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28 octobre 2017

Quartier durable : que d'eau, que d'eau, mais quelle compensation ?

Le quartier durable s'implantera en zone humide : où trouvera t'on des surfaces de compensation ?

Même si elle n'est que la préfiguration d'un changement climatique qu'il faut craindre dans nos régions à échéance d'une vingtaine d'année, la météo du 25 octobre dernier était particulièrement propice aux promenades.

Alors, j'en ai profité... pour faire le tour de deux "grands projets" menés par nos zélés zélus sur la commune.

Avant de rejoindre le Fragnès où le débardage va bon train sur l'emprise des digues -il doit impérativement être interrompu le 31 octobre prochain au titre de la mesure R4 de l'arrêté que le préfet a pris récemment-, j'ai rejoint les chantiers de constructions de nos nouvelles grandes surfaces commerciales, le temps de découvrir avec consternation que la charpente métallique de la galerie de Carrefour est une structure légère, certes facile à démonter en fin d'exploitation mais sans doute pas dimensionnée pour accueillir une toiture alourdie par des installations photovoltaïques ou une terrasse végétalisée...

Et en chemin, je suis "tombé sur ça" :

20171025_134741.jpg

Le lieu est facile à identifier : c'est le premier terrain non bâti de la rue Charles de Gaulle, à droite quand on quitte la rue de Belledonne.

Que voit-on sur la photo ?

  • un agent d'un bureau d'étude en géotechnique -Kaena- étudiant la terre excavée d'une petite fosse réalisée par un buldozer
  • au premier plan, la terre brune formant la couche supérieure du sol, sur une trentaine de centimètres
  • et derrière le bras de la pelleteuse, une argile grise gorgée d'eau, formant une épaisseur conséquente sous la couche d'humus.

Et alors, me direz vous ?

Et bien ce type de sondage permet de caractériser sans coup férir la présence d'une zone humide dans un secteur où il n'existe plus de végétation spontanée -ici, une prairie de fauche. Une note récente du ministère le précise sans détour.

Doit-on être surpris ?

Certainement pas !

Non seulement tout le secteur s'inscrit dans une vaste zone humide liée à la présence des anciens marais de l'Isère avant son endiguement -le nom de la rue des Tuileries, toute proche, rappelle d'ailleurs ce passé récent- mais surtout, nos zélés zélus n'ont certainement pas oublié les difficultés rencontrées pour construire le gymnase Guy Bolès dont la dalle flottait littéralement sur ce substrat visqueux.

Quels sont les projets de la commune dans ce secteur ?

Ce terrain est l'un des premiers qui sera construit dans le cadre du projet "Quartier durable", longuement présenté sur le site web de la commune :

Screenshot-2017-10-25 Quartier durable, ville de Crolles.jpg

Au delà des difficultés que rencontrera le maitre d'oeuvre à "poser" des immeubles dans un tel secteur, la présence d'une zone humide, ici de grande dimension, est une contrainte que la commune doit prendre en charge pour réaliser le projet : ce point avait d'ailleurs été relevé par le bureau d'étude Soberco lors de la présentation du projet le 31 mars 2016.

Les zones humides doivent être préservées et le SDAGE prévoit leur protection

Il n'est sans doute pas nécessaire de revenir ici sur l'importance des zones humides, notamment pour leur rôle dans la préservation de la ressource en eau d'une part et la prévention des risques d'inondation d'autre part. Pour tout savoir, parcourez ce site remarquable :

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/

Screenshot-2017-10-25 Zones Humides.png

Un schéma régional de gestion de l'eau, le SDAGE, prévoit notamment que lorsqu'elle n'a pas pu être évitée, toute atteinte à une zone humide doit être compensée selon des règles décrites dans la mesure 6B-04 (page 213-214) :

Cette compensation doit viser une valeur guide de 200% de la surface perdue selon les règles suivantes:

*ƒ ƒune compensation minimale à hauteur de 100% de la surface détruite par la création ou la restauration de zone humide fortement dégradée, en visant des fonctions équivalentes à celles impactées par le projet. (...)

