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01 octobre 2016

Un conseiller régional en campagne

La campagne électorale pour les élections législatives 2017 a commencé. Langenieux-Villard, qui sera candidat dans la circonscription n°5, qui couvre le Grésivaudan, m'envoie sa lettre.

On y trouve des nouvelles d'ECOPLA et je suis ravi du soutien régional à ce projet de SCOP.

Langenieux a la lettre sélective. Il "oublie" hélas quelques sujets où la politique régionale qu'il soutient est misérable, honteuse, scandaleuse, écœurante. Sur la question des réfugiés où Laurent Wauquiez, porte-parole de la majorité régionale, tient un discours de repli égoïste, à courte vue.

Pour compléter l'information sur la politique régionale, je reprends un message diffusé par Alain Mittelberger :

Parce que Laurent Wauquiez : - refuse arrogamment d’accueillir les 1.784 migrants que le plan de répartition du gouvernement prévoit, - qu’il agite à coup d’éléments de langage nauséabond et d’un autre temps, le chiffon de "mini-Calais" ou de "mini-campements", - qu’il appelle les maires d'Auvergne-Rhône-Alpes à s'opposer à l'accueil des migrants de Calais, - qu’il joue à attiser les peurs, les fantasmes et les amalgames, en utilisant des arguments comme la création de centres internationaux de rétention, où la suspension de Schengen, Je vous invite à signer cette pétition : https://www.change.org/p/auraforrefugees-les-auvergnats-e...

Je vous invite aussi à lire l'appel l' Appel du Secours Catholique.

Langenieux-Villard oublie aussi de parler de la politique régionale en faveur de la chasse, et contre les associations de protection de l'environnement. Lire :  https://reporterre.net/M-Wauquiez-multiplie-par-40-les-subventions-aux-chasseurs

Le candidat aux législatives se félicite du nouveau télésiège au Collet d'Allevard. J'aurais préféré que les collectivités locales s'épargnent cet investissement digne du siècle passé. Mieux vaut investir dans l'industrie ... ou dans l'accueil des étrangers.

Enfin, quand on s'intéresse aux digues et à l'urbanisme, il est cocasse de voir le conseiller régional s'inquiéter que les terrains sous la nouvelle digue de La Terrasse tardent à être rendus constructibles.

Francis Odier, 1er octobre 2016

05 septembre 2016

Devoirs de suite

Voici quelques nouvelles estivales sur des thèmes abordés récemment dans lecrollois.fr.

Faisant des commentaires sur le Journal du Grésivaudan de juin 2016, j’avais regretté que nos déchetteries ne collectent plus l’amiante, en particulier le fibrociment. Dans son édition du 13 août, Le Dauphiné Libéré enfonce le clou en relatant une alerte de l’Adevam (Association de défense des victimes d’accidents ou de maladies dus au travail) sur « les dangers et le risque qu’encourt la population du fait de l’absence de points de collecte des produits susceptibles de contenir des fibres d’amiante », avec la photo d’un dépôt sauvage de plaques en fibrociment …

DL 13 aout 2016 sur absence de collecte d'amiante.jpg

Le 25 mai, je faisais part de ma crainte des patous. Cet été 2016, je recense quatre accidents impliquant des patous dans les Alpes [Sources : DL et FR3].

  • Le 6 juin, dans les Hautes Alpes, "près de Serres, un homme qui promenait son petit chien ce dimanche a été attaqué par un chien patou qui gardait un troupeau de brebis. Le chien c'est jeté sur l'homme et l'a d’ailleurs légèrement blessé puis a attrapé le petit chien qu’il a tué".
  • Le 24 juin, "un vététiste a été mordu par un chien à Aussois. La victime a réussi à se débarrasser du patou, mais trois autres accourant, il n’a eu d’autre ressource que de prendre la fuite en courant, abandonnant son vélo".
  • "Le 29 juillet, un randonneur confirmé et baliseur de sentiers dans la vallée de l'Ubaye a été victime d'une attaque d'un chien patou. (…) L’association des randonneurs de la vallée, a interpellé le sous-préfet de Barcelonnette, les élus du territoire et le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles". C’est d’ailleurs une ballade en Ubaye, avec une rencontre désagréable avec un molosse blanc, qui m’avait incitée à écrire l’article Loup Patou Tabou.
  • Le 14 aout, "une femme gravement mordue à Chichilianne". Il s’agit d’une attaque par deux chiens, c’est l’événement le plus grave de l’été, très commenté dans la presse régionale.

