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28 juillet 2019

Dormez tranquilles, braves gens

Incendie HAGER du 10 juillet 2019

Visible de partout dans la vallée, un monstrueux nuage noir s’élevait au-dessus des locaux de l’entreprise Hager. Les images sont impressionnantes. J’en emprunte une au Dauphiné.

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Très vite, les habitants s’émurent. Très vite, la préfecture se voulut rassurante et publia un communiqué : « Afin de s’assurer qu’aucune pollution nocive pour la population ou l’environnement n’est causée par cet incendie, les spécialistes du risque chimique du SDIS ont procédé à plusieurs reprises, au cours de la nuit, à des mesures atmosphériques à différents points géographiques à Crolles mais aussi sur une périphérie plus large. Aucune de ces mesures n’a relevé de toxicité dans l’atmosphère".

Fallait-il en rester là, alors que tout le monde s’interroge sur la toxicité du lithium, ce métal rare que l’on sait précieux pour les batteries qui, justement, ce soir-là, explosèrent selon les témoignages de salariés ? Fallait-il se contenter d’un communiqué sur la qualité de l’air, alors que des tonnes d’eau avaient été déversées, polluées, et s’écoulaient on ne sait où ? Ont-elles été confinées dans un bassin de rétention ou directement déversées dans les réseaux publics, voire dans le milieu naturel ? 

On se souvient du nuage de Tchernobyl qui s’arrêta miraculeusement aux frontières de la France … permettez aux citoyens que nous sommes d’être saisis par le doute face à un discours lénifiant et non documenté.

La confiance se construit sur la connaissance partagée du réel. Alors, pour en savoir plus sur les pollutions dégagées par l’incendie, Trait d’Union a interrogé le maire. Voici sa réponse .

Le maire exprime son souci de communiquer dans ces situations et annonce un retour d’expérience. Très bien. Il explique pourquoi il n’a pas déclenché une alerte en masse comme le système dont dispose la commune le permet. Dont acte. La gestion de la sécurité en temps réel est une affaire éminemment délicate et je me garde bien d’exprimer un avis là-dessus. Alerter en masse sans avoir d’indices sur la dangerosité de la situation n’avait rien d’impératif et aurait pu être contre-productif (attention à ne pas crier au loup quand il n’y a pas de loup).

En revanche, je reste sur ma faim concernant la qualité de l’information sur les pollutions. Lisons bien le courrier du maire : la station ATMO de Crolles (station unique, rue Léo Lagrange, non significative pour les riverains Hager) ne fait pas de mesures de métaux, donc on ne sait rien sur les éventuelles émissions de lithium. Le courrier ne dit rien sur les polluants atmosphériques censés avoir été recherchés par le SDIS : il nous est dit que les valeurs étaient inférieures aux seuils de détection, mais on ne connait ni les paramètres mesurés, ni les caractéristiques des appareils de mesure, ni les conditions de mesure (où ? quand ? combien de fois ?).

Bref, on en reste à « tout va bien, faites-nous confiance, la situation est sous contrôle », alors qu’on ne sait pas grand-chose de ce nuage noir effrayant.

Sans être alarmiste (je n’ai aucune raison objective d’être inquiet sur les conséquences sanitaires de cet incendie), on ne peut se satisfaire de cette ignorance. Surtout, on voit bien que la préfecture a préféré la communication (orientée dans le but de rassurer) plutôt que l’information. Il n’y aurait rien eu de choquant à dire « désolé, nous n’avons pas été en capacité de mesurer la toxicité des rejets dans l’air provoqués par l’incendie. Nous étudierons à l’occasion du retour d’expérience comment progresser dans ce domaine de l’évaluation des pollutions induites et de leur prévention ».

L’ironie de l’histoire, cruelle, mais qu’on ne peut ignorer, est qu’Hager est spécialiste en alarmes incendie. Il faudra s’en souvenir quand, dans d’autres dossiers, on nous demandera de croire sur parole les experts patentés assénant que la vérité est chez eux.

