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19 mars 2014

Sans tambour ni trompette

A Crolles aussi, les idées cheminent, les lignes bougent. En voici quelques signes.

 

Sans tambour ni trompette, la déviation est sortie du programme municipal où elle dormait depuis 30 ans.

 

Sans tambour ni trompette, le juge administratif de Grenoble a annulé le 10 mars 2014 un arrêté préfectoral du 4 aout 2011 qui était particulièrement complaisant vis à vis de ce fâcheux projet de déviation.

 

Sans tambour ni trompette, la première proposition du programme Crolles-Grésivaudan est d’étudier différentes options techniques pour la digue du Fragnès, comme le demande Trait d’Union depuis 10 ans.

 

Sans tambour ni trompette, l’héritier annonce en réunion publique, le 18 mars 2014, qu’il faudra très vite réviser le PLU, proposition de bon sens, bien connue et comprise des lecteurs du crollois, mais qu’il avait juste oublier d’écrire dans son programme.

 

Sans tambour ni trompette, je peux vous annoncer que la commune devra réduire son train de vie, diminuer ses dépenses, ses frais de personnel – même si le sujet est soigneusement évité dans le programme Crolles-Grésivaudan.

 

Sans tambour ni trompette, je pronostique - sans grande chance de me tromper - qu’un jour viendra où la majorité dira que 12 millions pour la piscine de Pontcharra c’est démesuré, que les transports du Grésivaudan doivent être organisés autrement, que le cumul des mandats a fait beaucoup de tort ….

 

Sans tambour ni trompette, le crollois veille dans une commune assoupie, alourdie par l’argent.

 

Francis Odier, 19 mars 2014

16 mars 2014

Idée n°72: remembrer

Idée urbaine : remembrer

Comment lutter contre la spéculation foncière ? Diapositive1.JPG

Adoptons une approche économique. Le foncier est cher car le foncier est rare. Vraiment ? Non ! Le foncier n’est pas rare ! Transportons-nous dans les coteaux. Le foncier disponible pour construire est immense … mais il y a un hic : il est déjà souvent construit.

Alors il existe une solution bien connue depuis des décennies : le remembrement. Dans les campagnes françaises, dans les années 1950 et 1960, on manquait de terres agricoles pour nourrir la population… et pourtant les terres étaient là. La réponse a été de remembrer.

logo j aime crolles - petit.jpgDe quoi s’agit-il ? La collectivité s’organise et prend l’initiative pour restructurer l’espace, échanger les parcelles entre propriétaires. Certes, le remembrement agricole a connu des excès et, en maints endroits, le désastre écologique de la disparition des haies. Mais la méthode demeure applicable pour le foncier urbain : considérer que le cadastre est évolutif, faire le choix collectif d’intervenir dans les propriétés privées, mettre en place un dispositif d’incitation, de concertation et de régulation, accepter qu’il y ait des fâcheries …

Dans nos banlieues et nos villes périurbaines comme Crolles, « la nécessité de densifier les zones déjà bâties, viabilisés et desservies -ou à desservir- par les transports en commun et situées à proximité des services et commerces fait désormais l'unanimité auprès des théoriciens comme des techniciens de l'urbanisme » [Le Moniteur, mai 2009].

Le remembrement urbain permettrait de densifier autrement qu’avec la méthode actuelle qui consiste à boucher les trous. En pratique, il s’agirait par exemple d’acheter trois au quatre lots individuels et de construire un petit immeuble d’une dizaine de logements avec un jardin qui reste collectif. Le remembrement urbain n’est vraiment faisable que si la commune en prend l’initiative et pilote l’opération dans une logique d’intérêt général.

En milieu agricole, le remembrement a été un prélude ou un facilitateur d’autres opérations collectives comme la création de coopératives ou de syndicats d’irrigation.

En milieu urbain, le remembrement permettrait aussi de remettre du collectif dans des quartiers marqués par la fermeture sur soi de l’habitat individuel.

La plus grande difficulté de la méthode est de prendre le risque des fâcheries. Il faut pour cela une municipalité qui privilégie l’intérêt général et qui travaille à long terme, sans se préoccuper de son éventuelle réélection. Il faut aussi une démocratie locale suffisamment vivace, mature, solide, pour accompagner le processus, créer un climat coopératif, et mettre sous contrôle les élus afin d’éviter tout dérapage.

