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28 octobre 2017

Quartier durable : que d'eau, que d'eau, mais quelle compensation ?

Le quartier durable s'implantera en zone humide : où trouvera t'on des surfaces de compensation ?

Même si elle n'est que la préfiguration d'un changement climatique qu'il faut craindre dans nos régions à échéance d'une vingtaine d'année, la météo du 25 octobre dernier était particulièrement propice aux promenades.

Alors, j'en ai profité... pour faire le tour de deux "grands projets" menés par nos zélés zélus sur la commune.

Avant de rejoindre le Fragnès où le débardage va bon train sur l'emprise des digues -il doit impérativement être interrompu le 31 octobre prochain au titre de la mesure R4 de l'arrêté que le préfet a pris récemment-, j'ai rejoint les chantiers de constructions de nos nouvelles grandes surfaces commerciales, le temps de découvrir avec consternation que la charpente métallique de la galerie de Carrefour est une structure légère, certes facile à démonter en fin d'exploitation mais sans doute pas dimensionnée pour accueillir une toiture alourdie par des installations photovoltaïques ou une terrasse végétalisée...

Et en chemin, je suis "tombé sur ça" :

20171025_134741.jpg

Le lieu est facile à identifier : c'est le premier terrain non bâti de la rue Charles de Gaulle, à droite quand on quitte la rue de Belledonne.

Que voit-on sur la photo ?

  • un agent d'un bureau d'étude en géotechnique -Kaena- étudiant la terre excavée d'une petite fosse réalisée par un buldozer
  • au premier plan, la terre brune formant la couche supérieure du sol, sur une trentaine de centimètres
  • et derrière le bras de la pelleteuse, une argile grise gorgée d'eau, formant une épaisseur conséquente sous la couche d'humus.

Et alors, me direz vous ?

Et bien ce type de sondage permet de caractériser sans coup férir la présence d'une zone humide dans un secteur où il n'existe plus de végétation spontanée -ici, une prairie de fauche. Une note récente du ministère le précise sans détour.

Doit-on être surpris ?

Certainement pas !

Non seulement tout le secteur s'inscrit dans une vaste zone humide liée à la présence des anciens marais de l'Isère avant son endiguement -le nom de la rue des Tuileries, toute proche, rappelle d'ailleurs ce passé récent- mais surtout, nos zélés zélus n'ont certainement pas oublié les difficultés rencontrées pour construire le gymnase Guy Bolès dont la dalle flottait littéralement sur ce substrat visqueux.

Quels sont les projets de la commune dans ce secteur ?

Ce terrain est l'un des premiers qui sera construit dans le cadre du projet "Quartier durable", longuement présenté sur le site web de la commune :

Screenshot-2017-10-25 Quartier durable, ville de Crolles.jpg

Au delà des difficultés que rencontrera le maitre d'oeuvre à "poser" des immeubles dans un tel secteur, la présence d'une zone humide, ici de grande dimension, est une contrainte que la commune doit prendre en charge pour réaliser le projet : ce point avait d'ailleurs été relevé par le bureau d'étude Soberco lors de la présentation du projet le 31 mars 2016.

Les zones humides doivent être préservées et le SDAGE prévoit leur protection

Il n'est sans doute pas nécessaire de revenir ici sur l'importance des zones humides, notamment pour leur rôle dans la préservation de la ressource en eau d'une part et la prévention des risques d'inondation d'autre part. Pour tout savoir, parcourez ce site remarquable :

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/

Screenshot-2017-10-25 Zones Humides.png

Un schéma régional de gestion de l'eau, le SDAGE, prévoit notamment que lorsqu'elle n'a pas pu être évitée, toute atteinte à une zone humide doit être compensée selon des règles décrites dans la mesure 6B-04 (page 213-214) :

Cette compensation doit viser une valeur guide de 200% de la surface perdue selon les règles suivantes:

*ƒ ƒune compensation minimale à hauteur de 100% de la surface détruite par la création ou la restauration de zone humide fortement dégradée, en visant des fonctions équivalentes à celles impactées par le projet. (...)

ƒƒ* une compensation complémentaire par l’amélioration des fonctions de zones humides partiellement dégradées, situées prioritairement dans le même sous bassin ou dans un sous bassin adjacent (...)