L’été n’est pas fini … mais j’espère que la saison du patou tire à sa fin.

Lidl s’agrandit à Crolles … et s’invite dans les réseaux sociaux. Peuples Solidaires lance une pétition « Pour que LIDL paie le vrai prix du travail ».

La pétition dénonce en particulier le sort des travailleurs agricoles des plantations de bananes et d’ananas : « Les travailleurs-ses agricoles sont exposé-e-s à des pesticides toxiques et souffrent de problèmes respiratoires, de nausées et de vertiges sans disposer d’un revenu suffisant pour se soigner. ». Je ne suis pas sûr que Lidl soit pire que ses confrères de la grande distribution … Mieux vaut acheter local !

Francis Odier, 4 septembre 2016

 

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/06/21/minuscules-br...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/05/25/loup-patou-ta...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/08/06/grands-commer...

http://appels-urgents.peuples-solidaires.org/appel-urgent...

21 juin 2016

Minuscules brèves

La sobriété est notre avenir (tôt ou tard, qu’on le veuille ou non). Autant commencer tout de suite. Voici quelques minuscules brèves éclairantes sur notre démocratie encalminée.

Je lis GL’Info, le Journal du Grésivaudan, juin 2016. Dans sa catégorie d’organe officiel d’une collectivité territoriale,  c’est un bon journal, plein d’infos. Il faut le lire attentivement.

Le changement est radical. Il est page 9. « Bientôt une maison de service au public » (MSAP). Elle remplace une Maison de Service Public (MSP). Et ce n’est pas un gag !

Plusieurs pages sont consacrées à TouGo, le « nouveau réseau de transport urbain du Grésivaudan ». Irrésistiblement, je pense au Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Le visuel, le visage, les noms et la numérotation des lignes … tout change. Il faut attendre le dernier petit paragraphe pour voir enfin écrit ce qui devrait être l’évidence guidant la réflexion : « L’organisation des transports à l’échelle de l’agglomération grenobloise élargie s’impose ». Alors, quelle réponse envisagée face à ce constat : « Grenoble-Alpes Métropole, le Pays Voironnais et le Grésivaudan ont l’ambition de créer une structure juridique adéquate pour mieux travailler ensemble sur la coordination des offres, la billettique, l’information des usagers ». Oui, vous avez bien lu. Ils ont l’ambition, mais pour l’action, on verra un autre jour. Là où il faudrait simplifier, ils veulent compliquer et créer une structure juridique. Et quand la structure sera créée, on pourra réfléchir sur comment mieux travailler ensemble …. A ce rythme, je comprends que les élus aient souvent envie de faire plusieurs mandats ...

Lacan, en plein discours professoral :

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Le PAV, Point d'Apport Volontaire, était moribond, le voilà cantonné aux communes de montagne et aux zones d’habitat collectif (sous réserve …). Qui a dit que les gouvernants n’écoutent pas le peuple ? La mobilisation citoyenne a été fructueuse. La prochaine fois, peut-être que les élus s’intéresseront aux « éléments chiffrés » et à l’avis de la population avant de voter.