Ces conditions ne sont pas réunies pour le moment, mais il n’y a aucune raison d’y renoncer. D’ailleurs, il faudra aussi remembrer les doctrines … j’y reviendrai un jour.

Francis Odier, 16 mars 2014

A lire : Le Moniteur - Remembrement urbain et réorganisation foncière urbaine : de nouveaux outils, un nouveau métier de l’urbanisme – par Christiane Luc, architecte et urbaniste, 29 mai 2009. Remembrement urbain - LeMoniteur_fr.pdf

15 mars 2014

Idée n°71 : construire des agendas 21 qui soient de vrais projets territoriaux partagés de développement durable

J'ai déjà abordé ici les conditions croquignolesques dans lesquelles l'agenda 12 de Crolles avait été adopté. J'avais alors dit mon espoir que "la démarche d'Agenda 21 communautaire aboutirait à un résultat plus … probant".

Las, las, las... Les muses qui présidaient à sa rédaction ne m'ont pas entendu, et c'est dans le plus grand secret que le conseil communautaire a adopté, par une délibération votée en janvier dernier, l'agenda 21 du Grésivaudan, tout plein de bonnes pensées et de belles résolutions mais souffrant de la même tare congénitale que son frère ainé crollois...

AGENDA21_A-528cb.jpg

Tous les guides disponibles sur les démarches d'Agenda 21 le rappellent pourtant sans détour : la participation du public le plus large à l'élaboration de tels engagements est un des facteurs clés de succès de la démarche ; publié en août 2013 par le ministère, le guide "Les acteurs locaux et leurs projets territoriaux de développement durable, Éléments de démarches et pistes pour l’action" indique ainsi, dès ses premières lignes, que

"Pour élaborer puis mettre en œuvre un projet territorial de développement durable, les collectivités territoriales s’appuient sur la mobilisation et la coopération de tous : habitants, associations, monde économique, partenaires institutionnels, services de l’Etat, collectivités voisines et d’échelles infra et supra-territoriales, experts, élus et techniciens de la collectivité"

le "Cadre_de_référence_PTDD_et_A_21_locaux" précise aussi que

"la réalisation effective des objectifs et des politiques ainsi que le fonctionnement efficace des mécanismes que les gouvernements ont approuvés dans tous les secteurs de programme d’Action 21 seront fonction du degré d’engagement et de participation réelle de tous les groupes sociaux ». Une participation réelle des habitants et des acteurs du territoire, dans leur diversité, est en effet nécessaire pour rendre compte de la complexité du système local.
La première étape pour mettre en place cette participation dans de bonnes conditions consiste à recenser précisément ces acteurs, afin de se garder d’omettre certains d’entre eux au moment de l’appel à participation. En effet, chaque habitant, chaque famille, chaque groupe d’intérêts, chaque type ou groupe d’acteurs, organisé ou non, est porteur de points de vue, d’attentes et de savoirs singuliers sur l’état et le devenir du territoire et si l’on souhaite un projet partagé, il est nécessaire de le construire à l’écoute de ces points de vue et de ces expertises d’usage."

Malgré ces rappels constants, Le Grésivaudan a cru pouvoir engager l'agenda 21 en excluant les administrés au sens le plus large -résidents et salariés du secteur, associations et structures consulaires ou leurs représentants, entreprises ..., tous autant concernés - de son processus d'élaboration.

Un tel choix est délétère : le résultat est nécessairement vide de sens et privé de portée, faute d'adhésion des acteurs du territoire. Sa survie est donc purement artificielle mais son espérance de vie réduite pourrait finalement être une chance : elle nous offre la possibilité de recommencer, en partant sur une bonne base.

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Au niveau communautaire comme au niveau communal, je propose donc qu'on s'engage -pas à nouveau mais enfin- dans une démarche d'agenda 21 conforme à l'esprit de ses concepteurs : en toute transparence et en pleine concertation.

