui sont les références emblématiques du tramway aérien.

François Brottes est allé au bout du bout de ce qu’il peut faire pour porter le dossier, alors que, ce 15 décembre, il ne s’est pas trouvé un seul élu pour prendre publiquement  position en faveur du câble.

Les esprits chagrins se demanderont pourquoi nous avons perdu 10 ans en de vaines réflexions faussement innovantes.  

Mais ce matin, je suis guilleret. Je le dis sans ironie : la réunion de concertation fut de grande tenue, presque un modèle (il ne manquait que la diffusion préalable du dossier), la décision n’était pas inscrite d’avance, le choix final sera (j’en suis sûr) celui du bon sens.

Il n’y a pas encore eu de décision officielle. Comme disait l’ancêtre François, il faut laisser du temps au temps pour que le travail de deuil puisse s’accomplir et que le câble soit définitivement enterré.

En tant qu’irréductible crollois, je dois dire que ce moment est assez incroyable. Pour une fois, me voilà parmi la majorité !

Francis Odier

 

17 novembre 2011

Refaire société

« Refaire société »

C’était à la MC2 du 11 au 13 novembre 2011 et le crollois.fr était invité par la Métro et la ville de Grenoble … comme d’ailleurs tous ceux qui s’intéressent au vivre ensemble et à la République des Idées -  www.repid.com

MC2, ville de Crolles, Crolles, Grésivaudan, politique  Au vu de la notoriété académique et intellectuelle de certains intervenants choisis parmi l’élite de la méritocratie républicaine (le Collège de France, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, nos meilleures universités de sciences humaines et sociales), on pouvait s’attendre pour ce forum relayé par France Culture à des interventions de haute volée. J’ai écouté le discours d’ouverture de Pierre Rosanvallon, assisté à trois tables rondes … et qu’elle ne fut pas ma surprise ! Non seulement, c’était passionnant, mais en plus c’était intelligible, limpide, concret.

Rosanvallon, dont je recommande l’ouvrage La Légitimité Démocratique, est tout sauf une star ou un gourou. Il parle clairement, sans effets de manche, sans jargon, sans abus d’autorité professorale. La conviction qu’il nous fait partager : la nécessité de tendre vers une « société des égaux » si l’on veut refaire société, c'est-à-dire retrouver de la cohésion sociale dans un monde rongé par les inégalités qui ont explosé depuis les années 1980.

Les esprits grognons trouveront que le public (12 000 entrées en 3 jours) de ce forum était trop ceci, trop cela … et qu’il manquait telle ou telle catégorie de population. Plaintes vaines et stériles ! Mieux vaut se féliciter que le forum était réellement accessible à tous, gratuit, compréhensible et aussi lumineux que ce beau soleil d’automne dont il nous a privé momentanément.

Certes, le titre « refaire société » était quelque peu nostalgique, une sorte de lapsus conservateur. Bien sûr, il ne s’agit pas de refaire le passé, ni même d’inventer le futur, mais simplement de s’agiter les neurones politiques.

Francis Odier

En complément, le compte-rendu de trois tables rondes :  Refaire société - CR de 3 tables rondes.pdf 

- Sommes nous dans la société du mépris ?

- Faire société, est-ce être tous pareils ?

- Sommes nous devenus religieux ?

 

12 novembre 2011

800 électeurs aux primaires socialistes à Crolles

Fallait-il voter aux primaires socialistes ? Pendant plusieurs semaines, cette question a animé les conversations, surtout chez les personnes se disant « de gauche » mais non encartées au PS, mais aussi dans une large part de la population qui s’intéresse à la politique.

primaires socialistes,crolles


Beaucoup se sont dits « on ne va pas laisser passer une occasion de s’exprimer ». Sans être l’alpha et l’oméga de la démocratie, le vote en est une composante essentielle. C’est ainsi que plus de 800 crollois ont participé à la désignation du candidat du parti socialiste, qui est aussi le probable prochain président de la République.


Primaires socialistes ou primaires citoyennes ? Dans un but de marketing, pour attirer le chaland, le parti socialiste à baptisé ses élections de primaires citoyennes. Mais j’ai suivi des cours d’auto défense intellectuelle et je m’efforce de rester toujours aussi proche que possible de la réalité. Alors, je préfère parler des primaires socialistes, ce qui veut dire tout simplement élections primaires organisées par le parti socialiste, sans préjuger d’autre qualificatif. Il n’est pas impossible, même si j’ai fait le pari inverse, que ces élections soient d'abord, voire surtout, une manœuvre destinée à légitimer le candidat de l’appareil sous couvert d’une opération « citoyenne ». N’oublions pas que quelques caciques du PS, craignant que le vote populaire conduise à un choix différent du leur, avaient proposé des primaires de « ratification », à la manière d’un plébiscite, dont le but aurait été d’acclamer le champion désigné par une poignée de responsables nationaux, ce qui aurait été à mille lieux d’une approche citoyenne.

A Crolles, le vote fut organisé sur deux sites, à la salle Boris Vian et au Projo vote. Un tract distribué quelques jours avant le premier tour indiquait où il convenait d’aller voter en fonction du bureau de vote habituel. Pour conserver, à juste titre, une certaine neutralité de la commune, il n’y eut pas de bureau de vote à la mairie.