ƒƒ* une compensation complémentaire par l’amélioration des fonctions de zones humides partiellement dégradées, situées prioritairement dans le même sous bassin ou dans un sous bassin adjacent (...)

Le projet "Quartier durable" a entièrement les pieds dans la zone humide

Le projet a été présenté au public comme poursuivant un engagement d'exemplarité environnementale. A défaut d'atteindre cet ambitieux objectif, le projet devra à tout le moins respecter la loi.

Entièrement situé dans une zone humide dont il va totalement détruire les fonctionnalités, ce vaste aménagement devra être accompagné d'une autorisation spéciale, au titre de la loi sur l'eau, prévoyant une compensation importante dans les proportions rappelées plus haut.

Je ne doute pas que telle est bien l'intention de nos zélés zélus, mais ont-ils les moyens de leurs ambitions ?

Qui vivra verra.

Emmanuel Wormser

16:21 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) |

26 octobre 2017

RTE au Rafour : "Le temps de la concertation est passé" ? Et ben non !

C'est en titrant "Le temps de la concertation est passé" que le Dauphiné Libéré du 22 octobre a rapporté certains échanges entre zélés zélus lors du dernier conseil municipal.

Que ce soit sur le local technique prévu pour le "noeud de raccordement optique", rue Léo Lagrange, ou sur les travaux que RTE afin d'enfouir la ligne électrique alimentant le site de STMicroélectronics, il faut s'y faire :

"A un moment donné, la concertation a ses limites"

"il n'y aura de nouvelle réunion puisque le projet est acté"

Quand bien même le titre du Dauphiné aurait quelque peu dépassé les propos exacts du conseil, la situation ne surprendra personne au fond : les crollois savent désormais le peu d’appétence de la majorité municipale pour une concertation utile...

Mais parfois, des procédures indispensables redonnent la parole au public...

Il reste donc deux étapes de participation du public avant que le projet RTE ne soit définitivement acté :

  • la seconde, dont certains ne comprennent toujours pas qu'elle est au nombre des outils de participation du public au sens de la Convention d'Aarhus, c'est l'éventuel contentieux qui pourrait être engagé si le projet est  ... "acté"... provisoirement.

Ne reste donc au public qu'à... participer !

Emmanuel Wormser

22 octobre 2017

Les déchets ménagers ménagés

La benne « Je trie » du local dans lequel nous jetons nos déchets ayant brûlé il y a quelques années et n’ayant pas été remplacée, nous avions le choix entre plusieurs solutions :

1.      Acheter notre propre benne « Je trie » (ou l’emprunter au Grésivaudan qui les met à disposition), mais comme on nous parlait de PAV, cela nous semblait aller à contre-bon-sens d’obliger les éboueurs à un arrêt supplémentaire.

2.      Ne plus rien trier et TOUT jeter dans les bennes grises (OM = Ordures Ménagères), mais cela n’est pas « citoyen ».

3.      Apporter nos déchets triés dans les bennes « publiques » les plus proches (dans le local à poubelles de l’école des Sources – Charmanches) .Cela reste la solution que nous privilégions, de même que quelques-uns de nos voisins.

4.      Tester le PAV le plus proche (à côté du gymnase Léo Lagrange)

J’ai donc testé la solution 4 et fait le détour par le gymnase.

Et là, j'ai vu qu'à Crolles, on ménage les déchets, surtout les déchets ménagers !

stationréservé.jpg

stationréservé2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Laurence Gigon Veluzat

09 octobre 2017

La grande distribution triomphante

« Quand le bâtiment va, tout va ». Je n’en suis pas si sûr. Car la sagesse populaire ignore le développement durable et les circuits courts. Nous avons à Crolles en ce moment deux grands chantiers qui annoncent ce qui sera le fait majeur du mandat municipal 2014 – 2020 : le triomphe de la grande distribution.

Chantier Lidl.jpg

En quelques années, les surfaces de vente en grandes surfaces passeront, environ, de 3500 à 10 000 m2 « grâce » à l’ouverture d’un centre commercial Carrefour et à l’agrandissement de Lidl dont la surface de vente va tripler.