Le projet "Quartier durable" a entièrement les pieds dans la zone humide

Le projet a été présenté au public comme poursuivant un engagement d'exemplarité environnementale. A défaut d'atteindre cet ambitieux objectif, le projet devra à tout le moins respecter la loi.

Entièrement situé dans une zone humide dont il va totalement détruire les fonctionnalités, ce vaste aménagement devra être accompagné d'une autorisation spéciale, au titre de la loi sur l'eau, prévoyant une compensation importante dans les proportions rappelées plus haut.

Je ne doute pas que telle est bien l'intention de nos zélés zélus, mais ont-ils les moyens de leurs ambitions ?

Qui vivra verra.

Emmanuel Wormser

16:21 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) |

26 octobre 2017

RTE au Rafour : "Le temps de la concertation est passé" ? Et ben non !

C'est en titrant "Le temps de la concertation est passé" que le Dauphiné Libéré du 22 octobre a rapporté certains échanges entre zélés zélus lors du dernier conseil municipal.

Que ce soit sur le local technique prévu pour le "noeud de raccordement optique", rue Léo Lagrange, ou sur les travaux que RTE afin d'enfouir la ligne électrique alimentant le site de STMicroélectronics, il faut s'y faire :

"A un moment donné, la concertation a ses limites"

"il n'y aura de nouvelle réunion puisque le projet est acté"

Quand bien même le titre du Dauphiné aurait quelque peu dépassé les propos exacts du conseil, la situation ne surprendra personne au fond : les crollois savent désormais le peu d’appétence de la majorité municipale pour une concertation utile...

Mais parfois, des procédures indispensables redonnent la parole au public...

Il reste donc deux étapes de participation du public avant que le projet RTE ne soit définitivement acté :

  • la seconde, dont certains ne comprennent toujours pas qu'elle est au nombre des outils de participation du public au sens de la Convention d'Aarhus, c'est l'éventuel contentieux qui pourrait être engagé si le projet est  ... "acté"... provisoirement.

Ne reste donc au public qu'à... participer !

Emmanuel Wormser

22 octobre 2017

Les déchets ménagers ménagés

La benne « Je trie » du local dans lequel nous jetons nos déchets ayant brûlé il y a quelques années et n’ayant pas été remplacée, nous avions le choix entre plusieurs solutions :

1.      Acheter notre propre benne « Je trie » (ou l’emprunter au Grésivaudan qui les met à disposition), mais comme on nous parlait de PAV, cela nous semblait aller à contre-bon-sens d’obliger les éboueurs à un arrêt supplémentaire.

2.      Ne plus rien trier et TOUT jeter dans les bennes grises (OM = Ordures Ménagères), mais cela n’est pas « citoyen ».

3.      Apporter nos déchets triés dans les bennes « publiques » les plus proches (dans le local à poubelles de l’école des Sources – Charmanches) .Cela reste la solution que nous privilégions, de même que quelques-uns de nos voisins.

4.      Tester le PAV le plus proche (à côté du gymnase Léo Lagrange)

J’ai donc testé la solution 4 et fait le détour par le gymnase.

Et là, j'ai vu qu'à Crolles, on ménage les déchets, surtout les déchets ménagers !

stationréservé.jpg

stationréservé2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Laurence Gigon Veluzat

21:14 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

09 octobre 2017

La grande distribution triomphante

« Quand le bâtiment va, tout va ». Je n’en suis pas si sûr. Car la sagesse populaire ignore le développement durable et les circuits courts. Nous avons à Crolles en ce moment deux grands chantiers qui annoncent ce qui sera le fait majeur du mandat municipal 2014 – 2020 : le triomphe de la grande distribution.

Chantier Lidl.jpg

En quelques années, les surfaces de vente en grandes surfaces passeront, environ, de 3500 à 10 000 m2 « grâce » à l’ouverture d’un centre commercial Carrefour et à l’agrandissement de Lidl dont la surface de vente va tripler.

