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26 octobre 2011

Au revoir UGIMAG

Ugimag demolition1.jpg

En rentrant de vacances, vous avez tous remarqué les travaux de démolition des anciens bâtiments situés à droite de l'Avenue Ambroise Croizat en remontant, face au supermarché Lidl. Et vous êtes-vous demandé quels étaient ces locaux que les bulls démolissaient consciencieusement ?
C'était l'ancienne usine UGIMAG, cela ne vous dit toujours rien ? Alors je vais essayer d'éclairer votre lanterne magique.

Bonjour la zone industrielle

Paul JargotDans les années 1960, Crolles est exsangue. Malgré cela, Paul Jargot, maire de Crolles de 1953 à 1986, propose aux Crollois rassemblés en États Généraux, d'endetter la commune (cf J’ai mal à ma dette) et d'investir dans une zone industrielle flambant neuve. "Elle sera traversée par une grande avenue". Il a convaincu la population avec cet argument imparable : "c'est pour que vos enfants trouvent du travail".
Au début, c'est dur. Seules quelques entreprises acceptent de jouer le jeu. UGIMAG est l'une des premières à oser s'implanter à Crolles. Cette filiale de Pechiney construit un centre de recherche et de production d'aimants. Avec le développement des nouveaux moteurs électriques, le marché est porteur et les aimants de Crolles acquièrent vite une grande renommée.

Au revoir les aimants, bonjour ST

Mais comme vous le savez, la microélectronique arrive. (ST aussi, mais c'est une autre histoire). Elle supplante rapidement les moteurs électriques et, dans les années 2000, Crolles doit mettre au rencart ses aimants. Et les locaux ? Ils restent vides... Jean-Claude Paturel, le nouveau maire de Crolles, espère que la commune pourra les racheter pour les transformer en gare d'arrivée du Train Tram. Ce projet dont il rêvait, pour résoudre les problèmes de circulation dans la vallée...

Ugimag chantier11.jpgBonjour Gifi

Vous connaissez la triste suite ... et puis une nouvelle équipe s'installe à la mairie et de nouveaux choix s’opèrent. Résultat, les bâtiments d'UGIMAG, toujours vides, changent de propriétaire 100 fois pour atterrir entre les mains de promoteurs inconnus. Ils décident finalement de les démolir en catimini cet été. Aujourd'hui, ils ont de grands projets pour ce terrain vite aplani. C'est là qu'ils veulent implanter un tout nouveau, tout beau, tout neuf centre commercial. Il abritera Besson chaussures et Gifi, bravo dit le dindon...

Mais, il y a un hic...

Vous vous doutez bien que ne vous ai pas raconté cette histoire uniquement pour vous endormir, mais pour attirer votre attention sur un petit souci...qui peut devenir gros.
Vous savez tous comment on fabrique des aimants 
? Je vous résume quand même pour ceux qui avaient un billet d'absence le jour de ce cours de sciences. On utilise et donc on stocke des métaux réduits en poudre très très fine du genre fer, cobalt, nickel et même des terres rares portant des noms bizarres. Et normalement, c'est là que vous vous demandez : lors de la démolition de cette usine, que sont devenus tous ces matériaux très volatiles ? Ils avaient dû polluer ce terrain ? Vous vous dites immédiatement : ces promoteurs sont des gens sérieux, ils ont dû effectuer des analyses et dépolluer le sol. Eh bien non, que nenni, rien, zob, que dalle, pas l'ombre d'un début d'une précaution n'a été prise cet été pour dépolluer ce site industriel.

Ugimag demolition22.jpgJeu de main, jeu de v...

Et comme toujours dans ces cas-là, les décideurs se renvoient la balle consciencieusement et finissent par botter en touche. C'est à la Commune de le faire... c'est à l'ancien propriétaire... c'est au nouvel acquéreur... les pollueurs sont les payeurs... et comme toujours qui trinque ? En tout cas, moi je n'irai acheter ni mes chaussures, ni mon linge de maison dans un magasin implanté sur un terrain super pollué. Et vous ?

Ugimag chantier2.jpgClaude Muller