L’incendie et l’accident industriel sont à placer en tête de liste des risques auxquels nous sommes exposés ici. Sur les quinze dernières années, j’ai en mémoire plusieurs incendies à Crolles (et je ne prétends pas l’exhaustivité) : les coteaux (2003 et 2019), un bâtiment agricole dans la plaine, Grand Frais (31 décembre 2012), une crèche de Noël, une vitrerie (novembre 2018), des poubelles et quelques voitures …

A vrai dire, ce qui m’inquiète vraiment, ce n’est pas l’incendie Hager dont j’espère que l’entreprise se remettra rapidement, c’est l’incapacité de nos pouvoirs publics, à commencer dans le cas présent par la préfecture, à nous considérer comme des adultes citoyens capables de partager la connaissance disponible sur une situation et d’envisager une discussion démocratique, loyale et sereine sur les mesures correctives et préventives utiles pour la collectivité.

Francis Odier, 28 juillet 2019

 

Nb

L'incendie HAGER a été abordé récemment au conseil municipal de Bernin :  http://bernin2020.blogspot.com/

L'actualité du jour nous ramène une nouvelle fois à ces objets polluants es qui partent en fumée  : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/incendie/auxerre...

On se souvient que le premier projet pour la digue du Fragnès prévoyait de construire la digue en pneus, les meilleurs experts de la commune certifiant que jamais ces pneus ne pourraient brûler. La sagesse venant avec le temps, et le jugement du tribunal administratif suite à un recours de Trait d'Union aidant, les principes de construction ont évolué et nous avons échappé aux pneus.

 

Revue de presse sur l'incendie Hager :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-al...

Un panache de fumée visible à des kilomètres à la ronde et au loin des sons d’explosion. Un violent d’incendie s’est déclaré ce mercredi vers 19h dans les locaux d’Hager Security situés dans la zone industrielle de Crolles.

Le feu serait parti d’un des entrepôts de stockage de cette entreprise alsacienne qui fabrique du matériel électrique, notamment des détecteurs de fumée. Il n’y a pas de blessé.

Selon une employée présente au moment des faits, "des piles au lithium auraient explosé".

Un important périmètre de sécurité a été mis en place par la gendarmerie.

Une vingtaine de véhicules de pompiers venus de toute les casernes du Grésivaudan et de l’agglomération grenobloise sont sur place. L’urgence étant d’éviter la propagation à la partie administrative du bâtiment.

À 23h, l’incendie qui mobilise près de 90 pompiers n’est toujours pas maîtrisé. Les soldats du feu ont rencontré des problèmes d’approvisionnement en eau. Ils ont du se fournir auprès de ST-Microlectronics à une centaine de mètres

 

Le fil d’info du Dauphiné Libéré - https://www.ledauphine.com/isere-sud/2019/07/10/crolles-v...

Crolles : l'incendie d'Hager Security a été éteint vers 1 heure du matin

10 H 34 : Pas de pollution de l’atmosphère selon la préfecture. "Afin de s’assurer qu’aucune pollution nocive pour la population ou l’environnement n’est causée par cet incendie, les spécialistes du risque chimique du SDIS ont procédé à plusieurs reprises, au cours de la nuit, à des mesures atmosphériques à différents points géographiques à Crolles mais aussi sur une périphérie plus large. Aucune de ces mesures n’a relevé de toxicité dans l’atmosphère", indique la préfecture dans un communiqué ce jeudi matin.

JEUDI 9 H 20 : Le violent incendie qui a détruit plus de 1000 mètres carrés de la société Hager Security dans la nuit de mercredi à jeudi a été éteint ce jeudi vers 1 heure du matin. L'entreprise spécialisée dans les systèmes de sécurité et domotique et les détecteurs de fumée emploient environ 300 à 350 personnes à Crolles.

Ce jeudi matin les sapeurs-pompiers sont toujours sur place pour veiller à ce qu'aucune reprise de feu ne se produise. Pour l'heure les salariés ne peuvent pas entrer dans l'entreprise. Une partie d'entre eux est rassemblée devant l'entrée.