Panneau Carrefour.jpgCette croissance démesurée est d’autant plus absurde qu’elle intervient en plein contre-temps. Ailleurs en France, la grande distribution bataille et résiste, mais elle a reçu du plomb dans l’aile et recule par endroits. Plusieurs phénomènes sont à l’œuvre, même à Crolles et malgré ces chantiers désolants : la consommation stagne sous l’effet de la crise économique et de la montée des inégalités, les modes d’achat évoluent avec le commerce en ligne qui rend moins nécessaire ces horribles boites posées au milieu de parkings immenses, la prise de conscience progresse sur la nocivité de la grande distribution qui consomme des surfaces folles (alors qu’il faudrait économiser le foncier) et écrase les prix et surtout les petits fournisseurs. L’avenir est au retour des circuits courts, au commerce à taille humaine, aux magasins coopératifs.

Cette analyse sur l’évolution de la grande distribution n’a rien d’original ni de vraiment nouveau. En octobre 2010 déjà, dans une interview à la revue « Maires de France », François Brottes pronostiquai « La création d’hypermarchés, c’est probablement derrière nous. On est dans le contexte du développement durable. ». Pourtant, quelques semaines auparavant, il avait demandé à son conseil municipal d’approuver un PLU qui allait permettre l’installation d’un hypermarché camouflé sous le slogan pitoyable et qui ne trompe personne de « nouveau concept ».

Je ne vais pas m’appesantir sur l’histoire de l’urbanisme commercial crollois. Chacun a pris ses responsabilités en toute connaissance de cause car l’absence de concertation sur le règlement d’urbanisme et les faiblesses dudit règlement ont été signalées en temps et en heure au conseil municipal.

Dans cette affaire, les municipalités ont joué double jeu : approuvant l’objectif de développer le commerce de proximité et de développer des moyennes surfaces dans le sud de la commune, autorisant l’installation des géants de la distribution. On me dit qu’on ne pouvait pas empêcher Carrefour de s’installer ou Lidl de s’agrandir. Alors juste un mot, sans me lancer dans la chronologie du dossier : si une modeste association comme Trait d’Union a réussi à freiner pendant plusieurs années des projets comme l’urbanisation du parc du Château ou la construction de la digue du Fragnès, je peine à croire que la commune n’avait pas de levier d’action pour empêcher l’installation de commerces dont elle dit qu’ils ne sont pas bienvenus.

Maintenant, il faut passer à l’étape d’après. La responsabilité des citoyens est de limiter leurs achats dans les grandes chaînes commerciales. La responsabilité des élus est d’être plus vigilants sur les textes qu’ils votent.

Francis Odier, 9 octobre 2017

 

En complément :

Voir le documentaire Cash Investigation de France 2 sur les conditions de travail chez Lidl (26 septembre 2017).

Lire « Déconsommation, j’écris ton nom », Le Monde 17 et 18 septembre 2017. « Sous l’effet de la baisse de la fièvre acheteuse, le supermarché, lieu emblématique des trente glorieuses, sorte de corne d’abondance où tous les produits seraient entassés, est aujourd’hui une étoile pâlissante ».»

Se souvenir de Grand Frais dont l’ouverture, combat perdu de Trait d’Union, a été suivie assez rapidement par la fermeture d’un primeur à Crolles, puis d’un primeur à Bernin, la relation de cause à effet étant visible et relatée par les commerçants concernés. Actuellement, un fromager du marché est en liquidation judiciaire, en lien avec l’ouverture de Grand Frais le dimanche matin.

Relire nos précédents articles sur le sujet :

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/08/06/grands-commer...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/07/02/carrefour-le-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/14/lidl-l-arbre-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/11/encore-et-tou...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/30/oui-aux-grand...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/03/le-choix-de-l...

http://www.lecrollois.fr/archive/2015/12/10/carrefour-a-c...

21 septembre 2017

Les mots presque justes du Grésivaudan

Quelques erreurs se sont glissées dans le numéro de septembre 2017 de GL’Info, le journal du Grésivaudan. Soucieux de la rigueur d’information de nos concitoyens, lecrollois.fr se fait un devoir de précision, ce qui nous conduira à explorer l’avenir de la vallée.

