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18 septembre 2017

Du progrès dans l'air

Pour cet article de rentrée, après une longue pause estivale, je cherchai des nouvelles encourageantes. Non pour positiver béatement, mais plutôt pour illustrer le temps long du changement.

Il m’arrive encore, de loin en loin, d’entendre quelques benêts qui, croyant faire moderne, radotent sur l’accélération du monde. Mais pour le militant comme pour l’optimiste, la patience sereine est plus fertile que l’agitation d’urgence. La durée recèle une propriété chimique intéressante : elle dissout causalité et paternité, elle digère les événements. Mêlés les uns aux autres et nourris par le terroir, les faits qui meublent nos potins et que le politique habille si facilement, forment à la longue une sorte de compost, d’abord instable et peu ragoutant pour les urbains aseptisés, mais devenant peu à peu histoire avec un h grandissant avec les années.

Allons, sans plus tarder car je ne voudrais pas gaspiller les précieuses secondes que vous accordez à ce billet, voici l’information que je veux partager aujourd’hui, la preuve indéniable que tout change quand rien ne change en apparence.

L’air n’est pas le même partout

Grésivaudan - décembre 2016.jpg

Inutile de brasser de l’air pour s’en rendre compte, il suffit de lire les statistiques publiées par l’excellent Observatoire Régional de l’Air, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Instruit sur les risques de manipulation, je suis d’ordinaire vigilant sur les chiffres que l’on voudrait m’imposer avec un argument d’autorité. Mais ici, les données sont brutes et abondantes, issues de mesures quotidiennes. La production d’Atmo est gratuite, signe d’une grande valeur, gage de résistance aux intérêts financiers.

Qu’apprenons-nous dans le Bilan de qualité de l’air en 2016 en Isère ? La situation s’améliore pour la plupart des paramètres : les émissions de polluants, les particules fines, le nombre de jours annuels d’activation d’un dispositif préfectoral en raison d’une alerte à la pollution …

Certes, il s’agit d’une tendance moyenne qui masque des disparités et des situations inacceptables, d’une évolution fragile car les sources de pollution demeurent actives. Le fort épisode de pollution de l’hiver 2016 – 2017 montre que l’on reste très loin d’un problème résolu. Mais la statistique est convaincante : la tendance est dans le bon sens. Est-ce à dire que la tendance est bonne ? Non, assurément. Elle est lente, trop lente. Mais elle prouve la faisabilité du progrès et le réalisme de ceux qui revendiquent les actions d’amélioration.

Belledonne - pollution sauvage - juillet 2017.jpg

Une marge de progrès gigantesque demeure dans le chauffage individuel au bois, sans oublier les feux sauvages qui n’ont pas disparu et qui demanderaient des rappels à l’ordre rapides et fermes.

La confiance dans la durée n’exclut pas l’indignation dans l’instant. C’est pourquoi je voudrais hurler à chaque feu qui empoisonne l’atmosphère.

 

Francis Odier, 18 septembre 2017

 

Source : www.air-rhonealpes.fr/

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