MERCREDI 23h20 : Au plus fort du sinistre, 90 sapeurs-pompiers ont été mobilisés et ont utilisé au total 7 lances à eau. Ils ont été confrontés à des problèmes d'alimentation en eau. L'incendie a nettement baissé en intensité mais n'est toujours pas maîtrisé et le bâtiment sinistré s'étend sur 1000 m2 au total. 

21h50 : de nouvelles explosions de piles se sont produites et les moyens d'intervention montent en puissance au fil des heures. Les sapeurs pompiers sont engagés pour une bonne partie de la nuit et du chômage technique est évidemment à redouter.  

20 h 37 : La fumée noire de l'incendie est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Le feu semble avoir pris naissance dans un hangar de stockage de produits finis de 250 m2.

À 20 h 30, les sapeurs-pompiers n'avaient pas encore maîtrisé les flammes. 

Les pompiers ont fait évacuer l'ensemble du personnel et plusieurs explosions vraisemblablement de piles au lithium se sont produites. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer.


19 h 45 : Un incendie dont on ignore encore l'origine s'est déclaré, peu après 19 heures ce mercredi, dans l'enceinte de l'entreprise Hager Security située au 140, rue du Pré de l'Horme à Crolles et spécialisée dans les systèmes de sécurité d'alarme et la domotique.
Les sapeurs-pompiers ont fait évacuer l'ensemble du personnel et une explosion aurait été entendue.

 

14:10 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

21 juillet 2019

On n'y croyait pas... mais elle bouge !

On n'y croyait pas.

chrysalide23.jpgIl est vrai que son soutien indéfectible à toutes les décisions municipales, y compris sur le budget, poussait à la plus grande circonspection mais ça y est, sortant de son épaisse chrysalide d'habitudes, l'opposition majoritaire semble bouger...enfin !

Pour la première fois dans l'histoire de Crolles depuis de nombreuses années -les "anciens" se souviendront surement de  la bataille homérique de la MJC....- , des voix discordantes se sont faites entendre au sein de la municipalité.

Je vous laisse découvrir tout ça dans un article publié à cette occasion : https://crolles2020.fr/coeur-de-ville-et-alternat-les-marches-dabord-la-concertation-ensuite/

Soyons optimiste et espérons que les mois qui restent avant les élections offriront à certains d'autres occasions de faire un véritable coming-out, seule épreuve susceptible de les dégager de la gangue de mensonge et de d'atermoiements dans laquelle ils se sont enfermés.

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Et chiche ?

Si on sortait des dossiers, des trucs sales : une opération mani pulite pour se racheter une honorabilité après des années de complicité ?

 

E.Wormser, le 21 juillet 2019

10 juillet 2019

Les coteaux de Crolles et l'environnement : abracadabra, je t'embrouille

Notre blog s'en est à plusieurs reprises fait l'écho ; le chantier des digues du Fragnès a été engagé sur le fondement d'une vaste embrouille permettant de faire croire qu'un ouvrage conçu 20 ans auparavant pour un développement urbain fort en pied de coteaux n'était pas moins nécessaire si on ne bâtit plus rien sous les ouvrages.

DVD-Humour-Cam%C3%A9ra-Cach%C3%A9es-LES-PIEGES-DE.jpgLe dossier administratif du projet affirme à maintes reprises que la reconquête agricole des coteaux constituera une compensation adéquate des atteintes portées à l'environnement -et notamment aux espèces protégées- par ce projet surdimensionné.

La commune souhaite promouvoir l'utilisation agricole des coteaux dans le cadre d'une association foncière créée spécialement dans ce but. L'association est chargée de la réalisation des mesures compensatoires du projet en permettant à la commune, indirectement, d'avoir la maitrise foncière complète des terrains situés à l'amont de l'ouvrage.

 

Tout ça est bel et bon...ed69bbf6bed66ab3b4a48087c7a1b31c.jpg

Mais il y a un moment où l'omission confine au mensonge éhonté.