GL info sept 2017.png

Page 3, il est écrit que « (la déchetterie de Crolles) bénéficie du nouveau dispositif d’accès depuis le 1er juillet ». En réalité, les usagers de la déchetterie de Crolles subissent la contrainte du nouveau dispositif. Je rappelle que le contrôle d’accès par badge à la déchetterie n’a pas été réclamé par les habitants. Comment interpréter ce « bénéficie » ? Un trait d’humour, au 2ème degré, du rédacteur en chef corrigeant une première version du texte insuffisamment positive ? Un excès de zèle ou une écriture routinière de l’agence de communication chargée de la réalisation du journal ? Nul ne sait … les voies du Grésivaudan sont impénétrables …

Lire la suite

18 septembre 2017

Du progrès dans l'air

Pour cet article de rentrée, après une longue pause estivale, je cherchai des nouvelles encourageantes. Non pour positiver béatement, mais plutôt pour illustrer le temps long du changement.

Il m’arrive encore, de loin en loin, d’entendre quelques benêts qui, croyant faire moderne, radotent sur l’accélération du monde. Mais pour le militant comme pour l’optimiste, la patience sereine est plus fertile que l’agitation d’urgence. La durée recèle une propriété chimique intéressante : elle dissout causalité et paternité, elle digère les événements. Mêlés les uns aux autres et nourris par le terroir, les faits qui meublent nos potins et que le politique habille si facilement, forment à la longue une sorte de compost, d’abord instable et peu ragoutant pour les urbains aseptisés, mais devenant peu à peu histoire avec un h grandissant avec les années.

Allons, sans plus tarder car je ne voudrais pas gaspiller les précieuses secondes que vous accordez à ce billet, voici l’information que je veux partager aujourd’hui, la preuve indéniable que tout change quand rien ne change en apparence.

L’air n’est pas le même partout

Grésivaudan - décembre 2016.jpg

Inutile de brasser de l’air pour s’en rendre compte, il suffit de lire les statistiques publiées par l’excellent Observatoire Régional de l’Air, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Instruit sur les risques de manipulation, je suis d’ordinaire vigilant sur les chiffres que l’on voudrait m’imposer avec un argument d’autorité. Mais ici, les données sont brutes et abondantes, issues de mesures quotidiennes. La production d’Atmo est gratuite, signe d’une grande valeur, gage de résistance aux intérêts financiers.

Qu’apprenons-nous dans le Bilan de qualité de l’air en 2016 en Isère ? La situation s’améliore pour la plupart des paramètres : les émissions de polluants, les particules fines, le nombre de jours annuels d’activation d’un dispositif préfectoral en raison d’une alerte à la pollution …

Certes, il s’agit d’une tendance moyenne qui masque des disparités et des situations inacceptables, d’une évolution fragile car les sources de pollution demeurent actives. Le fort épisode de pollution de l’hiver 2016 – 2017 montre que l’on reste très loin d’un problème résolu. Mais la statistique est convaincante : la tendance est dans le bon sens. Est-ce à dire que la tendance est bonne ? Non, assurément. Elle est lente, trop lente. Mais elle prouve la faisabilité du progrès et le réalisme de ceux qui revendiquent les actions d’amélioration.

Belledonne - pollution sauvage - juillet 2017.jpg

Une marge de progrès gigantesque demeure dans le chauffage individuel au bois, sans oublier les feux sauvages qui n’ont pas disparu et qui demanderaient des rappels à l’ordre rapides et fermes.

La confiance dans la durée n’exclut pas l’indignation dans l’instant. C’est pourquoi je voudrais hurler à chaque feu qui empoisonne l’atmosphère.

 

Francis Odier, 18 septembre 2017

 

Source : www.air-rhonealpes.fr/

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Evolution émissions.PNG

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Source des émissions.PNG

18:48 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |

04 août 2017

Accueil tout public

Au pays de Marianne, Liberté, Egalité, Fraternité, un bon critère pour apprécier la qualité d’un équipement public est la diversité des usagers et des usages. Lutter contre les discriminations et promouvoir la diversité ne sont que deux facettes du même objectif : l’hospitalité, la reconnaissance et l’accueil de l’autre dans toutes ses singularités. C’est pourquoi je me réjouis de voir les Gens du Voyage temporairement installés au Parc Paturel.

Gens du Voyage 4.jpg

Il faut dire que le lieu se prête admirablement à un séjour estival : de l’espace, de grandes prairies, des arbres encore jeunes mais qui offrent déjà des plages d’ombre, un paysage magnifique, des commerces à proximité, des occasions de rencontre avec les habitants du cru.