 

 

E.Wormser

10 mars 2014

Idée n°67 : agir contre la corruption

Idée transparente : agir contre la corruption

« Nous définissons la corruption comme l’abus à des fins privées d’un pouvoir reçu en délégation. Cette définition recouvre des pratiques très diverses : conflits d’intérêts, détournements de fonds publics, sommes extorquées par des agents publics abusant de leur pouvoir, autorités publiques soudoyées par des particuliers ou des entreprises pour fermer les yeux sur le non-respect d'une réglementation ou prendre une décision partiale, pots-de-vin versés par une entreprise au responsable des achats d'une autre, etc.»  [Source : http://www.transparency-france.org/ ]

La corruption est un fléau sociétal qui porte atteinte à la justice, à la démocratie, à l’efficacité des politiques publiques, et à bien d’autres choses encore.

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Agir contre la corruption, c’est se placer dans une logique de prévention. Il s’agit de réduire le risque de corruption. Pour cela, il faut chercher les causes et analyser les mécanismes susceptibles de conduire à une situation de corruption.

Soyons lucides. Les hommes sont les hommes. L’argent, le pouvoir, le sexe … l’orgueil, la rancune, la peur … Les causes profondes de la corruption restent hors d’atteinte.

Mais nous pouvons agir sur les paramètres qui favorisent la corruption. Le plus connu, c’est le manque d’information, l’opacité des décisions. C’est pourquoi la transparence est vitale.

Je veux maintenant insister sur un élément clef, un levier essentiel à activer pour éviter la corruption : la longévité dans la fonction, dans le mandat.

La corruption suppose un sentiment d’impunité et une connivence entre le corrupteur et le corrompu. Celui qui est nouveau dans un poste ne prendra pas d’emblée le risque de fermer les yeux sur le non-respect d’une réglementation, il n’aura ni la capacité d’influence, ni l’audace de monter une opération douteuse au bénéfice de sa carrière ou de son clan. 

logo j aime crolles - petit.jpgLe non renouvellement des mandats est une condition impérative de lutte contre la corruption.

A Crolles, le non renouvellement du maire est acquis en 2014. Le risque demeure du renouvellement des adjoints, en particulier pour les délégations les plus exposées à la corruption : l’urbanisme, les travaux.

La proposition est transparente : au début du prochain mandat, renouveler la totalité des délégations d’adjoint.

C’est une disposition que j’ai déjà appréciée en milieu associatif et en entreprise : avoir dans l’équipe un ancien président, un ancien directeur, un ancien chef … Cette situation est très efficace pour briser dans l’œuf toute velléité d’autoritarisme et de chefaillon voulant imposer ses vues.

Pour les prochaines élections, nous avons la chance d’avoir plusieurs anciens adjoints comme candidats. Donnons-leur l’occasion de partager leur expérience avec les nouveaux adjoints, de vivre une nouvelle aventure de conseiller.

Francis Odier, 9 mars 2014

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05 mars 2014

Idée n°64 : mettre les retraité(e)s au travail !!!!!

Une priorité devrait être donnée à l'éducation dans notre région.

1212313589.4.jpgPourquoi pas proposer voire plus ... aux retraité(e)s  de consacrer 10 à 20% de leur temps à des activités non lucratives centrées principalement dans l'éducation, l'encadrement.

Il y a un gâchis énorme de perte de savoir et de compétence qui ne sont pas transmis à l'arrêt de l'activité professionnelle.

Les acquis à l'entrée du secondaire sont  dramatiquement faibles, de l'ordre de 30 à 40 % des enfants ne maîtrisent pas  les bases du français et des mathématiques de leur programme du primaire.

Surveiller une étude, être répétiteur de leçons, transmettre des notions de politesse et de respect, encourager la ponctualité,  être accompagnateur de pédibus, vélobus, donner responsabilité et autorité aux personnes mandatées lors des  traversées des routes, acteur dans les forums des métiers et accompagner des visites sur son ancien lieu de travail  etc , etc ....

La liste est immense.

JP Chollet

 

18 février 2014

Idée n°53 : produire des idées en groupe

Idée créative : Produire des idées en groupe

"La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."Albert Einstein.

La créativité se pratique en groupe. Nous l’avons expérimenté le 2 février 2014. En voici les ingrédients.

 

Idée créative - 3.JPG

 

Fiche technique :

Finalité de la séance : produire des idées pour la commune, pour ce qu’on imagine être l’intérêt général.

Un groupe d’une dizaine de participants. Compétences requises : aucune. L’envie de participer suffit.

Animateur : un bénévole, niveau BAFA.

Durée : 3 heures maxi, dont 30 mn d’accueil et de goûter, 2 heures de travail en groupe, 30 mn d’apéro final.