Dans le formulaire qu'elle a adressé à la DREAL pour déterminer si les premiers travaux de défrichement doivent être soumis à évaluation environnementale, la commune a tout simplement indiqué que ces travaux, qui ont un lien fonctionnel et juridique évident avec la réalisation des digues et qui sont surtout situés dans le même secteur, n'ont pas d'effets cumulés avec le chantier pharaonique réalisés au cours des derniers mois (voir cadre 6.2).

Ce formulaire est important : il permet au préfet de décider si le projet doit ou pas être soumis à évaluation environnementale et à participation du public.

Sachant que le rédacteur du formulaire a déclaré sur l'honneur l'exactitude des renseignements fournis, j'hésite : omission, mensonge, méconnaissance de ce qu'est l'environnement, sottise, mépris du public, simple incompréhension ?

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Tout ça à la fois ?

Je laisse le lecteur choisir.

Emmanuel Wormser, le 10 juillet 2019

 

07 juillet 2019

Modification n°2 du PLU de Crolles : annulée...

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Le tribunal administratif de Genoble a, par une décision du 4 juillet 2019, annulé la délibération approuvant la modification n°2 du PLU de Crolles ; le motif d'annulation ne surprendra pas : défaut de caractère personnel des conclusions du commissaire-enquêteur

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14 juin 2019

Grands commerces alimentaires : salto arrière et grand écart en haut du trapèze, sans filet !

L'actualité ne manque décidément pas de piquant.

Le 8 mai dernier, le Dauphiné consacrait à notre communauté de communes un article saluant une décision historique : "Halte aux grandes surfaces alimentaires dans le Grésivaudan".

Il fallait en effet saluer comme elle le méritait la décision de nos élus locaux de mettre fin à l'extension de ces surfaces accompagnant la concentration de leur localisation, aux dépends des petits commerces et épicerie de village.

Si le maire d'Allevard s'était opposé à la délibération approuvée, c'est uniquement parce qu'il reste hostile "à tout système dans lequel la communauté de communes prend les décisions à la place des élus, des maires. La question est celle de l'autonomie communal"

Et Vincent Gay, également interrogé dans l'article, de préciser :

en tant que conseiller municipal à Crolles délégué à l'économie et au commerce, il dit partager la politique et le constat du Grésivaudan. « - Lorsque Carrefour Market désirait s'installer à Crolles, relate-t-il, on avait déjà dit que le commerce alimentaire était saturé, qu'il fallait arrêter ».

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Ben oui... mais non !

En ce 13 juin, le registre des actes administratifs de la Préfecture de l'Isère nous délivre une petite pépite : le 17 mai dernier, 10 jours après cette interview remarquable, la Commission départementale d'aménagement commercial s'est réunie en présence de Pierre Béguery, représentant la communauté de communes, et de Vincent Gay, représentant la commune de Crolles.

Et a été approuvé à l'unanimité des présents, y compris notre chantre de la saturation du commerce alimentaire, l'implantation à Crolles de l'enseigne BIOCOOP avec 584 m2 de surface de vente, apparemment sur le terrain de l'ancien Lidl (276 chemin du Meunier) : c'est la moitié de la surface de vente de Grand Frais !

La surface de vente de l'ensemble commercial  atteindra après projet 1285 m2.

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En 2018, BIOCOOP, c'est 560 magasins et ... 1,21 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le réseau : on n'est pas vraiment chez les bisounours et c'est tant mieux pour la durabilité de l'enseigne.

Pour autant, parce que c'est "bio" ou parce qu'il est écrit "coop", ce n'est pas du commerce alimentaire ? 

Allez, on n'est plus à une acrobatie près !

Emmanuel Wormser, le 14 juin 2019

 

13 mai 2019

Le magazine de Crolles de mai 2019 : éloge du rond-point de Devos

Les ronds-points ont fait en France l'actualité de l'hiver et du printemps. Celui de l'entrée de Crolles montre la profondeur du mouvement initié et les avancées -bien peu politiques mais fondamentalement sociales- des idées qui s'y sont échangées.