Voici le mode d’emploi des déchetteries (page 14). Il est parfaitement clair. Je me permets deux précisions. Il est écrit « les particuliers ont l’interdiction de brûler leurs végétaux à l’air libre ». Hélas, il faut compléter : les agriculteurs bénéficient du droit de cette combustion qui « dégage de nombreuses substances polluantes et néfastes pour l’environnement ». C’est le Préfet qui délivre ce droit à empoisonner l’atmosphère. Avec quelques camarades crollois, nous avions donné notre avis lors de l’enquête publique sur le Plan de Protection de l’Atmosphère  … mais le Préfet est passé outre. La participation à l’enquête sur le PPA avait été minuscule, limitée surtout à quelques associations et militants environnementalistes.  Les agriculteurs sont bien mieux organisés.

L’avertissement de bas de page mérite qu’on s’y arrête un instant : « L’amiante n’est acceptée dans AUCUNE déchetterie du territoire ». Et alors, on fait comment pour le fibrociment qui est encore si répandu sur les toitures de bâtiments construits dans les années 60 ? On cherche une déchetterie en dehors du Grésivaudan, et on peste contre cette faille dans l’esprit de service public de notre communauté de communes.

Pour conclure, une petite dernière, minuscule brève. C’est un mot, un seul mot qui en dit plus long que bien des discours. Ce n’est pas dans le journal, ce n’est pas une correspondance privée, ce n’est pas un mot volé. Ça se passe à Crolles. Et c’est le maire qui écrit aux associations. Ce qu’il dit est tout à fait banal, mais néanmoins important. Il donne le programme du forum des associations, le 3 septembre prochain. Un puriste dirait qu’il y a une petite incohérence dans le texte. La lettre est signée par le maire, mais à un moment, ce n’est plus lui qui parle. Ou bien, il fait comme Jules César, il dit « lui » à la place de « je ». Peut-être est-ce les romains qui nous ont légué la monarchie. En tout cas, nous avons du mal à nous en débarrasser. On le dit souvent, et encore plus maintenant que l’élection présidentielle se rapproche, beaucoup de nos concitoyens veulent avoir un chef, comme s’ils regrettaient le roi.

Sans plus attendre, voici le lapsus commis par un fonctionnaire territorial qui, à son insu, se fait le propagandiste de la tentation autocratique contre laquelle il nous faut chaque jour résister. Lisez bien. Pesez les mots. Souvenez-vous de Lacan, toute parole est signifiante. Etes-vous prêt ? Allez-vous sursauter comme je l’ai fait, lisant, relisant et soulignant cette preuve de la présence insidieuse et persistante de l’esprit seigneurial que j’abhorre ? Ce mot en trop n’est pas un intrus. Il est dans le texte comme chez lui, vautré dans le consensus dominant, désignant par trois lettres la mal démocratie qui nous mine.

« 12 h : tous les responsables d’associations sont conviés à la Marelle à l’apéritif d’ouverture en présence du Maire et de son conseil municipal ».

Diantre, diront certains ! Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat ! L’expression est usuelle : le maire et son conseil municipal. Alors, il nous reste à renverser les tables, à mettre les choses à l’endroit et la démocratie debout. S’il faut un possessif, nous devons l’inverser : le conseil municipal et son maire, voilà qui correspondrait mieux à ce que prévoient les textes. 

Le son est bref, mais il résonne longuement. Renversons le son, voici nos qui apparaît, comme une promesse de collectif. Nos élus nous invitent à notre forum des associations. Approprions nous la ville, la politique, nos biens communs.

Francis Odier, 18 juin 2016.

Le courrier aux associations : Invitation forum association 2016 - courrier du 3 juin 2016.jpg

25 mai 2016

Loup Patou Tabou

Les voyages forment la jeunesse, a dit le professeur. Alors, j’ai pris le baluchon et je suis parti. Chez nos cousins sardes. Ce que j’ai vu est stupéfiant. J’étais comme euphorisé. Les chèvres en liberté peuplent la montagne. Les moutons vaquent en paix. Sur cette île autrefois connue pour ses brigands, le loup est inconnu. Chèvre sarde.JPG

Alors, tout est prêt pour le cercle vertueux. Pas de loup, pas de patou. Pas de menace, pas d’agression, pas de conflit. Bergers, ovins et randonneurs cohabitent paisiblement, pour le plus grand bien de tous. Quel contraste avec nos montagnes et nos alpages ! Ici, troupeaux et bergeries sont gardés en permanence par des molosses vigilants qui ont à cœur de signaler leur présence à l’intrus.