Lieu : quelconque. Une salle de séjour convient bien.

Matériel: un mur ou un panneau mural pour afficher des idées, des post-it, des grandes feuilles de papier pour écrire, stylos et marqueurs.

Coûts : quelques euros par personne.

Bénéfices : inestimables.

Principes méthodologiques :

-      la création se fait par interaction. Les idées se répondent. Une idée en génère une autre ;

-      la créativité s’exprime mieux sous contrainte. La démarche est donc de cadencer le travail à partir de questions thématiques qui vont ouvrir la réflexion de chacun ;

-      combiner l’écrit et l’oral. L’écrit est nécessaire pour que chacun trouve en lui et formule ses idées propres ; l’oral est nécessaire pour la dynamique du groupe, pour l’interaction entre les idées, pour l’approfondissement.

Idée créative - 1.JPGDéroulement : l’animateur énonce un thème ou une question et la commente brièvement, les participants écrivent chacun une, deux ou trois idées sur des post-it (5 mn), chacun ou l’animateur lit et commente les idées écrites, un échange se noue qui peut donner lieu à d’autres idées.

Les séquences du 2 février :

-      nos idées spontanées : en venant aujourd’hui à cette séance de créativité, quelles sont les idées que vous aviez en tête et que vous voulez partager ?

-      les idées des autres : vous avez voyagé de Brest à Besançon, de Bernin à Pékin. Quelles sont les idées que vous en ramenez pour Crolles ? Quelques personnages célèbres (Nelson Mandela, Charles de Gaulle, Lech Valesa, George  Bush) ont visité récemment Crolles. Quelles idées ont-ils proposé ?

-      les idées d’hier et de demain : quelles sont les idées d’hier qui mériteraient de redevenir d’actualité ? quelles sont les idées pour Crolles dans 30 ans ?

-      les idées de base : quelles sont vos idées pour Respirer ? Se nourrir ? S’activer ? Se reposer ? Recycler ?

-      nos indignations aussi sont créatives. Elles disent ce que nous voulons impérativement changer.

Consignes aux participants : création libre sans auto-censure. Accueil bienveillant des idées. Avant de critiquer une idée, faire l’effort de la comprendre et de chercher ce qu’elle peut avoir d’intéressant. Marquer son désaccord envers une idée par la production d’une autre idée. 

« Si l'idée n'est pas a priori absurde, elle est sans espoir ». Albert Einstein

Résultats et bilan :

Une soixantaine d’idées. Chacun pourra juger de leur pertinence. Je serais surpris que quelqu’un soit d’accord sur tout. C’est le jeu de la créativité.

Nous avons maintenant une liste d’idées brutes. Il reste à les questionner, reformuler, évaluer. La production d’idées doit être un travail permanent, jamais achevé.

L’idée créative mérite d’être renouvelée et étendue.

La politique autrement, c’est maintenant.

Francis Odier, 15 février 2014

 

Le texte complet avec la liste des idées produites : Idée créative - produire des idées en groupe.pdf

17 février 2014

Idée n°52 : Considérer le maire comme un élu parmi d'autres

Quand l'ensemble du conseil municipal se range avec discipline derrière un leader sans jamais qu'une voix s'élève, la démocratie représentative est en berne et le gouvernement de la "chose commune" est abandonné à un autocrate.

Il suffit de lire les procès verbaux du Conseil municipal de Crolles pour observer ce fonctionnement ... et de parcourir les lignes de notre blog pour en mesurer les conséquences parfois catastrophiques.

Il est alors temps de mettre un terme à la tradition très crolloise de personnalisation du pouvoir municipal dans les seules mains de son premier magistrat: qui que soit celui ou celle qui sera élu(e) maire, ne devrait-il(elle) pas avant tout être un(e) représentant(e) du peuple agissant au sein d'une équipe de personnes élues chacune pour ses capacités propres et ses convictions individuelles ?

646901823.jpgIl faut donc rompre avec la continuité espérée par certains, explicitement décrite comme un passage de relais entre un maire sortant et son poulain et entièrement centrée sur l'héritage quasi génétique d'un individu au mépris de l'équipe qui l'accompagne.