Comme en clin d'oeil, la tribune de l'opposition, en page 14 du dernier numéro du magazine de Crolles, les mentionne en conclusion :

"Il est urgent que nos élus regardent ailleurs ce que les villes comparables inventent. Mais en sont-ils encore capables après plus de 20 ans à tourner en rond autour de nos ronds-points ?"

 

ouroboros--tintin.jpgcollier-trois-rangs-de-perles-akoya-vintage-283.jpgC'est toute la lecture de ce numéro de la revue municipale qui m'a fait penser à Raymond Devos et son rond-point !

Les perles qu'il égrène forment un collier "trois rangs" étonnant : on y retrouve en fait tous les ingrédients d'un raisonnement circulaire quasi-tautologique, digne du serpent qui se mord la queue !

Comment alors ne pas renvoyer au "plaisir des sens" ?

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13 avril 2019

Le marais de Montfort en manque d'eau

Nous avons dans la plaine de Crolles un marais qui est classé en Espace Naturel Sensible géré par le Département de l'Isère. Le 14 février 2019 s'est tenue une réunion du comité de site animée par le technicien - gestionnaire, avec des représentants du Conseil Départemental, de la commune de Crolles, d'associations d'usagers (Trait d'Union pour Crolles), de protection de la nature (LPO, Grésivaudan Nord Environnement, Gentiana, FRAPNA ...) et des chasseurs. Réunion très intéressante, dans le dialogue, autour du rapport d'activité 2018 et de ce qu'il faudrait faire pour gérer et surtout préserver ce joyau fragile de biodiversité.

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Suite à la réunion, les associations ont rédigé un courrier qui alerte sur l'évolution inquiétante de l'état de conservation du marais de Montfort et du corridor écologique s'étendant jusqu'à Lumbin : 

- la situation hydrologique est catastrophique du fait du drainage ; 

- l'échelle d'intervention et les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des enjeux ;

- l’actuelle pollution aux pesticides est incompatible avec la conservation à long terme des papillons protégés ;

- la pression de fréquentation est en augmentation sur le sentier des papillons sur le petit 20 % de marais restant.

Marais - bois et eau.jpgLa difficulté, ici comme souvent, est de concilier les usages et de bien régler le curseur entre continuer comme avant (ou presque) et changer plus radicalement. Concernant le marais de Montfort, l'observation sur plusieurs années conduit à la conclusion qu'il faut élargir le périmètre du marais, ce qui veut dire éloigner l'agriculture intensive et remettre en eau une surface plus importante. C'est bien sûr une décision qui n'est pas facile à prendre car elle ne plaira pas à tout le monde, elle aura un coût (non nul, mais quand même modéré, on parle de milliers d'euros et pas de millions !) car il faut indemniser les voisins du marais qui se verront imposer de nouvelles règles d'usages de leur terrain.

Mais le gouvernement a annoncé solennellement son intention de protéger la biodiversité et les zones humides ... alors, croyons-le, cela nous fera du bien !

Francis Odier, 13 avril 2019 

 

Marais - panneau.jpg

20:31 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

Lettre ouverte à ma députée

Madame la députée,
 
L'actualité m'incite à vous écrire car des décisions importantes se préparent sur lesquelles je ne veux pas rester silencieux.
 
1) J'ai participé au Grand Débat National en répondant complètement au questionnaire en ligne. J'en connais les limites méthodologiques et les biais dans la sociologie des répondants, comme les garants nationaux, comme la presse, comme vous. Cependant, ces limites n'interdisent pas d'exploiter avec rigueur les résultats du grand débat. Or, je suis inquiet quand j'entend le Premier Ministre en tirer des premiers éléments de conclusion qui paraissent fort éloignés des analyses que commencent à faire les observateurs indépendants, notamment ceux qui prennent en compte l'ensemble des éléments disponibles (par exemple, y compris le "vrai débat" ou des sondages récents sur des sujets de fiscalité ou de services publics). J'attire votre attention sur le fait que des conclusions biaisées de ce grand débat auraient un effet dévastateur sur la confiance résiduelle de l'opinion dans le gouvernement et le parlement, et risqueraient fort d'être perçues, par les plus révoltés de nos concitoyens, comme une incitation à la violence. Le gouvernement est bien sûr légalement autorisé à proposer des lois qui vont à l'encontre de l'opinion. Je demande d'abord de la clarté et de l'honnêteté dans l'expression, par exemple en disant "le grand débat montre ou suggère ceci ... mais nous décidons cela".
 