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 Nous voulions les loups ? Nous avons les patous et le sujet est tabou.

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18 mai 2016

Le 10 juin prochain, Bernin 2020 organise une conférence sur la collecte des déchets

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04 mai 2016

Engagement dans une période lumineuse

Le lancement réussi du projet Centrales Villageoises du Grésivaudan est une belle illustration de l’utopie politique du moment que l’on peut nommer, faute de mieux, la transition : « Ceux qui se reconnaissent dans le mot d’ordre de ‘transition !’ affirment s’inscrire dans un type d’engagement dont le pivot est le passage à l’action sur fond de réenchantement et de réappropriation de l’existence. Les ‘transitionneurs’ font le choix de faire bouger les organisations et institutions existantes sans prendre pied dans ces dernières » [Source : édito du dossier « La transition, une utopie concrète ? », Mouvement des idées et des luttes, 2013].

Certes, avec Grési21, nous ne sommes pas dans le cas de transitionneurs qui refusent de s’impliquer dans « le système ». J’en suis ravi car la recherche de pureté est l’apanage des nazis et des sectaires. Ici, c’est la mixité qui prévaut. Politiques et citoyens, inextricablement mêlés, montrent, à leur échelle, que l’avenir reste ouvert. Ils agissent en situation, comme le proposaient Miguel BENASAYAG et Angélique DEL REY dans un petit ouvrage qui m’avait enthousiasmé et ouvert de nouveaux horizons en 2012 (L’engagement dans une période obscure).

Depuis quelques années, les mouvements « alternatifs » pour la transition gagnent une nouvelle reconnaissance comme acteurs politiques à part entière, porteurs de projet et de changement

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Il faut se réjouir du discrédit des partis politiques et des gouvernants. Je ne rêve pas du grand soir, mais, avec Schumpeter, le prophète, et les libéraux, ses néo-disciples, reconnaissons-le : dans le processus de création et d’innovation, il est difficile de shunter la case destruction. Après l’incendie, parfois, foisonne la biodiversité.

Le Grésivaudan s’attaque aux friches industrielles et investit des millions d’euros pour « donner un second souffle aux terrains désaffectés » (Journal du Grésivaudan, mars 2016). Prenons en exemple, sans attendre la fin pathétique que connaissent les établissements hospitaliers de Saint-Hilaire du Touvet. Préparons-nous à raser ou à restructurer quelques-unes de nos institutions autrefois glorieuses et attractives, mais usées par le temps, obsolètes même si cela n’était pas programmé. Qui aura enfin le courage d’ouvrir un musée des départements pour y mettre en valeur la mémoire d’une couche de millefeuille fossilisée ? Combien de mandats municipaux devrons-nous encore supporter avant que l’on constate que la coquille est presque vide, les compétences transférées, même si la bête bouge encore ?

Pour le département, l’acharnement institutionnel à le maintenir est pitoyable. La vente de VFD illustre tristement le bilan de la décennie écoulée. Au début des années 2000, faisant le constat de leur incapacité à manager ce qui était une régie de transport, les responsables du département, plutôt qu’avouer leur impuissance, ont fait le choix de briser les reins de VFD par la mise en concurrence. Les effets ont été douloureux, progressifs, mais le résultat est là. Une société en friche, ruinée, comme en faillite. Il n’y a plus qu’à démanteler.

Pour la commune, je milite pour poursuivre les transferts de compétences à la communauté de communes, en particulier l’urbanisme. Deux scénarios peuvent ainsi être esquissés.