La disposition des lieux de vote était similaire à la configuration habituelle, avec nos belles urnes transparentes, les isoloirs, une table pour disposer les bulletins de vote. Les habitués ont vite repéré les spécificités de ces élections primaires : deux registres à signer au lieu d’un seul, une boite pour recueillir la participation financière d’un euro, un cahier où chacun pouvait s’inscrire.

primaires socialistes,crollesJ’ai donc signé deux registres, sans savoir que le premier concernait l’adhésion à la charte de ces élections. Personne ne m’a demandé de payer, je ne sais pas si Irène a payé pour moi. Et pour le cahier de recueil des adresses mail, la conseillère municipale qui tenait le bureau de vote m’a amicalement invité à m’en détourner : « c’est pour ceux qui veulent des informations sur les élections, sur le parti (…) donc, pour toi …. ».  « Oui, bien sûr, cela ne me concerne guère ». C’est ce type de détail qui rappelle qu’il s’agissait d’une élection atypique, ni privée, ni institutionnelle. Je comprends que les conservateurs de tout poil aient eu du mal à comprendre et admettre l’opération.

Maintenant, voici les résultats :

1er tour

Crolles 1 – salle Boris Vian

Crolles 2 – le Projo

Isère

France

Montebourg

16.7 %

20.9 %

19.0 %

17.2 %

Aubry

36.8 %

38.1%

33.6 %

30.4 %

Baylet

0.7 %

0.2 %

0.4 %

0.6 %

Valls

7.7 %

5.7 %

5.4 %

5.6 %

Hollande

31.1%

29.8 %

36.0 %

39.2 %

Royal

7.0 %

5.3 %

5.7 %

6.9 %

 

 

 

 

 

2ème tour

Crolles 1 – salle Boris Vian

Crolles 2 – le Projo

Isère

France

Hollande

48.6 %

50.6 %

53.2 %

56.6%

Aubry

51.4 %

49.4 %

46.8 %

43.4 %

  

En voix :  

 

Crolles 1 – salle Boris Vian

Crolles 2 – le Projo

Crolles

Isère

France

Montebourg

50

106

156

10 444

455 601

Aubry

110

193

303

18 479

806 168

Baylet

2

1

3

207

17 055

Valls

23

29

52

2 985

149 103

Hollande

93

151

244

19 806

1 038 188

Royal

21

27

48

3 145

184 091

blancs

0

1

1

167

11 025

Total

299

508

807

55 233

2 661 231

 

 

 

 

 

 

Hollande

137

261

398

30 011

1 607 268

Aubry

145

255

400

26 375

1 233 899

blancs

1

6

7

289

18 990

Total

283

522

805

56 675

2 860 157

 

 Dans l’ensemble, les résultats crollois sont très proches des résultats de l’Isère, eux même proches des résultats nationaux. Nous voici rassurés : nous sommes une ville normale, qui vote comme la France ! Le camarade François qui se veut être un président normal peut venir en stage chez nous, il ne sera pas dépaysé.

 Cependant, Crolles se singularise par deux points.

 D’abord, la participation est chez nous assez considérable : presque 10 % de la population, deux fois plus que sur l’ensemble du pays. Voilà qui est réjouissant sur la vitalité locale.

 Ensuite, Martine Aubry obtient à Crolles des résultats significativement meilleurs qu’au niveau national. On voit là l’influence du député maire qui n’aura pas plaidé en vain pour sa championne (cf Lettre de François Brottes 2eme tour.pdf). Plus concrètement, quand on compare son score local et son score national, le bonus crollois de Martine Aubry est de 58 voix au premier tour (+ 19 %) et 51 voix au second tour (+ 13 %).

Ce bonus est parfait : significatif, il illustre pour partie l’influence réelle de notre édile sur ses administrés et pour partie la capacité du maire à sentir le vent dans sa commune ; modéré, il confirme que les électeurs ne sont pas des moutons et conservent leur libre arbitre.

Pour ma part, j’avais plaidé pour Arnaud Montebourg (cf notre manifeste pour les primaires) et je n’ai pas voté au second tour. Bonne surprise, au Projo où je vote, Montebourg fait 18 voix de mieux que ce qu’il pouvait espérer au niveau national.

 En accordant une large majorité à François sans pour autant humilier Martine, les électeurs ont exprimé qu’ils voulaient l’union des socialistes en se rapprochant du centre qui gagne sous la bannière hollandaise mais sans se couper de l’aile gauche représentée par le camp Montebourg qui fera le pont avec le cousin Mélanchon et patati et patata ….

Basta ! Il est temps d’arrêter l’interprétation oiseuss des résultats électoraux ! En êtes vous convaincus maintenant ? On peut faire dire n’importe quoi aux chiffres et disserter à l’infini pour faire parler le scrutin.

Mais en démocratie, voici ce qui compte vraiment : la diversité des candidats, la clarté sur leurs projets, la transparence sur les préférences des leaders d’opinion (se méfier comme de la peste des notables, des journalistes, qui prétendent rester neutres alors qu’ils ont pris partie), la rigueur et le contrôle du processus électoral … et le résultat.

 Rien n’est plus anti-démocratique que la « lecture » du résultat. Souvenez-vous du référendum sur le traité constitutionnel où les bonnes âmes ont voulu nous expliquer que le vote « non » était un vote protestataire d’électeurs ignares et incultes. Et bien non ! Le non était un non à la question posée.

Ces primaires socialistes furent un vrai succès. A Crolles, il a seulement manqué quelques prises de positions publiques, par exemple des adjoints ou des élus minoritaires. Cela aurait été un signe de maturité démocratique : la capacité à assumer une position non unanime au sein de l’équipe municipale.

 Camarades, encore un effort ! La prochaine fois, les élections seront une vraie fête !

 Francis Odier

 A lire aussi sur les primaires : http://www.laviedesidees.fr/Le-paradoxe-des-primaires.html   Le paradoxe des primaires - La Vie des Idées.pdf