2)  Concernant l'éventuelle privatisation d'ADP : avant de connaître votre vote sur ce dossier, je suis intéressé par votre point de vue sur le retour d'expérience de la privatisation des autoroutes. Pour moi, il s'agit non seulement d'un fiasco économique pour l'Etat, mais d'une forfaiture, comme en témoigne l'acharnement de l'Etat à maintenir l'opacité sur les contrats avec les sociétés  d'autoroutes. Je suis d'autant plus inquiet et indigné à l'idée de cette privatisation ADP que des acteurs clef de la privatisation des autoroutes sont aux responsabilités aujourd'hui, à commencer par le ministre de l'économie et des finances et par le président de la république pour ce qui concerne certains contrats de prolongation des concessions.
 
3) Enfin, concernant l'urgence climatique, je suis abasourdi par l'inertie et la passivité des pouvoirs publics qui privilégient l'énoncé d'objectifs lointains aux actions concrètes et urgentes qui devraient s'imposer. Je suis intéressé par connaître vos  actions en ce domaine. Vous avez publié sur votre site, en novembre dernier, un plaidoyer pour la taxe carbone ("Engageons-nous vers une économie « décarbonée »). Aujourd'hui, que proposez vous, non seulement pour compenser les renoncements à l'augmentation de la taxe carbone, mais surtout pour compenser les retards accumulés dans la transition écologique ? Je note que vous avez signé le soutien au projet Center Parcs à Roybon, alors que ce projet est néfaste pour l'environnement et sérieusement contraire à ce qu'il faudrait faire pour décarboner l'économie.
 
Dans votre article commentant la "démission de Nicolas Hulot - le choix d'un homme", vous évoquiez le bilan d’une année du Ministre et de votre majorité :
 
- L’arrêt du projet de Notre dame des Landes : en réalité, tout le monde le sait, ce sont les zadistes qui ont imposé l'arrêt de ce projet, le premier ministre n'a fait qu'entériner l'impossibilité de réaliser le projet, sans même se prononcer nettement sur le fond du dossier (sur lequel il avait toujours été favorable).
 
- la fin de l’exploitation des hydrocarbures : en fait, il s'agit de la fin lointaine programmée en France. Mais la France est un producteur tout à fait marginal, ce point n'est pas déterminant.
 
- l’arrêt des centrales à charbon d’ici 2022 : pourquoi une échéance si lointaine ? Rien ne garantit que cette fermeture sera effective durant le mandat. Je lis ici et là que ces échéances pourraient ne pas être respectées. Les projets de reconversion en centrale à biomasse sont alarmants car bruler de la biomasse à grande échelle et à faible rendement (sans cogénération) n'a rien d'écologique et d'utile pour lutter contre le réchauffement climatique
 
- le grand plan sur l’économie circulaire : Je dois avouer que ce grand plan m'avait échappé. Grâce à vous, je viens de parcourir les 50 mesures de la feuille de route pour l'économie circulaire. Il s'agit pour l'essentiel d'objectifs et de déclaration d'intention. L'expérience de ce type de plan m'incite à la prudence. Voyez par exemple les deux premiers plans Ecophyto qui sont restés sans effet. Permettez-moi d'attendre le bilan de la 1ère année avant d'apprécier en quoi ce grand plan peut être mis au crédit de l'action écologique du gouvernement.
 
