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28 avril 2012

Le jeu du Crollois

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12 avril 2012

Sols pollués à Crolles : c'est pas moi, c'est l'autre

Nous en avions parlé fin 2011 sur le blog : de grands commerces allaient ouvrir à Crolles sans qu'on sache si les sols de leur terrain d'implantation avaient été dépollués.
L'association Trait d'Union a, elle, mené l'enquête pendant deux ans.
Dans un communiqué de presse reproduit ci dessous, elle propose une explication de texte complète de ce qui a été fait... et surtout de ce qui n'a pas été fait.

Sols pollués à Crolles : c'est pas moi c'est l'autre !

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Photo MichaelMaggs

L'immobilisme des administrations compétentes pour contrôler la dépollution de l'ancien terrain UGIMAG est patent.

Situé à Crolles à l'angle de la rue Charles de Gaule et de l'avenue Ambroise Croizat, cette zone a abrité pendant plus de 30 ans une usine de fabrication d'aimants. Cette production industrielle était polluante et le terrain est identifié "pollué" dans le recensement national Basol.


Trait d'Union, association environnementaliste, a bien sûr suivi attentivement ce projet. Ce faisant, elle voulait simplement s’assurer que toutes les mesures de dépollution de ce site industriel seraient bien prises et qu'un contrôle administratif ad'hoc serait mis en œuvre. Malheureusement, aujourd'hui, elle a épuisé tous les recours possibles. Elle se doit de tirer la sonnette d'alarme.


Suite à toutes ces démarches, Trait d'Union constate que, malgré les engagements des uns et des autres, les études indispensables à garantir ensemble la protection de l'environnement et de la nappe phréatique et la sécurité des riverains, des clients et des salariés des commerces n'ont fait l'objet d'aucun contrôle administratif. Pourtant, les enseignes commerciales Gifi et Besson Chaussures y ont ouvert leurs portes dès la fin du mois de mars 2012.

Terrain Ugimag 28 fevrier 2012.jpgPhoto Claude Muller

Comment en est-on arrivé là ? Qui est responsable de cet état de fait ? Qui aurait dû dépolluer ce site ? Qui aurait dû s'assurer que cette dépollution était effective ? Quel risque pour la population ? Comment le Maire de la commune en est-il arrivé à occulter de tels risques ? Quelles démarches avons-nous effectuées ?

Trait d'Union met à la disposition de tous sur son site son analyse des faits et tous les documents concernant cette affaire. Ils devraient vous permettre d'en comprendre les enjeux.
D’ores et déjà, vous pouvez consulter ici la réponse de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) à sa requête. : "la société Finexel n'avait pas transmis à l'administration d'analyses de sol dans le cadre des travaux qu'elle réalise"... et si vous voulez approfondir le sujet, tous les documents du dossier sont accessibles sur demande adressée à l'association.

Emmanuel Wormser

07 avril 2012

A Crolles, Paul Jargot, le précurseur

Paul Jargot"On voit naître la terre" dit-il dans l'enthousiasme des premiers travaux d'assainissement de la plaine de l'Isère.
Paul Jargot, né le 21 mars 1925 est élu maire de Crolles à l'âge de 28 ans. Ils avaient constitué une liste avec ses amis footballeurs.
"C'est pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail" que pendant 16 ans, il va convaincre de multiples propriétaires d'accepter le remembrement.
"C'est pour nos enfants que l'on va créer des emplois", et “c'est pour eux” que dans une partie des terres ainsi dégagées, une zone industrielle va être créée.
"C'est pour que nos enfants trouvent un logement". Avec ces mots, il convainc les habitants d'accepter la construction de logements sociaux au cœur du village.

C'est parce qu'il faut garantir l’équilibre : agriculture, entreprise, logement, nature”, qu'il crée le premier schéma d'urbanisme.

