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12 décembre 2011

Un gros couac

Quartier des MusiciensCes Crollois vivaient heureux dans le quartier des musiciens. Entre la rue Mozart et la rue Chopin la vie semblait douce, loin des bruits de la ville. Ils habitaient dans des lotissements très bien organisés. Un accès par la rue pour les voitures et un agréable cheminement pour les piétons. Ces sentiers serpentaient en traçant un trait d'union entre leurs coquets pavillons. Des parcelles avaient été aménagées en aires de jeux pour leurs enfants. Avec tout ça, une belle ambiance régnait dans ce quartier de Crolles.
Insouciant, ces musiciens se sentaient bercés par le doux ronron des publications municipales. Mois après mois, elles leur soufflaient une douce comptine au creux de l'oreille : "dormez tranquille, on s'occupe de tout".

Avenue Joliot Curie juste après les 2 sapins, sur le bord de la D1090Nos mélomanes avaient bien vu que le POS s'était transformé en PLU. Cela ne les inquiétait pas du tout, car cela ne les concernait pas. Rien de grave ne pouvait troubler leur belle sérénade. Mais, quand ils se sont aperçus qu'avec ce changement, leur partition seraient bourrée de fausses notes, il était déjà trop tard. Elles étaient déjà gravées dans les délibérations du conseil municipal. Leurs beaux terrains de jeux étaient devenus constructibles ! Les promoteurs, eux, le repèrent immédiatement. Et on peut leur faire confiance pour aller illico chanter l'info dans les oreilles des proprios...« Votre terrain vaut de l'or ». Certains ont aussitôt cédé à la tentation et posé un panneau annonçant un lotissement à l'entrée d'un terrain de jeux. Mais, les lotisseurs avaient un gros souci : l'accès par la route leur avait été refusé par les services du département. Qu'à cela ne tienne leur ont répondu les urbanistes en herbe de la commune.

De l'autre coté de votre terrain, ce chemin piétonnier, Allee pietonne.jpgon va le transformer en voie d'accès pour votre lotissement. « Ni vu, ni connu, je t'embrouille », un coup de gomme sur le plan et vos voitures peuvent entrer.
Lorsque les pelles mécaniques ont commencé à creuser leurs allées fleuries, nos musiciens se sont réveillés. "Il y a trop de fausses notes dans ce concert. Il faut agir et vite, sinon l'harmonie de notre quartier sera entièrement chamboulé".
"Qu'est ce qu'on peut faire ?" C'est alors qu'ils se sont retournés. Mais les apprentis urbanistes leur ont fait le coup du déni. Tels des gamins, ils ont sorti un mot d'excuse (c'est pas ma faute...) et les promoteurs leur ont lu le règlement (c'est pas moi, c'est ma sœur...).
Nos musiciens sont pour l'instant abasourdis en écoutant ce mauvais vent souffler au-dessus de leurs têtes. Ils ne peuvent qu'assister à la saignée de leur chemin, pleurer devant leur beau sapin et se battre la coulpe en écoutant ce mauvais refrain.
Il faut vous mettre à leur place. Il n'est pas facile de prendre conscience de la
couardise de nos élus municipaux, de la voracité de nos promoteurs et de l'avidité de certains de nos voisins, mais néanmoins propriétaires fonciers.
Claude Muller

 

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