Dans le premier, la commune devient un relais de proximité de la République et des autres collectivités territoriales, sans rôle décisionnel. Nous sommes déjà, parfois, dans cette situation. Par exemple, quand la commune a cru bon de relayer la décision du Grésivaudan de généraliser les PAV. L’histoire (avec l’abandon du principe de généralisation) a montré que cette posture n’était pas judicieuse, car elle a conduit les élus à se faire porte-parole d’un projet indéfendable, alors qu’ils auraient dû se voir comme organisateur de débat. Ainsi, pour être démocratiquement fondée, la commune devrait s’organiser pour être relais « dans les deux sens », donc pour représenter vraiment sa population.

Deuxième scénario, la commune lutte pour garder des compétences … et les exercer efficacement. C’est la voie des mariages de raison – en application de la loi bienvenue du 16 mars 2015 favorisant le regroupement communal : onze villes et villages de l’Isère se sont regroupés (lire : Isère Magazine, mars / avril 2016). Bernin, Lumbin, nos fiancées nous attendent, passons à l’acte.

Bien sûr, il y a un troisième scénario, peut-être le plus probable : on ne change rien !

Mon scénario préféré est le quatrième : et mieux que ou, une commune relais démocratique de proximité et mariée avec ses voisines pour se régénérer !

"Nur um der Hoffnungslosen willen ist uns die Hoffnung gegeben."

Francis Odier, 24 avril 2016

 

Nb : merci à l’ami Alain qui m’a fait découvrir la belle citation germanique dont je ne me lasse pas. L’espoir au fond de la désespérance, comment mieux dire la confusion qui étreint nos sociétés et dans laquelle je me débats ?

Liens:

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Schumpeter...

http://www.centralesvillageoises.fr/web/guest/actualitesg...

http://www.edgarie.fr/archive/2012/01/22/l-engagement-dan...

https://www.flickr.com/photos/bertrand-ranza/collections/...

28 mars 2016

Petits ruisseaux du Grésivaudan

Bref et concret. Le changement en Grésivaudan, à votre porte. Avec vos bras, votre tête ou votre chéquier.

 

Energie solaire, ici et maintenant. Urgent. Il est temps. Centrales Villageoises du Grésivaudan. Réunion fondatrice le 18 mars. Succès. 98 personnes présentes. Rejoindre le mouvement. Devenir membre fondateur ou louer son toit pour installer des panneaux photovoltaïques.

« La houille blanche a été le point de départ d'une tradition industrielle de la vallée du Grésivaudan dès la fin du XIXe siècle, voire d'une véritable révolution industrielle, économique et sociale qui a marqué le XXe siècle. Aujourd'hui, notre projet GRESI21 de Centrale Villageoise du Grésivaudan s'inscrit dans cette tradition afin que notre territoire participe de manière citoyenne à cette nouvelle révolution énergétique basée sur les énergies renouvelables qui marqueront le XXIe siècle ».

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Recyclage, circuit court, insertion par l’emploi, Donner, partager, acheterGRE’SY. Lumbin

« L'association a pour but l'emploi & la solidarité. Notre vocation est d'accompagner des personnes en difficulté d'accès à l'emploi à une reprise durable de vie professionnelle au moyen d'une activité économique réelle & de permettre aux personnes en difficulté de se vêtir à petit prix. La collecte de vêtements, textiles & chaussures est la principale activité.

Le principal centre logistique est actuellement situé à LUMBIN (chemin des Longs Prés). La prochaine étape est la mise en route d'un atelier de fabrication de chiffons.

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Remarque subsidiaire : N'avez-vous rien remarqué ? Un détail signifiant ? Un signal faible pour des forces qui se mettent en mouvement ?