Certes, les Gens du Voyage n’ont pas été formellement invités. A l’inverse, ils ont reçu un ordre ou une demande d’expulsion. Mais la coutume est celle-ci : la République est tolérante… connaît les rapports de force et la vraie loi n’est pas la même pour tous. Christine Lagarde en sait quelque chose, elle qui fut exemptée de peine en raison de sa notoriété et des services rendus à l’économie mondiale.

Imaginez une seconde qu’il me prenne la fantaisie de planter ma tente sous un arbre du Parc Paturel. Très vite, alerté par les réseaux de veille qui traversent la commune, un policier municipal serait venu me faire les gros yeux, et la plus débutante des douces gendarmettes m’aurait fait décamper illico presto.

Pour nos hôtes de ce mois de juillet 2017, c’est différent. Ils ont la loi avec eux, la loi Besson du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. Cette loi est si mal fagotée et appliquée avec tant de travers qu’elle légitime maints écarts au droit. Telle est la démocratie : l’aspiration à la justice résiste aux artifices de la légalité. Le Grésivaudan ne respecte pas ses obligations en matière d’aménagement d’aires d’accueil. L’aire de grand passage de Crolles est utilisée à mauvais escient, avec des séjours bien plus longs que les « quelques semaines » prévues par le législateur. Les emplacements retenus par les collectivités pour (soi-disant) accueillir les gens du voyage sont, bien souvent, notamment à Crolles, sur des sites exposés à toutes sortes de nuisances et dont personne ne veut.

A Saint-Ismier, une aire d’accueil a été aménagée au prix de nombreuses irrégularités, à proximité de la déchetterie. Elle est en fait destinée à favoriser la sédentarisation, ce qui nous ramène à une problématique de logement et ne devrait pas relever de la réglementation des gens du voyage, sauf à accepter un principe de discrimination à leur égard.

L’esprit de la loi est dévoyé, les collectivités territoriales ne respectent pas les exigences préfectorales issues de la loi, et on voudrait que les gens du voyage respectent les interdictions de séjourner qui leur sont faites sur des terrains disponibles et idéalement appropriés à l’habitat mobile et temporaire ?!

D’ailleurs, si la procédure d’expulsion se déroule à petite vitesse, si la commune et la communauté de communes mettent en place, vaille que vaille, les services minimums pour héberger les gens du voyage (convention provisoire, électricité, ramassage des poubelles…), c’est bien que les autorités sont gênées aux entournures et reconnaissent une forme de légitimité à cette occupation dite sauvage, mais qui apparaît très paisible au promeneur de passage.

En citoyen curieux de la chose publique, j’ai l’intuition, comme beaucoup de mes congénères, qu’il n’est pas très sain de conserver ainsi de tels écarts entre le droit et la réalité, entre le légal et le légitime. Est-il bien raisonnable de donner à voir, et même d’organiser, une situation irrégulière où la collectivité se déclare incapable de faire appliquer les règles qu’elle a édictées ? La réponse est dans la question.

J’ai déjà proposé des alternatives : corriger la loi Besson (principe de réalité), faire entrer les gens du voyage dans le droit commun (principe d’égalité et de simplicité réglementaire), les accueillir de manière décente dans des lieux adaptés (principe de fraternité) comme le Parc Paturel, le jardin du Château (dans la partie achetée par la commune et pourquoi pas de temps en temps sur les terrains privés du châtelain), la prairie du Fragnès, l’aérodrome du Versoud (que l’on pourrait fermer un mois par an), les parkings de Casino et de Carrefour (chaque grande surface étant mise à contribution deux ou trois semaines par an) ….

Dans cette affaire, il semble bien que le problème ait deux origines qui relèvent du non-dit : la société française (qui s’exprime via ses représentants) ne veut pas vraiment organiser l’accueil hospitalier des gens du voyage ; le principe sacro-saint de la propriété privée et du respect des avantages acquis interdit d’imaginer des solutions temporaires qui seraient infiniment plus favorables aux premiers intéressés et moins couteuses pour la collectivité.