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Ce précurseur inventera beaucoup d'autres choses.
Il construit la première maison des jeunes et de la culture en zone rurale, le premier foyer d'éducation populaire, le premier centre de formation pour les élus locaux et l'un des premiers syndicats de développement intercommunal.
Il s'est battu pour imposer la gratuité de l'autoroute.
Il a aussi son idée de la démocratie locale. Il imagine et crée cette grande réunion publique annuelle que sont les "États Généraux".
"C'est pour vous l'occasion de faire vos critiques sur tout ce que nous avons fait et de nous suggérer tout ce qu'il faudrait faire" dit-il aux Crollois, dès 1953.
Marie gearge Buffet remet la légion d'honneur à Paul JargotQuand on demandait à Paul Jargot ses opinions politiques, il répondait : je suis un chrétien progressiste et j'ai milité pour la paix toute ma vie. Il s'est toujours présenté sur les listes du parti communiste Français et il siègera comme sénateur de l'Isère de 1974 à 1983. En 2000, lors de sa dernière apparition publique, c'est la ministre de la jeunesse et des sports, Marie George Buffet qui le décorera de la légion d'honneur, lors d'un grand rassemblement populaire.
Claude Muller

 

La naissance des États Généraux de Crolles

Etats generaux 2.jpgUne ambition démocratique
Les Etats Généraux de Crolles ne se sont pas toujours déroulés de la même manière. Ils ont évolué avec le temps et les habitudes de débats, mais Paul Jargot leur a toujours donné la même ambition : "débattre avec la population des évolutions de la commu­ne". La première année, en 1953, il n'y avait que 4 personnes. Pour rendre les Etats Généraux plus concrets, les années sui­vantes, un thème central est choisi.
Crolles dans le noir pour un soir

En 1954, les débats porte sur l'éclairage public. Toutes les lumières de Crolles sont éteintes la veille. Petite provo­cation pour attirer la population. Les années suivantes une lettre est adressée aux Crollois pour leur permettre de préparer leurs interven­tions : "Si vous voulez avoir satisfaction de vos deman­des, alors venez les dire aux Etats Généraux."
Simple et passionnant

En 1962, la formule change. L'assemblée est divisée en deux. Lors de la première séance chacun expose ses critiques et suggestions. Elles sont toutes écrites au tableau. Il y en avait environ soixante. Puis, elles sont envoyées dans chaque boite à lettres, avec le budget prévisionnel. Lors de la deuxième séance toutes ces suggestions sont clas­sées. D'abord, qu'est-ce qui est d'intérêt général et qu'est ce qui est d'intérêt particu­lier ? Ensuite dans ce qui est d'intérêt général, qu'est-ce qui est le plus important :
la priori­té. En cas de désaccord, un vote est organisé. Puis toutes les autres propositions sont classées. Enfin, budget en main, l'assemblée décide jusqu'à quelle suggestion, elle peut aller. "A la fois très simple et passionnant", concluait Paul Jargot.
Claude Muller

 

La Bataille du Péage de Crolles

Inauguration symbolique de l'autoroute gratuite en 1982En 1976, la voie expresse Le Touvet-Grenoble se transforme. Désormais, les voitures pourront relier Grenoble à Chambéry par l'autoroute. L'AREA en prend la concession et décide d'installer des péages. La sortie Crolles-Brignoud a droit au sien. Scandale dans la vallée, car ce qui était gratuit jusque-là devient payant ! Les syndicats, les élus, les associations, les usagers se mobilisent et décrètent en­semble de ne pas acquitter les trois francs réclamés à cha­que passage.
C'est ainsi qu'est né le très actif "comité pour la gratuité de l'autoroute" avec Paul Jargot à sa tête. Il engage des actions à l'aspect quel­quefois folklorique. Des convois de voitures "escargots" bouchonnent l'autoroute. Des manifestations en voiture bloquent toute l'autoroute. La solidarité s'organise avec les usagers verbalisés pour non payement du péage. Tout le monde va au tribunal et les amendes sont prises en charge collective­ment.
L'AREA réagit en mettant des barrières aux péages. Alors tous les week-ends de nou­velles manifestations occupent les péages et ouvrent les bar­rières.
Mais l'AREA, forte de sa concession et de ses arguments économi­ques ne cède toujours pas. C'est Charles Fiterman, tout nouveau ministre des transports qui résoudra le problème. L'état rachètera le péage en 1982.
Sans ces actions, quelques fois illégales, est-ce que la zone industrielle de Crolles aurait pu se développer ?

Claude Muller