Le changement est intercommunal. Nos jeunes associations se revendiquent du Grésivaudan. Nos vieilles communes sont épuisées et deviennent stériles. Nous leur devons le respect, comme à nos aînés qui transmettent la mémoire et fédèrent les rassemblements amicaux et familiaux. C'est là, dans de nouveaux équilibres entre lieux d'action et lieux de convivialité, que la démocratie doit se reconstruire.

 

Francis Odier, 28 mars 2016

20 février 2016

Gangster ou mafieux ? J'hésite.

Trouver un titre est souvent difficile. Alors, j’hésite. Gangster ou mafieux ? Mafieux ou gangster ? Dites-moi ce que vous en pensez. Voilà l’objet de mon courroux. Peut-être avez-vous reçu la même missive, avec une signature presque gauloise, un nom sorti des Trois Glorieuses, à l’époque du capitalisme à la papa avec ses réseaux et sa corruption débonnaire.

C’est la Générale des Eaux qui nous écrit. Je la croyais disparue, mais la marque a survécu. Il y a du business à faire, et Véolia ne va pas lâcher une si belle pépite. Véolia, on connaît surtout ses camions poubelle. Alors, sur la lettre, Véolia apparaît en petits caractères, uniquement pour les oisifs qui lisent tout … Celle qui nous écrit, c’est Doméo, un nom gentil comme tout. Il y a du domicile là-dedans, on se sent chez soi. Un o comme dans Crolles et deux o comme dans Torino, c’est notre pays. Un m que l’on devrait aimer. Parfait. Ils ont même pensé à l’enveloppe retour, c’est sympa, pas besoin d’acheter un timbre ou de recopier l’adresse.

Je suis curieux, alors Doméo, c’est qui ? Un grand frère qui joue sur le même registre sémantique : Proxiserve. Chouette, quelqu’un de proximité qui va me rendre service.

Et Proxiserve, qui c’est ? Une filiale de Véolia. Je m’en doutais un peu.

Allez, on continue à remonter la filière. Dans Doméo, il y a aussi HomeServe. Et hop, nous voilà à la City, chez les British.

Je ne vous ai pas dit ce que veulent me vendre tous ces lascars : de la tranquillité ! Ils ne pensent qu’à moi, à mon bonheur, ma zénitude parfois menacée par le tourbillon de la vie. Ils ont eu une idée de génie : l’eau, ça coule ; les tuyaux, ça se perce ; les fuites, c’est galère. Et voilà l’offre limpide comme un contrat passé entre la Générale des Eaux et la mairie de Grenoble à l’époque de Carignon : un contrat d’assistance réparations fuites 

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Enfin, je commence à comprendre. Il fallait tout lire. Doméo est une société de courtage en assurance.  Si Doméo est le courtier, il y a un assureur quelque part. Et oui ! Il est à Dublin. C’est Am Trust International Underwriters Limited.

Que se passe-t-il si trop de villageois candides ou paresseux signent ce contrat représentatif du pire volet de la mondialisation ? Votre plombier se voulait artisan. Il se retrouve assujetti à une plate-forme d’appel gérée par des multinationales qui planquent leurs profits dans des paradis fiscaux.

Rassurez-vous, il n’y a aucune arnaque. Tout est parfaitement légal. Mieux, c’est moderne. L’économie numérique, la fluidité, beaucoup en rêvent, au gouvernement et dans les salons d’entrepreneur. Voici notre avenir ubérisé !

Une seule solution, en urgence. Prendre l’enveloppe T. Glisser n’importe quoi dedans, un mot de tendresse pour l’employée qui l’ouvrira ou un mot de colère contre les salauds qui imaginent ce type de montage. Poster l’enveloppe et contribuer ainsi au moins à la survie du service public.

Francis Odier, 20 février 2016

13 janvier 2016

Changement annoncé à la tête des services de la mairie de Crolles

C'est par une discrète annonce parue dans la Gazette des Communes que nous avons appris qu'un changement se préparait.