 

Emmanuel Wormser

16 février 2014

Idée n°51 : C'est bientôt la foire à Crolles

La Foire à Crolles

646901823.jpgDans un passé récent, les principales villes ou villages avaient leur foire une ou deux fois par an. C'était souvent avant les moissons et les vendanges pour préparer ces événements intenses. Les gens se réunissaient pour acheter matériels, bétails et finaliser l'embauche des journaliers. C'était un temps fort d'échanges sociaux et culturels.

De nos jours, ces évènements se déroulent dans des bâtiments spécifiques adaptés à recevoir du public avec des normes de confort, mise à part les foires à bestiaux, mais finalement les échanges sont très stéréotypés. 

Pourquoi ne pas créer ce type de rencontre avec une taille plus modeste et avec des artisans, commerces locaux ?

On parle beaucoup à l'échelon national de la Transition Énergétique.

Mais comment la rendre concrète dans notre quotidien. Comment choisir ou faire évoluer son mode de chauffage ? Comment engager des travaux pour améliorer l'isolation  de son bâti ? Comment bénéficier des aides et des modes de financement ? Comment mutualiser ses achats pour ces réalisations ?  Comment se grouper pour faire des achats de combustibles ( granulés, plaquettes, fioul etc ..)

L'intercommunalité travaille sur la définition du PDU ( Plan de Déplacement Urbain ). Ce serait l'occasion pour connaître et découvrir les offres transports ?  Découvrir des solutions techniques pour améliorer les transports doux (cycles et autres). Découvrir aussi les projets engagés et futurs. Se tenir informer des  nouveaux modèles  de transport. 

En résumé ces foires sont des lieux d'échanges et de découverte. Bref, un petit brin de démocratie.

Proverbe africain  : "Tout seul , on va plus vite , ensemble on va plus loin ".

JP Chollet

09 février 2014

Idée n°47 : Idée de Martin

L’idée de Martin – le désir de droit

Lors d’un récent colloque sur la participation citoyenne en Grésivaudan, quelques intervenants, politiques très expérimentés, se sont désolés que l’on voit toujours-les-mêmes dans les réunions publiques. Peut-être avaient-ils lu secrètement ce numéro de la revue Esprit sur la pauvreté perdue de vue, octobre 2012, que je vous recommande chaudement.

Esprit commence par une énigme : le non-recours aux droits des personnes en situation de pauvreté. C’est la population des invisibles, ceux qui votent peu et ne participent pas. Esprit s’interroge ensuite sur les causes du non-recours et sur les mesures à prendre pour réduire l’écart entre les droits virtuels et les droits réels.

On entend trop souvent, hélas, l’idée reçue selon laquelle certains de nos concitoyens se complairaient dans l’assistanat, useraient et abuseraient de leurs droits à être aidés par la société. La réalité est bien différente, presque exactement contraire. Même si on manque d’indicateurs quantifiés, il est reconnu que le non-recours, par exemple le renoncement aux soins malgré la CMU, n’est en rien marginal.

Le Monde du 20 juin 2013 alimente le débat à propos du RSA : « 68 % des personnes éligibles au revenu de solidarité active ne le demandent pas ». Cette affaire de non-recours est sérieuse. Il faut y voir clair et en tirer quelques billes pour la participation.  

Mon esprit vagabonde … et me voilà confronté aux non-recours juridiques pour le contrôle citoyen des collectivités publiques.

Nous sommes, du point de vue de la démocratie, dans la même situation que la grande pauvreté. Avec le temps, nos lois se sont perfectionnées et la loi, souvent bien faite, a prévu de nombreux dispositifs de recours (recours gracieux en préfecture, contentieux au tribunal administratif, commission d’accès aux documents administratifs …). Pourtant, cet arsenal réglementaire est peu utilisé, au moins dans la vallée que j’observe. Je ne manque pas d’exemples : tel voisin s’insurge contre un projet immobilier, mais laisse passer la procédure, sans envoyer le moindre courrier ; tel militant s’oppose à un document d’urbanisme truffé d’incohérences, mais n’envisage pas la moindre action juridique. Et je me joins volontiers à la cohorte des non-recoureurs, même si par les hasards de la vie je me suis trouvé embarqué ici ou là pour contester devant le juge une digue absurde ou une manipulation grossière.

L’énigme s’épaissit : comment se fait-il que des militants reconnus rechignent et renoncent presque d’emblée au contentieux ?

