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15 décembre 2014

Paul Jargot, les 30 glorieuses en Grésivaudan

Paul Jargot était-il précurseur ? C’est la thèse de Claude Muller, le fil conducteur qui donne le titre de ce long entretien qu’il vient de publier récemment. Les arguments ne manquent pas pour nourrir ce point de vue et vous les trouverez aisément dans ce morceau d’histoire enregistré en 1992 – 1993.

couverture-livre-Paul-Jargot-le-précurseur-du-Grésivaudan-e1416332930287.jpgMais avec le recul, une autre lecture, complémentaire, se propose. Certes, elle est moins glorieuse tant pour l’oncle Paul, comme on pourrait le nommer ici, que pour les crollois qui l’ont accompagné et si souvent élu.

C’est le récit qui reste à écrire. Ou qui a déjà été écrit mais pas ici. La campagne remembrée, qui se péri-urbanise. Un jeune plein de force et d’enthousiasme généreux qui épouse les combats du moment, se fait notable et bataille jour et nuit pour capter au bénéfice de sa commune sa part de développement.

A vrai dire, c’est tout cela que j’ai trouvé si attachant dans le livre : un témoignage de première main, vivant et sans fioritures, sur ces 30 glorieuses qui ont transformé nos campagnes et nos bourgs.

On l’oublie dans notre pays vieillissant tenu par des quinquas, hauts fonctionnaires ou fortunés poudrés qui se piquent de culture : il n’en a pas toujours été ainsi. Après-guerre, le pouvoir a été saisi par la jeunesse, parfois pistolet au poing, comme Gaston Deferre à Marseille ou Chaban à Bordeaux. Jargot, quelques années plus tard, est dans cette lignée de ceux qui n’ont peur de rien et n’attendent pas l’autorisation du parti avant de se lancer.

Un dossier emblématique est la grande affaire de l’époque : le remembrement. Cet exemple seul suffirait à briser le mythe du grand homme. Dans ces années-là, je le sais depuis l’école primaire, des milliers de maires en France et en Navarre ont remembré. Où est le précurseur ? Peut-être dans l’art de la communication et du story stelling …

Maintenant que me voilà chaud et transgressif, je vais continuer sans vergogne à déboulonner la statue. L’animal politique ne dédaignait pas la manœuvre. Le voilà à Paris, cultivant ses réseaux, profitant de sa camaraderie avec le ministre pour obtenir un financement nécessaire suite à une gestion imprudente et mettre fin au conflit enlisé sur le péage de Crolles. Le voilà chez le Préfet pour forcer le destin, tordre le bras au représentant de l’Etat et prendre quelques libertés avec la légalité.

Et tout ça pour quoi ? Précurseur comme aujourd’hui Edouard Martin à Florange : « On voyait évoluer les choses, les grosses entreprises de la rive gauche allaient disparaître. On s’est battu là-dessus ». L’impuissance de l’élu local face à aux mutations économiques … l’histoire, inlassablement, se répète. 

Jargot voulait la zone industrielle, il construisit aussi l’avenue Ambroize Croisat et la zone commerciale, paradis des voitures, bourreau des commerces de proximité. En 120 pages d’entretien, pas un mot sur l’abandon du centre village à son triste sort.

Allons, pas de nostalgie !

Créateur du SIERPUMG, partisan de l’intercommunalité à taille humaine, il contribua, comme d’autres, au maintien des frontières artificielles entre le Grésivaudan et l’agglomération. « Il faut se dire, qu’à l’époque, la municipalité de Grenoble avait très bien compris qu’il ne fallait pas faire un grand Grenoble. Les autres communes autour ne se sont pas laissé faire, heureusement ».

Attaché à la modernité, Jargot resta jusqu’à la fin de sa carrière dans le mouvement, dans l’air du temps. Alors, en conclusion, au soir de sa vie, il épouse le discours entrepreneurial qui émerge en ces années 1990 : « Le maire est chef d’une entreprise communale. Enfin, moi je vois les choses comme ça maintenant. La commune, c’est une entreprise (…) ».