Le poste de directeur général des services est annoncé vacant ...

La personne en place a, manifestement, "souhaité donner une nouvelle orientation à sa carrière", comme savent si bien le dire les services RH.

Le texte de l'annonce mérite d'être lu pour bien comprendre le rôle majeur tenu par celui ou celle qui tient le poste.

Avis, avis !

Candidatures attendues avant le 5 février : à vos CV

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Accéder à l'annonce 181851

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 Emmanuel Wormser

 

12 janvier 2016

Jolie poubelle

Jolie poubelle

A l’heure où des esprits chagrins sombrent dans le conservatisme et militent pour la sauvegarde des poubelles à roulettes, d’autres innovent et améliorent les paysages urbains.

Pour creuser cette question que tous veulent enterrer, j’ai entrepris un voyage d’étude. En voici les premiers résultats.

A Chambéry, cœur de ville, les containers magnifiques dialoguent avec les voitures. Elancés comme des fusées, enracinés dans les alluvions, ils relient le ciel et la terre dans une harmonie moderne que nul ne conteste. Les savoyards se déplacent en vélo et rendent visite quotidiennement à ces greniers – promesses de récoltes, espoirs nouveaux de nos sociétés hantées par l’épuisement des ressources.

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Rueil Malmaison, ville impériale, douceur de vivre, culture francilienne ….

Comme Crolles en son Grésivaudan, Rueil rayonne sur l’ouest parisien, paisible en sa banlieue.

Jean Nouvel n’était pas disponible, alors de jeunes architectes de talent ont dessiné cette conversation, ces poubelles qui se regardent et se sourient, les cartons parlent aux ordures.

Alignée sur ces armoires urbaines, la rue change de nature, elle devient lieu de méditation où les déchets circulants, organiques et métalliques, se préparent peu à peu à leur réincarnation, inscrite dans le cycle de l’éternel recyclage.

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Contemplez ces objets que les crollois refusent ! Voyez cet arrondi d’ouverture, accueillant, une invitation à la caresse et à la dépose.

Admirez ces cylindres si bien dimensionnés, aux couleurs assorties à l’enrobé voisin.

Remarquez la symbiose subtile des formes, l’arrondi de la terre, le droit de la démocratie, la fine surélévation et le poinçon terminal, étendard du développement durable.

* *

Quand l’imagination prend le pouvoir, le mobilier urbain se glisse dans les parterres de fleurs, chasse l’horrible Decaux démodé et réconcilie la culture et l’économie la plus triviale.

Nos élus sont des visionnaires. Planant au-dessus des calculs mesquins de rentabilité et de retour sur investissement, ils ouvrent un champ de création, installent des espaces d’expression. Au diable le triste collège ! Les jeunes ados écriront leurs premiers messages d’amours sur ces surfaces libres et gratuites, symboles d’une nouvelle ère. Les tags, souvent renouvelés, égaieront les quartiers.

Oui, chaque jour, les élus nous surprennent. Nous les pensions gestionnaires, cost killers désinhibés. Les voici en as de la dialectique : champions du mouvement, ils rêvent de poubelles immobiles ; inquiets pour nos finances, ils investissent massivement pour la relance ; héros de l’égalité, ils désigneront bientôt les privilégiés avec les containers sous leur nez.

Aurons-nous la nostalgie du bruit des roulettes, le soir, au fond des voies ? Non ! Nous inventerons des nouvelles formes de solidarité, nous marcherons pour nos déchets, en groupe, en ligue, en procession. Nous offrirons des fleurs aux ambassadeurs du compost. La pénibilité disparue, les agrégés s’engageront en masse à la ressourcerie.

Ah, qu’il me tarde de voir éclore partout en mon village ce changement si ardemment promis par nos princes !

Et peu importe le devenir de ces décisions acrobatiques. Les discussions erratiques auront comblé le vide politique, et tout finira en chanson !

Francis Odier, 11 janvier 2016