Panneau Carrefour.jpgCette croissance démesurée est d’autant plus absurde qu’elle intervient en plein contre-temps. Ailleurs en France, la grande distribution bataille et résiste, mais elle a reçu du plomb dans l’aile et recule par endroits. Plusieurs phénomènes sont à l’œuvre, même à Crolles et malgré ces chantiers désolants : la consommation stagne sous l’effet de la crise économique et de la montée des inégalités, les modes d’achat évoluent avec le commerce en ligne qui rend moins nécessaire ces horribles boites posées au milieu de parkings immenses, la prise de conscience progresse sur la nocivité de la grande distribution qui consomme des surfaces folles (alors qu’il faudrait économiser le foncier) et écrase les prix et surtout les petits fournisseurs. L’avenir est au retour des circuits courts, au commerce à taille humaine, aux magasins coopératifs.

Cette analyse sur l’évolution de la grande distribution n’a rien d’original ni de vraiment nouveau. En octobre 2010 déjà, dans une interview à la revue « Maires de France », François Brottes pronostiquai « La création d’hypermarchés, c’est probablement derrière nous. On est dans le contexte du développement durable. ». Pourtant, quelques semaines auparavant, il avait demandé à son conseil municipal d’approuver un PLU qui allait permettre l’installation d’un hypermarché camouflé sous le slogan pitoyable et qui ne trompe personne de « nouveau concept ».

Je ne vais pas m’appesantir sur l’histoire de l’urbanisme commercial crollois. Chacun a pris ses responsabilités en toute connaissance de cause car l’absence de concertation sur le règlement d’urbanisme et les faiblesses dudit règlement ont été signalées en temps et en heure au conseil municipal.

Dans cette affaire, les municipalités ont joué double jeu : approuvant l’objectif de développer le commerce de proximité et de développer des moyennes surfaces dans le sud de la commune, autorisant l’installation des géants de la distribution. On me dit qu’on ne pouvait pas empêcher Carrefour de s’installer ou Lidl de s’agrandir. Alors juste un mot, sans me lancer dans la chronologie du dossier : si une modeste association comme Trait d’Union a réussi à freiner pendant plusieurs années des projets comme l’urbanisation du parc du Château ou la construction de la digue du Fragnès, je peine à croire que la commune n’avait pas de levier d’action pour empêcher l’installation de commerces dont elle dit qu’ils ne sont pas bienvenus.

Maintenant, il faut passer à l’étape d’après. La responsabilité des citoyens est de limiter leurs achats dans les grandes chaînes commerciales. La responsabilité des élus est d’être plus vigilants sur les textes qu’ils votent.

Francis Odier, 9 octobre 2017

 

En complément :

Voir le documentaire Cash Investigation de France 2 sur les conditions de travail chez Lidl (26 septembre 2017).

Lire « Déconsommation, j’écris ton nom », Le Monde 17 et 18 septembre 2017. « Sous l’effet de la baisse de la fièvre acheteuse, le supermarché, lieu emblématique des trente glorieuses, sorte de corne d’abondance où tous les produits seraient entassés, est aujourd’hui une étoile pâlissante ».»

Se souvenir de Grand Frais dont l’ouverture, combat perdu de Trait d’Union, a été suivie assez rapidement par la fermeture d’un primeur à Crolles, puis d’un primeur à Bernin, la relation de cause à effet étant visible et relatée par les commerçants concernés. Actuellement, un fromager du marché est en liquidation judiciaire, en lien avec l’ouverture de Grand Frais le dimanche matin.

Relire nos précédents articles sur le sujet :

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/08/06/grands-commer...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/07/02/carrefour-le-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/14/lidl-l-arbre-...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/03/11/encore-et-tou...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/30/oui-aux-grand...

http://www.lecrollois.fr/archive/2016/01/03/le-choix-de-l...

http://www.lecrollois.fr/archive/2015/12/10/carrefour-a-c...