Pour finir, je voudrais souligner les effets bénéfiques qui irrigueraient la société toute entière si nous décidions l’accueil non discriminant des gens du voyage. La confiance dans nos institutions, dans la justice, serait renforcée, et Dieu sait combien nous en avons besoin. Chacun, en tant que particulier, membre d’une association ou entrepreneur, pourrait jouir des nouvelles libertés ainsi créées : la liberté de camper au Parc Paturel ou d’y organiser un événement, à condition d’en demander l’autorisation à la mairie ayant en charge la régulation des usages et l’harmonieuse cohabitation des usagers.

La discrimination (fut-elle positive) des gens du voyage affaiblit la démocratie, alors que le partage des espaces la fait grandir.

Francis Odier, 24 juillet 2017

 

Nb : l'accueil non sollicité des gens du voyage n'est pas une spécialité crolloise. En cet été 2017, la presse nous signale des situations similaires au Touvet et à Brezins ... et je ne prétends pas faire un recensement exhaustif. La récurrence du sujet (il y a une loi votée en 2000 pour répondre à un problème qui était déjà ancien à l'époque) pose question sur le cadre réglementaire et, surtout, sur l'approche retenue. D'où la proposition d'abandonner la discrimination positive (emplacements réservés et dédiés) et de revenir au droit commun (utilisation occasionnelle de lieux publics partagés avec d'autres usagers).

 

Nos précédents articles sur l’accueil des gens du voyage :

Février 2015 - une aire d'accueil mal accueillie à Saint-Ismier

Aout 2009 - à propos de l'aire de grand passage de Crolles

 

25 juillet 2017

Randonnée vélo avec l'AF3V entre Montmélian / Crolles

J'ai accompagné avec un crollois les participants regroupés par l'AF3V - Association Française des Véloroutes et Voies Vertes  - entre St Hélène du Lac et Crolles.

Cette association propose de randonner en vélo d'Annecy à Valence en passant par Albertville et Grenoble.

Le but était de valider un itinéraire et  de signaler les difficultés et aménagements avec les élus rencontrés aux étapes.  C'était aussi une façon de faire valoir aux élus le potentiel touristique de cette activité génératrice d'activité économique (camping / hôtel/ visite / achat).

Partis de Crolles le 15 juillet matin, nous les avons retrouvé au camping de l'Escale prés de St Hélène du Lac au sud de Montmélian et en route vers Crolles avec une vingtaine de cyclo bien équipés pour migrer vers Valence.

Après avoir suivi l'Isère en cahotant un peu  sur une digue, nous sommes arrivés à Pontcharra au logeant l'ancien terrain de Jamet  (tente, caravane, vêtement de sport  ....) les anciens se souviennent .....

Recharge en  "consommable de vie " au magasin puis La Gâche et juste après  l'ancienne cave viticole, première à droite : le Chemin de l'Empereur et cap jusqu'à La Terrasse (Eglise romane en bord de RD1090).

C'est tout droit, tout plat, tout beau, tout calme entre Belledonne et Chartreuse en fond d'écran !!!!

Certaines petites  portions de route ont été refaites pour la circonstance mais attention pas de point d'eau et de ravitaillement. Les cyclos savent anticiper pour mettre "un peu de bois dans la chaudière".

La section entre La Terrasse et Lumbin n'est pas très linière et la route mal entretenue (gravillons, bande gazonnée (Voie Verte ...).

Une pose alimentaire est faite au lac de Montfort, cadre  très agréable puis cap sur  Crolles  via le secteur de la piscine (portion refaite) (un esprit chagrineur a fait remarquer sur ce blog que le goudron était trop noir, faiblesse passagère de sa part .... ), Casino, site de ST/ Soitec puis la voie sur berge parfaite dans sa portion secteur Métropole mais très perfectible sur le secteur Grésivaudan.

On peut regretter de ne pas traverser Crolles par les pistes cyclables bien entretenues (réseau dense) et donc aussi  de "vitaliser" le centre de Crolles, projet en suspens.

Des élus (Vice Président Transport de la communauté de communes et Adjoint au Transport / Energie de Crolles nous ont rejoint à vélo !!! au Touvet pour échanger avec les animateurs de l'AF3V et ADTC.

M. Brunello, adjoint à Crolles, peine à faire admettre à ses collègues la pertinence de mettre à disposition  deux pompes à pied en libre service sur Crolles. Et pourtant de nombreuses  villes proposent ce matériel très apprécié des cyclistes.