Non, Paul, avec tout le respect que nous te portons, la commune n’est pas une entreprise ! A l’époque, Bernard Tapie était au sommet de sa carrière et pas grand monde ne voyait que nous étions à l’aube d’une dérive délétère, l’envahissement par l’idéologie gestionnaire.

Mais, crollois je suis, crollois je veux rester. Alors, je suis heureux de vous signaler deux sujets où Jargot a été vraiment visionnaire avec peut-être un siècle d’avance sur ses contemporains, deux thèmes d’actualité permanente, deux projets à engager, deux marottes qui ne me quittent pas … vous les connaissez …

Crolles – Brignoud. A propos des années 1970, de la création du SIERPUMG et du schéma d’aménagement de la vallée, voilà ce que disait notre édile regretté : « Crolles n’était plus le centre de ce pôle, c’était Crolles – Brignoud et on avait même prévu un deuxième pont. Ce qui n’était pas idiot … ». Paul, encore un peu de patience, d’ici une vingtaine d’année, nous l’aurons le 2ème pont, il sera pour les piétons et les vélos !

Crolles – Bernin. C’est Jargot qui a créé le FCCB, Footbal Club Crolles, Bernin. Jargot encore qui « voulait faire une école vers la Croix des Ayes qui serait devenue un pôle entre les deux communes de Crolles et Bernin ».

Dans 20 ans, le jour du mariage, nous boirons un coup à la santé de l’oncle Paul, bon maire heureux en sa vallée.

Francis Odier, 14 décembre 2014

 

L'article en pdf : Paul Jargot - les 30 Glorieuses en Grésivaudan.pdf

Un article de 2004 - très critique sur la politique d'aménagement du territoire à l'époque de Jargot : Grésivaudan et Grenoble - comment_on_nous_detruit - 2004.pdf

12 décembre 2014

Les collégiens et lycéens de Villard-Bonnot mis à la porte de l'Express 3 sans préavis

Réjouissons-nous ! A compter du 5 janvier 2015, le Conseil Général de l'Isère a trouvé une solution pour libérer des places dans ses bus surchargés des lignes Express 1, 2 et 3.

Libérer des places et gagner en rapidité sur les temps de trajets.

Une très bonne nouvelle pour les usagers qui subissent les désagréments de retards et d'encombrements des bus.

Mais dans le meilleur des mondes possibles, où même François-Marie Arouet a un pseudo, ne soyons pas trop candides si nous voulons continuer à cultiver notre jardin...

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08:42 Publié dans Déplacements | Lien permanent | Commentaires (1) |

06 décembre 2014

Les tennis couverts bougent encore

Les tennis couverts de Bernin-Crolles ont le triste privilège d'appartenir à la longue liste des projets inutiles et couteux qu'il faudra bien arrêter un jour.

La construction n'a pas démarré, mais le budget est déjà à la hausse, sans grande surprise : + 60 000 € sur le devis principal, + 76 000 € pour un parking de 50 places qui n'était pas prévu initialement.

Que s'est-il passé depuis que la convention a été signée entre Crolles et Bernin au printemps 2013 ? L'Etat a confirmé que les dotations aux communes allaient baisser. La situation économique ne s'arrange pas. La crise climatique est chaque jour plus évidente. La prise de conscience collective progresse sur l'absence d'intérêt général de moult grands projets ...

... A Crolles et Bernin, on continue comme avant : bâtissons, bâtissons, nous sommes des bâtisseurs chantent les élus à l'unisson.

Les opposant s'organisent - lire l'article du DL.

Le sujet est à l'ordre du jour du conseil municipal de Bernin du 10 décembre 2014 : "Autorisation de déposer un permis de construire - construction de deux courts de tennis couverts".

Et ce samedi 1er novembre, 10 h 15, grand beau temps, les beaux tennis en plein air de Bernin étaient désespérément inoccupés ...

 Tennis Bernin - samedi 1er novembre - 10 h 15 - inoccupé.JPG

Photo Jean-François Comte.

La lutte continue !

Francis Odier, 6 décembre 2014

Pour mémoire : Au tennis, Crolles et Bernin sont à l'unisson - 5 avril 2013.pdf

Projet convention tennis couverts.pdf