- le plan biodiversité : et en même temps vous autorisez des projets destructeurs (élargissement de l'A480, contournement de Strasbourg ...), l'artificialisation des espaces agricoles et naturels se poursuit à vive allure, les préfets autorisent des voies routières nouvelles, des unités touristiques nouvelles, qui vont à l'encontre des avis des services du ministère de la transition écologique. L'ONF applique une politique industrielle peu favorable à la biodiversité. Les zones humides ne sont pas correctement protégées par la réglementation. Le budget des agences de l'eau est prélevé pour d'autres financements etc ... Je termine par un exemple local sur la contradiction entre ces ambitions affichées sur la biodiversité et la réalité : le préfet de l'Isère cautionne les défrichements sauvages qui ont été faits par des viticulteurs sur les coteaux de Seyssuel.
 
- l’interdiction du glyphosate dans 3 ans avec la mise en place de solutions alternatives : aucune base légale n'a été donnée à cette annonce, on est prié de croire le président sur parole, alors que les parlementaires n'ont pas voulu s'engager sur cette voie. La référence permanente "avec la mise en place de solutions alternatives" fait craindre un renoncement, car en fait les solutions alternatives existent, mais ne sont pas chimiques et supposent des changements de pratiques culturales qui ne peuvent pas être décidés par voie réglementaire. C'est pourquoi il faut commencer par l'interdiction, et ensuite accompagner le changement. Surtout, le glyphosate est le chiffon rouge qui cache l'océan des pesticides. C'est à l'usage des pesticides qu'il faut s'attaquer et les annonces récentes en la matière sont encore très décevantes.
 
- l’augmentation de la taxe carbone : elle a été abandonnée, très vite, au début du mouvement des gilets jaunes. Le président a eu peur, personnellement, et a cédé (affolé ?) à la violence. Il était possible de répondre autrement aux revendications des gilets jaunes, par exemple en décidant des mesures d'accompagnement et de justice sociale et fiscale.
 
- l’augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes en 2019 : là, désolé, je ne sais pas de quoi il s'agit. Cela dit, je me risque à une question : est-on bien sûr que la taxe sur les activités polluantes ne revient pas à cautionner des pollutions que l'on devrait réglementer plus sévèrement, voire interdire ?
 
- l’obligation de 50 % de nourriture bio dans les cantines : très bien ! Je suis heureux de terminer cette revue par une note positive. Cela dit, en lecture rapide de la loi du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, je vois que l'article 24 relatif à la restauration collective exige seulement 20 % de produits bio (en valeur). Mais peut-être ai-je mal compris ce texte de loi technique et touffu.
 
Conscient de vos responsabilités, je vous prie de recevoir, Madame la députée, mes encouragements les plus sincères à la prise de risque dans vos engagements publics en faveur de l'intérêt général, celui-ci incluant bien sûr les générations futures.
 
Francis Odier, 12 avril 2019

25 mars 2019

Les PAV de la discorde

Dis-moi comment tu gères tes déchets et je te dirai qui tu es. Nos déchets expriment quelle société nous sommes. C'est pourquoi les déchets suscitent la passion.

En 2016, une pétition avait fait reculer la communauté de communes qui voulait systématiser des Points d’Apport Volontaires en remplacement de la collecte des poubelles en porte-à-porte.Crolles - 26 mars 2019.jpg

Mais les élus sont persévérants (obstinés ?) et ont repris leur projet. Alors, une nouvelle pétition est en ligne. Je vous la recommande.

Le slogan : Non aux villes poubelles dans la vallée du Grésivaudan !

C'est un travail collectif. J'y ai très modestement œuvré. On reconnaît parmi les signataires Serge Napolitano et Jean-François Durin très impliqués dans l’action menée en 2016 et de retour pour cette nouvelle campagne, ainsi que Jean-François Comte, habitant de Bernin, commune qui n'a pas encore pris la peine de publier la carte de l'implantation prévue des PAV.

Vous lirez dans le texte de la pétition la liste non exhaustive des griefs à l'encontre des PAV.