Je connais quelques DRH et syndicalistes qui ont la plume prompte à saisir le juge de grande instance pour trancher des litiges collectifs au travail … mais il faut le reconnaître : ils sont minoritaires et souvent mal vus de leurs collègues.

logo j aime crolles - petit.jpgAvant d’en venir aux propositions concrètes, je suggère un début d’explication aux non-recours : les invisibles et les non-recoureurs sont cousins, ils portent en eux comme une gêne. Ils ont le recours honteux. C’est cela qu’il faut combattre. Bien sûr, il faut aussi s’attaquer à la complexité des procédures, mais cela relève du niveau national. En local, on peut agir sur le désir de droit.

Que nous propose Martin Hirsch, le père du RSA, pour améliorer ce dispositif qu’il a lancé en 2009 alors qu’il était haut-commissaire aux solidarités actives ? « Tout d’abord, un plan massif contre le non-recours. Il n’y a eu qu’une seule campagne d’information sur le RSA depuis 2009 ».

L’idée est géniale, généreuse et puissante. Faisons de la pub pour que les ayants droits demandent leurs droits, dans tous les domaines. Car certains véhiculent un discours inverse, comme le rappelle Martin Hirsch : « Une partie de la droite s’est lancée dans un discours sur l’assistanat. Pour encourager les gens à bénéficier du RSA, on ne pouvait pas faire pire ».

Et oui, les très visibles dénigrent le recours au droit. Souvenez-vous, il y a seulement quelques semaines, le chef de l’Etat et son premier ministre plaidaient pour un choc de simplification. Les voilà les obstacles à la croissance, les empêcheurs de construire, ce sont les procéduriers qui enterrent les projets vertueux des collectivités publiques et des promoteurs sous des tombereaux de recours ! N’avez-vous pas entendu ce discours ? N’y voyez-vous pas une étrange parenté avec la vindicte contre l’assistanat ? Contre le recours aux droits ?

Etrange paradoxe. Nous voulons des institutions démocratiques … mais nous rejetons ceux qui s’en saisissent.

Il ne suffira pas de populariser et de valoriser les droits. Encore faudra-t-il accompagner les ayants droit.

La maison de santé y contribuera dans son domaine. En matière juridique, la communauté de communes et la boutique de l'emploi pourraient offrir des conseils, orienter les demandeurs, prendre en charge certaines demandes présentées par des associations.

Les organisations syndicales jouent ce rôle de conseil juridique pour les salariés. Mais bizarrement, rien n’est prévu pour les citoyens. Comment s’étonner alors que la démocratie soit balbutiante ?

Le devoir des collectivités locales est de favoriser l’accès aux droits.

Francis Odier, 9 février 2014

07 février 2014

Idée n°45 : Créer et faire vivre une « Boite à échanges »

Une idée pragmatique et opérationnelle ; Créer une « Boite à échanges », véritable facilitateur de liens et d’échanges locaux.

Nos garages et nos greniers regorgent d’objets divers et variés qui ne demandent qu’a (re)servir.

Comment prêter, échanger, louer, donner, vendre, emprunter,… des objets, des outils, du matériel,… voire des offres de services ?

Comment savoir où et qui et accéder rapidement à l’information ?

646901823.2.jpgL’idée est de créer un site Internet, hébergé sur le site de la Mairie et de la Communauté de Communes permettant aux personnes volontaires de répertorier la liste des objets dont ils ont peu ou plus l’usage et qu’ils peuvent mettre à disposition, ainsi que ses coordonnées. Des sites existent au plan national mais ils se heurtent à la limite du manque de proximité ; le territoire communal parait être le bon échelon pour développer ce niveau d’échanges.

 

Dans un état d’esprit durable, l’objectif est de lutter contre la gabegie ambiante et une sorte de consumérisme effréné et sans limites. Il s’agit aussi de favoriser la mise en relation entre des particuliers de façon très locale et pour des besoins ponctuels ou réguliers, d’inciter a la mutualisation et au partage et d’enclencher des initiatives solidaires.

entraide.jpgExemples : Je possède un échafaudage stocké dans mon garage et qui peut servir à quelqu’un, j’ai besoin d’une bétonnière pour un petit travail de maçonnerie, …

Alors, on ose ? L’expérience est à tenter et à développer car l’idée reste simple et pragmatique mais elle me parait porteuse de liens sociaux er d’avenir.

Jean-Bernard Dop