Eh oui les idées et les pneus doivent régulièrement être gonflés.

En résumé très belle réussite de cette journée qui  s'est prolongée jusqu'à Valence  et ce depuis Annecy.

Bravo aux organisateurs ( -trice) qui ont su créer une  ambiance  conviviale nourrie d'échanges avec les élus.

Une autre portion plus ambitieuse  sera (serait ...)  réalisée après les travaux du Symbi à l'horizon 2021 (source M. le Maire de Crolles)   sur la berge de l'Isère. Patience ...

 

voir les épisodes précédents sur le blog, onglet  " déplacement " : en date du 21 Juin 2017 et 08 Nov. 2014

Consulter aussi le site de l'AF3V et le site d'Albert Cessieux http://www.vieavelo.com/article-vvv-vallee-de-l-isere-en-drome-113059856.html.

 

JP Chollet

10:31 Publié dans Déplacements | Lien permanent | Commentaires (1) |

22 juillet 2017

Le chainon qui manquait

En novembre 2014, Jean-Paul Chollet attirait l’attention du public et des élus sur le chaînon manquant pour un itinéraire bis de la Via Rhôna (voie verte, cyclable), du Léman à la Méditerranée, passant par le Grésivaudan. Il n’y a pas de quoi en être fier, le chaînon manquant était chez nous.

Mais rien n’est immuable. Alors des gens se sont activés, le sujet a été mis à l’ordre du jour d’une récente réunion du comité de concertation sur les espaces agricoles et naturels de Crolles, et, derechef, un itinéraire a été choisi et goudronné entre la piscine et la ferme d’Antan.

Voie verte 1.jpg

On peut discuter à l’infini le choix du tracé et du revêtement. Je retiens surtout qu’un blocage s’est débloqué, qu’un manquant ne manque plus, que vélos et cyclistes sont bienvenus dans la belle plaine de Crolles et de tout le Grésivaudan … et rien n’interdit aux randonneurs de quitter l’itinéraire balisé pour venir visiter Crolles et traverser le parc du Château par le chemin du Trait d’Union.

Pour le moment, la voie Verte (noire sur la photo) est accessible aux voitures, mais on peut espérer que des panneaux complèteront prochainement le dispositif en réservant l’usage aux piétons, poussettes, rollers, vélos, engins agricoles et, soyons fous, aux chevaux à condition qu’ils soient accompagnés.

Francis Odier, 21 juillet 2017

 

http://www.lecrollois.fr/archive/2014/10/29/itineraire-bi...

15:29 Publié dans Déplacements | Lien permanent | Commentaires (0) |

20 juillet 2017

Plus vite que prévu

Je ne pensais pas que ce serait si rapide. Au 1er juillet, le Grésivaudan a mis en place un contrôle d'accès par carte à la déchetterie de Crolles. Aujourd'hui, je trouve un dépôt sauvage non loin de la piscine, au début de la toute nouvelle piste cyclable qui va vers la ferme d'Antan.

Depot sauvage 2 - proche piscine.jpg

Evidemment, une proximité temporelle ne prouve pas une causalité. Mais elle suffit pour justifier un billet de blog et rappeler que le contrôle d'accès à la déchetterie, décidé pour d'obscures raisons technocratiques, est résolument contraire au bon sens citoyen. Le coût complet du dispositif "collecte des déchets" va augmenter car il faut gérer le contrôle d'accès et corriger les effets collatéraux (il faudra bien aller nettoyer un jour les dépôts sauvages), sans aucun effet sur le volume des déchets. Dans le meilleur des cas, le Grésivaudan peut espérer reporter une partie des couts sur l'agglo grenobloise ou sur les communes.

Mieux vaudrait miser sur la simplicité (qui est le meilleur gage d'économie) et préserver la gratuité d'accès.

Francis Odier, 20 juillet 2017

 

Pour mémoire, nos précédents articles sur ce feuilleton :

http://www.lecrollois.fr/archive/2017/04/30/echec-des-pav-les-coupables-il-vaut-mieux-les-choisir-que-le-3091518.html

http://www.lecrollois.fr/archive/2017/04/08/crolles-controle-aux-frontieres-3090562.html

Dépot sauvage 1.jpg

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