A titre personnel, ce qui me gêne surtout, c'est d'abord l'idée du gaspillage matériel : on change tout, on jette les anciennes poubelles, on vend les vieux camions, on investit dans des nouveaux containers et on achète du matériel robotisé. Ce sont des arguments fallacieux : mieux trier (alors qu'on trie déjà), améliorer les conditions de travail des agents (alors qu'on s'apprête à supprimer des emplois et que l'on pourrait passer la collecte en journée), faire des économies (alors qu'on va consommer de l'espace public). C'est l'insupportable langue de bois : avec ce mot "volontaire" pour désigner ce qui nous est imposé, puis le terme "proximité" pour cacher qu'il y a éloignement du point de dépose des déchets  ...

L’empreinte carbone des PAV est probablement défavorable : on peut craindre le foisonnement automobile autour des points de collecte, il faudra recycler les anciens bacs mais le plastique se recycle très mal, voire pas du tout... et on peut pronostiquer que dans les zones urbaines denses, il faudra rapidement remplacer les éphémères PAV par des conteneurs enterrés...

Finalement, le seul intérêt de ces PAV, c'est qu'ils apportent la preuve, s'il en était besoin, que notre blog lecrollois.fr est pluraliste, car Claude Muller est favorable aux PAV, il l'a écrit. Souhaitons que le pluralisme se répande dans les journaux municipaux et dans le journal du Grésivaudan, il en a bien besoin ! Je demande que les anti-PAV disposent dans les journaux de nos communes d'autant d'espace que la communauté de communes en a eu pour faire la promotion de son dispositif.

En bonne démocratie, l'évolution de la collecte des déchets aurait fait l'objet d'un référendum local. Oui, en bonne démocratie.

Francis Odier, 24 mars 2019 

Photo : Crolles, 26 mars 2019

20 février 2019

Les dissidents n'ont rien dissidé

Dans la vie, j’ai vu pas mal de choses bizarres et saugrenues, mais un dissident qui ne disside pas, ça je ne l’ai jamais vu … sauf à Crolles ! C’est l’incroyable scénario que l’on découvre dans notre belle commune, qui en a vu d’autres, mais tout de même ! Saugrenu.jpg

Jugez un peu. Voici la moitié de l’exécutif qui a toujours tout voté comme l’ensemble de la municipalité et qui se lance dans une critique sévère de l’exécutif (cf Communication Crolles 2020 – 8 février 2019) : « absence de participation citoyenne, décisions arbitraires, remise en cause des décisions actées collectivement, projets enlisés, capacités d’investissement sous utilisées… ».

Ils sont adjoints, ils ont toujours fait le pack, solidarité de groupe, jamais un vote Contre, jamais (en public) un mot s’écartant du discours officiel …. Maintenant, ils se disent dissidents, mais gardent le mandat et continuent comme avant.

Ils soutiennent activement l’exécutif municipal depuis 2014, 2008 pour certains, voire 2001. Et les voilà qui sortent du bois, donnant des vessies pour des lanternes, cherchant à se refaire une virginité d’opposant.

Je connais les ravages pour la santé mentale des conflits de valeurs. Alors, je m’interroge. Comment ont-ils pu aussi longtemps approuver des décisions qu’ils n’approuvaient pas ?

Avec mon esprit rebelle, je suis souvent du côté de ceux qui sortent du rang. Ici, mon cœur navigue et j’erre dans l’incompréhension. Je peine à me réjouir qu’advienne maintenant ce que j’espérais plus tôt : des frondeurs. Car nos frondeurs ne frondent pas plus qu’ils ne dissident, ils restent évasifs sur leurs motifs de désaccord avec l’autre demi-exécutif et ne citent pas une seule proposition qui aurait été refusée par la majorité.

Iznogoud 2.pngPour une fois, je ne peux qu’approuver pleinement le maire. Dans sa réponse publiée dans le Dauphiné, il conclut avec lucidité « la déclaration de ces élus dissidents témoigne avant tout de leur impatience à vouloir prendre les rênes ».

Je dois cependant nuancer. Ils ne veulent pas prendre les rênes, ils les ont déjà, ils veulent les garder ou – rêvons un peu – les transmettre à d’autres.

Allons, que vive la démocratie, et merci d’avance et bon courage à tous les candidats aux élections municipales 2020.

Francis Odier, 20 février 2019